‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e sièclesChapitre 105 sur 131 · LA PRINCESSE DE CONDE AU CONNETABLE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE DE CONDE AU CONNETABLE

Monsieur, il fault tousiours que je vous importune des affaires de mon fils, et aye recours à vous. Il me fâche que ce soit pour sy peu de chosse comme du retranchemant que Monsr de Rony veut faire de catre mille escus sur la pansion qu'il a pieu au Roy Monseigneur ordonner à mon fils. C'est bien loin g d'espérer à l'avenir ocmantation, puis quant s'y peticte somme l'on la diminue. Tout ceulx quy ont asisté au conseil lors quy c'est traicté de ceste affaire ont aporté ce qu'il leur a esté possible pour ampescher que le retranchement n'eust lieu. Mais led. Sr de Rony lui seul a faict cecte résolution, à ce que l'on m'a dist. Je ne say sy Sa Magesté luy a commandé; mais il l'a formée estrangemant an ce dessain. Pour moy, Monsieur, il ne m'est possible de subsister à douze mille escus, ou bien il fault chasser la moityé de ceulx qui sont an la maison de mond. fils, n'aiant aucun moien de son chef. J'ay jusques à cest heure emploie le mien, affin que sa maison se maintiéne onorablement, et de telle sorte que j'y suis angagé à bon essiant. Je craindrois anfin que l'on se mosquàt de moy et n'an avoir autre raison. Pour ce quy sera de l'antretenement de mond. fils, je ne manqueray jamais de continuer de

l'assister comme j'ay faict. Mais de sa suite, elle ne peut estre sy grande sy l'on n'y mest autre ordre. Je pansois aussy estre assignée de deux mille escus de Guiene; mais l'on les refuse aussy bien que le reste, de fason que nous resantons toutes sortes de disgrasse, lorsqu'il samble que tout le monde se resant du bien de la pais. Je ne me laseray de bien faire et de donner tousiours occasion de eontantement à Sa Magesté an toutes mes actions. Je vous suplie, Monsieur, m'obliger d'antreprandre ceste affaire, laquelle est très-juste, et je demourerav toute ma vye résolue de vous randre l'obéisance et service que je vous dois et d'estre perpétuellement.

Monsieur,

Vostre bien humble et obéisante niepce à vous faire service,

Ch. de la Trémoille.

La partye de Monsr de Haucourt et de Monsr Lefebvre, précepteur de mon fils, est aussy bien réduite que la nostre. Le servisse très-ûdèle et utile qu'ils rande tous les jours à mon fds mérite que l'on ait soing d'eux. Je vous suplye qu'ils ne soit retranché an leurs asinasions [assignations).

(Original autographe. Archives de Condé.)

La lettre suivante paraît avoir précédé celle qu'on vient de lire; elle était sans doute restée sans réponse

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