‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 83 sur 236 · Treize cents hommes. (1,'archiduc au roi, it août. A. B · texte numérisé non relu

Treize cents hommes. (1,'archiduc au roi, it août. A. B

CHAPITHE 111

AOlT-SEPTEMBnE 16t8

Eflet i)rodiiit par la perte de Fumes. Dernières hésitaUons de Mazarin. D'Erlach marche sur Arras. — L'archiduc en action. M. le Prince ne peut sauver Estaires sur la Lys, prend position à Merville (13 août}. — L'ennemi veut passer la Lawe. Combat de Lestrem, 14 août. Habile distribution de l'armée. — Jonction avec d'Erlach (IG août). Les Espagnols ont décampé dans la nuit. Reconnaissance conduite par M. le Prince. — 11 reprend Estaires (17 août), renforce le corps de la Flandre maritime et détache le Vidame vers Guise. — L'armée à La Bassée. M. le Prince découvre Tennemi en position (18 août). La plaine de Lens. — Ordre de bataille et instruction pour le combat. Les chefs de l'armée française. — Les Français marchent vers Lens, qu'ils trouvent occupé par l'ennemi (19 août;. — Position et formation de l'armée d"Espagne. Ligniville et les Lorrains. L'archiduc Léopold. — Incidents de la journée du 19. Dispositions de M. le Prince pour se retirer sur Nœux. Arras en alarme. — Bataille de Lens, 20 août. Marche en retraite des Français. L'escarmouche. Avantage remporté par les Lorrains. Incident. — Ralliement de notre droite. Dispositions offensives des Espagnols. L'arbre de Condé. — Marche en avant des deux armées. Le canon. — A la droite, M. le Prince enfonce la première ligne des Lorrains. Ligniville rétablit le combat. Villequier et La Moussaye prisonniers. — A la gauche, Gramont combat avec succès les « compagnies franches ». — Au centre, rencontre des deux « batailles ». Échec des Gardes françaises. — Châlillon reforme sa ligne. Victoire de l'infanterie de France. — D'Erlach engage la réserve. Mort de Beck. Fin de la journée. — Le « rapport » de l'archiduc. Pertes des dea.\ armées. Caractère de la bataille de Lens. —

Situation militaire. Nouvelles de Paris. M. le Prince à Estaires (29 août), demande un congé (l*"" septembre). Dispositions de Mazarin. — Rantzau investit Furnes, 30 août. Condé vient au siège, est blessé à la hanche (8 septembre). — La Régente le « conjure » de revenir. Capitulation de Furnes, 10 septembre. Arrivé à Chantilly le 18, Condé est appelé auprès de S. M.

Effet produit Après la perte de Courtrai, celle de Furnes! de Furnes.^ Jusqu'lci Ce soiît Ics dcux événements saillants hésitatio^ns de la campagne; assurément M. le Prince n'est D'Eria'ch marche pas plus rcsponsablc clc l'un que de l'autre; les dates seules le prouvent. Non content de se dépouiller pour garnir la Flandre maritime, il a maintes fois attiré l'attention du cardinal sur les places de cette région ; mais les gouvernements, comme le public, ne sont frappés que des résultats. Condé n'a pas regagné le crédit perdu en Catalogne; on a pu en voir maintes preuves dans les pages qui précèdent, et toute la correspondance officielle en témoigne; elle abonde en recommandations pressantes ; les refus sont moins voilés; on ne retrouve plus cette déférence cjui suivait les grands succès: l'étoile a pâli. Aujourd'hui, devant cette inaction apparente, le ton s'aigrit; les lettres deviennent amères; ce n'est pas encore la disgrâce, ce n'est plus la faveur. Les Parisiens se reprennent de plus belle à chanter les « Lérida », et les brocards pleuvent de l'autre côté; la Gazette d'Anvers promettait « le

vin d'honneur à celui qui donnerait des nouvelles de l'armée du roi de France » . On dit même qu'un trompette, envoyé au quartier général de l'archiduc, rapporta un message insultant. M. le Prince ne tint pas compte de cette provocation ; c'était affaire à régler plus tard. Aujourd'hui il ne lui déplaît pas que Léopold se montre outrecuidant, prenne confiance, sans se trop hâter; car il nous faut temporiser encore. Toujours campé à Hinges % à portée des points menacés, des routes à suivre, Gondé observe son adversaire avec une vigilance anxieuse : <c L'armée de l'archiduc est plus nombreuse qu'on ne croit; nous ne pouvons encore pénélrer son dessein », écrivait-il le 7 août à3Iazarin ; quelques régiments mis à sa disposition, « Royal » et autres, sont appelés d'urgence à Arras; surtout il presse la marche des troupes d'Alsace. Cn moment il crut qu'elles allaient lui échapper: sous le coup de la perte de Furnes-,

1 . Ilinges est au centre du triangle Eslaires, Saint-Venant, Bélhune, à portée de Lillers qui pouvait devenir et qui fut en effet le premier objectif des Espagnols. Ceux-ci tenaient Aire et Saint-Omer. La place de Saint-Venant et le château d'Estaires étaient les seuls points fortiBés que les Français eussent conservés sur la Lys.

2. Dès que Mazarin sut Furnes investi, il jugea la place perdue. Il l'écrit à tous ses correspondants; il l'avoue même à M. le Prince '27 juillet. A. C). L'issue du siège ne lui en fut pas moins sensible : la perte des places excentriques trou-

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le cardinal avait parlé de les employer au siège de Bouchain; mais cette fantaisie passe avec le premier désappointement, et Condé, qui s'était soumis sans sourcilltr, fut récompensé de sa subordination en voyant le premier ministre abandonner spontanément ce nouveau plan, s'excuser même de l'avoir présentée — Rien n'arrêtait plus d'Erlach. Les derniers ordres de M. le Prince lui parvinrent à Ribemont, sur les bords de l'Oise. (9 août) ; il marcha droit sur Arras-.

Voici riieure ; il faut jouer serré ; tout mouvement va porter coup.

Larciiiduc Fueusaldafia ayant ramené au camp de War-

M. le Prince uctou Ics troupes détacliécs au siège de Furnes,

ne peut sauver , . j, i , it ^ tt-m t

Estaires 1 arcliiduc cjuitte 1 abbaye de Loo près de Lille. Le

sur la Lvs, , , ^ • i i

prend position 11 aout au iiiatin, les colonnes espagnoles remon-

à Merville i i t

113 août}. lent le cours de la Lys parles deux bords et se réunissent devant le château d' Estaires, un peu au-dessus du confluent de la Lys avec la Lawe, cpii vient de Béthune. Occupé par une garnison

bla'tsa partie : autant d'atouts de moins dans son jeu de négociateur.

4. M. le Prince à Mazarin, 31 juillet. — Mazarin à M. le Prince, 3 août. A. C.

2. Il avait dû quitter les environ? de Metz vers la Gn de juillet (Mazarin à M. le Prince, 3 aont'. — Ribemont est à 15 kilom. est-sud-est de Saint-Quentin et environ 80 kilom. sud-est d'Arras.

LOUIS H DK BOLRBO.X. ^ll

française, ce poste important garantit nos communications avec la Flandre maritime; trois heures de route le séparent du camp de M. le Prince. Aux premières nouvelles, celui-ci fait prendre les armes. Quelle que soit sa diligence, il trouve les Espagnols postes à La Gorgue, sur la Lawe, au sud d'Estaires; la place était investie. Condé met la moitié de ses troupes en bataille en face de l'ennemi, et derrière ce rideau il fait filer Gramont sur Merville (5 kilomètres à l'ouest). Le maréchal y prévient l'ennemi, traverse la Lys et pousse une lieue au delà jusqu'à Xeufberquin. Tout est prêt pour une action sur les deux rives ; mais le château d'Estaires s'étant rendu dans la soirée du 12, l'armée française se concentre à Merville. Là, ^I. le Prince, à cheval sur la Lys. met Saint-Venant à l'abri d"une surprise, peut choisir telle direction que lui indiqueront les mouvements de l'ennemi, le suivre dans un retour sur la Flandre maritime, secourir La Bassée ou Béthune, assurer le passage de d'Erlach. Afin de donner à l'armée toute liberté d'allure, le gros bagage est dii"igé sur la France.

« En attaquant Estaires, écrivait l'archiduc au L-ennemi roi catholique ^ mon principal objet est de con- 'k Lawe?'

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