L'Estoile
3. Lettre du Roi au connétable. Le contrat avait été signé le 2 mars, au Louvre.
4. Lettre de Malherbe à Peiresc, mai '1609. Le connétable avait désiré que le célèbre écuyer Pluvinel pût quitter le Louvre pour assister aux noces de sa fille ; le Roi l'avait accordé comme une faveur particulière. (Henri IV au connétable, 16 mai.)
et victorieux * ; il oublia ce qu'il se devait à luimême, ce qu'il devait à un prince de sa race, à un si proche parent, dont il aurait pu être le père, et cet amour, que tout lui commandait d'étouffer, éclata publiquement. Il ne pouvait s'éloigner de la jeune princesse, et cherchait à lui plaire par mille moyens. On le vit, lui toujours si simple et presque négligé dans son costume, se parer et s'habiller avec recherche, et il ne craignait pas, pour séduire cette jeune femme, de recourir à d'inexcusables manœuvres. Le scandale fut grand; à la ville même, on se répétait les plus obscènes plaisanteries, et « l'on ne parloit que trop licencieusement de Sa Majesté et des corruptions et vilenies de sa cour » 2. Condé ne pouvait plus se faire illusion sur le danger que courait son honneur; mais il se montra « peu disposé à supporter patiemment l'infortune commune » 2 : son exacte vigilance déjoua le complot formé contre la vertu de sa
4 . « Je ne vous ay point appelez comme faisoient mes prédécesseurs, pour vous faire approuver leurs volontez : je vous ay assemblez pour recevoir vos conseils, pour les crere, pour les suivre, bref pour me mettre en tutelle entre vos mains ; envie qui ne prend guères aux roys, aux barbes grises, et aux victorieux. » (Harangue de Henri IV aux notables réunis à Rouen, le 4 novembre 4596. Brouillon de sa main.)
ï. L'Estoile.