septembre
Mon fils, je su's si éfraiée de la nouvelle que je viens d'aprandre de vostre blésure que je ne say ce que je fés. J'anvove an diliganse aprandre des nouvelles de vostre santé; car, ancore que le chevalie- de Gramont m'asure que vostre blésure est légère, je ne lèse d'estre an une pêne éfroiable, n'avant poin resu une lèlre que l'on m'a dit que vou5 m'écriviés. Ranvovés moy donc pronteman, mon cher fils, pour m'ôter de l'aflicsion où je seré jusque à ce que je sache la vérité par vous-mesme et par celuy que je vous anvoye, m'imaginant que l'on me cache vostre mal. Je prie Dieu, mon cher fils, qu'il vous conserve et vous ramène bientost avec toute la .^anlé que vous souète vostre bonne mère.
La Rêne et le Roy s'an vont dan deus jours à Ruel pour fère aérer le paies royal et pour fère changer de chambre à Monsieur, qui est tout à feit guéri; mes Ton ne veult pas qu'il aproche si tost du Roy. Vous orés seu comme la Rêne a permis au parleman de continuer leur asamblé ancore quinse jours pour parachever le tarif.
Je vous prie de ne vous poin ater de vous lever et d'avoir soin de vostre santé pour laquelle je prie Dieu insésaman.
Vers le 14 septembre 164S.
'Slon fils, coyque je vous ave dépêché un courier ausitost que j'ay apris voslrc blésure, je ne lèse de vous fère ces lignes pour vous dire que la Rêne vous commandet de partir ausitost que vous le pourés; vous ne devés pas diférer à revenir; je vous an conjure ancore, si vous avés un peu d'amitié pour moy; car je seré an des pênes extrêmes que je ne vous revoie. La Rêne a témoigné tan d'amitié pour vous an cète ocasion et M'' le Cardinal ausi, qu'il ne se peult davantage. N'oubliés pas de bien randre gràse à Dieu de vous avoir préservé ancore de ce péril; pour moy, je l'an remersiré toute ma vie... Je vous anvéré des carosses de relés le plus loin que je pouré.
M. LE PRINCE \ MVZARI.N.
Calais, 14 septembre 1648.
Je vous suis infiniement obligé de la bonté et de la tendresse qu'il vous plaist de me tesmoigner au subject de ma blessure, de laquelle, comme je vous ay mandé, j'espère eslre bientost guéry, mais non pas que je puisse encore monter à cheval de quelque temps; cela m'a donné d'autant plus de subject d'uzer de la liberté qu'il a plu à Sa Majesté de m'accorder pour mon retour. A cet effect je me suis mis en chemin pour me rendre à Chantilly à petites journées, où je tascheray de prendra des eaues et de me remettre, si ce n'est que Sa Majesté me mande de l'aller trouver, à quoy j'obéiray incontinant pour luy rendre mes très humbles services^
P. -S. — J'avois donné ordre au régiment de Schack de venir à l'armée; mais je les ay trouvés quasi révoltés à Gra-
1. CeUe lettre a été écrite par Girard; le post-seriptiun est de la maia du prince.
véline, sur ce qu'ils disent qu'on leur a promis de l'argent et qu'on ne leur donne rien; ils n'ont point encore voulu faire serment et disent qu'ils n'en feront point sens cela. J'ay jugé qu'il estoit plus à propos de les laisser audit Graveline, où Grancé aura soin d'empescher qu'ils ne S9 sauvent, que les mettre en lieu d'où ils pussent aisément aller aus ennemis. Je vous en donne advis afin que vous y remédiés. Ce sont les meillieurs hommes du monde. A. G.
MADAME LA PRINCESSE DOUAIRIERE A M. LE PRUSCE.
16 septembre 1648.
^lon fils, je viens de resevoir vostre lètre par M' de Cliàtillon, qui ra'aprant que vostre blésure ne vous ampêchera pas d'eslre bientost isi S don je loue Dieu de tout mon cœur. Je viens d'anvoyer à Forges vous quérir des eaus; elles seront à Chautilli le plus tost qu'il se poura. ^P Guénaut s'i trouvera ausi vandredi au soir ou samedi ; il ne peult y estre plus tost, car il est opres du petit Monsieur, et il ne peult le quiter sans an demander congé et an advenir M' Vaultier -. Il m'a dit que si voslre playe étet ancore ouverte, qu'il ne fauldra pas boire si tost, mes qu'il soit oprès de vous, qu'il vous en dira son avis.
Ayés soin de vostre santé, je vous prie, et, an prenan des eaus, ne vous échaufés poin, car elles vous donneret la fièvre et vous feret plus de mal que de bien. Je désire trop vostre santé pour ne vous pas prier de la conserver mieus que vous n'avés acoutumé. Je prie Dieu qu'il vous bénise et vous donne toute sorte de bonheur
J'ire deraein coucher à Ruel; je vous prie, can vous serés