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Fig. 95. Feuilles décomposées (Gleditschia triacanthus).
arrondies, comme dans une feuille de Saxifrage (fig. 97). Elles. sont /obées, quand le limbe est divisé plus profondément, en lobes élargis. La feuille du Gingko (fig. 98) est une feuille bilobée.
Les feuilles sont fides ou fendues, quand leurs divisions descendent environ jusqu’à la moitié du limbe. La feuille du
Bauhinia (fig. 99) donne une très bonne idée d’une feuille bifide. La feuille de Ricin (fig. 100)est fendue en huit sections. Enfin les feuilles sont parttes, quand les incisions pénètrent
Fig. 96. Feuille dentée (Châtaignier).
jusqu’au péliole, ou atteignent la côte moyenne du limbe, comme dans la figure 101 et dans la figure 102, qui représente la feuille du Chanvre; comme dans celle de l’Echinops
Fig. 97: Fig. 98. Fig. 99.
Feuille crénelée Feuille bilobée,. Feuille bifide (Saxifrage). (Gingko). (Bauhinia).
sphærocephalus (fig. 103), et celle du Scolymus hispanicus (fig. 104), dans lesquelles les divisions du limbe sont plus multipliées encore.
Le limbe de toute feuille est parcouru par des lignes proéminentes, plus saillantes sur la face inférieure que sur la face supérieure, et qui portent le nom de nervwres.
La disposition des nervures ne s’écarte pas de trois types
Fig. 101.
Fig. 100, Feuille de Ricin. Feuille bipartite-
principaux. Dans le CAdätaignier, dont la feuille a été repré-
Fig. 102, Feuille de Chanvre.
sentée plus haut (fig. 96), on voit une nervure principale qui
va de la base au sommet du limbe, en émettant à droite et à
Fig. 103. Feuille d'Échinops sphærocephalus.
gauche des nervures secondaires parallèles, disposées comme
Fig. 104. Feuille de Scolymus hispanicus.
les barbes d’une plume. Dans les Mauves (fig. 105), cinq nervures principales partent du sommet du pétiole, et vont en rayonnant dans le limbe, comme les doigts de la patte d’un oiseau palmipède. Dans l’Zris, dont la feuille a déjà été représentée (fig. 30), un très grand nombre de fines nervures partent de la base du limbe, et marchent vers son sommet, en restant toutes parallèles entre elles.
Le pétiole peut être long, court, ou, comme nous l'avons déjà dit, manquer tout à fait. Il est souvent cylindrique, quelquefois renflé, comme dans la Chdtaigne d’eau; ailleurs, com-
Fig. 105. Nervures de la feuille de Mauve.
primé, comme dans le Bouleau et dans plusieurs Peupliers, chez lesquels la surface la plus large, au lieu d’être continue avec le limbe, y aboutit à angle droit. Dès lors le pétiole soutient mal le limbe ; il présente au vent ses deux côtés élargis, ce qui fait osciller et trembloter la feuille.
Nous venons de dire que le pétiole de la feuille peut manquer. Le limbe même peut faire défaut; la feuille est alors réduite à son pétiole. Mais obéissant, dans ce cas, à cette loi de balancement, ou de compensation des organes, qui veut que,
fs Fig. 106. Feuille d'Acacia heterophylla.
quand une partie avorte, la partie voisine prenne un plus grand développement, la nature élargit ce pétiole , qui ressemble dès lors à un ruban, à une sorte de limbe, ce qui fait qu'on l’a pris longtemps pour une feuille. Il se distingue de la’feuille par la disposition de ses nervures, et aussi par ce fait que sa tranche, au lieu d’être comprimée de façon à présenter une face supérieure et une face inférieure, se trouve, au contraire, en haut et en bas, et que ses faces sont latérales.
On donne à ce pétiole le nom particulier de phyllode. L’Acacia heterophylla (fig. 106) est d’une observation très
instructive à cetégard. On y trouve tous les degrés intermédiaires entre une feuille composée parfaite et un pAyllode : on y voit le pétiole s’aplatir et s’élargir d'autant plus que le limbe s’amoindrit davantage.
Cette transformation du pétiole, très fréquente chez les Acacias de la Nouvelle-Hollande, se retrouve dans plusieurs autres plantes appartenant aux groupes des familles des Légu-
mineuses, (des Ombellifères et des V Renonculacées.
Les feuilles se transforment en d’autres organes, avec une étonnante fréquence. C’est par les modifications des feuilles que la nature produit un grand nombre d'organes essentiels dans la vie des plantes. La découverte de ce fait a marqué une grande époque dans l’histoire de la physiologie végétale. Le poète allemand Gæthe, qui fut aussi un grand naturaliste, a réuni le plus grand nombre de preuves en faveur de cet important principe.
Prenons quelques exemples de cette transformation de feuilles en d’autres organes, qui leur ressemblent fort peu.
Les feuilles se changent en écailles :
l’Asperge (fig. 107) nous en offre un bel exemple ; — en vrilles, comme on l’ob-
Dire serve dans le Pois (fig. 108); — en Transformation des feuilles en È écailles AsDe be épines, comme nous le voyons dans l'Épine-vinette (fig. 109). Nous aurons à citer bien d’autres cas de celte curieuse transformation des feuilles en d’autres organes.
Quelle est la disposition des feuilles sur les tiges et Les rameaux qui les portent? Sont-elles jetées au hasard sur l'axe végétal? 11 suffit de l’examen le plus superficiel pour reconnaître que les feuilles sont toujours placées de la même manière, et dans un ordre fixe pour une même espèce de plantes ; en d’autres termes, que leur distance relative et leur oriente-
tion sont rigoureusement fixées par la nature. Un examen un peu approfondi va nous faire reconnaître que cet ordre est
Fig. 108. Transformation des feuilles Fig. 109. en vrilles (Pois). Transformation des feuilles en épines (Épine-vinette).
soumis à une véritable loi, car il peut ètre exprimé par une formule arithmétique.
S1 l’on jette les yeux sur une branche d'Orme (fig. 110), de Saule, de Cerisier, on constatera aisément que les feuilles sont toutes insérées à des hauteurs différentes. Dans ce cas, on dit qu’elles sont a/fernes. Au contraire, dans la Sauge, l’Ortie (fig. 111), les feuilles sont groupées par paire à la même hauteur. Dans ce cas, on dit que les feuilles sont opposées.
Dans la Lysimaque vulgaire et le Laurier-rose (fig. 112), trois feuilles sont groupées à la même hauteur autour de la tige; dans ce cas, comme aussi dans le cas oùil existe un plus grand nombre de feuilles groupées de cette manière, on dit que les feuilles sont en verticille,ou verticillées.
Ce qui donne aux plantes une physionomie parliculière, c'est que les éléments qui constituent le verticille d’un étage foliacé Fig. 110. Branche d'Orme (feuilles alternes). quelconque,corres-
pondent aux intervalles qui séparent les éléments de la paire,
Fig. 111. Feuilles opposées (Ortie). Fig. 112. Feuilles verticilleés (Laurier-rose).
ou du verticille, situé immédiatement au-dessus où au des- ’ ’ ? A sous. Îl faut remarquer, en outre, que les éléments d’une même
paire, ou d’un même verticille, sont toujours équidistants. Revenons aux feuilles alternes, pour mettre en évidence l’invariable disposition des feuilles autour de la branche. Prenons un rameau de Prumier ou de Pécher (fig. 113) et considérons une feuille quelconque. Nous trouverons que plus haut le rameau porte une autre feuille exactement placée audessus de la première, et que dans l'intervalle de ces deux feuilles il y en a quatre diversement placées.
Toutes ces feuilles se trouvent sur le passage d’une spire régulière idéale, qui s’enroulerait autour de l'axe. Cette spire, qui prend son origine à