‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 94 sur 236 · Bataille de Lens (heures approximative · texte numérisé non relu

Bataille de Lens (heures approximative

b heures du matin, l'armée de France commence sa retraite. L'escarmouche s'engage.

6 heures 1/2. L'armée d'Espagne en mouvement.

7 heures. Après une marche de deux kilom. celle de France fait halte sur la crête cotée 69, au-delà de Loos.

8 heures. Les deux armées en présence; écart entre les deux centres, 2,000 mètres.

8 heures 1/2. Commencement de l'engagement à la droite des Français.

9 heures. Premier choc au centre.

Entre il heures et midi, la bataille est gagnée.

illusions, l'archiduc ne réussit pas à parer les de la bataiUe coups rapides de son adversaire, et se montra inutilement sur divers points du champ de bataille. Sa valeur tardive ne put dégager les Lorrains; il leur garda rancune. C'est à peine si, dans son rapport', il fait mention de cette brillante troupe; Ligniville n'y est pas nommé; les « compagnies franches » sont jugées sévèrement, et les tercios portés aux nues. L'éloge nous semble aussi exagéré que le blâme. L'infanterie supporta bien le premier choc, s'engagea avec élan-, mais ne montra pas son antique ténacité et plia dès qu'elle eut perdu Beck, <i ce grand soldat ' » . 11 est injuste d'accuser de panique les chevau-légers wallons; ils furent enfoncés les premiers, c'est vrai, mais après un combat assez vif et bien soutenu. En présentant la bataille comme une série d'avantages remportés au centre et perdus par la conduite des deux ailes, la version espagnole reconnaît que le tout s'est terminé par une cata-

1. La relation officielle espagnole est accompagnée d'une lettre pariiculiére de l'archiduc au roi catholique, datée du 28 août. A. B.

2. Les tercios du marquis Bonifaz et du marquis Bentivoglio réclamaient l'honneur d'avoir défait les Gardes françaises. (Rapport de l'archiduc. A. B.)

3. Haviendo perdido el servicio de Su Maijeslad un gran soldado y minislro en el baron de Beck. (Rapport de l'archiduc. A. B.)

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strophe, et, dans la langue officielle, la bataille n'a d'autre nom que la déroute de Lens {roia).

Outre les cinq mille prisonniers, l'armée d'Espagne laissait sur le terrain trois mille morts, tout le canon, plus de cent drapeaux ou étendards. Celle de France comptait environ quinze cents hommes hors de combat. Le corps d'officiers des Gardes françaises était presque anéanti ; les quinze capitaines présents, y compris les deux commandants de bataillon, Langlade ^ et Bois-David, morts ou blessés-. Le lieutenant-colonel Stref était tué, ainsi que le mestre-de-camp de « Salbrick » et celui du régiment de Son Eminence, Ghambors, un des plus vaillants officiers de cavalerie de l'armée, le

H . Nicolas de Cominges. Son père, Bertrand, était oncle du capitaine des gardes de la Reine.

2. Le soir même on se partageait leurs dépouilles : M. le Prince demandait une compagnie pour le chevalier de Gramont, qui allait porter les trophées à Paris, et le maréchal, en appuyant les prétentions de son frère, sollicitait une lieutenance pour un jeune enseigne qui portait un nom déjà glorieusement connu : Bardo de Bardi avait pris le titre de comte de Magalolti après la mort du frère de sa mère, le vaillant officier dont nous avons raconté la mort (t. IV, p. 413). C'est lui qui mourut lieutenant-général en -1671. — Le deuil frappait aussi « la chambre des filles » : M"^ de Guerchy, admirée par Gaston, et Suzanne de Neuillant, qui avait aspiré à remplacer Marthe du Vigean dans le cœur de Condé, avaient perdu chacune leur frère, l'un volontaire, l'autre capitaine dans La Meilleraie. — Tué encore le neveu de Balzac.

même qui avait tapissé l'église de son village de guidons et de cornettes enlevés à l'ennemi ^

u Souvenez-vous des pauvres gendarmes, écrivait M. le Prince le lendemain de la bataille ; ils ont bien gagné ce qu'on leur doit - ! » Le corps de la gendarmerie, héroïque tout le jour, avait essuyé de cruelles pertes : outre bon nombre de cavaliers, prescjue tous les officiers, guidons, cornettes, maréchaux-des-logis avaient été atteints ; deux chefs de compagnie, Beaujeu et d'Oyse, comptaient entre les morts; parmi les blessés, le doyen du corps, Franquetot, vieux soldat éprouvé par vingt campagnes et, quoique officier général, ayant voulu conserver son poste à la tête de sa compagnie % Barbantane, des gendarmes d'Anguien, et un gentilhomme de Gascogne, récemment nommé cornette des chevau-légers de Gondé, qu'il commandait en l'absence du comte de Bussy : Guitaut *

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