De Lionne àServien, 13 janvier
3. Dès le 9 janvier -1648, Penaranda écrivait de Munster à Galarelta : « Si le duc de Lorraine ne veut pas entendre raison. il faut s'assurer du chef et des soldats » [A. B.;.Et le 26 juillet^ de Loo, Léopold, revenant sur ses précédentes dépêches et renouvelant sa demande de 300,000 écus pour fa^re des levées, ajoutait : « L'inconvénient de maintenir ici les troupes du duc de Lorraine augmente tous les jours; leurs désordres accoutumés continuent et créent une désaffection profonde » ; mais
stratégique, de marches et de combats, ne pas se préoccuper des villes perdues ou à prendre, chercher l'adversaire, le frapper, le réduire; les places tomberont ensuite. Sans doute il y a dans nos rangs quelques germes de dissolution, mais les progrès du mal sont arrêtés. Si la répartition des troupes est incorrecte, au moins sont-elles disponibles et à portée; en somme, on a le nombre, la qualité; l'argent manque, mais on a bien fini par en trouver pour de coûteux travaux et d'inutiles dépenses. Qu'on n'objecte pas que l'ennemi refusera le combat, enfermera sa cavalerie dans les places, et nous ramènera au cheminement par les sièges ; devant une invasion sérieuse, il sera forcé de sortir ou de traiter. D'ailleurs, la contenance des Espagnols n'est rien moins que timide.
Or voici que le cardinal semble repris de sa
il était aussi dillicilo de les faire partir que rie les remplacer. Cependant, après leur défaite à Lens, défaite dont l'archiduc parlait si amèrement, on pouvait espérer que les négociateurs espagnols abandonneraient Charles IV, cette grosse pierre d'achoppement, et que le gouvernement des Pays-Bas aurait hâte de purger le pays des derniers de ces pillards. Fait prisonnier à Lens par Ligniviile, puiséciiangé, le mestre-de-camp Brancas. le disirait de La Bruyère, allait et venait entre Paris et le quartier général du duc Charles. Le Plessis-Besançon avait aussi recommencé ses voyages : « Il y a sujet de croire (lue l'accommodement se conclura. » (Mazarin à L'Hôpital, 1 1 mars 1649.)
manie obsidionale; s'abritant de l'avis d'un conseil, il écarte ce projet de grande envergure que lui-même avait conçu : « Tous les officiers-majors ont unanimement déclaré ciu'on ne pouvait songer à faire avancer les armées en pays ennemi, et qu'il n'y avait pas d'autre dessein à tenter que le siège de Cambrai ^ ». C'est Tentreprise dont la direction fut oiTerte à M. le Prince. Comment douter de la réponse? Les souvenirs de 166^8 étaient trop récents : le malencontreux début, les difficultés d'Ypres, l'accident de Courtrai. le désastre d'Ostende, l'épuisement prématuré de l'armée. Condé ne pouvait se laisser circonscrire, une seconde fois, dans des instructions qui exposaient le général et ses troupes à pareille mésaventure. Il déclina la proposition de Mararin , qui aussitôt le prit au mot, heureux de répandre que M. le Prince avait refusé le commandement'.
A défaut de Condé, Turenne ! C'était encore le
<• Mazarin à M. le Prince. 23 juin. A. C.
2. Xous insistons sur ce point, parfaitement établi par les meilleuies autorités, entre autres par La Barde {De rehus gallicis], le plus exact des annalistes: Condé n'a pas refusé le commandement de l'armée; après avoir examiné, discuté le dessein de Cambrai, il a demandé à ne pas être chargé de l'exécution, se tenant d'ailleurs à la disposition de la Régente. Cela ressort au>si des nombreuses lettres de Mazarin à 31. le Prince, notamment de la dépèche du '23 juin. A. C.
cri de l'armée, la prière des officiers ^ Nous n'avons pas atténué la faute du maréchal, elle était grande ; mais d'autres, aussi coupables et moins nécessaires, obtenaient leur pardon; il n'avait pas porté les armes contre le Roi ; il revenait d'Amsterdam repentant, demandait à voir le cardinal, à servir. IMazarin diffère l'audience sous divers prétextes : u Le maréchal ne peut avoir l'esprit content' ». M. le Prince parlait, écrivait en faveur de son illustre camarade, insistait, garantissait (( sa fidélité et le zèle de ses amis pour le service de Sa Majesté^ ». Voilà un certificat qui ne profitera guère à Turenne ! Rien ne cause plus d'ombrage, plus d'alarmes à Mazarin que l'union de ces deux capitaines, et il subordonne le bien de l'Etat à sa méfiance ; c'est le propre des gouverneinents faibles qui n'ont pas de racines : « Divers respects empêchent présentement de jeter les yeux sur M. de Turenne* ». Tant que le maréchal n'est pas séparé de Gondé, il reste à l'index.
1 . Démarche des officiers de l'armée d'Allemagne. (Mazaria à M. le Prince, 21 juillet. A. C.)