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*n Pologne. Tel était Paris vers l'an 1180, quand Lolhaire (Innocent III ) y arriva pour étudier à l'université. »
{Geschichle pabst Innocenz IJI und seiner zeUgenossen). • (4) Peut-être ne serait-ce pas une raison convaincante , car Abdlard avait assez l'habitude de soutenir les deux thèses. On connaît son fameux traite, Sic et non, dans lequel il prétendait démontrer qu'il n'y a guère de sujet en philosophie sur lequel on ne puisse soutenir le pour et le contre...
(5) L'Anglais Occam professait que l'idée générale n'a pas de sujet. « Elle n'est donc pas, disait-il, subjective dans l'âme : c'est une fiction objective, comme l'objet même auquel elle se rapporte eiiste dans son sujet. L'esprit connaît un objet et il en imagine un autre semblable , mais qui n'est en lui-même qu'une fiction; alors il pourrait concevoir l'objet correspondant hors de lui. La fiction contient tous les objets de cette espèce , et a par conséquent le caractère de l'idée générale, en sorte qu'on peut la mettre à la place de toute idée individuelle réelle. »
Parmi les disciples de ce redoutable adversaire des scotistes , on dislingue Gauthier Burleygli , professeur de philosophie à Oxford, et Buridan , qui se rendit célèbre par ses doctrines sur la liberté. « La volonté, disait ce dernier , toutes choses égales d'ailleurs , peut-elle choisir entre deux actions diamétralement opposées? Si on répond par l'affirmatiye , il n'y a point de détermination; car la volonté flotte indifTéiemment entre ces deux actions , et il manque une raison décerminante. Si on répond par la négative , on détruit le libre arbitre. » Buridan, sans résoudre les difficultés que la solution du problème sur la liberté présente, s'attacha ensuite à démontrer que le déterminisme peut très bien se concilier avec la morale. — Voyez, pour les divers sujets traités dans la première partie de ce chapitre, Savigny, Bruckery , Crevier, Leririnier, Matter, de Gcrando , Malbouche , Millon , Laurent, et l'Histoire de Vuiiii'ersilé.
(6') Toutes les gloires contemporaines rayonnent en effet autour d'Abélard, et retracer son histoire c'est retracer celle de son époque. « Abélard , dit M. Vilienave, qui s'est spécialement occupé de la biographie du moine philosophe , Abélard est la figure la plus saillante dii douzième siècle. Ecclésiastique, chanoine et docteur; amant, père et époux; philosophe et novateur, théologien et hétérodoxe, poète et moine ; reportant dans son caractère l'effervescence d'un sens éteint , et dans son esprit le» chagrins de son cœur ; fondateur d'un monastère et directeur de congrégations des deux sexes ; clief d'école et condamné Haos deux conciles; poursuivi par deux saints , et absous par un autre; non moins ti averse dans sa théologie que dans ses amours ; toujours agité et inquiet , toujours renommé et malheureux : tel fut l'amant d'Héluise. 11 eut pour ami Pierre-le-Vénérable , et pour ennemis saint Bernard et saint Norbert. 11 fit de la femme la plus célèbre de son siècle, de celle qui en fut la plus ai-
manie, la plus siiriluelle el la plus cclairce, sud élève, sa maîtresse, sa femme : il en Cl aussi udo prieure, une abbesse , une savante théologienne et un écrivain e'ioqucnt.
Les noms d'Abëlard et d'IKOuisc sont unis par le malheur et par la gloire , comme leurs cendres le sont dans le même tumbeau ; et ces deux nom* inséparables ont dffjà traversé plus de huit sièclei sans cesser d'eiciter un intérêt vit et puissant. »
[y) C'est à peu près vers cette époque que Foulques écrivait à Abélard .•«Rom? t'envoyait ses enfants à instruire; et celle qu'on avait entendue enseigner toutes les sciences montrait , en te passant ses disciples , que ton savoir était encore supérieur ausii'O. Ni la distance, ni la hauteur des montagnes, ni la profondeur des vallées, ni la difficulté des chemins parsemés de dangers et de brigands , ne pouvaient retenir ceux qui s'empressaient vers toi. La jeunesse anglaise ne se laissait effrayer ni par la mer placée entre elle et toi , ni par la terreur des tempêtes, cl à ton nom seul, méprisant les périls, elle se précipitait en foule. La Bretagne reculée l'envoyait ses habitants pour les instruire ; ceux de l'Anjou venaient te soumettre leur férocité adoucie. Le Poitou , la (rascogne , ribérie , la Nof.nanJie , la Flandre , les Teulons , les Suédois , ardents à te célébrer, vantaient et proclamaient sans relâche (on génie. Et je ne dis rien des habitants de la ville de Paris. »
La traduction de la lettre de Foulques , que nous venons de riler, est de Madame Guizol. Le rapprochement si naturel qui se présentait à elle en l'écrivant devait animer sa plume et faire battre son cceur d'un juste orgueil. . .
(8) ... O maxime conjui !
0 thalamis indigne meis ! hoc juris habebat In tantum fortuna capul! cur impia nupsi , Si miserum factura fui ! nunc accipe pœnas , SeJ quas sponlé luam.
[Vharsal., hb. ) Ul).
(9) Le premier en > 1 19 , l'autre en 1116.
(10) Les historiens ne rapportent pas comme .Vbélard ce qui se passa au concile, cependant tout porte à croire que, sauf l'exagération et ta partialité du lécil, le fond des choses est vrai. Abélard n'eut d'ailleurs pas avancé des faussetés que tant d'écrivain* auraient pu confondre, dans uu pareil sii^clc surtout.
(m) Mémoires d' Abclni d , ou Lettre sur su rif , divisé* en quinte- chapitres el datée du monasti:rc de Saint-Gildas ! — Les point* intermédiaires indujuent les passages que nous avons laissés de cùté , comme inutile* au (iijet que non* traitons. La traduction de celle lettre, intéressante surtout en ce qu'elle reproduit les ina-urs monacales de l'époque , est duc à M. \ illenivc»
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(li) Villenave. — Parmi les contempoiainj d Ileloïse on peut citer le témoignagne irrécusable de Picrrc-le-VéD«?rable. 11 écrivait à Ilcloïse elle même : •Vous avez vaiacii en savoir toutes les femmes, et vous avez surpasse presque tous les hommes, n
Hëloïse lisait lej livres saints en grec et en hébreu.
Elle les lisait aussi pliilosopliiquement, comme on le voit pjr les XLII problèmes dont elle demanda la solution à Abëlard , et qu'on trouve dans les œuvres de ce dernier. — Iléloïse fut le meilleur poète latio : c'est le témoignage de plusieurs auteurs contemporains , entre autres de Hugues Metel , de Toul , citt! par dom Mabillon , dans son édition des OEitrres de saint Bernard.
(lî) Cette lutte , dans laquelle quelques auteurs n'ont vu qu'une vaine rivalité d'amour-propre , avait des bases plus profondes et plus nobles. Saint Bernard ne l'avait point provoquée , il s'y résigna , et craignant la parole puissante de son antagoniste , il usa de tous ses mo3'ens pour assurer la victoire à l'église qu'il défendait ; mais lorsque le concile eut prononcé et qu'Abélard se fût soumis , la réconciliation de ces deux nobles caractères, ne se Gt pas attendre ; taint Bernard prouva surtout par ce retour sincère qu'il n'avait d'autre passion que le désir de l'unité catholique.
(i4) Galliarum Sociates , Plato maïimus Hesperiaruro,
Noster Aristoteles ; logicis quicumque fuerunt Aut par autmelior ; studiorum cognitu» orbi Princeps ; ingenio varius , subtilis et acer. Omnia vi superans ralionis et atte loquendi. Abelardus erat , etc.
(i5) Iléloïse avait placé les restes d'Abélard dans une petite chapelle de son raonasière. C'est là que, dans les heures silencieuses de la nuit , et lorsque le sommeil était entré dans les cellules de ses compagnes , Iléloïse venait pleurer celui qu'elle avait tant aimé. Et après vingt ans de deuil et de regrets , elle alla reposer avec lui dans le même tombeau...
(16) « In rcgritudine posilà prrecepit ut mortua intra mariti tumuium ponerctur , et sic càdem defunctà , ad tumuium apertum deporlatà , maritusejus qui, multis diebus ante eam defunctus fuerat , elevatis brachiis eara recepit , et ilà eam ampleiatus brachia sua striniit. »
( Cliroii. TuitON.)
(17)11 parait cependant qu'en 1497 "°^ piété trop sévère essaya de séparer ce que Dieu avait uni : les ossements d Abélard et d'Uéloïsc furent mi» dans deux tombes placées aux deux côtés du cliceur ; mais le temps avait mêlé les cendres , et les 01 seuls peuvent être distingues. En iC3o, Marie de Laroche-
foucaulJ, viDgt-troisième abbeise du Paraclet , fit tranaporter les dcui tombes dans la chapelle de la Trinité. £d i;66, une autre Marie Je Larochefoucauld , viagt-siiièine abbesse , conçut le projet d'ua monument qui fut érigé après sa mort et qui a eu encore bien des vicissitudes de fottune; la deraicre de ces révolutions l'a enfin conduit au père Lachaise, où un repos éternel l'attend. Quelques voyageurs curieux de visiter les marbres historiques viennent seuls à de rares intervalles troubler le silence du mausole'e. On y vtit cependant parfois des couronnes fraîches d'immortelles , tribut touchant payé, api'ca tant de siècles , à la mémoire des deu< unants...