SOLANÉES
Le genre des Solanum, auquel appartiennent la Pomme de terre (Solanum tuberosum), la Douce-amère (Solanum dulcamara), la Morelle (Solanum nigrum), a donné son nom à la famille des Solanées. Nous étudierons le Solanum tuberosum, comme type de cette famille.
Le calice des Solanum (fig. 401) est monosépale, à cinq divisions La corolle, monopétale, en forme de roue ou de godet, présente cinq lobes alternant avec les divisions du calice. Elle porte cinq étamines à filets courts, à anthères biloculaires, s’ouvrant au sommet par deux pores. Le pistil se compose d’un ovaire supère, surmonté d’un style allongé, que termine un stigmate obtus. Cet ovaire présente deux loges et sur la cloison qui les sépare s’insère, pour chaque loge, un gros placenta, chargé d’ovules anatropes. Le fruit est une baie, contenant un grand nombre de graines
Fig. 401. Fleur de Pomme de terre.
comprimées, munies d’un albumen charnu et d’un embryon recourbé sur lui-même.
Les Solanum sont des plantes à feuilles alternes, simples et sans stipules, dont la tige est herbacée, ne hénpuse ou ligneuse et l’inflorescence très variée.
La Morelle tubéreuse (Solanum tuberosum), que nous venons
Fig. 402. Pomme de terre (Solanum tluberosum) avec ses rameaux souterrains mis à nu.
de décrire, est connue dans le monde entier sous le nom de Pomme de terre (fig. 402). Cette utile Solanée est originaire des Cordillères du Pérou et du Chili. Nous avons déjà dit que ses tubereules, dont on fait aujourd'hui un usage universel, comme substance alimentaire, ne sont pas des racines, mais de véritables rameaux souterrains.
SOLANÉES. * 459 Comme plantes intéressantes du genre Solanum, nous citerons: la Morelle notre (Solanum nigrum), qui croît abondamment le long des murs des villages et dans les lieux cultivés; son fruit contient un principe actif, eristallisable, vomitif d’abord, puis narcotique; — la Mélongène ou Aubergine (Solanum melongena), herbe originaire de l’Asie tropicale, répandue par la culture dans la région méditerranéenne de l’Europe, naturalisée aujourd’hui en Amérique : son fruit, gros, lisse, ovoide, ordinairement violet, quelquefois jaune. contient une chair blanche, qui devient comestible par la cuisson; — la Morelle ovifère (Solanum oviferum) ou Poule pondeuse, dont la baie a la forme, la couleur et le volume d’un œuf de poule. On mange ses baies coupées par tranches et frites, etc. Autour des Solanum se groupent diverses plantes intéressantes, que nous devons mentionner. Citons d’abord les ZLycopersicum, dont une espèce, la Tomate (Lycopersicum esculentum), est cultivée dans tous les jardins et produit un fruit d’un rouge vif, à lobes arrondis, rempli d'une pulpe orangée, aigrelette, et d’un parfum très agréable qui la fait rechercher sur les tables, comme aliment ou condiment. — La Belladone (Atropa belladona), herbe vivace, élégante de port, mais de physionomie suspecte, au feuillage sombre, aux fleurs livides, aux fruits ressemblant à de petites cerises noires. La saveur douceàtre de ses fruits est trompeuse, car ils constituent un violent poison. La médecine tire parti, dans un grand nombre de circonstances, des propriétés narcotiques ou calmantes de la Bel/ladone. Le suc exprimé de ses feuilles produit yne remarquable dilatation de la pupille, propriété singulière qu'on utilise dans l'opération de la cataracte, pour faciliter l’extraction ou l’abaissement du cristallin altéré. — La Mandragore (Mandragora officinalis), dont les propriétés sont analogues à celles de la Belladone, et qui était employée jadis par les prétendus magiciens et faux sorciers, pour produire des hallucinations et troubler la raison. — Les Physalis, dont la baie peu succulente, légèrement aigrelette, est renfermée dans un calice accrescent (c’est-à-dire qui continue à se développer après la fécondation). En se développant, ce calice finit par former, autour du fruit, une enveloppe boursouflée et de couleur rouge. — Les Piments (Capsicum), dont les baies luisantes, vertes d’abord
et rouges à la maturité, contiennent un principe résineux balsamique, très âcre, ce qui fait rechercher ses fruits comme condiment dans toutes les contrées du globe.
Les Tabacs (Nicotiana) appartiennent à une autre section de la famille des Solanées. Leurs anthères s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Leur fruit est sec; c’est une capsule qui s'ouvre en deux valves, en laissant dans le milieu la cloison placentaire, chargée de graines.
Le Tabac est l'herbe fameuse qui a fait la conquête du monde. Dans toutes les parties du globe on l’aspire en fumée, non sans de graves inconvénients pour la santé. Ce n'est pas ici, toutefois, le lieu de nous étendre sur cette question.
Les Jusquiames (Hyoscyamus) se distinguent des Solanum et de leurs congénères, ainsi que des Tabacs, par leur fruit capsulaire, qui s'ouvre circulairement, à la façon d’une petite boîte.
Citons enfin les Stramoines ou Datura, dont la capsule, incomplètement quadriloculaire, est ordinairement chargée d'épines ou de tubercules.
PRIMULACÉES.
Les Primevères (Primula) sont des plantes herbacées, à feuilles simples, alternes et sans} stipules. Leur tige est souterraine, et les feuilles forment à la surface du sol une rosette, d’où partent les fleurs, portées sur une hampe. La plupart des espèces de cette famille sont originaires de l’Europe et de l'Asie. |
La Primevère officinale (fig. 403) croît dans nos bois et nos pâturages. La Primevère farineuse et la Primevère auricule(Orerlle d'ours) croissent dans les Alpes. La Primevère grandiflore est une espèce indigène, fréquemment cultivée dans les jardins. Ses fleurs offrent des couleurs variées: on cultive la jaune, la purpurine, la blanche, etc. La Primevère de la Chine figure agréablement en hiver dans nos jardinières d'appartement.
Le calice des fleurs de Primevère est monosépale, et forme un tube, terminé par cinq dents au sommet. La corolle est monopétale, hypocratériforme ; son limbe présente 5 lobes, alternes avec les dents du calice ; 5 étamines s’insèrent sur le tube
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de la corole et leurs deux loges s'ouvrent en dedans, par deux fentes longitudinales. Le pistil présente un ovaire supère, surmonté d’un style, plus ou moins allongé. L’ovaire est uniloculaire et présente dans son intérieur un gros placenta cen-
Fig. 403. Primevère officinale.
tral, chargé d’un grand nombre d’ovules. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre à son sommet en cinq valves, pour laisser tomber des graines munies d’un albumen charnu, enveloppant un embryon droit. : |
Auprès des Primevères, nous placerons les Cyclamen, si caractérisés par leur élégante corolle à lobes réfléchis, et par leur tige souterraine, renflée de manière à ressembler à un petit
pain de munition, d’où leur nom vulgaire de Pain de pourceau; et les Lysimaques, à corolle en forme de roue. Une belle espèce, le Lysimachia vulgaris, croît au bord des eaux, en France.
Un peu plus loin des Primevères, Viennent se ranger les Mourons (Anagallis), dont le fruit s’ouvre en travers, comme une boîte à savonnette. Le Mouron des oiseaux, qui sert à la nourriture des oiseaux de volière, n'appartient pas au genre Anagallis, mais bien à une petite espèce de la famille de Caryophyllées, connue sous le nom de Stellaria media.
ÉRICINÉES.
Les Bruyères sont des arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, simples et sans stipules. Quelques espèces croissent en Europe, mais le plus grand nombre est originaire du cap de Bonne-Espérance. La Bruyère cendrée où Bruyère franche (Erica cinerea), la Bruyère commune ou Brande (Calluna vulgaris, fig. 40%), sont très répandues aux environs de Paris. La Bruyère en arbre (Erica arborea), propre à la région méditerranéenne, domine toutes Les autres espèces par sa hauteur, qui peut atteindre jusqu’à 4 ou 5 mètres.
Ses fleurs sont nombreuses et leur odeur | suave se répand à une grande distance.
F / La Bruyère à balai (Erica scoparia),
\ | / qu’on trouve dans le nord, l’ouest et le | |} midi de la France, tire son nom de son \r ; emploi vulgaire. Elle croît au sein des # bois, dans les lieux stériles et incultes.
Les Erica sont des fleurs régulières.
Leur calice est monosépale et divisé en
Fig. 404. Bruyère com- quatre parties, d'ordinaire peu profondes. mr: La corolle, de forme variée, globuleuse
ou urcéolée, tubéreuse, ou bien en forme de cloche ou de patère, présente 4 lobes, alternant avec les divisions du calice. Ce n’est pas la corolle qui porte, comme cela est ordinaire, les
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8 étamines qui composent l’androcée : ces étamines s'insèrent sur le réceptacle. Le pistil se compose d’un ovaire supère, surmonté d’un style très étroit, et d’un stigmate en forme de godet ou de bouclier. L'ovaire présente quatre loges, dans l’angle interne desquelles se trouve un placenta, chargé d’ovules anatropes. Il devient un fruit capsulaire, s'ouvrant par le dos; les graines, ovales, réticulées, contiennent un embryon droit dans un albumen charnu.
À côté des Erica et des Calluna viennent se ranger les Rhododendrons et les Azalées, auxquels nous devons de si belles espèces d'ornement.
Nos Aÿrelles, dont les baies sont acidulées, sucrées, légèrement astringentes, et qui sont employées comme aliment, appartiennent au genre Vaccinium. Leur corolle est en forme de grelot; on y trouve 8 étamines, qui s'ouvrent par le haut; mais l'ovaire est infère.
La petite famille des Épacridées, qui, pendant l'hiver, embellit les serres européennes de diverses et délicieuses espèces d'Epacris, propres surtout à la Nouvelle-Hollande, est très voisine de celle des Éricinées. Elle s’en distingue surtout par des anthères uniloculaires.
PLANTES DICOTYLÉDONES POLYPÉTALES.