Nous en parlerons à notre dernier volume
2. (Madame la Duchesse est toujours aux Carmélites » (Dalmas à M. le Duc, 9 juillet l64o; A. C). Elle fit aussi de longues retraites aux Carmélites de .Saint-Denis.
6 LESPRINCESDE CONDi:.
16^5. Déjà celle qui possédait le cœur de M. le Duc avait résolu d'entrer dans cette sainte maison dont elle ne devait plus sortir.
Marthe duvigc.in. ^lailhc du Tlgean a-t-elle encouragé les rêves,
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les projets de son amant? Désintéressée, généreuse, a-t-elle échappé à toute velléité d'ambition? — Elle avait obtenu de lui qu'il ne parlât plus à W^^ de Boutteville ; il empêcha Saint-Maigrin de prétendre à sa main, sans se soucier de la haine que cette sommation hautaine devait allumer chez un homme épris et vindicatif \ —
I. Dès 1643, le niaivchal de Guiclie avail demandé à M. du Vigean la main de Martlie pour son neveu, le marquis de Sainl-Maigrin. lieutenant des chevau-légers de la Reine (Toulongeon àM le Duo. A. C): M. le Duc intervint; le soupirant se retira, puis reprit sa parole, se proposa encore, fut repoussé et ne l'oublia jamais. Il sut dissimuler, continua de servir, ne changea rien à ses relations jusqu'au jour oh ii crut trouver l'occasion de satisfaire le ressentiment qui couvait dans son cœur. Il perdit la vie en cherchant kla ravir à lobjet de sa haine, et tomba au faubourg Saint-Antoine [IC32), victime de son acharnement à joindre le Grand Condé pour le frapper de sa main. — ï^aint-Maigrin Jacques dEstuerd de Caussade , très vigoureux officier, lieutenant-général et capitaine-lieutenant des chevau-légers de la garde au moment do sa moi t, avait j;our grand-oncle ce « mignon frisé », qui, tout camus qu'il était, fixa un moment les regards de Catherine de Clèves, et que le Balafré fit tuer. Lui-même « avait bien joue a la poupée avec M"*" de Brézé », et on racontait que. s'ennuyant à la chapelle royale où le retenait son service pendant les longues dévolions d'.Vnne d'Autriche, il s'était parfois « faufilé »
LOLIS DK l'.Oir.BON. 7
Madame la Ducliesse fut un moment très malade; le petit duc d'Albret était frêle et délicat. — Qui sait? — Le dernier pas cependant eût été difficile à franchir; du Vigean le père avait médiocre réputation, et sa femme était dans l'intimité, presque dans la dépendance de la duchesse d'Aiguillon. En somme, hors la pureté de la fille, c'eût été une triste alliance.
Gomment expliquer la brusque conclusion du roman? M. le Duc, qui n'obtenait de sa maîtresse que les faveurs du cœur, ne dédaignait pas le plaisir. M"*" du Vigean se crut-elle un moment délaissée? s'apcrçut-elle qu'il fallait renoncer à de trop hautes espérances? ou fut-elle seulement ramenée par la grâce dans ce cloître qu'elle n'avait jamais oublié ?
Bien qu'elle ait attendu deux ans pour faire profession, son parti était pris dès 166-5; sa sœur le savait ^ Elle-même en fit le récit au duc de Rohan, qui avait été longtemps le confident de cet amour :
pour causer tout bas avec son amie d'enfance. Cet innocent manège n'avait pas écliappé aux regards malveillants des désœuvrés, et donna lieu à quelques phiisanleries. M. le Duc n'en devait prendre et n'en prit aucun ombrage ; ce n'est pas de ce côlé que se portait sa jalousie.
1 . Anne de Fors à son frère; 7 juin 1647, A. C. — Marthe ne prononça les grands vœux qu'en 1649; mais elle était cloîtrée et postulante depuis ■I6't7. Elle mourut en 166o.
8 LES PRIXCES DE CONDK.
<i Après m'avoir, non sans verser beaucoup de larmes, entretenu trois heures des choses passées, elle me conta comment, au retour d'un sermon du père Desmares % elle avait brûlé vos lettres et même votre portrait; ses résolutions pour l'avenir vont à la retraite, lorsqu'elle aura donné assez de temps pour c|u'on n'accuse pas sa réputation et qu'on ne puisse dire que c'est un efîet de la douleur et du dépit". » La réputation de Marthe duVigean ne soufîrit aucune atteinte; tous savaient que « jamais amour ne fut plus passionné d'une part, ni, de l'autre, écouté avec plus de conduite, d'honnêteté et de modestie ' » ; mais elle ne put ni garder pour elle le secret de sa résolution, ni empêcher la malignité d'en rechercher les causes et de l'attribuer « à la douleur ou au dépit ». Toujours est-il cjue le sacrifice était consommé lorsque le vainqueur de « Norlingue » vint achever sa convalescence et prendre ses eaux à Chantilly.
<. Oratorieu, et prédicateur fort écouté; mort en 1687.
2. Rohan à M. le Duc, 27 juin 1646; A. C. — Henri Chabot était alors marié et en possession de la duché-pairie de Kohan.
3. Lenet. — Lorsqu'on connut, ou plutôt lorsqu'on devina la rupture des relations entre les deux amants, les prétendants devinrent nombreux, sans qu'aucun ait gardé rancune de se voir éconduit. Un des plus sérieux fut lo marquis d'Uxelles» Louis Chàlon du Blé, tué en 16o8.
C'était le lems de la bonne Régence, M' "« de Neuiiiant.
Tems oïl la ville, aussi bien que la Cour, ^""^ ^^
. . , . ,, Montbazon
^e respirait que les jeux et I amour, et de chevreuse.
Le duc de Beaufort.
au printemps, avant l'ouverture de la campagne, sous les majestueux ombrages de Gompiègne; à l'automne, parmi les sites pittoresques de Fontainebleau, lorsque dans ce palais, le plus beau du monde, affluaient ceux qui revenaient de l'armée; « ce ne sont que comédies, sérénades sur l'eau, promenades en forêts.. »
Aucun amant qui ne servît son roi; (.jueirier aucun qui ne servit sa dame *.
Aussi, lorsqu'on sut que tout était rompu entre Louis de Bourbon et celle qui sera désormais sœur 3Iarthe de Jésus, il devint le but de mainte provocation : (( Xeuillant veut tout mettre en usage pour vous engager cet hiver \ » Dans cette aimable fille, assez chansonnée alors, comment reconnaître l'austère dame d'honneur dont la probité ne fléchit pas devant les menaces du plus impérieux des rois, du plus puissant, du plus passionné des amants ''? — Une héroïne de la galanterie, bien autre-