Sur Argencourt, voir t. III, p
2. C'était le nom donné au corps de troupes nationales levé et entretenu par les états de Cutalogae.
Li: TELLIEU A M. LE PRINCE.
Amiens, 7 juillet lfil7.
La nouvelle de la levée du siège de Lérida nous a d'autant plus surpris que, lorsqu'elle nous est venue, nous estions dans l'attente de celle de la prise de la place; j'oze me promettre que V. A. me fera bien l'honneur de croire que j'ay esté sensiblement touché de ce mauvais rencontre, non seulement pour l'intérêt général, mais encore pour le sien particulier, ayant toujours fait profession d'y prendre plus de p;irt que qui que ce soit. Je laisse à M"" de La Moussaye de faire sçavoir à V. A. de quelle sorte cette nouvelle a esté receue de la Reyne et de M"" le Cardinal, et je ne double pas que V. A. ne juge de là que ce que j'ay eu l'honneur de luy dire plusieurs fois, que M"" le Cardinal estoit son serviteur, ne soit bien véritable. Si V. A a jusques icy donné de grandes preuves de sa valleur par les advantages arrivez depuis plusieurs années aux armes du Hoy soubz son commandement et pur sa grande conduitte, aussy est-il bien véritable que les marques qu'elle a données en ce rencontre de sa modération et de sa prudence augmenteroyent infiniment sa réputation dans l'esprit de ceux qui regardent les affaires de prez, s'il s'y pouvoit adjouster quelque chose.
Nous ne sommes pas plus heureux de c« costé icy, les ennemis ayant, en suitte de la prise d'Armantières, de Comine et de Lens, mis le siège devant Landrecy; le pis est qu'il y a peu de gens de guerre dans la place, et que, quelque effort qu'ayant fait Messieurs les mareschaux de Gassion et de Rantzau, ilz n'y ont pu jetter de secours. M'" de Rantzau est allé avec quelques troupes du costé de la mer pour y faire les entreprises qu'il jugera pouvoir faire réussir selon les forces qu'il a, et W le mareschal de Gassion est demeuré avec le plus grand corps des troupes pour empescher la suitte des progrez des ennemis et conserver noïtre frontière.
PIÈCES ET DOCL'MEMS. 537
J'adresse à V. A. le brevet et les lettres pour faire servir W le marquis de Fors de sergent de bataille, que vous avez désiré. A. C.
Abbeville, 30 juillet 1647.
V. A. congnoistra par l'eslat cy joint les ordres qui ont esté donnez aux troupes d'infanterie destinées pour le renfort de l'armée de Catalongne et ce qu'il sera nécessaire qu'elle fasse et ordonne pour les y faire marcher en cas qu'elle juge en avoir besoin; elle trouvera dans ce mesme pacquet des ordres particuliers du Roy pour les régimentz de la Braugelie ' et de la Douze -. à quoy je ne doibz rien adjouster pour ne le pas importuner de redites inutiles.
Encores qu'on ne juge pas que les ennemis soyent en estât de rien entreprendre sur Roses, néantraoins, pour ne pas négliger les choses qui peuvent contribuer à la seureté de la place, veu mesme que nous avons advis que la garnison est foible, Sa Majesté désire que vous y envoyez M' le marquis de La Trousse, si ce n'est que vous jugiez en avoir besoin dans l'armée.
V. A. aura sceu sans double comme, avant que les ennemis ayent eu achevé le siège de Landrecy, les armées du Roy, qui sont séparées en deux corps, l'un commandé par M"" le mareschal de Gassion et l'autre par M' le raareschal de Rantzau, ont pris le premier La Bassée et l'autre Dixmude, ayant trouvé ces deux places desgarnies d'hommes. Nous receusmes hyer nouvelle que toute l'armée des ennemis, c'est-à-dire cavalierie, infanterie et canon, et l'archiduc en personne, estant allée le 2o« de ce mois à dix heures du matin attaquer M"" le mareschal de Gassion dans ses lignes, il se trouva qu'il fai-