‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 76 sur 236 · I. L'arcliiduc au roi, 21 janvier 1648. A. B · texte numérisé non relu

I. L'arcliiduc au roi, 21 janvier 1648. A. B

et à lever des troupes, ce qui lui permettrait peutêtre de se débarrasser des Lorrains. « Dans tout ceci, écrivait-il, je ne recueille que des discours généraux, sans pouvoir en tirer aucune substance ; nulle part je ne distingue un parti grand et connu ^ » ; et il insistait pour qu'on abandonnât ces chimères. Cependant M™" de Chevreuse avait conservé quelque crédit à Madrid; don Luis de Haro ne voulait pas la décourager complètement ; on prévoyait des troubles en France ; il convenait de laisser cette porte entr'ouverte. Galaretta eut ordre de continuer les pourparlers, de faire traîner l'affaire, sans rompre, sans s'engager et sans conclure.

Mais voilà Condé de nouveau abandonné, paralysé, sacrifié par le ministre ! Qui sait quels mouvements peuvent agiter ce cœur ulcéré, quelles résolutions la colère et l'orgueil peuvent inspirer à un homme de ce courage ! Et Hocquincourt ! Il n'attend que l'apparition des étendards rouges et jaunes; le chemin de Péronne semble libre. L'archiduc crut voir s'ouvrir devant lui la carrière où s'étaient déjà lancés ses prédécesseurs : l'invasion de la France !

Vers la mi -juin, les chevau-légers du duc de Larchiduc

■1. L'archiduc au roi, 2 3 juillet; à Galaretta, 13 août 1648. A. B.

entre en France Lorraiiie, appiiyés par de forts partis d'infanterie

et s'établit , . . . ^

près de et de milice sortis de Cambrai, étendaient leurs

Landrocies.

conàé le suit, ravagcs dans les vallées de la Somme et de l'Oise

s'arrête . ^ • r\ •

à l'abbaye de jusque vei's Péronne, Saint-Quentin, La Fère.

Yaucelles

(fin de juin). Bientôt Léopold quitte les bords de la Lys avec toute son armée et vient prendre position devant Le Gatelet (19 juin).

Aucun symptôme ne confirma les espérances données par la duchesse et par Saint -Ibal : les gouverneurs des forteresses menacées firent bonne contenance. Yaubecourl, détaché avec huit cents chevaux et mille fantassins du régtment d'Anguien, manœuvrait entre Saint-Quentin, Guise et Rocroi, ravitaillait les places, chassait les pillards. M. le Prince conduisit ce qui lui restait d'armée sur les pas de son adversaire; traversant Arras le 22 juin, il était au Cat'^let le 26. L'archiduc avait passé TEscaut; après une halte à Catillon-sur- Sambre, il recula jusqu'à Landrecies. Ainsi Condé, nettoyant le pays, côtoyant, guettant l'ennemi, réussit à lui donner jalousie, arrêta son premier essor. On aurait dit un moment les rôles renversés : posté à l'abbaye de Vaucelles \ près des sources deTEscaut, à la lisière des Pays-Bas, le Français semblait l'agresseur, tandis que l'Espa-

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