‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 69 sur 236 · M. le Prince à Mazarin, 5i, 30 mai. A. C · texte numérisé non relu

M. le Prince à Mazarin, 5i, 30 mai. A. C

Jîuquoy et du prince de Ligne ; puis les retards des Lorrains, de moins en moins faciles à manier, refusant de marcher sans nouvel ordre de leur duc. Enfin, le 16 mai, ils se décidèrent à quitter leurs quartiers de Tournay. Aussitôt Léopold, qui comptait les heures, sort de Lille et se montre au delà de la Lys, comme pour secourir la place investie par les Français; puis soudain, il se retourne, et le 19, comme on ouvrait la tranchée devant Ypres, il enlève Courtrai d'insulte. Le Rasle s'était jeté dans la citadelle, annonçant qu'il y ferait bonne défense; mais, deux jours plus tard (21), il s'y laissait surprendre; toute la garnison était prisonnière de guerre. L'événement ne justifiait que trop le pressentiment de M. le Prince; que valaient donc les assurances si formelles de Paluau*? Les ennemis firent éclater une joie insolente. Cette belle place, qui, en 16/i6, avait retenu pendant un mois l'armée de France tout entière, que depuis Gassion avait munie avec tant de soin, cette belle place audacieusement emportée à la

1. « Paluau assure qu'il n'y a rien à craindre pour Courtrai, où il a laissé deux mille liorames de pied et deux cents chevaux. » (Mazarin à M. le Prince, 21 mai/ — Les mêmes assurances avaient été données par Paluau à M. le Prince avec une variante dans les chiffres : quinze cents hommes et cent cinquante chevaux. — (M le Prince à Mazarin; 22 mai. . A. C.)

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pointe de Tépéel il y avait de quoi flatter l'orgueil castillan^. L'avantage d'ailleurs était considérable. La Lys ne pouvant plus nous servir de ligne d'opérations, l'occupation d'Ypres perdait presque toute sa valeur; elle devenait une charge : « Ypres est d'extraordinaire garde, très peuplée de gens fort mal alTectionnés-. » Il fallut y mettre quatre mille hommes avec de grands approvisionnements, créer, munir de nouveaux ouvrages pour relier cette ville à Furnes et à Bergues, barrer les chaussées au travers des canaux, asseoir notre établissement delà Flandre maritime.

C'était une tâche ingrate; M. le Prince s'y Le gouvernement appliquait avec un soin minutieux, sans que rien prûli?aTduc put l'en détourner et bien que chaque jour lui '^'esiïonné"' apportât « quelque morlificalion^ » S'il pourvoit au commandement de la cavalerie, sa décision est aussitôt annulée, et Noirmoutier remplacé par Beaujeu\ Demande-t-il le brevet de maréchal-decamp pour Bussy% vague réponse; — le gouvernement d'Ypres pour le duc de Chàtillon, Y^pres est donné à Paluau. — Ici Condé ressentit vive-

1. Voir au musée de Bruxelles le curieux tableau : Allaque et prise de Courlray, 1648.

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