CALICE
Le calice est l'enveloppe la plus extérieure de Ja fleur. Il n’a ni les formes élégantes, ni les couleurs variées de la corolle. Presque toujours il se confond, par son aspect et sa couleur, avec le pédoncule, dont il ne paraît qu’un simple prolongement, un épanouissement, lequel se subdivise ensuite en plusieurs lobes.
Ces formes rustiques du calice conviennent à ses fonctions. Ce n’est pas, en effet, l'élégance ou la délicatesse, mais bien la force et la solidité, qui peuvent protéger ou défendre. Formant l'enveloppe la plus extérieure de la fleur, le calice doit être constitué de manière à résister aux actions du dehors. Il est vrai que le calice de quelques plantes, telles que le Fuchsia, l'Hortensia, rivalise d'élégance et de beauté avec la corolle; mais ce sont là des exceptions aux faits habituels.
Le calice est donc l'enveloppe extérieure de la fleur. Ses diverses parties portent le nom de sépales.
Les sépales ne sont que des feuilles modifiées. Qu'on jette les yeux sur un bouton de Camellia (fig. 150); la même structure, la même nervation, presque la même forme, sont propres à la fois aux cinq sépales de la fleur et aux bractées qui les accompagnent.
Dans la Pivoine, dans la Digitale (fig. 151), il y a une ressemblance ou une transition insensible entre Les bractées et les sépales du calice. Or on observe tous les passages d'aspect, de forme, de grandeur, entre les bractées et les feuilles, et nous sommes conduits, de cette manière, à considérer le calice des fleurs comme provenant de la modification des feuilles.
Fig. 150. Calice du Fig. 151.
Camellia. Calice de la Digitale.
Le calice semble quelquefois ne former qu’un seul et même tout; d’autres foisil paraît plus ou moins profondément divisé. Dans le premier cas, il est dit monosépale ; dans le second, polysépale.
La fleur de la Primevère (fig. 152) a un calice monosépale; celle du Lin (fig. 153) a un calice polysépale.
Les anciens auteurs considéraient le calice comme un organe unique, qui pouvait se découper plus ou moins profondément.
C'est à cette idée fausse que sont dues les expressions défectueuses de lanières, découpures, lobes, dents, par lesquelles on a Fig. 152. Fig. 153. indiqué les parties libres des pe em <l folioles du calice réunies en un
# seul tout. Les découpures, en effet, ne se font point du haut en bas. Lorsqu'un calice quelconque commence à naître, ses éléments, ou sépales, sont toujours libres. Ils demeurent isolés jusqu’à la fin du développement si le calice doit être polysépale ; mais ils sont. soulevés, à un certain moment, par une sorte d’enceinte si le calice doit ètre monosépale.
Sans nous arrêter ici sur les formes diverses des sépales, nous nous contenterons de dire que ces organes deviennent, pour ainsi dire, méconnaissables dans les Valérianes (fig. 154), les
Fig. 154. Calice à aigrette de la Valériane. Fig. 155. Calice à aigretle du Seneçon.
Seneçons (fig. 155), et une foule d’autres plantes voisines ‘de celte dernière. Ils se présentent, en effet, dans ces plantes, comme une touffe de soie ou de poils, que l’on appelle aigrette ;
et si l’on n’arrivait peu à peu à cette curieuse modification par une série d'exemples convenables, il serait bien difficile, dans ce cas, de rapporter les sépales à leur véritable origine.
Le nombre des sépales du calice est extrêmement variable. On en compte deux dans la Chélidoine, trois dans l'Ephémère de Virginie, quatre dans l'Épilobe, cinq dans l’£llébore, six dans l'Épine-vinette, un nombre plus considérable dans les Cactus.
Quant à leur disposition sur le réceptacle, les sépales sont, tantôt en verticille, c’est-à-dire plusieurs placés à la même hauteur si le réceptacle est conique, ou à égale distance du centre si Le réceptacle est plat ; tantôt disposés en spirale, c’est-à-dire placés à des hauteurs différentes, de façon que la ligne qui joint leurs points d'insertion soit une spirale.
Les sépales sont enfin égaux entre eux, -insérés à la même hauteur, à la même distance, libres ou soudés; ou bien ils ne présentent pas un accord parfait à ces divers points de vue, et déterminent ainsi les calices réqulhers ou 2rréquliers. Celui de la ZLysimaque nv ML +
: s Fig. 156. Calice régulier Fig. 157. Calice irrégulier nummulaire(ig. 156) de Lysimaque. F de l’Aconit. ; est régulier, celui de l’Aconit (fig. 157) est irrégulier.
Dans le Pavot, le calice tombe avant l'épanouissement de la fleur; dans les Renoncules, il ne se détache qu'après la fécondation de lafleur ; dans les Physalis, il persiste autour du fruit, et prend beaucoup d’accroissement, en même temps qu'il se colore en jaune ou en rouge.
Ce dernier phénomène de coloration nous conduit à une remarque qui a son intérêt. Dans un certain nombre de cas où le calice et la corolle existent simultanément dans la fleur, le calice devient coloré, et revêt ainsi l'apparence de la corolle. Le calice de la Grenade, celui du Fuchsia sont rouges; celui du Pied-d'alouctte, celui de l’Aconit sont bleus.
Le calice peut être coloré lors même que la corolle manque. C'est ce qui s’observe dans le Populage.
Dans les fleurs des Anémones (fig. 158) et des Clématites dont on admire les brillantes couleurs, c’est le calice qui revêt
Fig. 158. Anémone (calice). Fig. 159. Anémone (coupe du calice).
cette riche coloration, car il y a absence complète de corolle.