CHAPITRE PREMIER
(i") Oq commença à se rendre en pieux pèlerinage au tombeau du Christ aussilôt après son ascension. ( SAlNT JÉRÔME, ép. XVir. )
(2) Il n'e'tait point de crime qui ne pùl être expié par le vcyage de Jérusalem. On voit dans les Actes des Saints que dès le temps de Lothaire celtu opinion était établie parmi les Franks.
(3) A silly man , in simple weeds forcworne , And soil'd wilh dust of Ihe long dried wav; Ilis sandales were Tvith toilsome travell tome And face ail tan'd -wilh scorching sunny ray, Aï he had travell'd many a summer's day Through boyling sanJs of Arabie and Inde ; And in his hand a Jacob's stafFe , to stay
Ilis weary limbs upon ; and eke behind
His scrip did li-mg ia which his necdments he did bind.
(FaiRY queen : liv.I , c. 6.)
(4) Michaud , Histoire des Croisades.
(5) Voglio anche , e se non scrilto , almen dipinto Che te nel' porli dentro a te per quello
Chc si reca il bordcn di palma cinto.
( Dante.)
(G) La foi nouvelle g^odrilcment répandue rcodiit , il est vrai, plui Joure f>t plus facile la (âclie que «'imposaient les pélerias. Ils étaient accueillis partout sur leur passage avec p'.aisir, et pour prix de 1 liospitalite OD ne leur J.mandait que leuis prières, le seul trésor qu'ils portassent avec eut , c< mnie la croix était leur seule arrae dcfensive. Des hospices étaient fondés spécialement pour eux sur toutes les roules qui conduisent à Jérusaleoi.
{l'oj. Glabzk , GviLL. deTye , MlCnAUD, ctc )
(r) Idem causabaotur de crucc Domini , qii<e privatini ae publicë lut lucis oslendatur, ut si fragmenta conferantur IQ unum , navis onerarix justuni onus >idcri possint ; et tatncn totarn crucem bajulavit Dominas.
( Erasme.)
(8) T^oy. J. de Vitry, Saauti, Guill. de Tyr , S. Ârculpbe, Micliaud , Mils, etc.
(f)) Le moine Bernard , français de naissance, partit de la l'alestin» en 870 avec un moine italien et un moine espagaol. La relation de son voyage est écrite en langue latine. — On peut aussi consulter sur ce sujet l'ouvrage de M. de Guignes sur le commerce des Fi anr.is dans le Levant avant les croisades.
(10) Yoy. le Coran.
(11) La foi des uns et la cupidité' des autres ! loin de nous l'iJée qu'une vertu sublime et une basse passion fussent mêlées chez le même iudividu. (/'«y-. Guill. deTyr, Sanuti, J. de Vitry, S. Arcu'plie, ctc.)
(la) Ingulpli, historien anglais.
(i3) Cette cX['édition ne fut pas la seule : en io54) Litberd , évcque de Cambrai , partit pour la Terre-Sjinte avec trois mille pèlerins des provinces de Picardie et de Flandre; lorsqu'il se m t en marche , le peuple et le clergé raccompagnèrent fort loin de la ville. Ils furent en roule pilles , massacrés it dispersés.
(i4) 11 est diflicile , dit Guillaume de Tyr, de donDcr une idée de tous 1rs génies de perscculiuns que soulIVaient alors les Clirélieos. Parmi les traits de baibarie cités par les anciens historiens, il en est un qui a donné au Tasse l'idée de son touchant épisoJe ti'Olinde et Sojihronie. — A peu près à celle époque la plupart des églises furent converiies en claljles , celle du Saint-Sopulcre fut détruite entièrement, elles Cliréticns , chassés de Jérusalem , se dispersèrent dans l'Orient.
(i5) Audiiièinc siècle. J'oj-. le Recueil de dom Houq-iet , ctc.
(16) Le pape Victor III renouvela la tentative de Grégoire VII , mais il mourut avant d'avoir pu réaliser son projet d'altaquer les liiCdèles en Asie.
(17) 11 n'entre pas dans notre plan de doonor des détails sur les ditcrs gouvcrnenienls qui se sont succédé djns la Terre-Sainte, quoijue cela eut pu jeter du jour sur les événements qui ont précédé et amené les croisades. Nous nous bornerons à dire en quelques mots que jusqu'au septième siècle les «bonis
(!u Saiol-Sepiilrre furent libres et embellispar la piiuse libéralité Je Constantin ; à dater île cette e'poque les Arabes en furent miilre» par droit de conquête, et après eux les Tui ks Seli'joukides , peuple féroce sorti drs vastes plaines qui s'étendent au nord-est de la nier Caspienne. Ce fut en 10-6 qu'ils enlevèrent la Palestine et Jérusalem aui kalifes du Caire.
(18) Sacerdos quidam, Petrus nomine, de regno Francorum, de episcopatu Ambianensi, qui et re et nomine ccgnominabatur heremila, codera fervore tractus Ilierosiilymam perveuit. Erat auteni bic idem statura pusillus, et quantum ad eiteriorem hominem persona: contemplibilis. Sed major in exiguo regnabnt corpore firliis, "Vivacis enira incenii ernt et oculuni Italiens perspicacent gratumque ; et spontè ûaens ei non deeral eloquiura.
(GUILL. DE Tyr. )
(19) Voj. Guill. de Tyr.
(io^ L'nea Tunica ad purum, cucullo super, utrîsque talaiibus, byrrho de super induebatur, brachiis minime, nudipes autem. ( GtJIBERT.)
(»i) Quidquid agebat namqiie, seu loquebatur, quasi quiddam subdivinum videbalur, praesertim quum e'iam de ejus mulo pili pro reliquiis raperentur.
( GUIBEK.T. )
( Voj-. aussi Micliaud , Histoire des Croisades , t. 1"-)
(îj) Kous rapportons ce discours , non tel que l'a élégamment arrangé M. Micliaud, mais tel qu'il est dot:né par Guillaume de Malmsbury, historien présent au concile et à tous égard» digne de foi.
(a3) Veiis vull criaitle cierge' qui parlait alors latin, Viex elvoll, Pie H volt criait le peuple dans l'idiome du temps et du pays.
(24^ Urbain refusa l'honneur de guider les Croisés, et alla pré. hcr la croisade dans d'autres conciles qui se tinrent à Kimes, à Tours et à Rouen. (î5) Malmsbury, p. l^\6.
(26) Totum Tulgus taai casti quara incesli, adulteri, homicida;, fures, perjuri, prxdones universumque genus chrisliatre professioLis; quin et seius faemineus pœnitenlia ducli, ad hanc laelanler conrurrunt vism.
( AlberTUS. )
(27) Fuiler dit que six millions d'individus prirent la croii. Guillaume de Malmsbury adopte ce calcul, réduit par quelques historiens modernes.
(28) Michaud, t. I". — Nous empruntons quelques dé;ails aux ilivers historiens des Croisades, et nous nous étendons davantage sur les mœurs de cette époque dans les chapitres destinés au récit des événements par la raison qu'ici les moeurs se lient intimement aux faits et ne peuvent guère en être séparés. La société tout entière vit dans les Croisades; arrivés aux récils de batailles nous serons sobres des détails, que ne comporte pas un résumé succinct ; et comme ledit Gibbon, nous abrégerons le récit monotone et fatigant d'exploits obscurs exécutés par la force et d-'crits par l'ignorance.
(i()) Li-' portrait de la plupart de ce» chefs a ^lé fidèlement quoique poéliquement dépeint par le Tatse ; celui de Godefroy «urtout est d'une vérité parfaite :
Veramente c coslui nato all'inipero, Si del regoar, dcl conamaadar sa l'arti :
£ non mioor clie duce è cavalière; Ma dcl duppio vator tulle lia le paiti.
Ne fra turba si grande nom più guerrière,
O più saggio di lui potrei moslrarti,
Sol Ilaimondo in consiglio, cd ia batlaglia, Sul Rinaldo e Taacrcdi a lui s'agguaglia.
( La Cents, liber. )
]| ne nous est malheureusement pas possible dcjusliGer ces éloges par des ddtii's qui, comme nous l'avons dit, feraient de ce résumé un ouvrage de plusieurs volumes. rVous renvoyons donc nos lecteurs à l'Iiistoire des Croisades de M. Michaud, comme à la meilleure qu'ils puissent consulter, sans cependant approuver la tournure poétique qu'il donne à des faits assez intéressants par eux-mêmes sans ce brillant entourage qu'on désire dans un poterne, qu'on pardonne au roman historique, qu'on regrette de trouver dans une histoire sérieuse surtout lorsqu'il éloigne de la vdrilé.
(îo) it Lorsque les Cioisés découviircnt de loin Je'rusalem, dit l'historien Fuller, ce fut un spectacle touchant que la joie qu'ils en montrèrent, cl les divers inouveiiienls qui leur servirent à l'exprimer; les uns se prosternaient à terre, les autres s'agenouillaient, d'autres pleuraient à chaudes larmes, et tous avaient gr.md pciue à maîtriser leurs tiaospoits. n
Le Tasse a tracé de cette preniicic vue de Jérusalem, un tableau aussi .mimé que fidèle; nous renvoyons nos lecteurs au troisième chant de «on admi» rable poème.
(3i) Il est intéressant, dit Gibbon, d'observer avec quel soin Le Taise a conservé et embelli les moindres détails du siège de Jérusalem.
(3ï) D'autres états avaient été fondés pendant le cours de celte première Croisade ; Edesse, Antioche, Tripoli et Tibériade étaient les plus considérables.
(33) Les Assises de Jérusalem, écrites en vieux français, ont été imprinu'cs avec les coutumes de Beauvoisin, par Beaumanuir. C'est un nionumenl fort précieux de jurisprudence féodale. Ce nouveau code scellé du sceau du roi et du patriarche fut déposé dans le Saint Sépulcre, et consulté avec respect à chaque question douteuse dans les tribunaux de la Palestine. Il était intitulé: ^^lla e hnssn cortt o le Assise île Jeiiis,ilcni.
(34) !-••' portrait des Templiers dégénérés est tracé avec autant de vigueur
que de véiilé dans deux romans historiques de Waller-Scotl: Richard en Palestine et h'anhoë.
(35) La plus célèbre des prédicalioos de l'abbé de Clairvaui se terroiaiit ainsi: Oui, le Dieu vivant m'a chargé de vous aonoocer qu'il punira ceux qui ne l'auront pas défendu contre ses ennemis. Volez donc à vos armes, qu'une sainte colère vous anime au combat, et que le monde clirétien retentisse de ces paroles du prophète : Mallieurà celui qui n'ensanglante pas son épée.
(36) ;^;oj-. Miihaud, Rlilis, etc.
(37) Michaud.
(38) Ce fut alors, disent les auteurs orientaux, que les fils du paradis et les enfants du feu vidèrent leur terrible querelle. Les flèches retentirent dans l'air comme le vol bruyant des passereaux ; l'acier des glaives, le sang des guerriers jaillit du sein de la mêlée et couvrit la terre comme l'eau de la pluie. Les chrf^iens ip défenJiient d'abord vaillamment, mais Saladin, ayant fait mettre le feu à des herbes sèches qui couvraient la plaine, la ilanime environna leur armée et pénétra sous les jiieds des hommes et des chevaux. — J'ai vu , dit un auteur arabe, secrétaire et compagnon de Saladin, j'ai vu dans celte journée les drapeaux chrétiens abandonnés et souillés de ssng, j'ai vu les collines et les plaines couvertes de morts elles tètes abattue», les membres dispersés et les cadavres entassés pêle-mêle comme des pierres.
(39) La dîme saladtne, dit Michaud, fut employée à soutenir une guerre sacrilège qui outrageait la morale et la nature. Cette guerre retint long-temps les princes croisés, mais ils ne partirent pas moins. -^ Elle contribua cependant à annuler plus tard l'effet de la Croisade.
(^40) A l'occasion de cette Croisade, dit un historien. Innocent 111 avait auguré que la puissance de Mahomet touchait à sa fin, puisque, disait-il, c'est la bêle de l'Apocalvpse, dont le nombre est «il cent soiiante-six et qu'il y en a près de six cents de passés (six cents ans depuis le commencement de l'hégyre ).
(40 Il'chard, demeuré après tous les autres souverains à la dernière Croisade , avait fait et signé un traité qui permettait aux Chrétiens inoffensifs l'entrée de Jérusalem après leur long pèlerinage.
(42) Histoire des Croisades , t. 111.
(43) Jûinville.
(44) Joinville fait de ces maladies une peinture naïve et pleine d'intérêt. Kous en citerons quelques passages. . . « Tour les dites maladies , accouchai en mon lit malale en la mi-carême, dont il advint ainsi que mon prêtre me chantait la messe devant mon lit, en mon pavillon, et avait la maladie que j'avais. Or advint ainsi que en son sacrement il se p'ima. Quand je vis que il voulait choir, je, qui avais ma cotte vêtue, saillis de mon lit tout deschaus et l'embrassai et lui dit que il fit tout à trait et tout bellement son sacrement, que je
ne 1« laisserait Unt qua il l'aurait toat fait. Il retiut à (ui, et Ct son sacrement et parchiDta sj messe tout enlièrrnieLt, ne onijues pjis ne chanta ; et mourut.»
« Nous ne mangions nuls puissuns en l'ost tout le carême , mais que bourbette , et les bourbettcs mingeaient les g'?ns morts pour que ce sont glous poissons ; et pour ce mpschief ct pour l'enferroctë du pays, là où il ne pleut nulle fuis goutte d'eau nous vint la maladie de l'oit, qui était telle que la chair de nos jambes st^rhait toute, et .le cuir de nos jambes devenait taveli? (taché) de noir ct de terrr, aussi comme une vieille lieuse ( botte ), et à ocus qui avions telle maladie vcn^iit chair pounie es gencives, ne nul échappait de celle maladie que mourir ne s'en convenist. Le signe de la mort était tel que là où le nez saignait il convenait mourir. . . La maladie commença à eogregier ( augmenter) en l'est en telle manière que il venait tant de chair morte es gencive* à notre gent que il convenait que baibiers classent la chair morte pour ce qua ils pussent la viande màclnrel avali-r. Grand pilié était d'ouïr braire les gène, parmi l'ost, auxquels on coupait la chair morte; car ils brayaicnt aussi comme femmes qui travaillent d'enfants. »
(4î) La retraite des Français coula la vie à sAi nte-dii mille hommes frappés par le fer ou novés dans le tlcuve.
(46) Leblanc dit qu'on peut évaluer la rançon de Lcuis IX à sept millions de livres de monnaie française moderne.
(47) Ses sujets ne parlagcairnt pas son espoir; Deux clicvalicr», s'cnlrctenant ensemble de la nouvelle Croisade, Juinville entendit l'un d'eux répondre à l'autre : « Si le roi se croise, ce sera une des délivreuscs journées qui onrqnes fut en France: car si nous nous croisons, nous perdrons Dieu, parce que août ne nous croiserons pas pour lui. » D'après de tels senliments, il est peu croyable que tous les Croisés français paitageassent l'enthousiasme du roi; Joinvillc lui-même, malgré son attachement pour saint Louis , refusa de l'accompagner. Comme nous l'avons au reste précédemment observé, il y avait déjà long-temps que le zèle de l'Europe pour les Croisades s'était refroidi.
{T'oj-. Mills, Michaud, Tiby, eic ) (^8^ Durant les progrès de son mal, Louis ne cessa de loutr Dieu et de le prier pour ceux qu'il avait ameni's en Afrique. Lorsqu'il perdit rus:ige de la parole, ses gestes exprimèrent ce que sa bouche ne pouvait plus articuler. Il faisait coutinuellrnient le signe de la croix, et s'étendait sur le pl.-inclier rouvert de cendres; en6n, dans un dernier effort de la nature, il éleva les yeux au ciel et t'écria : Seigneur, j'enlrerni dnns voire maison, ;V vous ndorerni dans voire Saint Tabernncle .'... puis il expira.
(/'oj. G'JII.I,. DE NAKCI."!, et JOIXVILLE. )
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