Voir p
o. Beaujeu (Claude-Paul de Beaujeu de Villiers) fut d'abord capitaine dans Grance\ -cavalerie, dont il eut le commandement en 1645. Il était à Rocroi et Thionville. Maréchal-de-camp en 1649, lieutenant-général en I6.j2, il fut tué en 1634.
6. Lillebonne François-Marie de Lorraine' descendait de Claude, premier duc de Guise; il devint Jieutenant-géuéral et mourut en 1694.
T. Le Plessis-Bellière (Jacques de Rougé' débuta au siège de La Rochelle. Gouverneur de La Bassée en 1647, il se démil en '!6o0 et eut en échange le gouvernement de Dieppe;
qui a été tiré de La Bassée avec une partie de sa garnison pour prendre part à la bataille pendant que sa place est couverte par les troupes actives? Chàtillon demeurera-t-il seul au centre avecdeux sergents de bataille pour conduire douze bataillons et la gendarmerie, on pourrait dire le corps de l'armée? Sans doute il faut lii une impulsion unique ; les chefs de l'infanterie et de la gendarmerie sont des agents d'exécution très complets ; mais si Chàtillon tombe tué ou blessé, s'il est pris, qui le remplacera ? C'est que Gaspard de Coligny, peu ancien de grade et d'humeur difficile, a la confiance de M. le Prince, qui ne veut pas lui donner de supérieur et ne peut guère lui trouver de subordonné. Condé passe outre ; les autres généraux sont dispersés dans les ailes, Villequier, Arnauld et Beaujeu à la droite, La Ferté, Le Plessis-Bellière et Lillebonne à la gauche. Ce sont des hommes de guerre vigoureux ; au milieu du fractionnement qu'engendre la mêlée, ils rallieront des groupes d'escadrons, pourvoiront à l'imprévu, suppléeront les morts, les disparus. Les distances entre les lignes, les intervalles entre les unités tactiques sont exactement réglés de
lieutenant-général la môme année. 11 mourut des blessures qu'il reçut dans un combat livré le 17 novembre l6o4. — Sa femme, Suzanne de La Brue, fut complaisante du surintendant Fouquet et amie de M°i« de Sévigné.
façon à faciliter la marche, les passages de ligne en avant ou en retraite, et toutes les évolutions que peut nécessiter le combat. M. le Prince prescrit « de les observer avec précision, de conserver l'alignement général; on se regardera marcher ». Il ordonne encore « de laisser les ennemis tirer les premiers, de ne partir pour la charge qu'au pas ». C'est en plaine, en rase campagne, que l'armée s'engagera; ces prescriptions ont pour but d'assurer la discipline du feu, l'unité de choc, l'ensemble dans l'elVort, d'empêcher que l'ennemi ne soit abordé par des chevaux essoufflés et des hommes disséminés, de prévenir les « tireries », les encombrements, les débandements, les attaques décousues.
Les Français Lc 19 août au matiu, l'armée suivait la route vMs\cns, de La Bassée à Lens et prenait en marchant son '^'^"occupr^"* ordre de bataille. M. le Prince conduisait l'avant- ^Ti9aoiu™ garde (cavalerie de l'aile droite). La plaine est vide ; pas un homme sur le rideau où quarante escadrons se montraient la veille. Condé dépasse Loos et bientôt il découvre l'ennemi établi à la lisière méridionale de la plaine, sur une position moins formidable que celle de Fribourg, moins bien proportionnée que celle d'Allerheim, mais encore très forte et d'accès difficile.
Situé à peu près au centre d'un quadrilatère dont
les sommets sont marqués par les points fortifiés de Béthune, La Bassée\ Arras et Douai. — Lens, si souvent pris et repris, n'était cependant qu'une méchante place et en fort triste état ; le château même tombait en ruine; mais on avait accommodé les murailles, qui renfermaient une petite garnison. Celle-ci se rendit sans combat dans la nuit du 18 au 19. Si médiocres qu'en fussent les défenses, ce poste avait en ce moment une certaine valeur tactique et une véritable importance stratégique. En l'occupant, l'archiduc resserrait l'échiquier où Condé pouvait se mouvoir, coupait ou étranglait ses communications, se plaçait entre lui et Arras. L'armée d'Espagne avait sa droite appuyée au château de Lens, dans le faubourg Saint-Laurent, vers Notre-Dame de Bon-Secours, — sa gauche
. . 1 T • ' • et les Lorrains.
contre les bois en avant de Lievin, — son camp L'archiduc
, 1 », , T Léopold.
et ses reserves sur la crête, — ses troupes disposées sur les pentes, — quelques ravins et un vallon assez profond devant son front. — sur les derrières, la Souchez ou ruisseau de Lens, qui coule dans un fond marécageux, mais avec de bons passages, à Lens même d'abord, et un peu vers l'ouest, à Eleu-dit-Leauwette.
Aperçue à distance, sur la hauteur de Lens,
Position
et formation
de l'armée
d'Espagne.
Ligniville
4, Déclassée de nos jours, comme Lens.
cette armée ne présente pas l'aspect compact, rigide, qui avait frappé les yeux du duc d'Aiiguien sur la bruyère de Rocroi; on reconnaît l'influence d'une école nouvelle, rien qu'à voir ce front en ligne brisée qui épouse la forme du terrain ; c'est bien tracé pour recevoir une attaque ; mais, s'il faut prendre l'offensive, peut-être l'ordonnance sera-t-elle troublée. Les généraux du roi catholique entraient dans une voie nouvelle, timidement, avec des hésitations, des repentirs; les modifications introduites dans la tactique n'ont pas encore été sérieusement éprouvées : les succès des années précédentes ont été remportés dans les sièges. On doute de l'infanterie : tous ces petits bataillons sont plus maniables; mais auront-ils la solidité de la phalange des « hommes basanés » . de ces tercios viejos qu'on ne reverra plus? La confusion des langues et des origines est plus grande que jamais : dans les dix bataillons qui forment la première ligne du centre, on compte trois lorrains, deux wallons, deux irlandais, un allemand, un italien, un seul espagnol et de nouvelle levée. C'est ce dernier élément, l'élément solide par excellence, qui ne se retrouve plus dans la même proportion : rien que trois vieux bataillons « d'Espagnols naturels » placés à la seconde ligne avec trois autres de nationalités diverses. Pour remé-
dier aux inconvénients de cette bigarrure et d'un fractionnement qui inspire peu de confiance aux vieux officiers, treize escadrons de choix ont été intercalés, en quatre groupes, dans la première ligne d'infanterie; deux autres soutiennent la seconde; tous les vides sont bouchés, et cet encombrement annule l'élasticité obtenue par la réduction des unités, l'élargissement des intervalles. En somme, tactic|ue plus souple, mais incertaine; abus du mélange des nationalités et des armes. Cependant les masses de cavalerie sont aux deux ailes : à la droite, sous le château de Lens, vingt-sept a compagnies franches » \ levées dans les provinces belges; à la gauche, en avant de Liévin, vingt gros escadrons, tous à jM. de Lorraine. Cette troupe célèbre est conduite par le comte Philippe de Ligniville-; le duc Charles
1. Les compagnies ou bandes d'ordonnance formant la gendarmerie de Flandre avaient été créées par le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, en 1471, et acquirent une belle réputation. Réorganisées par Charles-Quint, elles figuraient encore au nombre de douze sur un élat de solde de 1644. Mais déjà les vice-rois avaient créé les « compagnies franches de cuirassiers » (1620), avec lesquelles les anciennes bandes d'ordonnances se trouvèrent bientôt confondues. (Voir les travaux du général baron Guillaume sur l'infanterie wallonne et les bandes d'ordonnance.)
2. Né en 1611, Philippe-Emmanuel, comte de Ligniville, appartenait à une des quatre maisons connues sous le nom de
absent ne pouvait la mettre en meilleures mains. Beau caractère, visage ouvert, soldat de métier, homme d'expérience, de grand courage et de haute naissance, cet excellent officier avait débuté par prendre de sa main, en 1634, à Nordlingen, le fameux général suédois de Horn, et depuis s'était distingué en mainte action.
L'armée d'Espagne est plus nombreuse que celle de France, moins cependant qu'on n'eut pu le croire ; bien que grossie de plusieurs contingents, elle aussi a subi sous diverses formes l'inévitable affaiblissement; elle met en ligne dix-huit mille combattants et trente-huit bouches à feu que dirige le comte de Saint-Amour. Le commandement en chef appartient au vice-roi, l'archiduc Léopold, frère de l'Empereur, alors âgé de trente-quatre ans, longue figure pâle, avec des yeux bleus et doux à fleur de tète, la
grands chevaux de Lorraine. Ayant lié sa fortune à celle de son maître, il possédait, pour tout avoir, une grosse somme placée chez les banquiers d'Anvers. Après avoir refusé deux fois le bâton de maréchal, qu'on lui offrait pour l'attirer au service de France, il joignit son armée à celle du roi très chrétien sur l'ordre de son souverain, alors détenu au château de Tolède, fit trois campagnes (1656, 160?, 1658) sous les ordres de Turennc, et prit une part brillante à la victoire des Dunes. Ses derniers exploits se rattachent à la guerre contre les Turcs. Il mourut à Vienne, en 1664. L'Empereur lui fit élever un mausolée dans l'éghse des Pères Minorités.
grosse lèvre et les traits bien connus de la liranche autrichienne des Habsbourg, d'apparence ecclésiastique et en effet comblé d'abbayes et de dignités épiscopales, guerrier cependant, brave, habitué à commander et loin d'être sans mérite comme capitaine, quoique souvent entravé par la délicatesse de sa santés Auprès de lui, Fuensaldana représente la tradition espagnole, politique et militaire; son rôle important commence; aujourd'hui son influence est balancée par celle de Beck, conseiller justement écouté, plus ardent que jamais, enflammé par le souvenir amer de son inaction forcée à Rocroi.
Après une rapide reconnaissance de la position incidents
, ,, ,., AfiT-»' p-i de la journée
occupée par 1 archiduc, 3l. le Prince fait appuyer du 19.
, 1 ., , , , , 1 ' I • , Dispositions
a droite, et son armée, achevant son déploiement, de m. le prince
5 A , . r» "Tvrt ^ 1 • pour se retirer
S arrête a environ 2,o00 mètres des ennemis, sur sur Nœux.
, , , -, Arras en alarme.
un contrelort bien marque-, en avant de Loos et Grenay, à cheval sur la route de Béthune, la
-I. Évêque de Strasbourg, de Passau , d'Halberstadt , d'Olraiitz et de Breslau, prince abbé de Marbach, Herchsfeldt et Weissenau. Né en 4614, commande l'armée impériale d'Allemagne de 4 639 à 1646, par dispense spéciale du Pape; grand maître de l'Ordre Teutonique en 1642, appelé en 1647 par le roi catholique au gouvernement des Pays-Bas qu'il conserve jusqu'en 1656. Mort le 20 novembre 1662. Esprit cultivé, amateur délicat, protecteur de Téniers; le Belvédère de Vienne lui doit quelques-unes de ses richesses.