STIPE DES PALMIERS
L'aspect général des Palmiers est bien différent de celui de nos arbres indigènes. Leur stipe élancé, d’une épaisseur sensiblement égale depuis la base jusqu'au sommet, complètement nu, c'est-à-dire ne se divisant pas en branches et en rameaux, les fait ressembler à une sorte de colonne, qui serait surmontée d’une touffe épaisse de feuilles.
Quelle est lastructure intérieure de ce stipe? Pour s’en faire une idée, il faut savoir que le mode de développement du Palmier diffère du mode de développement du groupe d’arbres que nous venons de considérer. Les Palmiers ne s’accroissent pas, comme nos arbres verts et comme les arbres de nos forêts, par des couches concentriques, qui viennent se déposer entre le bois et l'écorce. Dès lors, la structure intérieure de leur stipe doit présenter des dispositions autres que celles que nous venons de mettre en relief. Ici, plus de canal central unique, destiné à loger la moelle, le bois et l’écorce; plus de. rayons médullaires divergeant du centre à la circonférence.
Qu'on coupe en travers un stipe de Palmier (fig. 52), et l’on : verra tout de suite qu'il
ne diffère pas moins de nos arbres par son organisation intime que par son aspect extérieur. On y chercherait en vain cette moelle centrale, ces zones concentriques, ces lignes rayonnantes, qui caractérisent si nettement le bois de nos arbres indigènes. On y voit apparaitre, sur un
Fig. 52. Coupe d’une tige de Palmier. fond de couleur pâle, de
petites taches d’une teinte foncée, formées par un tissu plus solide. Ces petites taches arrondies ou en demi-lune, sont plus nombreuses, plus pressées, plus colorées, et en général plus volumineuses vers la circonférence du stipe qu’elles ne le sont dans les parties centrales. Ce stipe semble donc formé au premier abord de deux sortes de tissus : l’un peu résistant, constituant, pour ainsi dire, la masse; l’autre très solide, et formant de petits îlots à l’intérieur du premier.
L'examen microscopique a fait voir que le premier de ces tissus est exclusivement formé de cellules, et peut se comparer à la moelle de nos arbres indigènes, et qu’il est traversé par des faisceaux, ou /ilets, très résistants, dont nous retraçons théoriquement la marche tortueuse dans l'intérieur du tronc à
l’aide de la figure 53, sur laquelle les lettres A, B, C, D repré-
sentent diversentre-croise-
ments de ces filets au mi- ? v ER,
lieu de la moelle. "4 Les filets qui traversent
les tiges des Palmiers et
des arbres appartenant au «
même groupe naturel, pré- | € ”
sentent des dispositions très
intéressantes à connaitre.
La structure anatomique de
chacun d’eux ne paraît pas |
être la même dans toute la J 5
longueur; elle semble se
simplifier à mesure qu’on
s'éloigne du point où il |
abandonne la tige, pour 4
entrer dans une feuille. ie à
Dans cette partie supé- À
rieure, à la fin de son tra-
Jet, le faisceau dont nous |
parlons revêt la structure Il
caractéristique des tiges de
nos arbres indigènes, y com- Fig. 53. Figure théorique de la structure
pris l'étui tmédullaire. 1 Le Lai aux internes ou filets du Pal-
présente, en effet, des tra-
chées, des vaisseaux ponctués et rayés, plus ou moins volumi-
neux, des fibres ligneuses, etc.
Ex