Amauld de Corbeville, le Carabin. (Voir t. IV, p
2. Jacques- Artaud d'Apchon, seigneur de SaiDt-Germ:iin, comxanda plus tard le régiment dit Saint-Germain-d'Apchon.
558 PIÈGES ET DOCUMExNTS.
Camp de Castilloa de Farfagne, 10 octobre 164" ' .
Je vous envoie M"" de Meille* pour vous dire comme quoy nous entrâmes hier dens Ager par assaull, les ennemis s'estent opiniastrés à ne se puint rendre. Vous verres le deslail de ce qui s'est passé par la relation que je vous en envoie. Les ennemis n'ont entrepris ny de le secourir, ny de faire aucune divertion; cela me faiot croire asseurément qu'ils ne feront plus rien, et cela m'oblige à m'en aler à Barselone, d'où, après avoir doné ordre aus affaires tent de la province que de l'armée, je me serviray du congé que Sa Majesté m"a faict l'honneur de me doner, et me rendiay au plus tost auprès de vous.
iMonsieur Arnault a faict en cette occasion tout ce qui se peut au monde, et avec conduitte et avec vigueur. A. G.
LE TELLIEB A -M. LE l'RINCK.
Paris, n novembre 1647.
J'ai receu la lettre qu'il a plu à V. A. me faire l'honneur de m'e;crire par M"" de Castelier avec la relation qui y estoit jointe et les lettres interceptées du gouverneur de Tarragonne qu'elle a pris soin de faire deschiffrer. Je n'ay pas manqué de faire entendre le tout à la Royne et d'en informer particulièrement M-" le Cardinal, comme V. A. me le commande. Il est aysé de voir par cette relation que les ennemis ont apréhendé d'en venu* aux mains avec V. A., puisqu'il/ ont quitté la plaine
1 Lettre publiée en partie dans les Mcnioires do Lenet, édition Michaud> p. 513.
2. Heuri de Fois, vicomte de Meilles, maréchal-de-camp, se trouva aui combats de Fribourg et deNorliugue, et mourut d'une blessure qu'il reçut à la bataille des Dunes en 1058.
d'Urgel et se sont retirez honteusement, en présence de l'armée du Roy, au-delà de la rivière de Sègre. Il se void aus>y clairement par les lettres interceptées que Coostanti leur est une espine au pied dont ilz ont fort à cœur de se délivrer; mais la diligence et la grande prévoyance de V. A. a desjà sceu deux fois les en empescher; peut estre que les affrontz qu'ilz y ont receu les empescheront de plus s'hazarder à l'attaque de cette place, Sa .Majesté ne doubtant pas que V. A. ne l'yyt laissée, et loutes les autres qui sont occupées par les armes de Sa Majesté en Catalongne, en estât de ne rien aprébender.
Je doibz asseurer V. .\. que le fondz d'un quarlier pour les gensdarmes a este envo}é en Catalongne, où il doibt bientost arriver, s'il n'y est desjà. Je luy puis dire aussy qu'on ne souhailte pas moins qu'elle de donner le temps à ses troupes de se restablir et fortifBer en des quartiers dans le royaume durant la meilleure partie de l'iiyver et avant le temps de se remettre en campagne; et, co:nrae on se promet que V. A. sera bientost icy, on sera bien ayse de concerter la chose avec elle.
Je souhaitte passionnément. Monseigneur, que V. A. fasse heureusement son retour, et qu'elle m'honore de ses commandementz dans les occasions oii elle me jugera capable de luy îesmoigner avec combien de respect je suis. . . .
M.VZAKIN A M. LE PRINCb".
Pari>, 23 novembre 1(54".
J estois sur le point de vous dëpescher un gentilhomme pour vous donner part de Testât de la maladie du Roy, lorsque celuy que vous avez envoyé icy est arrive. Je l'ay mené aussylost à la Re\ ne aûin qu'il luy présentast vos lettres, les-
560 PIÈCES ET DOCUME.NTS.
quelles elle a receue» avec tout l'agréement possible; et ne pouvant, dans Testât où elle est, vous faire response elle mesme, elle m'a commanJé de vous en faire ses excuses et de vous remercier de sa part de tous les bons sentimens que vous luy faites paroistre en ce rencontre. Quant à la maladie du Roy, quoiqu'il y ait [ilus à espérer qu'à craindre, nous ne laissons pas d'en estre en une peine extrême; et ce qui nous en fait davantage est une flebvre qui le travaille, outre la petite vérole. Il fut saigné liyer au matin pour la quatriesme fois; et, comme on a recogneu que la saignée le soulage et le fait bien reposer, voyaot d'ailleurs qu'il a assez de forces, on pourra bien se résoudre à réitérer ce remède. Nous espérons en Dieu qu'il ne voudra pas affliger cet estai au point de le priver d'un roy siaccomply; néantmoins tout est entre ses mains ; cependant. Monsieur, je vous suis infiniment obligé en mon particulier des boniez que vous avez pour nioy et vous en rends grâces très humbles; et, comme nous aurons bienlost la satisfaction de vous revoir, je ne m'estendray pas icy davantage que pour me remettre à la vive voix de ce gentilhomme.
J'adjousle depuis ma lettre escriie que l'on est en grande peine de ce que le Roy a beaucoup resve la nuict passée; néantmoins il a maintenant plus de repos, et ce jour estant l'onziesme de l'éruption de la vérole, et par conséquent l'indicatif du quatorziesme, on en fera un jugement plus certain pour ce qui se doit espérer ou craindre de lu maladie.
NOTE RELATIVE A S AI N T- A t" N Al S. (Voir p. 149.)
LE DUC d'aNGUIEN ' A LA REINi: DE POLOGNE.
Il y a quelque temps que M' de La Feuillade disparut de Paris et il a esté trois semaines sans q'ie l'on ait sceu ce qu'il estoit devenu. Enfin un matin on l'a veu reparoistie, et voicy ce qu'il a faict pandantce temps oii on ne l'a point veu. Je ne sçay si V. M. n'a point ouy parler d'un certain M"" de S' Oneis, qui est sorty de France, le Roy ayant esté mal satisfaict de luy, et ([ui s'en ala en Espagne il y a, je panse, un an. On a dit depuis peu qu'il avoit pris une devise fort insolanle sur la France et sur les Qeurs de lis, et que dans Madrid il avoit assés mal parlé de W l'archevesque d'Ambrun, ambassadeur du Roy et frère de JF de La Feuillade. M"" de La Feuillade donc prit résolution il y a quelque temps de s'aler batre contre luy. Il partit sans en dire mot à persone et persuada à M"" le chevalier de Bélhune d'aler aveque luy et d'estre son second. Estant arivésà Madrid, ce dernier ala trouver .M'' de S' Oneis, qui, ayant lousjours esté fort amy de feu M'' le conte de Bétliune, dès qu'il vit son fils, commença par luy faire ofre de service et de quatre mille pistoUes qu'il voulut luy prester. Mais ce chevalier, au lieu de recevoir ses ofres, luy dona une lettre de M'' de La Feuillade où il luy mandoit qu'ayant sceu l'infâme devise qu'il avoit prise et la manière dont il avoit parlé de .M' l'ambassadeur, il vouloit se batre contre luy, et que, come il sç;ivoit qu'il esloit estropié, il se feroit lier telle partie du corps qui luy pouroit convenir. M"" de S' Oneis respondit qu'il n'avoit jamais pris cette devise