‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e sièclesChapitre 89 sur 131 · LES PRINCES DE NAVARRE ET DE CONDE A CECIL · texte numérisé non relu

LES PRINCES DE NAVARRE ET DE CONDE A CECIL

Saintes, 16 octobre 1569.

Monsieur Cecill, nous envoyons à Monsieur le cardinal, nostre cousin et oncle, le discours de la bataille dernièrement donnée, et l'avons prié vous en faire part comme celluy que nous sçavons estre si zélé en la cause que nous soustenons, que vous serez grandement en suspens jusques à ce que vous en sçaurez la vérité, et parce que vous ne désirerez pas moins sçavoir l'état auquel depuis la bataille nous sommes, nous l'avons pareillement représenté par ledict discours, et depuis parce qu'en avons escript à nostre cousin et oncle. Et scaichant que le tout vous sera par luy faict entendre, nous en remettons à ce qu'il vous en dira. Et parce que nous avons entendu par le sieur de Cavaignes les bons offices que vous faictes pour nous en affaires qui nous concernent, et la peine que vous y prenez tous les jours, combien que la seulle rétribution qui vous attend du ciel, comme à

tous ceux qui s'employent vertueusement en l'œuvre du Soigneur à la deffense et amplification de son règne, soit le but principal de voz actions en cest endroict, nous ne laissons do vous en estre bien fort obligez k recognoistre, par tous les movens que Dieu nous donnera, les biens que nous ressantons de vostre part, lesquelz nous sommes constrainclz à ceste heure plus que jamais vous prier vouloir continuer et accroistre, puisqu'il plaict à Dieu que le danger et besoing soit accreu et multiplié sur nous, et par conséquent d'autant aproche de tous ceux qui font profession d'estre délivrez du joug de l'Antéchrist. Nous vous ferions plus ample remonstrance si nous n'estions assurez que vostre bon zelle n'a besoing d'excitation, et que vous considérerez avec la prudence que Dieu vous a donné ce qui est nécessaire et expédient, tant pour le service de Dieu que pour la seureté de ceux qui font profession d'estre de son party, et singulièrement de la Majesté de la Royne, laquelle, comme tenant le premier lieu entre les princes de la Religion, et pour autres particulières occasions que vous sçavez, est la première en la hayne et envye de nos communs ennemis ; et pource que de toutes ces choses vous en conférerez avec nostre dit cousin et oncle plus amplement que ne pourrions par lettre, nous ferons fin, vous asseurant que nous avons si agréable la bonne et intyme amytié qui est entre vous, que nous estimons tout ce que vous fiùctes en son endroict estre faict à nous-mesmes, et le recongnoistrons pour ung accroissement d'obligations envers vous. Sur ce, vous ayant sallué de nos affectionnées recommandations à vostre bonne grâce, prions le Seigneur vous donner, Monsieur Cecill, en tout honneur et santé, multiplication do ses sainctes grâces. Do Xaintes, ce xvie octobre 1569.

Vos bien bons et affectionnez amys,

Henry.

Henry de Bourbon.

(State paper office. Papiers do Franco.)

tIO PIÈCES ET DOCUMENTS.

Lettres et documents concernant Françoise d'Orléans, veuve de Louis Ier, prince de Condé, et l'éducation des fils cadets de ce prince.

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