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CUCURBITACÉES

papilleux, simple dans l’étamine, uniloculaire, bilobé ou bifide dans les autres. Les fleurs femelles sont solitaires, et se composent d’un calice à cinq dents, d’une corolle, analogue à celle de la fleur staminée, d’un ovaire infère à trois loges, surmonté d’un style court, et de trois stigmates épais. L'ovaire était à l’origine uniloculaire, et présentait trois placentas pariétaux, chargés chacun de deux séries d’ovules, qui se sontavancés vers le centre de la cavité et s’y sont réunis pour devenir bientôt charnus. Le fruit est une baie charnue, verruqueuse ou lisse. Les graines sont ovales, plus ou moins comprimées, et contiennent un embryon droit, dépourvu d’albumen.

Les Cucumis sont des herbes à feuilles simples, alternes, accompagnées chacune d’une vrille latérale.

Le Melon est un Cucumis annuel, à feuilles cordées à la base, tantôt réniformes, tantôt à 3, 5, 7 lobes, à sinus arrondis. Ses fruits, dont les formes varient beaucoup, renferment une chair le plus souvent douce; ils ne sont jamais pourvus d’aiguillons. C'est principalement sur les modifications du fruit qu’on a fondé la classification des Melons en plusieurs tribus, divisées elles-mêmes en groupes secondaires, que nous allons énumérer rapidement. |

Les Cantaloups constituent un groupe assez bien caractérisé. Dans les variétés principales, les fruits ont de grandes dimensions. Leur forme varie de celle d’une sphère très déprimée à celle d’un ovoïde oblong, à côtes plus ou moins prononcées et séparées par des sillons étroits, à peau lisse ou verruqueuse. La chair du Melon proprement dit est épaisse, d’un rouge orangé, fine, fondante et sucrée. Tous ces melons passent au jaune en mürissant, etils exhalent alors une odeur suave.

Un autre groupe est celui des Melons brodés, qui comprend le Melon maraîcher proprement dit et le Melon de Coulommiers, cultivés sur une grande échelle aux environs de Paris, etc.

On range dans un troisième groupe les Melons sucrins. Les Sucrins ont la chair blanche ou verdâtre, un parfum plus doux et cependant plus pénétrant que celui des Cantaloups, une chair fine, fondante et sucrée.

Les Melons d'hiver forment un quatrième groupe, dont le plus beau représentant européen est notre Melon d'hiver de Provence, ou Melon de Cavaillon. Sa peau est mince et sa

chair très épaisse, ferme, blanche, jaune pâle ou verdûtre, suivant la variété, sans parfum, mais fondante et très sucrée. Fort estimé dans le midi de la France et de l'Europe, où on le cultive sur une immense échelle, cet excellent fruit encombre les marchés du midi de la France pendant une partie de l'été et de l'automne. On commence à l’introduire à Paris. Mais il est temps de nous arrêter dans l’énumération de ces fruits

alimentaires, pour ne pas dépasser les bornes de cet ouvrage.

Une autre espèce du genre Cucumis, le Cucumis sativus, est vulgairement connue sous le nom de Concombre. On confit dans le vinaigre le jeune fruit du Concombre, pour servir de condiment : il porte sur nos tables le nom de cornichon.

Bien d’autres genres de la famille des Cucurbitacées seraient dignes d’un examen attentif. Nous devons ici nous contenter de citer : les Cucurbita, ou Courges, qui nous donnent le Potiron (Cucurbita maxima), — le Bonnet de prêtre ou d’électeur (Çucurbita melo-pepo); — a Courge de Saint-Jean (Cucurbita pepo), etc.; — les Lagenaria, dont le frait est parfois déprimé en son milieu et forme ainsi deux renflements : l’un inférieur, plus petit, l’autre supérieur, plus gros (Gourde de pèlerin) ; ou bien est ventru inférieurement au-dessous d’un col oblong

(Cougourde), ou bien encore est allongé en forme de massue

(Gourde massue, Gourde trompette); — les Citrullus, qui nous donnent la Pastèque ou Melon d'eau (Citrullus vulgaris), à fruit très gros, globuleux, lisse, vert, à chair sucrée et acidulée,

parfumée, très rafraîchissante; — la Coloqunte (Cucumis co-

locynthis), à fruit globuleux, glabre, jaune, dont l'écorce est 7 ? » 5 , ;

mince, la chair très amère, purgative et vomitive; — les

Bryonia, dont une espèce (Bryonia dioica), vulgairement connue sous le nom de Bryone couleuvrée, décore les haïes de ses charmants petits fruits globuleux, rouges, ou quelquefois jaunes.

CARYOPHYLLÉES.

Le calice des OEullets (fig. 422) est le plus souvent tubuleux, cylindrique, à cinq dents, et muni, à sa base, de deux ou plusieurs petites bractées. La corolle se compose de cinq pé-

tales libres, hypogynes, à onglet linéaire allongé, à limbe crénelé, denté. Les étamines sont en nombre double des pé-

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tales: leurs anthères sont biloculaires, attachées par le dos ei s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire uniloculaire, renfermant un grand nombre d’ovules courbes et surmonté de deux styles très minces. Le fruit est une capsule, s’ouvrant au sommet par des valves en nombre double de celui des styles. Un embryon droit est appliqué dans la graine à la surface d’un périsperme farineux.

Les OErllets sont des herbes ou des sous-arbrisseaux à tige noueuse, articulée, à feuilles opposées, à fleurs terminales disposées en cime, quelquefois solitaires. On en cultive dans les jardins plusieurs espèces.

L'OŒEïllet-girofiée (Dianthus caryophyllus) a des fleurs rouges, roses, blanches, quelquefois panachées ou doubles.

L'OEtllet de poète (Dianthus barbatus) a des fleurs en co-.

rymbe serré, protégées par des bractées minces et pointues, qui égalent en longueur le tube du calice. L’OEillet mignardise (Dianthus moschatus) a des pétales odorants, d'un rose pâle, très droits, barbus et qui varient par la culture. L’OEtllet superbe est vraiment digne de ce nom. Rousseau disait dans une lettre, en parlant de cette belle fleur :

Fig. 422, OEillet-giroflée.

« Avez-vous vu le Dianthus superbus ? Je vous l'envoie à tout hasard. C’est réellement un bien bel œillet, et d’une odeur bien suave, quoique faible. J'ai pu recueillir de la graine bien aisément; car il croît en abondance dans un pré qui est sous mes fenêtres. IL ne devrait être permis

qu'aux chevaux du Soleil de se nourrir d’un pareil foin. » CU

MES ds D ND ds 0 . \ . . " ; .- : À dé # Parmi les espèces principales appartenant à la Be des Caryophyllées, nous citerons les suivantes : la Saponaire offici-

nale(Saponaria officinalis), plante indigène, dont la racine contient une matière qui mousse avec l’eau, comme le savon, une résine molle et de la gomme, et à laquelle on attribue des propriétés médicinales ; — le Lychnis dioica ou Compagnon blanc, que le voyageur rencontre presque à chaque pas sur sa route ; — le Lychnis flos cuculi, dont les pétales rouges sont très découpés, et qui fait, au printemps, l’ornement de nos prairies ; — le Lychnis coronaria, où Coquelourde, plante à fleur purpurine, à tige cotonneuse, blanchâtre ; la Melle des blés (Lychnis githago), qui abonde dans nos moissons; les Gypsophiles (Gypsophila elegans et paniculata) dont les petites fleurs blanches se balancent dans nos jardins, sur des pédicelles d’une délicatesse extrème; — les Siènes, — les Sagines, — les Alsines, — les Stellaires, — les Ceraistes, etc.

L’Acacia, ou mieux Robinia (Robinia pseudo-acacia), qui nous servira de type pour cette famille, est originaire de l'Amérique du Nord. Il fut cultivé pour la première foisen France, en 1601, par Robin. C’est un arbre de grande taille, qui se termine par une cime arrondie, ample, à branches étalées. Son écorce, roussâtre, est marquée de crevasses longitudinales profondes. Ses rameaux sont munis d’épines en forme d’aiguillons robustes. Ses feuilles sont composées de folioles nombreuses, oblongues. Ses fleurs blanches, très odorantes, sont disposées en grappes bien fournies et pendantes (fig. 423).

Quelle est la structure d’une fleur d’Acacia? Le calice, qui se compose de 5 pétales, est à peu près campanulé, presque bilobé, à lèvre supérieure tronquée ou échancrée, bidentée, à lèvre inférieure trifide. La corolle se compose de 5 pétales. Selon l'expression admise en botanique, elle est dite papilionacée. La partie de la corolle nommée l’étendard est orbiculaire, étalée en arrière, dépassant à peine les ailes, qui sont libres, u la carène aiguë. Les étamines sont au nombre de 10; sil y 9 soudées Bombe et une seule de libre. Leurs anth£tes #7 biloculaires et s'ouvrent en dedans, par deux fentes longitudinales. L'ovaire, uniloculaire, renferme une vingtaine d’ovules. Le style est très mince et le stigmate obtus. Le fruit, qui forme

un caractère important dans cette famille, est une gousse. Les graines, de forme ovoïde, comprimées, d'un brun foncé, luisant, renferment un embryon dépourvu d’albumen.

La famille des Papilionacées renferme un grand nombre

Fig. 423. Fleur d’Acacia (Robinia).

d'espèces alimentaires ou médicinales. Parmi les espèces cultivées en grand pour leurs graines féculentes alimentaires, il suffit de citer le Æaricot (Phaseolus vulgaris); — le Pois (Pisum sativum) ; —- la Lentille (Vicia lens); — la Fève (Faba vulgaris); — l’Arachide souterraine (Arachis hypogæa), dont le fruit, qui

pénètre dans la terre à une profondeur de deux pouces, renferme des graines huileuses, très sapides, très nutritives. L’Ara-

chide est originaire du Brésil, d’où elle s’est répandue dans toutes Les contrées chaudes du globe.

Parmi Les espèces de Papilionacées cultivées comme fourrage, ou qui forment des prairies artificielles, les plus importantes sont les Zréfles (Trifolium pratense, Trifolium repens,

Trifolium incarnatum), la Luzerne (Medicago sativa) et Je Sainfoin (Onobrychis sativa).

Parmi nos Papilionacées indigènes douées de quelques propriétés médicinales ou économiques, nous citerons l’Astragalus glycyphytllos, ou Fausse réghsse, dont les feuilles, d’une saveur sucrée et nauséeuse, étaient autrefois employées en médecine; — l'Anthyllis vulneraria, qui est douée de propriétés astringentes ; — le Genèt d'Espagne (Spartium juncum) ; — le Genèt à balai (Sarothamnus scoparius); —le Faux Ébénier (C4 ytisus Laburnum);— le Baquenaudier (Colutea arborescens), qui renferme un principe amer, âcre, émétique et purgalif ; — la Réglsse qlabre (Glycyrrhiz a glabra), dont la racine renferme des principes sucrés, et dont le suc épaissi fournit à la pharmacie l'extrait béchique et pectoral si connu sous le nom de suc de réglisse.

On fait aujourd'hui rentrer la famille des Papilionacées dans la classe des Léqumineuses, qui renferme deux autres groupes que nous ne saurions entièrement passer sous silence. Ce sont les Césalpiniées, dont les fleurs sont presque régulières, et les Mimosées, remarquables par la régularité de leur corolle et leurs étamines, souvent en nombre indéfini.

Aux Césalpiniées appartiennent le Caroubier, la Casse, le Gainier ; aux Mimosées appartiennentles vrais Acacias et les Mimosa.

Le Caroubier est un arbre assez commun sur les bords de la Méditerranée. Son fruit est mangé par les pauvres gens du midi de la France, et surtout par les enfants. Il contient une pulpe abondante, d’un goût de miel, qui est peu nutritive et même laxative pour l’homme. Elle est bonne pour l’engraissement des troupeaux, Des industriels de Paris ont essayé récemment d'introduire dans l’alimentation le fruit du Caroubier, légèrement torréfié, auquel ils ont décerné le nom de Karouba, pour lui donner l’apparence d’une origine orientale. C’est une pauvre drogue. Le charlatanisme aura grande peine à faire de ce fruit, laxatif et d’une saveur désagréable, une matière alimentaire, ou un rival du café.

Le Caroubier abonde en Syrie, en Palestine, dans l'ile de Rhode, etc. Il prend, dans ce pays, un très grand développement (fig. 424). Il vit également en Italie, en Espagne, en Algérie et, comme il est dit plus haut, dans le midi de la France.

Le fruit de la Casse (Cassia fistula), arbre indien, contient, comme le Caroubier, une pulpe sucrée et gélatineuse, qui est

Fig. 424. Le Caroubier en Syrie.

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