Don Joseph Margarit
cent à estre en fort bon estai : c'est un dessin assés hasardeus pour les ennemis, et qu'ils n'oseroient entreprendre sens se comraetire entièrement à une bataille ou à s'enfermer dens Tarragone. Je ne croy pas qu'ils acceptent ny Tun ny l'aulre party; pourtent je me vas préparer à l'un et à l'autre. De là, j'iray à "N'erdu, d'où je sçauray à point nomé leur dessin; je I e croy pas qu'ils en aient aucun. On continue les fortifications de touts costés avec diligence. Je ne bougeray de l'armée que je n'aie des nouvelles de Monsieur vostre frère, et tent que les ennemis pourontvraysemblablement entreprendre quelque chose. Voilà Testât des affaires de Catalogne. Deus jours avant que je partisse de l'armée, on me dit qu'il estoit venu à Barselone un gentilhomme de M"" de Yandosme, qui devoit ariver le lendemin à l'armée pour me faire complimenter de la part de son maître^ sur ce. qu'il avoit ouy dire que j'avois esté blessé à Lérida, et que M"" de Vendosme l'envoioil exprès pour cela. Je luy fis dire que je ne le pouvois point voir, dens Testât que M' do Vendosme estoit avec Sa Majesté et particulièrement despuis peu qu'on avoit pris un de ses gentishommes qui aloit traitler avec l'archiduc de choses contre le service de Sa Majesté, et qu'il eût à se retirer au plus lot de lu province. Je vous envoie des lettres que j'ay receues des consistoires de Barselone pour M'' de La Motte; je ne leur ay rien voulu promettre là-dessus, quoyqu'ils m'en aient touts parlé à mon arivée à Barselone, voulent auparavent sçavoir vostre intention là-dessus. Je vous demende, Monsieur, la
continualion de l'honneur de vos bonnes grâces
Camp de Castillon de Farfagne, 5 octobre 164' ' .
Je vous envoie ce courier pour vous doneradvis de la résolution que j'ay prise d'attaquer Ager. Vous vérés par la rela-
1. Letlre publiée en partie dans les Mémoires de Lenet, édition Michaud, p. 512.
lion Testât auquel sont les choses ; outre la relation, je vous dirav qu'il n'y a que deus cent cinquante hommes dens la place, mais que noitre canon n'y a pas encor peu ariver; les difficultés sont horribles pour l'y mener; j'espère que nous les surmonterons; avec cela j'espère que bientosi la place sera prise. Si les ennemis entreprènent de la secourir, quoyqu'on ne puisse faire de circumvallation, je vous respons qu'on les combattera avec aventage, aians fort bien pris nos postes; et, s'ils vont à une diveriion avec toulte leur armée, ils treuveront les [ilaces en bon estât et je les suivray de près, xM"" Arnault' continuant tousjours le siège. S"ils se contentent de destacher quelque parti, j'en destacheray aussy après eus de plus forts que les leurs. Fnfin, quoyque très foible-, nous ferons l'impossible pour n'en avoir pas le desnienty. Ils n'ont point encor branlé. Au premier jour je vous doneray advis de tout le succès de cette affaire. M'' Le Tellier m'a envolé une lettre du roy pour faire aler M"" de S' Germain d'Achon- à Paris sur ce qu'il dit qu'il a faict informer a Barselone pour M'' de La Motte; j'ay creu que, servent bien et utilement comme il faict, vous sériés bien aise que je le gardasse jusque à ce que cette affaire icy fût faicte. outre que je vous respons qu'il se comporte sagement, et que il est vray qu'il sert son amy avec honneur, mais avec toutte la retenue qu'il doit; j'attendray vostre responce avant que luy doner la lettre du roy, et il exécutera tout ce que vous luy ordonerés. Je suis si occupé que vous me dispencerés de vous en dire daventage. ... A. C.