‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 101 sur 236 · Voir t. IV, p · texte numérisé non relu

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4. Nous avons déjà souvent signalé son aptitude et son activité. Nicolas de Nettancourt de Haussonville, comte de Vaubecourt (né en 1 603. mort en 1 678^ . appartenant à une noble famille de Lorraine, entra jeune (1620 au service de France dans le régiment commandé par son père. Formé en Valteline à l'école du duc de Rohan 1629 . il servit depuis à peu près partout. Lieutenant-général en l6ol.

3. Puységur éiait alors lieutenant-colonel de Piémont et maréchal de bataille. Sa commission du 13 juin 1648 lui donnait autorité sur tous les mestres-de-camp, colonels, chefs et officiers de l'armée du maréchal de Rantzau.

délabrée ne lui permit pas d'achever le voyage à cheval; il dut s'embarquer sur les canaux et, dans la nuit du 7 au 8 septembre, arriva devant Furnes en balandre. Son premier soin fut d'aller visiter les travaux. « Comme je quittais la tranchée, raconte Puységur, je sentis qu'on m'embrassait la tête par derrière. Je commençay à dire : Mon Dieu, laissez-moi ; vous voyez bien que je suis tout mouillé, je n'ay pas envie de rire. Mais plus je demandais qu'on me laissât, plus on me serrait la teste. Je fis un effort pour m'échapper; en me retournant, prêt à dire des injures, je vis que c'était M. le Prince : Qui vous eût cru ici, Monsieur, et qu'y venez-vous faire? — Ton général m'a écrit une lettre qui m'a fait venir! » — Et Gondé poursuivait le dialogue, s'avançait avec aussi peu de fanfaronnade que de précaution, lorsqu'un coup de mousquet, perçant son buffle, l'atteignit à la hanche. En cette région où les houppes nerveuses sont resserrées entre le tissu cellulaire et les os, une contusion est parfois plus douloureuse qu'une plaie pénétrante. M. le Prince tomba sans connaissance. On le crut mort. Ce fut un cri dans toute l'armée!

Une ligne de moins dans l'épaisseur d'un pourpoint, et ce héros disparaissait, sans une ombre à sa gloire, n'ayant servi que la France, léguant à sa

patrie les victoires de Rocroi, Norlingue et Lens, la conquête de Thionville et de Duiikerque, celle du Rhin!

Quand il revint à lui. sa blessure fut reconnue l^ Régente peu dangereuse, mais elle exigeait un repos ^' 7e°^"p^in'e absolu. La nouvelle agita la cour : a J'ay failly ^^y'^'i^^^n tonnber de toute ma hauteur », écrivait Alazarin. ^^ sej^mbr^. Cette émotion survenait à propos : le Parlement . (fjJ'^J^v reprenait ses assemblées, le peuple ses armes, cond/esf appelé Échappé de Vincennes, l'ennemi le plus acharné ^^i'^^^^'^^-^du cardinal, M. de Beaufort, donnait h l'insurrection un chef redoutable par son audace et sa popularité. Le séjour de Paris' ne semble plus sur pour le Roi : <: LL. MM. font estât d'aller à Ruel demain ou après )>. On avait besoin de M. le Prince, peut-être de ses troupes. Le coup de mousquet de Furnes servit de prétexte pour presser un retour qu'on éloignait quelques jours auparavant. 11 n'est plus question de Dixmude ni de Nieuport. A peine arrivé en courrier, de Roches est renvoyé aussitôt avec une lettre de Mazarin et deux billets tout de la main d'Anne d'Autriche : a Yostre repos à la cour peut estre aussy utile que vostre travail à la campagne. — Je vous conjure de revenir \ )>

I. -Alazarin à M. le Prince, 12 septembre. — La R(?ine au même, 12. 13. A. C.

Le Bosquet de Baugy était déjà rentré dans son gouvernement de Furnes rendu à la France ^ , et le général blessé avait été transporté à Calais quand survint ce pressant message. Condé le reçut assez froidement. Sans faire mine de bouder ni de rester à l'écart, il n'avait aucune hùte de reparaître chez la Reine. Est-ce besoin de repos, calcul, pressentiment des embarras qui l'attendent? Se défie-t-il de lui-même, de ses emportements? Veut-il se reserver? Ci'aint-il de trop s'engager avec la cour, ou d'être entraîné par les ennemis du cardinal? S'il a déjà eu quelques difficultés avec ce dernier, s'il doute de sa franchise et de sa loyauté, aucun penchant ne l'attire vers ceux qu'on appelle déjà les fron- (jeurs. — « Ma blessure ne me permettant pas de monter à cheval de quelque temps, cela me donne d'autant plus de subject d'user de la liberté qu'il a plu à Sa Majesté de m'accorder pour mon retour. Je me suis mis en chemin pour me rendre à petites journées à Chantilly, où je tascheray de me remettre, si ce n'est que S. M. ne me mande de L'aller trouver^ à quoy j'obéiray incon-

I. Furnes capitula le 10 septembre. La garnison, deux régiments, Ritbergh et Ottavio Guasco, plus les compagnies franches wallonnes, devait être échangée contre les prisonniers faits dans la tentative d'Ostende. La nouvelle fut portée à la cour par le marquis f^e Fors.

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tinent pour Luy l'endre mes très liumbles services » ^ Et il espérait si bien être dispensé de cet appel qu'il se faisait annoncer à Bourbon. rendez-vous habituel des blessés en traitement". Cependant sa mère convoqait Guénaud, envoyait des eaux de Forges à Chantilly, ordonnait d'y préparer H la petite chambre >... Mais en arrivant (18 septembre), Condé trouva l'ordre de se rendre auprès du Roi. Dès le lendemain, il repartit de

i. Condé à Mazarin; Calais, 14 septembre, A. C; delà main de Girard ; signature et P. S. autographes.

?. Les échevins de Dijon à M. le Prince; désirent lui présenter leurs hommages à son arrivée à Bourbon-l'Archambaut ; 20 septembre, A. C.

Pour raconter la campagne de 1648, nous avons consulté. entre autres documents, 42 leUres de Mazarin et 10 de Le Tellier à M. le Prince, 34 de M. le Prince à Mazarin ou à Le Tellier, toutes pièces originales et pour la plupart inédites, parmi lesquelles nous ne comptons pas une lettre que M. le Prince aurait adressée de Furnes s. d. à Mazarin et dont une copie se trouve dans le 22* portefeuille de Fontette (Bibliothèque nationale). L"authenticité de cette pièce (reproduite dans les additions aux Mémoires de Lenet) ne nous parait pas certaine; elle donne quelques renseignements exacts; mais sur plusieurs points, retour de divers messagers, etc., elle est en contradiction avec les lettres dont nous connaissons les originaux. On y rencontre des erreurs évidentes. Le P. S. est une défense très acerbe de Le Bosquet de Baugy ; or le prince et le cardinal semblent toujours avoir été d'accord au sujet de cet officier. Condé le louait chaudement après la perte de Furnes ,7 août) et Mazarin faisait chorus. Toute la lettre est sur un ton qui n'est pas celui de la correspondance dans cette période.

Chantilly sans tenir compte de sa fatigue, et, prenant un long détour pour éviter de traverser Paris, alla directement descendre à Rueil, dans ce même château où il avait été souvent gourmande par Richelieu; M°' d'Aiguillon en fait aujourd'hui les honneurs à ce roi enfant c|u'on n'osait plus laisser au Palais-Roval.

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