Trois lieues à l'est de Saint-Maixent
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dans la transmission des ordres que Montpensier était venu la veille à Pamprou : ce village était bien le logement désigné par l'état-major catholique; mais le gros de l'armée, ralenti par l'état des chemins, s'était arrêté à Jazeneuil, à trois lieues en arrière ; l'avant-garde, informée de ce changement, s'y était repliée pendant la nuit. condé Monsieur était donc à Jazeneuil; mais sa droite
a^campTe011' occupait Sauxai, sur la route de Poitiers à Niort, "Tnœrtaîr at qu'il ne voulait pas abandonner. Condé résolut de
de Jazeneuil i n • i t î 5 • . • .
i6 novembre), marcher sur banxai avec tout son monde : c était un bon mouvement. Soit que le détachement fût surpris et enlevé, soit qu'il eût le temps de se retirer intact sur Jazeneuil, les réformés, en tout cas, débordaient la principale position de l'ennemi, se plaçaient entre lui et la Loire, et pouvaient ou le devancer sur ce fleuve pour y saisir un pont qui assurât leurs communications avec le Nord, ou choisir eux-mêmes le terrain du combat, si on cherchait à les arrêter dans cette marche.
Un brouillard épais semblait favoriser cette entreprise. L'amiral était en tête avec les guides; à mi-chemin, il prit à gauche dans la direction convenue; mais le prince, arrivé au carrefour avec la « bataille », ayant perdu de vue l'avant-garde, continua droit sur Jazeneuil. Il ne reconnut son erreur qu'en donnant au camp de Monsieur. Trop faible
pour l'attaquer, et pourtant voulant éviter une retraite en plaine qui ne pouvait s'effectuer sans péril devant la belle cavalerie catholique, il prend son parti avec autant d'intelligence que de courage. La route qu'il suivait quittait devant Jazeneuil un plateau assez élevé, pour descendre par une gorge large dans la petite vallée de la Vonne, et aboutissait à la droite de l'armée royale. Le prince occupe aussitôt les collines pleines de vignes, de haies et de tranchées, qui dominent cette espèce de défilé, y loge son arquebuserie et fait creuser un fossé en travers de la route. Lui-même s'avance avec sa cavalerie pour masquer ces dispositions. Les catholiques courent aux armes ; la nature du terrain, vrai « pays de chicane », entrave et ralentit leurs mouvements. Quelques compagnies de gendarmes débouchent les premières, conduites par le duc de Guise et appuyées d'un feu d'artillerie très nourri, quoique peu effectif. A la faveur de la fumée, Condé se retire; Guise croit l'atteindre , lorsqu'il est arrêté par le fossé , accueilli par la mousqueterie. par les salves de quatre pièces de campagne, et forcé de reculer. Le prince charge alors et pousse l'ennemi jusqu'aux premières tentes. A son tour, il est ramené par la Valette, que suit une nombreuse cavalerie ; Brissac soutient le mouvement avec son infanterie et menace la gauche
des protestants. Les arquebusiers catholiques sont les moins nombreux, mais ce sont de vieux soldats : ils s'avancent bien espacés, ajustent et tirent à coup sûr, tandis que leurs adversaires présentent des rangs serrés et tirent par salves comme au hasard, « de manière que deux cents arquebusiers catholiques, dit la Noue, arrêtoient tout un régiment » . Déjà, malgré les exhortations de Condé, son infanterie ployait, lorsque l'amiral, qui avait trouvé Sanxai abandonné, revenant au bruit du canon, apparut avec ses troupes. Le jour baissait : les catholiques rentrèrent dans leurs lignes, les huguenots gardèrent leurs positions1. Bientôt ils observent avec étonnement qu'un nouveau camp s'établit sur leur gauche. Est-ce une nouvelle armée royale qui arrive, ou l'ennemi a-t-il seulement changé son bivouac? L'état-major du duc d'Anjou n'avait pas plus qu'eux le mot de l'énigme, et l'inquiétude y était la même : c'étaient les valets des protestants qui, dirigés sur Sanxai, et n'ayant trouvé là ni troupes ni ordres,
1 . On pensait dans l'armée royale que Condé aurait pu remporter un avantage signalé dans cette rencontre; mais les catholiques ne savaient pas que, pendant presque toute la journée, il n'avait eu sous la main qu'une partie de ses forces. Nous trouvons cette opinion dans une espèce (l'autobiographie en vers écrite par un capitaine d'ordonnance, les Sept livres des honnestes passetemps, de M. de la Motte Messemé (Paris,
étaient revenus à l'aventure; campant où la nuit les avait pris, ils consommaient joyeusement autour de grands feux les provisions de leurs maîtres. Cette belle réunion tint les deux armées plusieurs heures sur le qui-vive, et, de plus, les protestants passèrent la nuit sans vivres et sans feux.
Monsieur comptait prendre l'offensive le matin Dansianuit>
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de bonne heure ; mais quelques travaux qu il avait marche vers
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prescrit de faire avant le jour aux abords de son M.rebeau
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camp, pour lui permettre d en sortir sur plusieurs et arrive
, , . ,,, t i r c . ji «• .levant Saumur.
colonnes, n avaient pas ete exécutes, laute d activité et de vigilance chez les chefs. Quand enfin on fut en mesure, on ne vit plus que l'arrièregarde des réformés, déjà loin et marchant vers Sanxai. Si Condé avait pu se présenter devant Jazeneuil la veille de bonne heure avec toutes ses forces, et attaquer les catholiques dans leur camp trop étroit, mal couvert et mal établi, il eût pu leur faire essuyer un sérieux échec. Recommencer le combat quand ils avaient pu rectifier leur position offrait peu de chances de succès. Aussi, se
4587, in- 12). Au milieu de digressions passablement ennuyeuses, ces mémoires en prose rimée contiennent des détails fort curieux sur les mœurs, sur la façon de guerroyer, de s'éclairer, de servir, comme nous disons aujourd'hui, pendant toute la période des guerres de religion. Nous avons emprunté à cet ouvrage quelques détails sur la journée de Jarnac et sur d'autres épisodes.
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contentant de l'avantage moral que semblaient lui donner l'insignifiante rencontre de Pamprou et le combat indécis de Jazeneuil, il reprit le projet qui avait inspiré sa première marche sur Sanxai. Au bout de trois ou quatre jours, il était devant Mirebeau, qui fut promptement enlevé; mais, avant de pousser plus au nord, il voulut avoir des renseignements exacts sur la position de l'ennemi. L'amiral, envoyé en reconnaissance, surprit le régiment de Brissac, cantonné à Auzances1, sur la petite rivière de ce nom. 11 lui donna une chaude alerte, lui tua quelque monde, et regagna ensuite Mirebeau (24 novembre). On sut par les prisonniers que l'armée royale était rentrée à Poitiers, très fatiguée, encombrée de malades et peu disposée à rien entreprendre. Le prince, rassuré, laissa sept ou huit cents hommes dans Mirebeau pour inquiéter ceux de Poitiers, et continua sa marche vers Saumur : c'était là le pont dont il espérait se saisir avant que Monsieur n'y pût pourvoir. Mais Saumur avait une garnison qui paraissait décidée à se défendre; l'abbaye de Saint-Florent, soigneusement fortifiée, en couvrait les approches. Il fallut d'abord faire le siège de l'abbaye; elle capitula de saint-Fiorent. assez vite. La garnison n'en fut pas moins cruel-