SAINT-EREMYNE A l' AMIRAL
Angoulême, 10 mars 15f>9.
Monseigneur, nous vous avons touiour despeehé en dihgense é mandé le pais que tenoist nos ennemis. Si viens tout à sette heure d'estre averty par homme qui vient de Paris, que la Raine a mandé a Moncieur frère du Roy de vous combattre à quelque prix que ce soit, et, s'il ne se peult prestemant faire, qu'ilz se mesnent droict à Orléans en diligence. Moncieur de Aumalle a esté fort battu antre le Pont-à-Moson et Nansy par Mons. le prince d'Orange et le duc des Deux-Ponts. A Paris n'eurent jamais sy grant peur; tous les escoliers s'enfuient; j'en ay envoie querrir donc quy en sont partis desfroi. Se que je pourai savoir je ne faudray en diligense de vous le faire antandre. Monceigneur, je suplie Dieu vous conserver.
D'Angoulesme, le 10e de mars.
Vostre très-humble et très-fidelle serviteur,
S.-Eremyne.
J'ay bien resut ung autre avertisemant, mais c'est sur les surprize de sette ville, à quoy, moiennant l'aide de Dieu, nous remédierons bien.