M T FL
Fig. 43. Trachées entou-
rées de la moelle # . « AE RE et des fibres ligneuses. Une dernière particularité à signaler
dans la section de la tige d’un arbre de nos forêts, est cet assemblage de lignes divergentes qui portent le nom de rayons médullaires. W est facile de voir, sur une coupe transversale d’une tige d’arbre, que la masse du bois est traversée par un grand nombre de lignes rayonnantes, qui partent toutes de l'écorce, pour converger vers la moelle.
Mais ces lignes n’arrivent pas toutes à la moelle; il en est un certain nombre qui s'arrêtent dans des couches plus ou moins profondes. Ces lignes rayonnantes résultent de la section transversale de lames cellulaires dont on voit ainsi la tranche et dont la longueur et l’épaisseur sont variables.
La figure 44 représente les rayons médullaires d’un tronc de Chène-hège, sur une coupe pratiquée horizontalement.
Fig. 44. Rayons médullaires d’un tronc de Chêne-liège (coupe horizontale).
La figure 45 montre les mêmes organes dans une tige d'Erable coupée dans le sens horizontal et grossie au moyen du micros-
MO f [as m'a: en « J
£ CHU -N CO D'ou) ee 2 av, TER ua (KD'o) te au
any A5 AL € (UN Un QU QE
DT
4 L À (D: an" ae a ‘an ® Hour (D me CURE
en
en aau PT
Cete me (MER E
Lil 2 = Era Œ»-
Fig. 45. Rayons médullaires d’un tronc d'Érable, vus au microscope (coupe verticale).
cope. RM sont les rayons médullaires qui vont du centre à la circonférence de la tige. Les #achées, les fibres ligneuses et les
vaisseaux sont représentés par les lettres T, FL, V, et la moelle, par la lettre M.
La plupart des arbres sont pourvus de rayons médullaires d’une seule espèce; quelques-uns seulement présentent à la fois des rayons plus épais et des rayons plus minces. Ainsi, dans le Chêne ou le Charme on trouve à la fois des rayons minces et des rayons épais, tandis que dans les Saules et dans l'Érable les rayons sont sensiblement égaux.
Tandis que les fibres et les vaisseaux ne contiennent jamais de matières nutritives solides, les cellules qui forment, par leur réunion, les rayons médullaires, sont le siège d’une abondante production de petits granules d’amidon.
Écorce. — L'écorce de nos arbres est essentiellement formée de deux tissus : les tissus fibreux et cellulaire. Mais il est facile de comprendre combien sont variées la forme, la disposition et la structure de ces éléments, lorsqu'on considère la variété extraordinaire d’aspect des écorces de nos arbres et la diversité de
leurs produits.
L’explication de tout ce qui concerne la structure de l'écorce nécessiterait de tels développements et présenterait de telles difficultés, que nous sommes forcé de nous limiter beaucoup sur ce sujet, et de nous en tenir à signaler les principaux caractères de l’écorce considérée dans les arbres de nos climats.
L'épiderme enveloppe, à l'extérieur, l'écorce, comme toutes les autres parties du végétal. Mais son existence est tout à fait temporaire. Cet épiderme est détruit de bonne heure, tant par l'accroissement du végétal, que par l’action des agents extérieurs. Masi il n'en est pas de même de la couche sous-jacente, connue sous le nom de suber. et dont les cellules de forme cubique, sont intimement unies entre elles, à parois minces, d'abord incolores et se colorant plus tard en brun.
Dans plusieurs arbres, le suber ne prend que fort peu de développement. Mais il n’en est pas ainsi dans le Chëne-hège (Quercus suber). Dans ce bel arbre, qui fournit à l’homme un de ses plus importants produits commerciaux, c’est-à-dire le liège, le suber présente un développement extraordinaire : ce suber n’est autre chose que le liège (en latin suber).
C’est vers l’âge de cinq ans que le suber, qui compose la plus grande partie de l'écorce du Chëéne-liège, commence à prendre un accroissement remarquable. Alors toute l’activité de la végétation semble se concentrer sur cette partie de l'arbre. De nouvelles cellules apparaissent à la face interne de la zone primitive, et repoussent au dehors celles qui ont été précédemment formées. Indépendamment de ces cellules, dont l’accumulation successive constitue la masse du liège, il s’en forme d’autres, plus courtes, plus foncées, en forme de table, ou de lame, qui divisent la masse du liège en zones successives d’accroissement. Cette masse prend peu à peu une grande épaisseur. Si on l’abandonnait à elle-même, elle se crevasserait si profondément qu'elle deviendrait impropre aux usages auxquels le liège est destiné. Aussi faut-il l'enlever, avant qu’elle durcisse et se gerce. l
Le Chène-liège est un arbre propre aux pays chauds. L’AIgérie possède beaucoup de forêts de cet arbre en exploitation. Les récoltes du liège se font ordinairement de sept en sept ans, dans chaque forêt. Mais ces récoltes ont été précédées d’une opération dont la nécessité s'explique par les particularités du développement du suber que nous venons de signaler, c'est-à-dire par les mauvaises qualités du premier suber fourni par la végétation.
Les premières couches de liège qui se forment sont, avonsnous dit, peu homogènes et se crevassent par places. Dans les forêts de l’Algérie où l’on cultive le Chéne-liège, on appelle cette première écorce liège mâle, et la première opération consiste à enlever cette couche primitive. On appelle démasclage, c'est-à-dire enlèvement de la partie mâle, cette première opération. Le liège qui se forme quand on a enlevé les premières couches (quand on a démascle), sont plus homogènes, plus souples et ne se crevassent pas : on l’appelle Zège femelle. C'est celui qui entre dans la consommation ordinaire.
C’est sept ans après le démasclage que l'on opère l’écorçage, qui donne le Lëge femelle.
Les mêmes opérations se répètent de sept ans en sept ans dans les forêts de l'Algérie.
M. Casimir de Candolle, qui a étudié, dans les forêts de l’Algérie, le développement de l'écorce du Quercus suber, s'exprime
ainsi, à propos de l’exploitation commerciale du liège et de la nécessité de démasclage. à
« L'enveloppe cellulaire et le liber du Quercus suber s’accroissent par des couches annuelles, qui viennent tapisser leurs faces intérieures. Les quatre parties de l'écorce s’accroissent ainsi chaque année indépendamment les unes des autres. Mais le liège qui s’est développé ainsi naturellement n’a aucune valeur commerciale. On lui donne le nom de mâle et le premier acte de l'exploitation consiste à le séparer du tronc: cette opération se nomme démasclage et a pour conséquence de mettre à nu l’enveloppe cellulaire, qui forme avec le liber sous-jacent ce que les ouvriers appellent la mére.
« Le démasclage ne peut s'effectuer qu'aux époques où l'écorce est assez humide pour que l’on sépare assez facilement le liège mûle de la mère, ce qui a lieu en Algérie du mois de mai à l'automne.
« L'arbre est alors laissé à lui-même et le liège commence à se former pendant la sève qui suit le démasclage. »
Si donc on coupe un tronc démasclé depuis quelques mois, on trouve qu'un anneau de liège s’est formé dans l'intérieur de la mére, à une distance variable de la surface du tronc. Toute la portion de mère qui reste ainsi à l'extérieur, se fend à mesure que l'arbre s’accroît, tandis que la portion de mère intérieure continue son développement normal.
On appelle femelle ce nouveau liège ainsi formé dans l'intérieur de la mére. 11 s’accroît dès lors de la même manière que le liége mâle, par l’adjonction de couches annuelles; sur laface interne mais il est beaucoup plus fin et plus élastique : c’est le liège du commerce.
Lorsqu'il atteint une épaisseur suffisante, ce qui arrive ordinairement au bout de sept ou huit ans, on l’enlève comme le liége mâle et ce second démasclage produit le même effet que le premier. Cette opération peut se renouveler un grand nombre de fois, même indéfiniment !. »
La figure 46 représente la manière dont on procède, dans les forêts de l'Algérie, pour écorcer le Chéne-liège.
On commence par creuser dans l'écorce une entaille longitudinale et plusieurs incisions transversales, distantes les unes des autres de un mètre. On batl’écorce, pour rompre l’adhérence du liège, et on la sépare des tissus sous-jacents, sous la forme de tronçons cylindriques, à l’aide du manche d'une cognée, courbé et aminei à son extrémité.
L’écorçage n’a aucun inconvénient pour le chéne-liège, si l'on a soin de ménager la partie nouvellement formée du suber, et par conséquent les couches vivantes et sous-jacentes de l'écorce. Cette opération se fait pendant l'été.
1. De la production naturelle et artificielle du liège dans le Chéne-liège. In-4° de 13 pages, avec planches. Extrait des Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève (Genève, 1860).
gérie,
de Chênes-liège de l'A
— = D =) an S K= D U d = «D © S «= d Oo En Q =]
ite de l’
Cco
ÿ # Wa LE dé a Le [M > É % L LT
Revenons à l'étude physiologique du suber, dont nous a un peu écarté cette digression sur le liège commercial et sur l'exploitation du Chéne-liège en Algérie.
Nous disions que l’épiderme et le suber sont, en allant de l'extérieur à l’intérieur, les deux premiers éléments de l’écorce des arbres de nos climats.
Le suber repose immédiatement sur une masse cellulaire bien différente. En effet, les cellules qui constituent cette couche sont polyédriques; elles sont plus épaisses et plus lâchement unies. Elles sont colorées en vert. Cette coloration est due à la présence de la chlorophylle, matière propre à tous les organes verts des végétaux, et qui est appliquée à la face interne de la paroi cellulaire.
La cAlorophylle se présente, à l’état adulte, sous la forme de globules arrondis, très petits, formés d’une substance albuminoïde et de matière grasse, renfermant quelquefois dans leur intérieur de petits noyaux d’amidon et paraissant pénétrés superficiellement de la matière colorante verte.
Aux trois formations corticakes que nous venons de signaler, il faut en ajouter une quatrième, qui porte le nom de liber, et qui paraît généralement formée d’assises composées alternativement d’éléments à parois épaisses et d'éléments à parois minces. Les premières sont des fibres d’un blanc brillant, plus longues et plus grèles que les fibres ligneuses ; leurs parois, très épaisses, sont souvent ponctuées et extrêmement tenaces.
Les fibres du Ziber rendent à l’industrie des hommes un important service, puisqu'elles fournissent les matériaux des cordages, des fils et des tissus les plus solides.
Nous représentons dans la figure 47 les fibres du Chanvre, comme exemple vulgaire de l’élément végétal connu sous le nom de Æber. Ces fibres sont réunies en faisceaux. Ces faisceaux, disposés en cercles concentriques et fréquemment anasto-
du Chanvre.
d2 STRUCTURE ET FONCTIONS DES PLANTES.
mosés entre eux, constituent des couches superposées, très minces, qui représentent comme une sorte de toile, d’un tissu plus ou moins lâche. On avait anciennement comparé l’ensemble de ces couches à un livre dont chaque feuillet serait formé par une couche : de là le nom, assez impropre, de liber.
Les assises d'éléments à parois minces sont formées de cellules qui, au printemps, renferment de la fécule, et de fibres très remarquables, dont les parois, très minces, offrent des ponctuations volumineuses, occupées par un grillage d’une délicatesse admirable, par un réseau dont les mailles n’ont souvent pas plus de + de ligne en diamètre. Ces fibres, dont le rôle physiologique paraît considérable, portent le nom de
fibres grillagées.
Nous ne terminerons pas l'examen de l'écorce sans signaler l'existence d’un produit qui, dans ces dernières années, a singulièrement occupé les botanistes : nous voulons Ps du les et des vaisseaux /aticifères.
Dans l’écorce et dans la moelle de certains arbres on a reconnu la présence de vaisseaux très différents de ceux dont nous avons parlé jusqu'ici. Ces vaisseaux sont remarquables à la fois par leur structure et par leur contenu. Ce sont des tubes, simples où ramifiés, qui tantôt sont complètement indépens dants, tantôt se rattachent les uns aux autres en un tout continu. Tandis que les vaisseaux du bois sont formés de cellules que l’on peut séparer les unes des autres par l'emploi de moyens convenables, les cellules qui constituent les vaisseaux /aticifères, sont, au contraire, si intimement fondues entre elles, qu'aucune action, ni chimique, ni mécanique, ne peut les séparer.
Les vaisseaux laticifères contiennent un suc généralement coloré. On constate aisément, sous le microscope, que ce liquide se compose d’un sérum incolore, tenant en suspension des globules très nombreux et très petits, auxquels il doit sa coloration. Ce liquide se nomme latex. Mais ce qui frappe surtout l’observateur, c’est le mouvement de circulation qui est propre au latex. La transparence des parois vasculaires et la
présence des granules rendent ce mouvement très sensible.
Le latex abonde dans certains végétaux. Placez sur le porte-
objet du microscope, et sous une mince lame de verre, une jeune feuille de grande Chélidoine (fig. 48) tenant encore au rameau, ou bien un sépale de la même plante, dont le latex est jaune orangé, ou bien encore un pétale de Pavwot, dont le latex est blanc, une une mince tige de Fiquier élastique, coupée verticalement, etc. : vous verrez, dans tous ces , cas, le latex descendre dans une branche | du réseau des vaisseaux laticifères, remonter dans une autre, revenir quelquefois à son point de départ, en un mot, circuler avec une rapidité d’autant plus grande, que la température est plus élevée et la végétation plus active.
La gutta-percha, le caoutchouc, l’opium, proviennent du latex de certaines plantes.
Les éléments qui entrent dans la composition du tronc des arbres de nos forêts sont, on le voit, assez complexes. Après avoir décrit en détail chacun de ces élé- Fig-48 Valscooux laticifétes ments, nous mettrons sous les yeux du de la Chélidoine. lecteur une figure d’ensemble, destinée à résumer les notions qui viennent d’être présentées.
La figure 49 représente la section, à la fois horizontale et verticale, d’un tronc d'Érable, dans le cours de sa deuxième année. Les éléments contenus dans l’accolade du chiffre 1 représentent le bois de la première année; ceux de l’accolade 2, le bois formé pendant la deuxième année; et l’accolade 3, les éléments de l'écorce.
On voit au centre de la tige la moelle, M, sous la forme de cellules à section polyédrique. Les #rachées ou étui médullaire, qui font suite à la moelle et l’enveloppent de toutes parts, sont représentées par les lettres T, EM. Viennent ensuite trois groupes de fibres ligneuses FB ; des vaisseaux du bois, VP, alternent avec les trois groupes de fibres ligneuses.
L’écorce embrassée par l’accolade 3 fait suite à ces éléments. On y remarque les fibres du Zber représentées par les lettres FC (fibres corticales), et les éléments du swber représentés par les
lettres ES; les vaisseaux laticifères sont représentés par les lettres VL, et la couche herbacée par les lettres EC. L’épiderme EP, hérissé de quelques poils externes, termine cet ensemble. |
Les rayons médullaires s’aperçoivent assez nettement sur la tranche horizontale; ils partent de la moelle et s'arrêtent à la portion du bois appartenant à la seconde année. On les voit aussi sur la tranche verticale, indiqués par les lettres RM.
HAN Qi ner NRC RE.
EPES Ed EC ë FEB VP RM VP FB "EM M
Fig. 49. Coupe d’un tronc d'Érable.
Après avoir passé en revue tous les éléments constitutifs du tronc des arbres de nos forêts à feuilles membraneuses, nous avons à parler de la structure de la tige des arbres verts.
Les arbres verts (Pins, Sapins) se distinguent immédiatement des arbres dont il vient d’être question, par la structure de leur bois, qui est exclusivement formé de larges fibres, sans apparence de gros vaisseaux. Ces fibres ligneuses (fig. 50) présentent, en outre, cette particularité curieuse d'offrir sur chacune de leurs faces latérales (celles qui regardent les rayons médullaires) une rangée de ponctuations entourées d’une alvéole très remarquable. Ce bois est parcouru par des conduits résinifères, sortes de lacunes dans lesquelles s’accumule la résine, produite par des cellules spéciales qui les environnent,
La figure 51 représente la section transversale de la tige du bois de Sapin. On voit que les arbres verts présentent, comme
Fig, 50. Fibres ligneuses Fig. 51. Coupe transversale du Sapin. d’une tige de Sapin.
les arbres de nos forêts, un canal médullaire central, des couches ligneuses concentriques et des couches c orticales. Mais les vaisseaux du bois n’existent pas et les rayons médullaires sont peu apparents.