‹ Histoire des plantesChapitre 60 sur 114 · LA · texte numérisé non relu

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droite et creuse, est marquée de nœuds assez également espacés. Ses feuilles ressemblent à celles du Roseau. Ses fleurs sont disposées en épis ou panicules.

Le Bambou est propre à l’Inde et aux îles de la Sonde. Il a été transporté en Chine, ensuite dans les colonies de l'Amérique centrale, où on le cultive et où il forme, comme dansl'Inde, des champs immenses. Les champs de Bambou produisent un bruit singulier quand le vent fait entrechoquer leurs hautes chaumes ligneuses. Mais c’est dans l’Inde et dans la Chine que le Bambou est surtout cultivé : dans l’Inde, il forme de véritables forêts dont l’exploitation est une source de revenus pour les indigènes.

En effet, la tige du Bambou reçoit toute sorte d’affectations; grâce à sa flexibilité et à sa solidité. 11 sert à confectionner une foule d’ustensiles légers, des palanquins, des lits, des corbeiïlles, etc. On peut la diviser au point de le tresser et de le tisser aussi facilement que la paille de blé. C’est avec les jeunes tiges de bambou que l’on fabrique, en Chine etau Japon, le papier dit de Chine. Les tiges d’une souche de Bambou servent à faire les cannes connues en Europe sous le nom vulgaire de bambous.

L’A/fa, qui appartient à la famille des Graminées, et que l’on connait vulgairement sous le nom de Sparte, est désigné par les botanistes par le nom de Stipa tenacissima. Cette plante croît en abondance dans l'Afrique septentrionale. Répandue dans le Sahara, comme dans le Tell, elle couvre en Algérie des espaces immenses. On a donné le nom poétique de Mer d’alfa (fig. 344) aux champs naturels d’A/fa que l’on rencontre dans les environs d'Oran et qui s'étendent à perte de vue.

Autrefois l’A//a était considéré comme une mauvaise herbe qu'il fallait arracher et combattre ; aujourd’hui, non seulement on la laisse croître, mais on en ensemence de grandes étendues de terrain, depuis que les fabricants de papier ont trouvé dans ce jonc robuste la meilleure matière pour fabriquer le papier à bon marché.

De tous les succédanés du chiffon, le sparte est, en effet, celui qui, jusqu'ici, a donné les meilleurs résultats. Sa fibre longue, souple et régulière, est d’un feutrage facile, et le papier qu’elle fournit, solide et plein, n’a rien de la sécheresse ni de la sonorité criarde du papier de paille. Ces qualités expliquent la rapidité avec laquelle son emploi s’est répandu. Aujourd'hui, l'Angleterre reçoit 150,000 tonnes de ce produit textile, tandis

qu’en 1862 elle n’en recevait que 18,000 tonnes, Son prix variait, en 1862, de 50 à 75 francs la tonne, il est Bjourd hui de 200 francs environ.

Le sparte estrépandu nonseulementen Afrique,mais en Grèce, en Sicile et en Espagne. Dans ce dernier pays, on l’emploie à la fabrication de cordages, de nattes, de corbeilles et de tapis. Il a pris son nom du mot spartero qui signifie, en espagnol, substance textile dure. Le nom d’A/fa, usité en Algérie, vient du mot arabe qui sert à désigner cette plante.

Le papier se fabrique avec l’A//a selon les procédés ordinaires en usage pour la fabrication du papier de chiffon, c’est-à-dire le traitement par la soude caustique, dans le bossé rotatif, le lavage à l’eau, suivi de la décoloration par le chlore et la Lessive caustique.

En France, on fait encore peu d’usage de l’Alfa pour la fabrication du papier mais, en Angleterre, ce succédané du chiffon est en grande faveur. L’Angleterre à eu jusqu'ici le monopole presque absolu du commerce de cette plante et de sa transformation en pâte à papier. Chaque année, elle prend à l'Espagne 100,000 tonnes de sparte et à l'Algérie 50,000 tonnes d’Alfa, dont elle fait 75,000 tonnes de pâte à papier.

On mêle Le sparte au chiffon en proportions variables. Il entre une grande quantité de sparte dans le papier sur lequel s'imprime le Times. Quelques journaux d° Écosse sont composés de 15 pour 100 de sparte.

En 1879, le journal la Presse a porté, pendant quelque temps, en tête de sa feuille, ces mots : Zmprimé sur papier d'Alfa.

Le commerce distingue le sparte de l'Espagne de l’A/fa de l'Algérie. Cependant, au point de vue botanique, cette plante est la même dans l’un et l’autre pays.

Le sparte est, avons-nous dit, le Séipa tenacissima. Vivace et résistante, cette plante croît spontanément sur les terrains secs et siliceux de l’Andalousie et des anciens royaumes de Murcie et de Valence. En Algérie, elle est répandue partout.

On distingue, en botanique, plusieurs espèces de sparte. Outre le Stipa tenacissima, on connaît le Lygeum spartium, le Stipa barbata, le Stipa gigantea, qu'on peut assez facilement confondre avec le Stipa tenacissima.

Cette dernière plante est caractérisée, entre toutes les espèces, par ses feuilles filiformes, frisées, atteignant une hauteur

Fig. 344. Mer d Alla, aux environs d'Oran.

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de un mètre, sur un millimètre et demi à quatre millimètres de largeur. De sa base partent les feuilles, qui sont fibreuses et résistantes. A l’état vert, elles restent droites et ouvertes et ne se frisent que lorsqu'elles commencent à sécher. Les feuilles du Sparte apparaissent en décembre ou janvier, et se développent jusqu’à la fin de juillet. Ses racines sont nombreuses, menues, entrelacées et rampantes. Le sfipa, qui est pour le bétail une nourriture saine et fortifiante, ne se rencontre jamais sur les sols argileux, mais croît sur tous les terrains secs, perméables et pierreux, depuis le niveau de la mer jusqu’au sommet des montagnes.

La résistance de cette graminée aux chaleurs les plus torrides est vraiment incroyable. Ses touffes verdoyantes, qui ont de 7 à 10 centimètres de diamètre, égayent seules les sites arides et désolés où elle végète.

Sa croissance est des plus lentes. Ce n’est qu’à douze ou quinze ans qu'elle peut fournir un produit avantageux pour l’industrie.

L’Alfa se récolte pendant toute l’année en Algérie. Les tiges récoltées sont soumises à l’action de puissantes presses hydrauliques, comprimées sous la forme de ballots de 200 kilogrammes environ, et expédiées.

Un chemin de fer a été construit de Saïda à Arzew, pour amener au port d’Arzew les ballots d’Alfa récoltés dans la province d'Oran et emballés à Saïda. Ce chemin de fer a été inaugœuré au mois d'octobre 1879.

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À côlé de la famille des Graminées se range celle des Cypéracées, qui réunit des plantes très diverses, croissant, en général, dans les lieux humides ou sur le bord des lacs. Leur tige est un chaume cylindrique ou triangulaire, avec ou sans nœuds. Les feuilles sont engainantes. Les fleurs hermaphrodites ou unisexsuées, forment de petits épis écaillés.

Cette famille diffère de celle des Graminées en ce que dans cette dernière le chaume n’est jamais triangulaire. La gaîne des feuilles est fendue et les fleurs sont d’une composition plus compliquée.

On partage les Cypéracées en six tribus : les Cypérées — les Scirpées — es Hypolythrées — les Sclériées — les Caricinées — les Cladiées.

Le seul genre intéressant de ces six tribus est le genre Souchet, type de la tribu des Cypérées.

Les Souchets sont des plantes annuelles, à souche traçante. Leur tige est sans nœuds. Leurs feuilles sont étroites et engaînantes par le bas, les fleurs en ea diversement groupés.

Le Souchet long, ou Souchet odorant, habite les marais et les lieux humides. Les bestiaux le recherchent, car ses racines ont une odeur agréable et une saveur aromatique puissante. Le parfumeur fait de ses racines une poudre odorante.

Le Souchet comestible, qui croît dans les marais du midi de la France, donne des tubercules doux et agréables de goût.

Mais la plus intéressante des espèces de Souchets, est le Souchet Papyrus (Cyperus Papyrus) parce que les tiges de cette plante étalées, battues et séchées, constituaient, chez les anciens, le papyrus, qui servait de papier. Le mot papier n’est, en effet, que la traduction du latin Papyrus, nom qui, chez les anciens, désignait cette plante.

Le Papyrus (Cyperus Papyrus) vit dans les eaux douces peu profondes, tranquilles et d’une température modérée. Ses tiges sont triangulaires, très grosses et d’une excessive consistance.

Le Papyrus poussait sur les rives du Nil avec tant d’abondance que l’écrivain Cassiodore dit que l’on pouvait prendre le bord du Nil « pour une immense forêt sans branches, un bocage sans feuilles, une moisson des eaux. » Eschyle, le poète tragique des Grecs, nomme les Egyptiens des #angeurs de Papyrus, parce que les tubercules de cette plante tenaient lieu d’aliment aux riverains du Nil.

IL est assez étrange qu'une plante aussi utile ait fini, de nos jours, par disparaître à peu près entièrement de l'Egypte.

Chez les Egyptiens, les tiges de Papyrus étaient coupées et envoyées en Italie, où on les préparait de manière à les réduire en feuilles minces et blanches. Ces feuilles constituaient le papier qui formait les manuscrits.

Pour transformer en feuilles de papier les tiges du papyrus, |

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Fig. 345.-Papyrus d'Égypte (Cyperus Papyrus).

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on coupait en tronçons les tiges de la plante, en leur donnant la longueur que l’on voulait donner à la largeur du papier, puis, à l’aide d’un couteau très aigu, on découpait cette tige en tranches très minces. On mettait ces membranes végétales sous presse, et on leur en superposait, en travers, un certain nombre d’autres, de manière à obtenir une feuille plus résistante. Le mucilage que la tige renferme naturellement servait à faire adhérer ces différentes parties, et à en composer un tout unique. Une colle de pâte ajoutée à la masse comprimée, servait à mieux cimenter le tout.

Après cet assemblage, le papyrus était battu au marteau et collé de nouveau, remis en presse et martelé encore de manière à le rendre parfaitement uni.

Voilà ce que Pline nous apprend concernant la préparation du papyrus, opération industrielle qui se faisait dans plusieurs villes de l'Italie, avec les tronçons des plantes envoyées des bords du Nil.

Du temps de Tibère, l’arrivée des navires porteurs du papyrus d'Égypte ayant subi quelque retard, les magasins de Rome se trouvèrent privés de cette matière, qui acquit un prix inoui; Ce qui occasionna une émeute populaire. Quand les navires chargés de cette marchandise arrivèrent enfin au port d'Ostie, il y eut un tumulte inexprimable pour se procurer la matière attendue. Le Sénat dut intervenir pour partager équitablement entre tous Les acheteurs les arrivages de papyrus.

Les Romains distinguaient jusqu’à neuf qualités différentes de papyrus.

Le papyrus d'Egypte demeura en possession du privilège de fournir le papier aux peuples occidentaux jusqu’au XI° siècle, c’est-à-dire jusqu’à l'époque de la découverte du papier de coton.

Le Papyrus (Cyperus papyrus) n’est pas exclusivement propre à l'Egypte. IL vit et prospère sous diverses latitudes. IL est même aujourd'hui cultivé en France, comme plante d'ornement. Il croît en plein air, avec la plus grande rusticité, dans les squares et jardins publics de Paris.

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