Mézeray
atteinte : elle résista. Entre autres villes, la Rochelle ne put être ni surprise ni désarmée par des concessions plus ou moins sincères; pour la réduire, il fallut recourir à d'autres moyens que la trahison et l'assassinat. Une armée fut réunie en Poitou sous les ordres de Monsieur : on pensait que le vainqueur de Jarnac et de Moncontour aurait facilement raison de cette poignée de bourgeois rebelles, et, pour leur ôter tout espoir, leurs anciens chefs, les Bourbons convertis, reçurent l'ordre de suivre l'armée.
Refuser l'obéissance ou s'y dérober par la fuite était impossible : les princes n'avaient pas auprès d'eux un ami, un serviteur auxquels ils pussent se fier, et la surveillance exercée sur eux depuis le jour de la Saint- Barthélémy ne s'était pas relâchée un instant. Cependant le traitement n'était pas égal pour tous les deux. Le roi de Navarre avait obtenu, sinon plus de liberté, au moins plus d'égards. Les courtisans le trouvaient bon compagnon ; il plaisait aux dames, le Roi l'aimait, les zélés ne le redoutaient pas, et, si l'on voulait bafouer trop crûment « le roitelet », il savait mettre les rieurs de son côté par de vives reparties. Quant aux leçons de sa mère, quant aux préceptes des ministres, il semblait avoir tout oublié, et, à le voir se plier si bien à cette vie nouvelle, supporter si facilement la
mauvaise fortune, les plus clairvoyants pouvaient s'y méprendre et croire que le plaisir était sa seule pensée. Au contraire, Condé ne changeait pas : c'était toujours la même humeur austère et chagrine; il cachait mal sa répugnance pour la vie de la cour et pour les pratiques religieuses qui lui étaient imposées. Rien dans sa conduite ne pouvait atténuer les haines qui s'attachaient à son nom. Aussi ne rencontrait-il ni ménagements ni sympathies, et, pour comble d'affront, le duc d'Anjou s'était épris de sa jeune femme, et la poursuivait ouvertement de son insolent amour.
Il y avait alors à la cour un clerc de vingt-sept ans, appelé Philippe Desportes, qui avait appris en Italie à faire facilement des vers galants et passionnés, et qui restera un des plus agréables poètes du xvie siècle. Desportes était pauvre ; il voulait être abbé, et sa muse complaisante servait les amours des derniers Valois, comme plus tard nous verrons celle de Malherbe se prêter aux caprices de Henri IV. Dans sa carrière de poète entremetteur, il avait débuté par des stances destinées à réconcilier Charles IX et Marie ïouchet, un moment séparés; aujourd'hui, il fait circuler une élégie où, sous les noms d'Eurylas et d'Olympe, figurent deux personnages trop faciles à reconnaître. Le titre seul: « Première Aventure », était déjà
une allusion ; car la belle Marie de Clèves était, disait-on, la seule qui eût encore touché le cœur du duc d'Anjou1. Dès les premiers vers, consacrés à Eurylas, chacun avait nommé le jeune et brillant vainqueur de Jarnac et de Moncontour, et, sous les traits ridicules du mari d'Olympe, il était évident que le poète avait voulu peindre le caractère sombre et jaloux du prince de Condé. La sœur d'Eurylas, Fleurdelis, pseudonyme assez transparent de la reine Marguerite, prêtait à l'ardeur de son frère le concours de son expérience; elle reprochait à Olympe sa froideur, et,
Plus savante aux effets de l'amoureuse flamme,
elle l'éclairait de ses conseils. Ces avis n'auraient été que trop bien écoutés, s'il fallait en croire Desportes et les vers où il décrit une prétendue entrevue des deux amants dans une chambre du Louvre,
Au fond du vieux palais, autrefois le séjour Des demi-dieux de France
1. Élégies, livre II. —Plus tard, Desportes rima sonnef.sur sonnet en l'honneur de Renée des Rieux, dite la belle Châteauneuf, qui fut aimée du duc d'Anjou. Sur la fin de sa vie, bien nanti de riches abbayes, il voulut racheter tes erreurs de sa jeunesse en composant des poésies religieuses, beaucoup moins lues, et, il faut le dire, beaucoup moins attrayantes que ses Premières Œuvres.
Nous sommes loin de nous rendre au témoignage isolé de Desportes, et nous ne voulons voir dans les lascives images où il se complaît qu'une licence poétique fort peu estimable. Mais, lorsqu'il encourageait de tels vers, Monsieur, assurément, ne faisait pas mystère de son amour : tous les contemporains sont d'accord à cet égard. Sa passion avait éclaté avec une violence que rien ne semblait devoir arrêter, quand survint l'ordre de partir pour le siège de la Rochelle. En suivant le duc d'Anjou, Condé eut au moins la consolation de savoir Marie deClèves à l'abri d'odieuses entreprises. Pourtant, quelle amertume dut remplir son cœur lorsqu'il se retrouva devant cette ville qui était pour lui comme une seconde patrie ! quelle douleur de voir en face de lui, derrière les murailles, ces gentilshommes de Saintonge dont les frères succombaient si vaillamment à Jarnac, ces bourgeois qui l'avaient si souvent accueilli avec enthousiasme lorsqu'il accompagnait Jeanne d'Albert au milieu deux ! Forcé de combattre ses amis, conduit contre eux par celui qu'il pouvait regarder à bon droit comme le meurtrier de son père et qui aujourd'hui voulait séduire sa femme, il recherchait le péril en homme las de la vie. D'ailleurs, il était convaincu qu'on voulait se défaire de lui; quelques historiens assurent qu'il fut empoisonné; lui-même, se sentant
malade, n'en doutail pas. et préférait mourir en soldat. « Mes ennemis, disait-il, n'ont que faire de m'envoyer à la brèche et aux coups ; je veux aller devant eux, et m'exposer à huis risques. »
Cependant le siège de la Rochelle durait depuis Nouveau paru
>*i in ' • c'u duc d'Alençon
quatre mois, et rien n annonçait qu il dut réussir. 0u des
. , î " mécontents • »
Non seulement 1 armée royale était décimée par la n se rapproche
des Montmorency
maladie et par des assauts sans résultat, mais etdes Bourbons
,, . ou « nouveaux ».
1 attitude de la noblesse qui entourait Monsieur devenait inquiétante. Un parti, chaque jour plus nombreux, se groupait autour du duc d'Alençon, le plus jeune frère du Roi, qui, paraissant à l'armée pour la première fois, semblait y avoir apporté beaucoup plus de goût pour l'intrigue que pour la guerre. Ces « mécontents » comptaient sur le concours de la puissante et nombreuse famille des Montmorency, qui depuis la Saint-Barthélémy se tenaient à l'écart, retirés dans leurs terres ou dans leurs grands gouvernements, et sur l'appui des huguenots épars et cachés dans diverses provinces. Des agents furent envoyés en Poitou, en Saintonge et en Gascogne pour y remuer les débris du parti, et des ouvertures furent faites aux « nouveaux » : c'est ainsi qu'on appelait dans le camp les deux Bourbons et ceux qui, comme eux, avaient récemment abjuré le protestantisme. Le roi de Navarre accueillit ces insinuations avec sa prudence ordi-
Taix (juillet 1573);
naire ; Condé, moins maître de lui et blessé jusqu'au cœur, « ne parla que trop haut » 1.
Plusieurs projets furent formés; mais ils n'avaient condé est nommé recu aucun commencement d'exécution lorsque sur-
iQopmement * ^
g0™7etd0 vint la paix (juillet 1573). L'élection du duc d'Ansercnd a Amiens. jou au ^-ône de Pologne avait fourni un prétexte pour lever ce malencontreux siège ; les Rochelois obtinrent de fort bonnes conditions, non seulement pour eux, mais aussi pour le parti protestant, que déjà, dans plusieurs provinces, on retrouvait organisé comme par le passé. Les troupes furent séparées ; les princes et les courtisans revinrent à Paris, puis accompagnèrent jusqu'en Lorraine le nouvel élu, qui, non sans peine, s'était décidé à partir pour son brillant exil. Condé fut du voyage. En lui faisant ses adieux, le roi de Pologne lui apprit, à sa grande surprise, qu'il avait obtenu pour lui, de son frère, la restitution du gouvernement de Picardie et la permission de s'y rendre immédiatement2. Peut-être Condé devait-il cette faveur aux charmes de Marie de Clèves ;
'1 . D'Aubigné.
2. Le 43 novembre 1579, en réclamant la restitution de ce gouvernement, Condé rappelait à la Reine mère qu'il l'avait obtenu « par le moyen du Roi ». Le Roi était alors Henri 111. Lettre autographe. Archives de Condé. (Voyez Pièces et Documents, n° IX.)
peut-être aussi, en accordant au prince son appui, ce protecteur inattendu n'avait-il fait qu'obéir aux conseils de la Reine sa mère. Catherine songeait sans doute à troubler l'union alarmante qui régnait entre les « mécontents », les « nouveaux » et les huguenots, entre le duc d'Alençon, les Montmorency et les Bourbons ; elle voulait enlever au roi de Navarre , qu'on croyait irrésolu comme son père, l'appui et les conseils d'un parent dont on redoutait la fermeté. Condé partit donc pour Amiens vers la fin de l'année 1573 ; mais son départ ne changea rien aux projets des nouveaux alliés; la conspiration, commencée sous les murs de la Rochelle, continua ses progrès, et le complot allait éclater, quand la lâcheté du duc d'Alençon fit tout avorter (mars 157/j.). Le roi de Navarre fut Conspiration arrêté et interrogé; mais, au lieu de se défendre momontd'eciater ou de dénoncer, il fit de sa vie un récit pathétique A(™easrtsaùoI4)et et fier qui émut le Roi et confondit ses ennemis. Ce "t^ff" discours fut une révélation : sous la forme habile "n^ne" dont la reine Marguerite, selon le bruit de la strasbourscour, avait su revêtir les pensées de son époux, on sentit pour la première fois battre le grand cœur de celui qui avait inspiré ces quelques pages et trouvé de tels accents pour les dire. Nous ne pouvons raconter ici la conduite de Henri IV pendant les quatre années qui s'écoulèrent après la
Saint-Barthélémy : la part du blâme serait grande; mais, au milieu de faiblesses et d'entraînements regrettables, il sut éviter tout ce qui ressemblait à une bassesse ; il dissimulait sans trahir, il cédait sans s'humilier; parmi tant de corruption, avec la situation inouïe qui lui était faite, les ruses et les ménagements qu'elle lui imposait, c'était un prodige de conserver à la fois sa vie et son honneur. Dans cette dernière circonstance, son attitude fit un singulier contraste avec celle du ducd'Àlençon : autant le roi de Navarre avait montré de noblesse et de prudence, autant celui-ci fit voir de timidité et d'indiscrétion. Compromis par la déclaration de ce triste prince et par celles des deux victimes qui ont laissé leur nom à cette conspiration, la Mole et Coconas, Condé put cependant se sauver d'Amiens au moment où on allait l'arrêter; il parvint à gagner Strasbourg; là, les franchises des villes impériales le mettaient à l'abri de tout péril. prise d'armes Dès qu'il eut atteint cet asile, il écrivit au roi ^L^roSants6' une lettre respectueuse, et il en reçut une réponse est proclamé leur beaucoup plus bienveillante qu'il n'aurait pu l'at- (jui ne? 1574). tendre : Charles IX l'excusait, l'engageait à rester fidèle à la foi catholique et à se rendre auprès du roi de Pologne, qui lui avait ouvert ses Etats. Mais Condé avait l'âme trop haute pour accepter cette hospitalité, qu'il savait être un piège tendu à son
HENRI DE BOURRON. 111
honneur, et sa piété était trop vive pour qu'il pût continuer la pratique d'un culte qu'il abhorrait : à peine libre, il était revenu publiquement et avec joie à la religion qu'il n'avait jamais cessé de professer dans son cœur. Il était pauvre et sans ressources ; mais il comptait sur l'assistance des princes protestants : il s'adressa à la reine Elisabeth, au Palatin; il écrivit aussi à ses coreligionnaires de France1. Dans tout le Midi, dans l'Ouest, ceux-ci étaient en armes. C'était le jour même où le complot devait éclater, le mardi gras, que les arrestations avaient été faites à la cour; le temps manqua pour donner contre-ordre dans les provinces, et le mouvement commença partout. Les protestants, cette fois, n'étaient pas seuls ; les Montmorency avaient été trop compromis par les aveux du duc d'Alençon et de la Mole, pour qu'il leur fût permis de reculer : l'aîné de la famille, François, était en prison ; mais deux de ses frères, Thoré et Méru s'étaient réfugiés en Allemagne, où ils levaient des soldats, et le plus puissant de tous, Damville,
1. On trouve dans l'Histoire de la Popelinière un grand nombre de dépêches et de mémoires écrits ou signés par Je prince de Condé pendant ces deux ans qu'il passa en Alsace et en Suisse. M. de Bastard (mort en Chine depuis que ces lignes ont été écrites, et fort regretté) en a publié d'autres dans sa Fie de Jean de Ferriêres. Le plus grand nombre est resté inédit.
qui exerçait dans son gouvernement de Languedoc l'autorité des grands vassaux du moyen âge, finit par se déclarer après quelques hésitations. Le duc d'Alençon et le roi de Navarre étant toujours retenus à la cour, Gondé était le seul prince que les mécontents pussent mettre à leur tête. Proclamé d'abord par l'assemblée de Milhaud (juillet 157Ù.) « chef et gouverneur général des Églises de France » , il fut ensuite reconnu « protecteur de l'association du clergé et des catholiques paisibles avec les Eglises réformées du royaume » (janvier 1575). condé commence Toutefois il ne put ou ne sut pas faire ce qu'on seasseZer£ns attendait de lui. Tandis que Damville guerroyait emairc!nquièmT en Languedoc, Montbrun en Dauphiné et la Noue tJj^JJJJ* en Poitou, nous le voyons errer pendant plus de deux ans entre Strasbourg, Berne et Bàle, fort affairé toujours, conférant fréquemment avec le vieux Bèze; recevant, haranguant des députations, des ministres venus de la Rochelle ; expédiant de tous côtés le vidame de Chartres, Beauvoir la Nocle, et les autres agents infatigables qui depuis douze ans couraient l'Europe en quête d'alliés pour les huguenots; enrôlant des Suisses, concluant avec le Palatin un accord odieux quand il n'eût pas été absurde et inexécutable i , puis envoyant
\. Entre autres concessions exorbitantes, il garantissait à ce prince allemand la possession desTroib-Évéchés, que l'Empire
au Roi des ambassadeurs et d'interminables mémoires; en un mot, négociant, organisant beaucoup, mais ne parvenant pas à entrer en campagne. Son père, laissant à d'autres le soin de faire des traités et des levées, se fût jeté là où se donnaient et se recevaient les coups.
Jamais parti n'avait trouvé des circonstances plus favorables. Charles IX était mort. Après avoir passé plusieurs mois et dépensé des sommes énormes dans un fastueux voyage, Henri III s'occupait moins de remettre l'ordre dans le royaume, que de régler l'étiquette de sa maison et de présider à des cérémonies religieuses, qu'il entremêlait de cyniques débauches. Le duc d'Alençon avait pu fuir de la cour (septembre 1575), et, malgré les justes et vives défiances qu'inspirait son caractère, l'adhésion du frère unique d'un roi sans enfants donnait une grande force aux confédérés. C'était le moment d'agir. Grâce à l'or d'Elisabeth, Côndé avait enfin réuni une petite armée ; mais, au lieu d'entrer en France avec tout son monde, il se
tenait tant à enlever à la France. L'original de ce traité se conserve à la Bibliothèque nationale (Colbert, Ve, 399); je ne crois pas qu'il ait été publié, mais il est fort connu, lin le lisant, on ne sait qu'admirer le plus, ou de l'outrecuidance des prétentions du Palatin, ou de la naïveté avec laquelle il semble recevoir les chimériques engagements de ses alliés.
borna à détacher deux ou trois mille chevaux, qu'il envoya à Monsieur sous les ordres de Thoré. Ce mouvement incomplet et inopportun valut aux confédérés un grave échec, et un facile, mais éclatant succès à leurs ennemis. Thoré fut battu par le duc de Guise à Dormans; la plupart de ses reîtres s'engagèrent dans les rangs des catholiques; luimême ne put joindre Monsieur qu'avec une poignée de cavaliers.
La ténacité du moins ne manquait pas à Condé : malgré l'échec de Thoré, il parvint à refaire une armée, et franchit enfin la frontière. Mais les sommes qui lui avaient été avancées par la reine d'Angleterre et par les princes protestants étaient complètement épuisées : « Je suis entré en Allemagne, disait-il, avec huitante-quatre écus ; j'en suis sorti avec un florin. » Aussi ses soldats, n'étant pas payés, se livraient à des excès qui surpassaient tout ce qu'on avait encore vu. Il traversa ainsi la Lorraine, le Bassigny, la Bourgogne et le Bourbonnais, épuisant et désolant le pays, sans combat d'ailleurs. Mayenne, qui l'observait, avait trop peu de monde pour l'attaquer, et Condé était un général trop novice ou trop peu maître de son armée indisciplinée pour engager une action le premier1.
i. Lui-même sentait son impuissance. Voyez sa lettre au Palatin du 9 avril 1570 [Pièces et Documents , n° VII)
Enfin il atteignit le but qu'il poursuivait, et fit sa jonction avec Monsieur, qui, sans coup férir, obtint le cinquième édit de pacification (mai 1576).
Quatre ans après la Saint-Barthélémy? les pro- Nouveaux
x l griefs de Condé
testants recevaient les conditions les plus avanta- frustré
des avantages que
geuses qui leur eussent encore été accordées. Mais lui garantissait
1 le traité.
le libre exercice de la religion réformée n'était pas la seule concession que l'on eût arrachée au Roi. Les confédérés s'étaient assuré de scandaleux bénéfices, et Condé avait bien droit à une part dans ce pillage du Trésor et dans ce démembrement des attributions de la couronne. Le traité lui garantissait la restitution de son gouvernement de Picardie, avec Péronne comme place de sûreté, et une gratification de cinq cent mille livres. Cependant il ne toucha pas l'argent, son autorité ne fut pas reconnue en Picardie, et les portes de Péronne furent fermées à ses gens. Faiblesse et déloyauté tour à tour, c'est l'histoire du règne de Henri III : jamais on ne vit l'autorité royale tomber plus bas en France.
Condé se montra fort sensible à ce manque de foi. Le duc d'Alençon, comblé de faveurs et déjà nanti, devait faire une entrée triomphale à Bourges; il voulait que le prince l'accompagnât. « Monsieur, repartit Condé, je connois le peuple de Bourges si mal affectionné à ceux de ma religion;
il s'y pourrait trouver quelque coquin qui, faisant semblant de viser ailleurs , me donnerait dans la tête. Le coquin serait pendu ; mais cependant le prince de Condé serait mort. Je vous prie, Monsieur, que je ne fasse pas pendre ce coquin pour l'amour de moi » ; et il s'en alla rejoindre le roi de Navarre en Guyenne.
DéBanœs Bien que ce dernier fût hors de la cour depuis
des protestants , . .,,.,.., ., . , , ,,
envers Navarre; trois mois déjà, il il avait pris aucune part a cette sympathies pour guerre sans combats et sans gloire ; il fut peu mêlé à ces négociations sans franchise. Gomme il n'avait pas fait profession de protestantisme et qu'il n'avait pu s'entendre avec les confédérés, personne ne stipula pour lui, et la restitution officielle de son gouvernement de Guyenne ne fut que la conséquence d'une mesure générale. Il eût bien voulu conserver cette situation neutre et indépendante, qui convenait à son caractère et à ses opinions ; mais les Rochelois le forcèrent à se prononcer. Déjà il leur avait annoncé sa visite, lorsqu'on lui fit comprendre que la capitale des réformés ne pouvait ouvrir ses portes à un prince qui, depuis trois mois, vivait sans religion, et autour duquel on voyait « tant de gens qui avoient joué du couteau à la Saint-Barthélémy » l* Henri hésita d'abord. Rcn-