Mazaria à M. le Prince; i\ juin. A. G
LOUIS II DE HOUneON. 211
de M. le Prince; mais il peut se réveiller, sortir de sa torpeur (et il en sortit plus tard) . Alors que devenir, sans argent ou sans renforts? — Un renfort, M. le Prince savait bien où le prendre; plusieurs fois, il y avait fait allusion ; mais il fallait des ménagements, de la patience, trouver un joint.
Depuis que le théâtre de nos opérations en Aile- DEriach
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magne s était déplace et porte vers le Nord, la dAUace,
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garnison de Brisach avait ete augmentée. L est rapprochés, aujourd'hui un véritable corps d'armée, chargé aux envirous d'observer Tribourg, la Forêt-Noire, la vallée du *" Rhin jusqu'à Philippsbourg. Les avantages obtenus parïurenne, ses mouvements mettant cette région à l'abri des incursions de l'ennemi, un nouveau rôle pouvait être assigné à cette petite armée d'Alsace. Mazarin l'avait-il compris tout d'abord? A voir ses hésitations, au moins apparentes, on croirait que la lumière se fit par degrés dans son esprit. Déjà, par un trait remarquable de sagacité politique et militaire, il avait saisi les suggestions de Guébriant, mis fin à la vieille classification des armées : Rocroi lui permit d'envoyer celle de Picardie sur le Rhin, Norlingue d'appeler celle d'Allemagne en Flandre. Est-il repris aujourd'hui de ses défiances? Si ses instructions ne sont pas plus précises, est-ce indécision ou calcul ?
D'Ei'lacli ^ avait les bonnes et les mauvaises traditions des Weymariens. Sans s'oublier, il savait employer utilement les ressources laissées à sa disposition, choisir ses officiers, exercer, entretenir ses troupes. 11 était ombrageux, jaloux de son autorité, habitué à une véritable indépendance. Froisser un homme de ce caractère, c'était mettre Brisach en péril. Comment satisfaire son orgueil, son désir de gloire, son amour de l'argent? Le titre elles fonctions de heutenant-général lui sont conférés % ses rapports avec Turenne réglés, les dilTérends apaisés. Alors que ses troupes sont dans l'abondance, et tandis que « dix courriers » dépêchés par Gondé ' ne peuvent obtenir aucun subside, la cour trouve moyen de lui envoyej- 22,000 pistoles, toute une montre. 11 reçoit aussi des secours d'hommes, les Anglais de Storp,
1. Jean-Louis d'Eilach, sieur de Caslellen (bailliages bernois), mort eti 1049. — Voir t. IV, pp. 198, 252 et passim.