LE MARQUIS DE MOMALSIER A M. LE DEC
Paris, -22 octobre 1646.
Quoy quil face fort beau à Paris, j'estois si heureus auprès de V. A. que je me repents de l'avoir quittée; et en vérité si vostre campaigne estoit aussi bien à son commencement qu'elle est à sa fin, j'irois encore estre vostre volontaire. Je suis si ravi de la bonté que vous avés eue pour moy que Madame de Montausier en est mal satisfaite, ayant peur que cela ne m'engage à ne vous plus quitter, qui est sans doute le plus périlleus exercice du monde. Pardonnes, Monseigneur, je vous supplie, à ce petit mot qui sent un peu sa louange, et considérés que ce n'est pas en mon nom que je vous le dis. Ce n'est pas que je ne confesse ingénument que j'ay une extrême inclination à vous louer; mais V. A. m'en a si bien sceu cbastier que je n'ose plus m'y embarquer; et de plus je le voy faire à tant de gens qu'il n'est pas besoin que je m'en mesie; préparés vous de n'ouïr autre chose à vostre retour, car tout le monde n'est pas si discret que moy; c'est là que j'attends d'estre vargé à souhait de l'injuslice que vous m'avés
faite pour cela. C'est un contentement que j'attends avec une impatience extraordinaire. ... A. C.
CORRESPONDANCE DE MAZARIXl
MAZARX A M. LE DUC.
Compièjno, 19 ma: 1046 {analyse).
A reçu sa lettre de Marie annonrant son heureuse arrivée à l'armée. A tenu conférence avec Rantzau et Gramont, et attend le duc d'Oiléans pour prendre les dernières résolutions. Gramont les portera à Landiecies, où M. le Duc peut s'avancer comme il l'a résolu. A. C.
Compiègne, 25 mai 164G.
M. le maréchal de Gramont allant S3 rendre auprez de vous après avoir assisté à toutes les conférences qui ont esté tenues icy avec S. A. R. depuiz vostre départ, il seroit superflu de vouloir vous en entretenir, puisqu'il le pourra beaucoup mieux faire de vive voix, en estant informé comme il est. Aussy ne profitay-je de l'occasion de son départ que pour n'en perdre aucune de vous renouveller les protestations de mon service et de la passion qne j'ay pour tout ce qui vous regarde ou vostre satisfaction.
Je suis extiêmeraent en peine de ne voir point arriver Ronette
1. Les archives de Condé contiennent 176 lettres originales adressées dans les années 1616-1649 par Mazarin ou Le Tellier au prince de Condé et au duc d'Anguien. Nous n'insérons ici que les plus importantes et nous excluons toutes celles dont le teste ou l'analyse ont été publiés dans la collectioa des Lettres de Mazarin.
(Rouanette; de Rolande, quo\ que jaye sceu ^lar le filz du marquis de Saint-Maurice, qui vient de La Haye, qu'il en devoil partir il y eut niardy huict jours; en voilà onze d'escoulez depuis san^ que l'on en ayt eu aucunes nouvelles; vous pouvez juger de l'inquiétude que cela me donne par la qualité des affaires dont il e>t chargé et par la nécessité oiî nous sommes réduictsde tenir toutes nos résolutions en suspens, en attendant de voir ce qu'il nous porte.
Monsieur, en fermant cette lettre, Konetie e^t airivé ; mais comme M. le maréchal de Grammont est informé de tout ce qui! a raporté, vous trouverez bon que je me remette derechef à sa vive voix. A. C.
LE TELLIER A M. LE PRINCE
Montdidior. 28 mai lô^'n
Je receuz seulement hyer au soir la lettre cy-jointe que Monsieur le mar"' de Gramont m'a prié d'envoyer à V. A. Mondit S"" le mar'""' estant demeuré en cette ville après le départ de Monseigneur le duc d'Anguien, il a assisté au consoil qui s'y est tenu sur l'employ des armes du Roy contre la Flandres, dans lequel il a esté résolu que les armées do S. A. R., et de mondit seigneur le Duc se joindront. Elle doibt arriver aujourd'huy à Doullans oii elle fait venir Messieurs les maréchaux de Gassion et de Rantzau pour recevoir sur cela leur advis; ensuittede quoy S. A. R. doibt retourner à Amiens où la dernière résolution sera prise, laquelle elle fera sçavoir à mondit seigneur le duc d'Anguien et luy manjuera le jour et le lieu de la jonction.
J'estime que V. A. aura apris le retour de W de Ronelte, et comme Mon-ieur le prince d'Orange, après avoir agitté divers desseins, ne s'est pu arrester à aucun, et que ce qu'il
PIÈCES i:t documents. 455
en a [)u tirer a esté que lorsque toutes les armées, tant du Koy que de Messieurs les Estatz, seroyent en campagne, comme il y aura facilité à communicquer les uns avec les autres, on pourra déterminer sur le lieu les entreprises qu'on voudra faire. Par touc ce que ledit s'' de Ronette a raporté de ces quartiers-là, on a bien congnu que le grand aage de .Monsieur le prince d'Orange et son indisposition luy donnent beaucoup de lenteur, et (|iie l'espérance (pie les Hollandais ont conceue d'une prociiaine paix a retardé les levées, qu'ilz ont ordinairement achevées en cette saison, si bien que Sa Ma'*^' se trouvera obligée de supléer par la force et la vigueur de ses armes à une partie de ce qu'on pouvoit raisonnablement attendre d'eux au commencement de la campagne.
Amiens, 30 mai 1616 {analyse).
Le comte d'Harcourt a investi Lérida. Le duc d'Orléans partira d'ici samedi prochain. Rien de changé à la résolution de joindre l'armée de ce dernier à celle de 3L le Duc, « mais l'on n'a point encore déterminé de quel coté elles agiront >.
MAZARTX A M. LE DUC.
Amiens, 1'''' juin 1646.
Comme l'on estoit sur le point de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du dessein dont M. le mar*i de Gramont vous porta le project, vos deux courriers sont arrivez qui en ont fait changer la résolution. On pensoit mesme vous depescher le s"' de Ronette; mais M" de Paluau ayant passé icy pour se rendre près de vuu-, on l'a entretenu au long sur toutes choses, et il s'en va si bien informé qu'il seroit superflu que j'adjoutasse rien au compte qu'il vous en rendra. Je me contenteray de vous prier, 3Ionsieur, de luy donner entière créance. ... A. C
ll: tellii:r a m. le duc.
Amiens, 3 juin 1646.
Ladvis contenu eu l'extrait, cy-joint de la lettre escripte par Mons"" le mar^i de Gassion à S. A. R. a faict prendre résolution à la Royne de renvoyer le courrier que Mons'' le mareschal de Gramont avoit despesché par deçà sur l'aîaire de M"" de Bergerac, afin de vous donner part de cet advis et vous faire sçavoir que Sa Majesté a jugé à propos et mesme qu'elle désire que vous parliez du lieu où vous estes avec toute l'armée pour vous rendre mercredy prochain sixiesme de ce mois aux environs de Bapaulme par le chemin le plus seur; Son Alte?se Royale arrivera le mardy cinquiesme à Aras, oîi Vostre Altesse aura de ses nouvelles; et W de Gassion, auquel je faicts savoir par un courrier exprès cette résolution^ se rendra le niesrae jour mardy à Béthune d'oîi il envoyra à Aras prendre les ordres de S. A. R. qui despesché en mesme temps à Vostre Altesse le sieur Foucaut avec une lettre en créance, afin que sy ce porteur n'arrivoit pas à bon port, elle puisse eslre informée de la résolution cy-dessus. ... A. C.