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Aloës (agave). Mécal, Cactées et Aloës. Melocactus. Cactus organos. Fig. 412.
des Mimosées, Acacias, Cotonniers, Convolvulus, Bignoniées, Chênes, Palmiers crundinacés, Bananiers, Myrites, Laurinées, Térébinthacées,
Fougères arborescentes, Magnoliées, Composées arborescentes, Piatanes, Aliboufiers, Pommiers, Poiriers, Cerisiers, Abricotiers, Grenadiers, Citronniers, Orangers, Aroïdées, Orchidées, Fuchsia, Cactées, etc., etc.
Amérique du Sud.—En pénétrant sur le continent de l'Amérique du Sud, nous conduirons d’abord le lecteur dans ces plaines immenses de la république de Vénézuela, connues sous le nom de llanos. Nous trouverons dans Alexandre de Humboldt un guide éloquent et fidèle, un peintre autorisé de ces magnificences naturelles.
« C’est dans la Mesa de Paja par les À de latitude, dit Alexandre de : Humboldt, que nous entrâmes dans le bassin des Llanos. Le soleil était presque au zénith; la terre, partout où elle se montrait stérile et dépoui'lée de végétation, avait jusqu’à 48 et 50° de température. Aucun souffle de vent ne se faisait sentir à la hauteur à laquelle nous nous trouvions sur nos mulets. Cependant, au milieu de ce calme apparent, des tourbillons de poussière s'élevaient sans cesse, chassés par ces petits courants d'air qui ne rasent que la surface du sol et qui naissent des différences de température qu'acquièrent le sable nu et les endroits couverts d’herbes. Ces vents de sable augmentent la chaleur suffocante de l'air. Chaque grain de quartz, plus chaud que l'air qui l'entoure, rayonne dans tous les sens, et il est difficile d'observer la température de l’atmosphère sans que les molécules de sable ne viennent frapper contre la boule du thermomètre. Tout autour de nous, les plaines semblaient monter vers le ciel ; et cette vaste et profonde solitude. se présentait à nos yeux comme une mer couverte de varechs ou d'algues pélagiques. Selon la masse inégale de vapeurs répandues dans l'atmosphère etselon le décroissement variable
de la température des couches d'air superposées, l’horizon dans quelques parties était clair et nettement séparé. Dans d’autres, il était ondoyant, sinueux et comme strié. La terre s’y confondait avec le ciel. A travers la ‘brume sèche et des bancs de vapeur on voyait au loin des troncs de Palmiers dépourvus de leur feuillage et de leurs sommets verdoyants; ces troncs paraissaient comme des mâts de navire qu’on découvre à l'horizon. Il y a quelque chose d’imposant, mais de triste et de lugubre, dans le spectacle uniforme de ces steppes. Tout y paraît immobile, A peine quelquefois l’ombre d’un petit nuage qui parcourt le zénith et annonce l’ap-
proche de la saison des pluies, se projette sur la savane... Les steppes que nous traversâmes sont principalement couvertes de Graminées, de Killengia, de Cenchrus et de Paspalum. Aux Graminées se trouvent mêlées quelques herbes de la classe des dicotylédonées, comme des Turnera, des Malvacées et, ce qui est bien remarquable, de petites Mimoses à feuilles irritables, que les Espagnols appellent Dornuderas. Cette même race de vaches, qui en Espagne s’engraisse de sainfoin et de trèfle, trouve ici une excellente nourriture dans les Sensitives herbacées. A l’est, dans les
Ianos du Caire et de Barcelona, le Cypura et le Craniolaria, dont la belle fleur blanche a 6-8 pouces de long, s'élèvent isolés parmi les Graminées. Les pâturages sontles plus gras non-seulement autour des rivières sujettes aux inondations, mais aussi partout où les troncs des Palmiers sont les plus rapprochés. Les lieux entièrement dépourvus d’arbres sont les moins fertiles. On ne peut attribuer cette différence à l’abri que donnent les Palmiers en empêchant les rayons du soleil de dessécher et de brûler le sol. J'ai vu, il est vrai, dans les forêts de l’'Orénoque des arbres de cette famille qui offraient un feuillage touffu, mais ce n’est pas du Palmier des Ilanos (Corypha tectorum) qu’on peut vanter l’ombrage. Ce Palmier n'a que très-peu de feuilles plissées et palmées comme celles du Chamærops et dont les inférieures sont constamment desséchées..…. Outre les troncs isolés de ce Palmier, on trouve aussi çà et là dans la steppe quelques groupes de Palmiers, de vrais bosquets dans lesquels le Corypha est mêlé à un arbre de la famille des Protéacées et qui est une nouvelle espèce de Rhopala à feuilles dures et résonnantes..… Le Corypha s'étend dans les lanos de Caracas, depuis la Mesa de Paja jusqu’au Guayaval; plus au nord et au nord-ouest, il est remplacé par une autre espèce du même genre, à feuilles également palmées, mais plus grandes. Au sud du Guayaval dominent d’autres Palmiers, surtout le Piritu à feuilles pennées et le Murichi. C'est le Sagoutier de l’Amérique qui fournit de la farine, du vin, du fil pour tisser des hamacs, des paniers, des filets et des vêtements. Ses fruits, en forme de cônes de Pin et couverts d’évailles, sont parfaitement semblab'es à ceux du Calamus Rotang. Ils ont un petit goût de pomme. La nation des Guaraous, dont toute l’existence est pour ainsi dire étroitement liée à celle du Palmier Murichi (Mauritia flexunsa), en retire une liqueur fermentée acidule et très-rafraichissante. Ce Palmier à grandes feuilles luisantes et plissées en éventail conserve une belle verdure à l’époque des plus grandes sécheresses. Sa vue seule produit une agréable sensation de fraicheur, et le Murichi chargé de fruits écailleux contraste singulièrément avec le triste aspect de la Palma de Cobija, dont le feuillage est toujours gris et couvert de poussière. »
Quelle différence de végétation, si nous nous élevions de la contrée basse dela partie centrale del’Amérique, vers les hautes crètes des Cordillères! Là des tourbillons de neige et de grêle succèdent chaque jour, et pendant plusieurs heures, au rayonnement du soleil. Élevons-nous sur les Andes, entre le 20° degré de latitude méridionale et le 5° degré de latitude septentrionale, à une hauteur de 1650.à 3000 mètres.
Les formes extratropicales apparaissent ou deviennent plus abondantes. Telles sont des Graminées, des Amentacées (Chônes, Saules\, des Labiées, des Éricinées, de nombreuses Composées, des Caprifoliacées, Ombellifères, Rosacées, Crucifères, Renonculacées. Au contraire, quelques formes tropicales s'éteignent
ou deviennent plus rares; cependant des espèces isolées de Palmiers, de Poivriers, de Cactées, de Passiflores et de Mélastomes s'élèvent encore à une hauteur notable.
Parmi les végétaux ligneux les plus abondants, nous citerons le Ceroxylon andicola, Île plus haut de tous les Palmiers, qui atteint jusqu'à 60 mètres, et produit une cire qui exsude de ses feuilles et surtout de la base de leurs pétioles; le Saule et le Chêne de Humboldt; plusieurs espèces de Cinchona, de Quinquina, qui règnent ici en souverains; des Houx, des Andromèdes, des ria, etc.
Les végétaux qui sont cultivés entre les tropiques aux environs de Mexico et dans l’Amérique du Sud jusqu'à la rivière des Amazones, disparaissent presque entièrement ici. Cependant on cultive encore dans cette région le Maïs et le Café, ainsi que les grains et les fruits d'Europe, les Pommes de terre et le Chenopodium chinoa, dont les semences, réduites en bouillie, servent de nourriture aux habitants des montagnes.
Si, à la même latitude géographique, nous nous élevons, sur ces mêmes Andes, à 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, les formes tropicales ont presque entièrement disparu; au contraire, celles qui caractérisent les températures froides et les zones polaires deviennent abondantes. Il n’y a plus de grands arbres: des Aunes, des Airelles, des Thibaudia, des Groseilliers, des Escallonia aux feuilles amères et toniques, dont c’est ici le royaume, des Houx, des Drymis, sont les arbrisseaux propres à ces régions, que caractérisent encore ces curieuses Calcéolaires à corolle en forme de sabot, dont les semis ont donné à l’horticulture des variétés qui se multiplient à l'infini. Citons encore parmi les familles caractéristiques les Ombellifères, les Caryophyllées, les Crucifères, les Cypéracées, les Mousses, les Lichens.
Revenons à des districts végétaux plus circonscrits.
Le climat de Caracas a été souvent nommé un printemps perpétuel. Que peut-on, en effet, imaginer de plus délicieux qu’une température quise soutient, le jour entre 16° et 20°, la nuit entre 16° et 18°, et qui favorise à la fois la végétation du Bananier, de l'Oranger, du Caféier, du Pommier, de l’Abricotier et du Froment? Selon de Humboldt, la flore de Caracas est principalement caractérisée par les plantes suivantes :' Vernonia odoratissima (dont les
fleurs ont une odeur délicieuse d’Héliotrope), Œillet d'Inde de Caracas, Glycine ponctuée, Amarante de Caracas, Datura arborescent, Saule de Humboldt, Theophrasta à longues feuilles, Inga cendré, Inga fastueux, Éndeine; etc.
Nous ne quitterons pas ces régions fortunées sans signaler au lecteur deux arbres bienfaisants : le Theobroma cacao et l’Arbre de la vache. Tout le monde sait que c’est avec les graines grillées, écrasées et additionnées de sucre, du Theobroma cacao, que l’on fabrique le chocolat. M. de Humboldt nous donne sur l’Arbre de la vache les renseignements suivants :
e Ce bel arbre, dit l’illustre voyageur, a le port du Caimitier ( Chrysophyllum ainito). Le fruit est peu charnu et renferme une et quelquefois deux noix. Lorsqu’on fait des incisions dans le tronc de l’ Arbre de la vache, il donne en abondance un lait gluant, assez épais, dépourvu de toute âcreté et qui exhale une odeur de baume très-agréable. On nous en présenta dans des fruits de calebassier. Nous en avons bu des quantités considérables le soir avant de nous coucher et de grand matin, sans en éprouver aucun effet nuisible. Les nègres et les gens libres qui travaillent dans les plantations le boivent en y trempant du pain de maïs et de manioc. Le majordome de la ferme nous assura que les esclaves engraissent sensiblement pendant la saison où le Palo de vacca leur fournit le plus de lait.
« Ce ne sont point ici, ajoute M. de Humboldt, les suberbes ombrages des forêts, ni le cours majestueux des fleuves, ni ces montagnes envelonpées d’éternels frimats, qui excitent notre émotion. Quelques gouttes d’un suc végétal nous rappellent toute la puissance et la fécondité de la nature. Sur le flanc aride d’un rocher croit un arbre dont les feuilles sont sèches et coriaces. Ses grosses racines ligneuses pénètrent à peine dans la pierre. Pendant plusieurs mois de l’année, pas une ondée n’arrose son feuillage. Les branches paraissent mortes et desséchées ; mais lorsqu'on perce le tronc, il en découle un lait doux et nourrissant. »
Peindrons-nous maintenant les sauvages beautés des forêts inextricables de la Guyane ? Promènerons-nous le lecteur dans ces savanes immenses, qu'’animent des gramens, des touffes de Myrtacées, des Orchidées, des Mélastomes, pendant que d’élégants Palmiers composent, çà et là, des groupes pittoresques ? Le ferons-nous naviguer sur les tranquilles fleuves de l'heureuse Guyane, sur les eaux desquels s'étale le splendide Victoria regia, la reine des Nymphéacées ?
Pour pénétrer au cœur mème de la végétation du Brésil, cette région des Palmiers et des Mélastomes, cette terre promise des
naturalistes, nous prendrons pour guide M. M. Martins et Auguste de Saint-Hilaire, qui en ont décrit avec exactitude les merveilles végétales.
Au nombre des différentes espèces de Palmiers que possède le Brésil, il faut citer : le Cocotier, le Païmito (Euterpe oleracea), le plus élégant de tous ces princes du règne végétal; l'Atialea funifera, dont les spathes fournissent un véritable tissu d’une grande résistance; le Ginsi ou Diplothemium liuorale, dont les fruits orangés contiennent un noyau très-dur dans lequel est une amande excellente; le Buriti (Mauriia vinifera), dont le stipe fournit par incision une séve vineuse recherchée; des Æuterpes, des Chamaædorea, Bactris, Œnocarpus, Corypha, etc.
Les forêts du Brésil sont riches en bois estimés pour la teinture, la charpente et l’ébénisterie (bois du Brésil, bois de rose, bois de fer, palissandre ), et en plantes utiles par leurs fruits comestibles ou leurs propriétés médicinales. Le Caféier, la Canne à sucre, le Coitonnier, le Tabæc; les plantes à caoutchouc, le #anioc, le Riz, le Maïs, le Cacao, l’Ananas, l’Indigotier, le Bananier, sont au Brésil l’objet principal des cultures. La végétation est extrèmement variée, parce que l'exposition et la hauteur des diverses provinces offrent de grandes différences. On y voit d’arides campos, où des touffes d’arbustes nains forment, avec les Graminées, les Ériocaulonées et les Xyridées, des plaines onduleuses d’un triste aspect; mais on y rencontre ces admirables forêts vierges, dont l’image est restée gravée dans l'esprit de tous ceux qui ont lu des relations pittoresques de voyages.
L'aspect des forêts du Brésil varie selon la nature du sol et la distribution des eaux qui les parcourent. Si ces forèts ne sont pas le siége d’une humidité constamment entretenue, si cette humidité est seulement renouvelée par des pluies périodiques, la sécheresse détermine un arrêt dans la végétation, qui devient intermittente, comme elle l’est dans nos climats. C’est ce qui se passe dans les Catingas. Excitée, au contraire, sans cesse par ses deux agents principaux, l'humidité et la chaleur, la végétation des forêts vierges, dont Auguste de Saint-Hilaire va nous offrir l'éloquent tableau; se maintient dans une continuelle activité. L'hiver ne s’y distingue de l'été que par une nuance de teinte dans la verdure du feuillage, et si quelques arbres y per-
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dent quelquefois leurs feuilles, c'est pour reprendre aussitôt une parure nouvelle. Écoutons maintenant le botaniste français :
« Lorsqu'un Européen arrive en Amérique, dit Auguste de Saint-Hilaire, et que, dans le lointain, il découvre les bois vierges pour la première fois, il s'étonne de ne plus apercevoir quelques formes singulières qu’il a admirées dans nos serres et qui sont ici confondues dans les masses. Il s’étonne de trouver dans les contours des forêts aussi peu de différence entre celles du Nouveau-Monde et celles de son pays, et si quelque chose le frappe, c’est uniquement la grandeur des proportions et le vert foncé des feuilles qui, sous le ciel le plus brillant, communiquent au paysage un aspect grave et austère.
« Pour connaître toute la beauté des forêts équinoxiales, il faut s’enfoncer dans ces retraites aussi anciennes que le monde. Là, rien ne rappelle la fatigante monotonie de nos bois de chênes et de sapins; chaque arbre a un port qui lui est propre, chacun a son feuillage et offre souvent une teinte de verdure différente. Des végétaux gigantesques qui appartiennent aux familles les plus éloignées, entremêlent leurs branches et confondent leur feuillage. Les Bignoniées à cinq feuilles croissent à côté des Cæsalpinia, et les feuilles dorées des Casses se répandent en tombant . sur des Fougères arborescentes. Les rameaux mille fois divisés des Myrtes
et des Eugenia font ressortir la simplicité élégante des Palmiers, et parmi les Mimoses aux folioles légères, le Cecropia étale ses larges feuilles et ses branches qui ressemblent à d'immenses candélabres. Il est des arbres qui ont une écorce parfaitement lisse; quelques-uns sont défendus par des épines, et les énormes troncs d’une espèce de Figuier sauvage s'étendent en lames obliques qui semblent les soutenir comme des arcs-boutants.
« Les fleurs obscures de nos Hêtres et de nos Chênes ne sont guère aperçues que par les naturalistes; mais dans les forêts de l'Amérique méridionale, les arbres gigantesques étalent souvent les plus brillantes corolles. Les Cassia laissent pendre de longues grappes dorées; les Vochy- .Siées redressent des thyrses de fleurs bizarres; des corolles tantôt jaunes et tantôt purpurines, plus longues que celles de nos digitales, couvrent avec profusion les Bignoniées en arbre, et des Chorisia se parent de fleurs qui ressemblent à nos Lys pour la forme, comme elles rappellent l’Alistræœmeria pour le mélange de leurs couleurs.
« Certaines formes végétales qui ne se montrent chez nous que dans les proportions les plus humbles, là se développent, s'étendent et paraissent avec une pompe inconnue sous nos climats. Des Borraginées deviennent des arbrisseaux; plusieurs Euphorbiacées sont des arbres majestueux, et l’on peut trouver un ombrage agréable sous leur épais feuillage.
« Mais ce sont principalement les Graminées qui montrent le plus de différence eatre elles et celles de l’Europe. S’il en est une foule qui n'acquiert pas d’autres dimensions que nos Brômes et nos Fétuques, et qui, formant ainsi la masse des gazons, ne se distinguent des espèces européennes que par leurs tiges plus souvent rameuses et leurs feuilles plus larges, d’autres s’élancent jusqu'à la hauteur des arbres de nos forêts et présentent le port le plus gracieux. D'abord, droites comme des lances et
terminées par une pointe aiguë, elles n'offrent à leurs entrenœuds qu'une seule feuille, qui ressemble à une large écaille; celle-ci tombe; de son aisselle naît une couronne de rameaux courts, chargés de feuilles véritsbles : la tige des Bambous se trouve ainsi ornée, à des intervalles régi. liers, de charmants verticilles; elle se courbe et forme entre les arbres des berceaux élégants. :
« Ce sont principalement les lianes qui communiquent aux forêts les beautés les plus pittoresques; ce sont elles qui produisent les accidents les plus variés. Ces végétaux, dont nos Chèvrefeuilles et nos Lierres ne donnent qu’une bien faible idée, appartiennent, comme les grands végétaux, à une foule de familles différentes. Ce sont des Bignoniées, des Bauhinia, des Cissus, des Hippocratées ; et si toutes ont besoin d’un appui, chacune a pourtant un port qui lui est propre. À une hauteur prodigieuse, une Aroïde parasite ceint le tronc des plus grands arbres. Les marques des feuilles anciennes qui se dessinent sur sa tige en forme de losange la font ressembler à la peau d’un serpent; cette tige donne naissance à des feuilles larges, d’un vert luisant, et de sa partie inférieure naissent des racines grêles qui descendent jusqu’à terre, droites comme un fil à plomb. L'arbre qui porte le nom de Cipo-Matador, la Liane meurtrière, a un tronc aussi droit que celui de nos peupliers; mais trop grêle pour se soutenir isolément, il trouve un support dans un arbre voisin plus robuste que lui: il se presse contre sa tige, à l’aide de racines aériennes qui, par intervalies, embrassent celles-ci comme des osiers flexibles ; il s'assure et peut défier les ouragans les plus terribles. Quelques lianes ressemblent à des rubans ondulés, d'antrés se tordent et décrivent de larges spirales; elles pendent en festons, serpentent entre les arbres, s’élancent de l’un à l'autre, les enlacent et forment des masses de branchages de feuilles et de fleurs, où l'observateur a souvent peine à rendre à chaque végétal ce qui lui appartient.
« Mille arbrisseaux divers : des Mélastomées, des Borraginées, des Poivres, des Acanthacées, naissent au pied des grands arbres, remplissent Jes interv:lles que ceux-ci laissent entre eux, et offrent leurs fleurs au naturaliste, le consolent de ne pouvoir atteindre celles des arbres gigantesques qui élèvent au-dessus de sa tête leur cime impénétrable aux rayons du soleil. Les troncs renversés ne sont point couverts seulement d’obscurs cryptogames; les Tillandsia, les Orchidées aux fleurs bizartes leur prêtent une parure étrangère, et souvent ces plantes ellesservent d'appui à d’autres parasites. De nombreux ruisseaux coulent onde nairement dans les bois vierges; ils y entretiennent la fraîcheur; ils ds, frent au voyageur altéré une eau délicieuse et limpide, et sont bordés At” tapis de Mousses, de Lycopodes et de Fougères, du milieu desquelles naissent des Begonia aux tiges délicates et succulentes, aux feuilles in&° gales, aux fleurs couleur de chair. »
La figure 413 est la reproduction d'une gravure célèbre publiée vers 1825 : la Forêt vierge du Brésil, d’après le tableau de M. le comte de Forbin, directeur des musées royaux.
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Jetons enfin un coup d'œil sur la végétation des contrées du grand continent américain situées au-dessous du tropique du Capricorne, et qui constituent le Chili, La Plata, la Patagonie.
Deux Palmiers se retrouvent encore au Chili : c'est le Jubæa spectabilis et le Ceroxylon australe. Un arbre magnifique, l’Araucaria émbricala qui élève à 50 mètres ses rameaux verticillés horizontalement et couverts de feuilles épineuses, y forme de vastes forêts. Des Graminées, des Fougères, des Labiées, des Ombellifères, des Fuchsia, des Loasées, des buissons de Myrtacées et de Laurinées, mais particulièrement des Composées ligneuses, forment le fond de la végétation.
Dans les forêts, encore peu connues du Paraguay, situées le long de l'océan Atlantique, on trouve des Composées ligneuses et le #até de l'Amérique méridionale, qui représente l’Arbre à thé de la Chine : c’est un Houx (Ilex paraguayensis) qui fournit cette précieuse denrée. Le Paraguay expédie annuellement 5 600 000 livres de maté.
Dans la République Argentine, Aug. de Saint-Hilaire ne trouva que 500 espèces de plantes, parmi lesquelles 15 seulement appartiennent à des familles qui ne sont pas européennes.
Mais atteignons la plage méridionale de la Patagonie ou les Falklands. Quelques Graminées et Cypéracées brunes et coriaces (Dactylis cæspilosa, Carex trifida), le Bolax glbaria, l'Oxalis à neuf feuilles, la Cardamine glaciale, une Véronique, une Calcéolaire, un Aster, l'Opuntia Darwinii, le Lomaria magellanica parmi les Fougères arborescentes, des ronces, des buissons d'Airelles ou d’Arbousiers, tel est à peu près le bilan végétal de ces landes désertes, où règnent la Mousse, l’Hépatique et le Lichen.
Nous voici parvenu à la partie méridionale de l'Amérique du Sud. Nous approchons de la région polaire australe; par conséquent la végétation va presque entièrement cesser, et nous allons retrouver sur ce sol glacé les caractères généraux de la végétation des pôles.
Sur la Terre de Feu d'épaisses forêts recouvrent les montagnes, là où elles sont abritées contre le vent jusqu’à une hauteur de 500 mètres. Le Hêtre à feuilles de bouleau y prédomine ; puis vient le Hêtre antarctique, le Hêtre de Forster qu'accompagnent des buissons de Berberis, de Groseilliers, etc.
A l'Île de l’Hermite, le point le plus méridional, on retrouve encore un peu de végétation arborescente. Hooker y a observé 84 plantes munies de fleurs et beaucoup de cryptogames. Vs Champignon constitue l’une des principales substances alimentaires des misérables habitants de ces contrées glaciales.