‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 151 sur 236 · L.V PRINXESSE ANNE DE GÛNZAGUE, LA PALATINE · texte numérisé non relu

L.V PRINXESSE ANNE DE GÛNZAGUE, LA PALATINE

M. DE i.AROLLES A M. DES NOYERS, SECRETAIRE DE MADAME LA PRINCESSE MARIE. A l'hOTEL DE NEVLB< A PARIS.

S novembre 1641.

Je vous rends grâces de tout mon cœur de la bonne nouvelle que vous m'avez écrilte, pour les civilitez et respecs qui sont rendus à Mad" la duchesse de Guise ^, qui est donc beaucoup mieux traitlee oii elle est, que plusieurs de deçà ne se l'estoient pu persuader A. C.

LA PRINCESSE ANNE DE GONZAGUE A SA SCfflUR LA PRIMCESSE MARIE.

Madame ma chère ?œur, sy vous me faittes l'honneur de me régler quelque argent pour ma subsistance, comme je l'es-

1. Anne de Gonzague prenait alors la titre de duchesse de Guise, pendant que le duc de Guise épousait à Bruxelles la comtesse de Boussu, le 11 du même mois.

père de vostro bonté, je vous suplie que le tout soit mis de temps en temps entre les maios de M' de Kleury, que j'ay prié de prendre un soing particulier de toutes ces choses, espérant que vous l'aurez agréable ainsi. Cependant je suis. Madame, vostre très humble et très obéissante sœur et servante.

l»""- octobre 1645.

Nous envoyons aprandre des nouvelles de vostre santé et vous rendre grâces très humbles des bontez que vous avez tesmoignées à .M. de Barand pour moy, qui véritablement ne vov nulle espérance qu'en la pitié que vous en voudrez avoir; je vous conjure donc, quand le temps en sera venu, de penser à la nécésité où je me trouve à présant. Sepandant, comme l'on nous dit que vostre voyage de Paris est retardé, je vous supplie très liumblement de me faire savoir ce qu'il vous plait d'ordonner pour les meubles. M'' le prince palatin escrivit l'autre jour à yV de La Rivière, quy luy avet promis, en pasant à Abbeville, de le servir lorsqu'il seret de reiour; il nous fait espérer de parler pour nous ; sy vous avez la bonté de l'en prier encore, cella feret beaucoup plus que les ofBces que nous tâchons de nous y rendre nous mesraes. Bellingan (Beringhen)' taymoigne beaucoup d'affection au-y pour nous; s'il vousplaiset de luy en faire parestre de l'agrément, vous nous feriez une extrême grâce. Sepandant je vous conjure encore de ne me point abandonner et de crère que je n'en seré jamais dans l'ingratitude et que je priré Dieu qu'il récompence ceste bonté par un règne très heureux. A. C.

Sans date, 1C45.

J'y prié M"" de S'" Marye de vous rendre un conte particullier des raisons qui m'empeschèrent d'aller à Paris le samedy

1. Henri de Béringhem ou Biringhen, premier écuyer de la petite écurie ■du Roi. Mort en 1692.

OU le dimanclie dernier, n'ayant pas seu vostre dépari <y pronl ; sepandant, pour les partages, je vous supplie de m'envoyer un mémoyre de ce qu'il vous plaît de prendre et de la sorte que vous désirez qu'il soit fait, et de crère qu'en cella et en toute chose, vous me trouverez toujours dans une entière obéisance. J'espère ausy qu'à présent que vous estes bien au desus de moy, que vous serez asés généreuse pour ne me pas abandonner. Toute la grâce que je vous demande, c'est que lorsque vous serez en e?tat de pouvoir parler pour moy, qu'au moins vous ayez la bonté de procurer que je ne sois pas réduitte à n'avoir pas de quoy vivre; toute chose nous manquant d'ailleurs, sy de mon costé nous n'avons de quoy subsister, il faut que je die que nous n'aurons pas du pain. Considérez, je vous supplie, en quelle extrémité je serés, que vous n'avez plus rien de proche que moy et que vostre grandeur et vostre protection peuvent estre toute mon espérance. J'ay encore grand suget d'apréhender que, sy l'on me donne de l'argent, il ne soit bientost en mauvez estât, et de plus estant meuble, il ce seret point en ma disposition, et je me trouvères peut estre un jour sans aucun bien. Il est vray ausy que, me donnant en terres trop peu pour subsister, je s^erés encore dans un autre plus grand malleur. Je suis honteuse de vous importuner do mes aOliclions dans un temps où vous avez tant do suget de ne penser qu'àla joye; mais vous estes sy bonne que vous le pardonnerez à une sœur quy est dans la dernière doulleur, Sepandant je vous conjure que, s'il se peut, qu'on me permette d'estre à vostre mariage et que j'aye la satisfaction de vous voir ce que je vousay tant souhetlé. M""-' de S' Pierre, que j'ay veu aujourd'uy, m'a demandé sy vous estiez bien ayze; je luy ay répondu que vous n'en taymoignez rien d'extraordinère,maisque je pensés bien qu'on pouvet crère que de se voir raine d'un pais oîi les raines sont plus heureuses qu'en pas un autre royaume, et pasionnement aymée du Roy, et désirée des estats, qu'il seret malayzé que vous ne fussiez très contante,

i-24 PIÈCES ET DOCUMENTS.

et qu'il ny avet personne quy ne fut fort ayze de voir touts les honneurs qu'on allet vous rendre. Je croy que le dépit est grand de leur costé. A. C.

Page 1