I . Papiers Je Le Tellier. — Lettres de Mazarin
autre fois il exprime la crainte qu'on n'éloigne trop M. d'Erlachdc son gouvernement. M. le Prince indique les moyens, discute; il trouverait M. d'Erlach mieux placé près de Mézières, à portée de soutenir Guise ou Rocroi ; mais , si poignante que soit son anxiété, si grave que soit sa situation, il n'insiste pas; réclamer le concours de M. d'Erlach, paraître même y compter, ce serait tout gâter. Cependant la lutte s'animait entre la Couronne et le Parlement ; l'agitation était grande à Paris ; (( les afTaires s'échaufTent ici », écrivait Mazarin le 13 juillet, et il exprimait le désir que « Son Altesse pût faire un tour par deçà pour assister Sa Majesté de sa présence et de ses conseils * » . — A ce moment, l'archiduc renonçait à pénétrer en France, s'éloignait de Landrecies, ramenait ses troupes sur Lille. Persistant dans son plan de maintenir son armée toujours à portée de celle des ennemis, M. le Prince résolut de lui faire suivre la même direction. Pendant les premiers jours de route, une rencontre n'était pas possible : Condé avait le temps de se rendre à l'appel du ministre. Le \6 juillet, il était encore au Catelet,
\. Mazarin à M. le Prince, 13 juillet, A. C. — C'est bien sur rinvitation formelle et spontanée de Mazarin, non sur une autorisation sollicitée par M. le Prince, que celui-ci se rendit à Paris. Gaston apprit ce voyage au moment où Condé arrivait; il essaya, dit-on, de s'y opposer, mais trop lard.
le 19 à Paris. Que se passa-t-il dans son entretien avec le cardinal? Le 27 juillet, le Roi expédiait à M. d'Erlach l'ordre de quitter les environs de Metz et de marcher sur Montcornet, Marie et Guise ; le sens de cet ordre ne laissait pas de doute.
Le 2/1 juillet au matin, M. le Prince rejoint son m. le prince
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armée comme elle délogeait de .*!>oiiche7, ; il (3o juuiet), arrête ses troupes à Bethune (30 juillet). Là il n ne pem '
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apprend que le gouverneur d Aire menace baint- sfondrato
de
Venant, et que le corps espagnol de la Flandre prendre Fumes maritime, commandé par un officier italien de grand mérite, le marquis Sfondrato, est campé devant Furnes. Condé se rapproche de la Lys, prend position à Hinges (2 aoùt\ prêt à dégager Saint-Venant ou à faciliter le secours de Furnes en retenant l'archiduc, qui est retranché à Warneton sur la Lys. Rantzau dispose de cinq mille hommes de troupes mobiles, dont les canaux peuvent protéger les manœuvres; c'est assez pour laire avorter l'entreprise de Sfondrato. Si l'archiduc veut s'en mêler ou menacer Ypres, il aura Condé sur les talons. — Puységur ouvre la route, laisse quatre cents hommes dans Cnocke, en tire seize cents, et se poste à Hondschooto. Mais
1. Trois lieues au nord d'Arras. — L'armée avait quitté le Calelet le 20 juillet. M. le Prince était reparti de Paris le 22 après-midi; il avait diné ce jour-là chez le cardinal.
216 LES PPiINCES DE CONDÉ.
le maréchal se contente de reconnaître l'ennemi avec un régiment de cavalerie, rappelle Puységur sur Bergues, y concentre ses troupes et se tient coi. — L'archiduc ne quitta pas ses retranchements. — La démonstration du gouverneur d'Aire n'était qu'une feinte. — Quant à Sfondrato, après avoir tracé une circonvallation et disposé ses ateliers comme au début d'un long siège, il usa de ce voile pour mener très vivement ses attaques \ Que pouvait M. le Prince? Marcher en avant, c'était laisser la carrière libre à l'archiduc, renoncer à la jonction avec d'Erlach, sans espoir de sauver la place attaquée. 11 eut encore une fois assez d'empire sur lui-même pour prendre le parti le plus sage, braver la raillerie, l'injure. TI ne quitta pas sa position d'observation. Le Bosquet de Baugy se défendit de son mieux, capitula le 2 aoiit et sortit de Furnes le 3 avec sa garnison -.
1. 24 juillet, investissement de Furnos; 29 ouverture de la tranchée ; 31 , prise de la contrescarpe ; 2 août, capitulation ; 3, la garnison est conduite à Dunkerque. — Sigismond Sfondrato, marquis de Montasia, noble romain, pelil-neveu du pape Grégoire XIV, connaissait tous les coins de la Flandre, où il servait depuis dix ans. Dès 1631, il commandait le célèbre lei'cio Paolo Baglione. Successeur de Fontaine dans la surintendance des gendarmes de Flandre, chevalier de la Toison d'Or, marié à Anne-Geneviève Thurn-Taxis, il fut tué d'un coup de canon devant Gravelines (1655).