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famille des Aroïdées, dont le rhizome et les feuilles sont alim.ntaires; le Bananier, le Munguier, le Papayer, dont le fruit a la grosseur d'un petit melon, que l’on mange cru ou cuit, et dont la pulpe, mêlée au sucre, forme une marmelade délicieuse; l’Ananas, des Figuiers, le Cafïier, la Canne à sucre, le Gingembre, diverses espèces de Haricots et de Dolics, la Pistache de terre, le Coton, le Tabac et le Tamarin.
La figure 408, qui représente un village de l’Abyssinie, peut donner une idée de la végétation de l'Afrique équatoriale. A côté de hauts Palmiers et de Baohabs, on voit s'étendre des cultures de Riz.
Région méridionale. — Arrètons enfin nos regards sur la pointe méridionale du continent de l'Afrique.
La région du cap de Bonne-Espérance est la patrie de tous ces Protea, de ces Pelargonium, de ces Bruyères, de ces Oxalis, de ces Ixia, dont les espèces nombreuses et variées font l'ornement de nos Serres ou de nos parterres. Aucune autre contrée du globe ne peut se comparer à celle du Cap pour la prodigieuse abondance et les dimensions des Bruyères. Là est leur véritable patrie. Tandis que.les plaines de l’Europe, ainsi que les Alpes, possèdent à peine une demi-douzaine d'espèces de Bruyères, au Cap il en existe plusieurs centaines. Elles atteignent quelquefois près de 5 mètres de hauteur. Leurs feuilles sont peu développées et aciculaires; mais leurs fleurs sont souvent très-grandes, et décorées de couleurs brillantes, qui varient des nuances les plus tendres aux tons les plus éclatants.
La Flore de cette réyion est riche en formes végétales ; mais elle est peu riante par son aspect. On n’y voit point de véritables forêts, grandes et sombres ; il y a peu de plantes grimpantes, mais en revanche beaucoup de plantes grasses.
Les familles caractéristiques sont les Restiacées, Iridées, Protéacées, Éricinées, Ficoïdées, Diosmées, Géraniacées, Oxalidées, Polygalées. Parmi les genres caractéristiques, citons:
Les Ixia, les Gladiolus, aux fleurs singulières et bigarrées ; les Hæmanthus, aux corolles écarlates; les Strelitzia, dont une espèce cultivée dans nos serres est si remarquable par son inflorescence et par ses fleurs bizarres à divisions jaunes et bleues les Protea, aux formes changeantes; les Leucadendron, dont une
espèce, nommée Arbre d'argent, élève à 10 ou 12 mètres ses rameaux chargés de feuilles lancéolées, soyeuses et argentées; les Erica, dont le Cap est, comme nous l'avons dit, la véritable patrie.
Citons encore les Hélicrysum et les Gnaphalium, Composées corymbifères, si connues sous le nom d’Immortelles ; les Mesambryanthemum ou Glaciales ; les Stapelia, Asclépiadées sans feuilles, charnues, anguleuses, à fleurs généralement belles, mais à odeur fétide; les Phylica, Rhamnées qui ressemblent à des Bruyères, dont les fleurs sont en petites têtes cotonneuses blanchâtres, et qu'on voit souvent sur nos marchés aux fleurs ; les Pelargonium, dont on cultive en Europe des centaines d’espèces variées à l'infini ; les Oxalis; les Sparmannia, arbrisseaux toujours verts, qui font l’ornement de nos orangeries, et dont les fleurs blanches ont des étamines à filets pourpres et à anthères irritables.
C'est sur les côtes sablonneuses de cette curieuse région botanique qu'abondent les Siapélies, les Iridées, les Glaciales, les Diosmu.
Les Bruyères et les Crassules s'élèvent sur le flanc des montagnes.
Les végétaux cultivés sont : les céréales, les fruits et les légumes d'Europe, et en outre, le Sorgho des Cafres, la Patat, le Bananier, le Tamarin, le Goyavier.
L'Amérique est la partie de notre globe dont la végétation est la plus riche et la plus variée. Nous essayerons d’en donner une idée succincte, en descendant du nord au sud dans chacun des deux espèces de triangles qui constituent les deux Amériques septentrionale et méridionale.
Amérique du Nord. — La végétation polaire de l'Amérique du Nord est très-analogue à celle de l’Europe et de l'Asie sous les mêmes latitudes. C’est ce qui nous dispensera de beaucoup nous y arrêter. On y voit de la même manière les arbres ( Saule, Bou-
leuu, Peuplier) devenir, par l’action des froids persistants, des arbustes rabougris, ou même prendre la forme herbacée. On y voit de mème se presser les Saxifragées, les Mousses, les Lichens. |
Sans nous arrêter aux régions arctiques, nous diviserons le reste de cette immense contrée en deux régions : l’une qui descendra jusqu’au 36° degré et que nous appellerons région septentrionale; l’autre, qui sera comprise entre le 36° et le 30° degré de latitude, en constituera la région méridionale.
La région septentrionale de l'Amérique du Nord a mérité d'être appelée la région des Asters et des Verges d’or (Solidago).C’est en effet ici qu'abondent ces belles Composées, avec les genres Liatris, Rudbeckia, Galardia, de la même famille; des Œnothères, des Clarkia, des Andromèdes, des Kalmia, charmantes plantes d'ornement, aujourd’hui si répandues dans nos parterres, servent de même à caractériser cette zone végétale.
Parmi les espèces arborescentes les plus abondantes, nous mentionnerons : de nombreuses espèces de Pin, de Sapin, de Mélèze, de Thuya, de Genévrisr; 27 espèces de Saules; 25 espèces de Chênes ; des Hètres, des Chdtaigniers, Charmes, Aunes, Bouleaux, Peupliers, Ormes, Frênes, auxquels se mêlent le Platane d'Occident , le Liguidambar ou Copalme d'Amérique dont le tronc et les rameaux fournissent des sucs usités en médecine; le Tulipier aux feuilles singulièrement tronquées, aux fleurs solitaires, dressées, grandes et jaunâtres; diverses espèces d’Érables, de Tilleuls, de Robinia, de Noyers.
En mème temps que ces espèces arborescentes, si nombreuses, si variées et qui atteignent des dimensions considérables, croissent le Myrica cerifera, qui fournit une cire abondante, retirée du fruit par ébullition; des Groseillicrs à fleurs colorées et ornementales ; d’élégantes Andromèdes, des Azalées, des Rhododendrons, des Spirées, qui font l’ornement de nos jardins; des Sumacs, dont une espèce (Rhus toxicodendron) renferme un sucre si âcre qu'il produit par le contact des ampoules et des érésipèles et qu'il est très-vénéneux à l'intérieur ; des Ceanothus, des Houx, des Bourdaines, etc.
La région méridionale de l'Amérique du Nord, est comprise entre
” le 30° et le 36° degré. Sa végétation offre quelque ressemblance
ug4 GÉOGRAPHIE BOTANIQUE.
avec celle des tropiques. C’est comme une sorte de flore de transition entre la zone tempérée et la zone torride. On y trouve des Noyers, des Charmes, des Chätaigniers, des Chênes, mais aussi trois espèces de Palmiers parmi lesquels le Chamærops Palmetio, dont la pousse terminale forme un délicieux légume: des }'ucca; des Zamia parmi les Cycadées; des Passiflores, des Lianes (Bignonia sapindus), des Cactées, des Lauriers. Enfin, à côté des Tulipiers, des Pavia, des Robinia, s'élèvent les magnifiques Magnolia qui ont ici leur véritable royaume.
On voit que les paysages de cette région de l’Amérique du Nord sont riches de contrastes.
La Canne à sucre, l’Indigo, le Riz, le Cotonnier , le Tabac, couvrent les plaines cultivées.
Dans le Missouri, le Texas, l’Arkansas, le Mexique, la grande colonie des Cactées élève ses hautes tiges, bizarrement embranchées ou ramassées sur elles-mêmes : les Cactus opuntia, Cereus, Echinocactus, Melocactus, etc. Le plus remarquable de ces Cactus est sans doute le Cereus giganteus. Il habite les régions les plus inaccessibles et les plus sauvages. Il lui faut si peu de sol pour atteindre un développement prodigieux! C’est d’abord une sorte d'énorme casse-tête, puis une colonne de 3 mêtres, qui commence dès lors à se ramifier et figure bientôt un immense candélabre dont la hauteur peut atteindre 12 mètres.
Nous représentons dans la figure 409 divers Cactus propres au Mexique, d'après le dessin original d’un voyageur français, M. Bende.
Le Mexique peut se diviser, sous le rapport botanique, en trois régions, d’altitudes croissantes. La première s'étend des vallées jusqu'aux forêts de Chènes : c’est la région des Palagies, du Cotonnier, de l’Indigo, de la Canne à sucre, du Caféier et das divers fruits de la zone tropicale. La seconde, située de 1 000 mètres à 2650 mètres d'altitude (région tempérée), s'étend depuis les forêts de Chènes jusqu'aux forêts de Conifères. À cette hauteur, la température suffit encore pour mùrir les fruits tropicaux. La troisième région, ou la région froide, occupe l’espace compris entre les Sapins et les neiges éternelles. Elle possède dans plusieurs de ses parties un climat sous lequel le Poirier, le Pom-. mier, le Cerisier et la Pomme de terre, peuvent encorese développer.
En s’élevant de la base de l’Orizaba, sur les flancs de cette montagne, on voit successivement apparaître et se remplacer