‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 45 sur 236 · mars 1646. B. H. W · texte numérisé non relu

mars 1646. B. H. W

2. Voir le récit d'une scène piquante à l'archevêché de Tours dans les Mémoires de Michel de Marolles.

de la succession, douairière, eut riisiifruit de tous les biens de défunt

Situation '

"^^ouaSe''*' ^'^'^ mari, et c'était justice, puisque la fortune etdesesfUs. Q^^vait d'autrc base que les apports de l'épouse à la communauté (il est vrai que M. le Prince sut les faire fructifier). Elle compte en jouir avec une liberté qui lui était inconnue ^ Cet usufruit considérable, mais embarrassé de procès et d'emprunts jiar le goût du feu prince pour la chicane et la complication des aiïaires, restait grevé d'une rente de 10,000 livres due au fils cadet, et de 80.000 au fils aîné. Bien que celui-ci ajoutât a cette rente le produit de ses charges et gouvernements, ce revenu était cependant loin de suffire soit à sa dépense, toujours fort large, soit au remboursement de ses dettes. De l'héritage de Brézé. il ne recueilht que des titres. La liste des domaines qui venaient de lui être attribués était longue ; mais, comme il n'en avait que la nue propriété, ses embarras d'argent allèrent en s'aggravant et prirent plus tard des proportions considérables ; ils ne cessèrent qu'aux derniers temps de sa vie. C'était alors le moindre de ses soucis. La répugnance que lui inspirait la parcimonie de son père

I. On d'sait que Henri II de Condé navait donné à sa femme que deux beaux joui-s dans sa vie; celui de son mariage par le rang qu"il lui avait assuré, et celui de sa mort par les grands biens dont il lui avait laissé la jouissance.

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avait développé cliez lui une disposition toute différente, et il ne changea rien à ses habitudes magniilques.

Un conseil de tutelle, où étaient représentées les maisons de Roye, La Trémoilie et ^lontniorency S fut donné au prince de Conti. Armand de Bourbon, qui n'avait que dix-sept ans. De santé délicate, légèrement contrefait, ce jeune prince, déjà comblé de bénéfices et portant « l'habit », était « nourri » au collège des Jésuites, d'où il écrivait en latin à son père, selon la tradition de la famille. 11 fut décidé, à son grand déplaisir, qu'il resterait encore un an chez les révérends pères.

La querelle de l'amirauté semble terminée avec Le ciermomois la vie de Henri do Bourbon ; nous la verrons se au nouveau

,, , , . ,,, . , . prince de Condé,

rallumer plus tard; aujourd-hui, celui que nous qui est désigné

-Aiir»- t' P°""^ communder

appellerons désormais 31. le Prince renonçant a encataio-ne

,, .. ,r . ,-. . . . , , , janvier 1047.

ses prétentions, 31azarin hnit par lui céder le Clermontois -. Quand on considère Timporlance

1 . M. de Roucy représentait l'aïeule. Éléonore de Roye : M. de Noirmoutier, en l'absence du duc doLaTréraoille, représentait la grand'mère, Charlotte de La Trémoilie; il avait déjà conduit les obsèques à côté du duc d'Anguien^ comme plus proche parent. MM. de Yentadour et d'Angouléme étaient appelés comme allies de la maison de Montmorency.

2. Le Clermontois, comprenant le comté de Clermont-en- Argonne, les terres et places de Stenay, Dun et Jametz, faisait partie du duché de Bar, possession des ducs de Lorraine, qui relevait de la couronne de France; c'est comme duc de

des services rendus par le duc d'Anguien, la récompense ne paraît pas excessive ; l'acte était contraire à la tradition royale. S'il était sage de maintenir entre les mains de la Régente un ofTice qui assurait un large patronage, la prudence conseillait-elle d'abandonner au premier prince du sang la possession des côtes de Meuse et les clefs de l'Argonne? Mais la charge de grandmaître de la navigation était lucrative, la garde des petites places du Clermontois onéreuse, et

Bar que M. de Lorraine devait foi et hommage au roi de France. S'étendant le long de la frontière de Champagne, ce district était contigu au Luxembourg, possession du roi d'Espagne, au duché de Bouillon ot à la Lorraine. Sienav et Dun, avec Jametz pour avancée, tenaient deux des principaux passages de la Meuse ; un peu en arrière et comme en échelon au sud-est, Yarennos et "Ciermont fermaient les défllés de l'Argonne. Depuis 1(132, le Clermontois était « entre les mains du Roi », d'abord à titre de dépôt, puis de cession, mais avec clause de restitution à la paix générale. Les leitres patentes du mois de décembre I64S, confirmant des assurances dont l'attribution du gouvernement de Stenay (1643, IV. 286) avait été le prélude, affectèrent au prince de Condé, par donation pure et irrévocable, les comté, terres, seigneuries, châteaux et forteresses de Stenay, Dun, Jametz, Clermonton-Argonne, Varennes et des .Montignons, avec les provisions de gouverneur des places de Stenay, Jametz et Ciermont. Le tout fut restitué à Condé à la paix des Pyrénées et resta soumis à un régime administratif spécial jusqu'en 1791. La jouissance du domaine utile a donné lieu à de nombreuses instances et s'est prolongée jusqu'aux aliénations forcées de 1852.

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