‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ère chrétienne jusqu'au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 1 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Noua avons parcouru daus le volume prëcëdent

quelques- unes des phases de la fëodalitë et du

mojen ftge ; nous allons y revenir aujourd'hui et

en voir d^autres ; nous allons considérer cette so-

dété du moyen 6ge sous toutes ses formes patentes

et occultes , et ce sera un curieux spectacle j car

cette sociëtë n*est qu'un assemblage de petits

mondes à part^ ayant chacun leur vie propre ,

leur organisation diverse : cloître , chapitre , nni-

veraitëi ordre religieux ou militaire, baronie,

truanderie même y tout vit et se meut dans sa

DE LA

DE LA

tnodiMypirrlft'le hmg&gede'la'raison étute fMpas ëcoitlë ayec mmns èe fereufr. Son discours , en laDgoe Tiilgaîre, et rapporté par douze ^historiens, qui sont tous d'accorf snr les tihoses principales, ^st trop prëcieDX pour que non* n'en rapportions pas les parties les plus essentielles'^.

Le potitife, après avoîrdépeînt avec Tëhëmenc e Ifes malheurs des- Chrétiens en Patesthie, et arraché de nouvelles larmes aux auditeurs, toujours plus nombreux... « Allez, mes frères, ajoûta-t-il , allez »rec conSance attaquer les ennemis de Dieu : car, 6 trîst-e sujet de Tcproches pour les Chrétiens ! ils sont depuis long^tcanps en possession de la Syrie et de Pàrménre; ils se sont dernièrement emparés de tem te TAste^Mineure , dont les provinces sont la Bythinie^ la Phrygie, laGalatie, la Lydîe^ la Cappadoce, la Pamphylte, Tlsaurie, la Lyeaonie, la Cilicie, et ils donrinent maintenant avec insolence sur l'Illyrîe et .sur toutes les contrées situées au-delà, même jusqu'à la mer appelée le Détroit de Saint-Georges. Us ont fait ' plus encore , ils ont usurpé le tombeau de Jésus- - Christ, ce m^nomenl étonnant de notre foi, ^t ils vendent :à nos pâerins Tentrée * d'une ville qui ne serait aetadt^ntent ouverte qu'aux Chrétiens j sHls ffvaicttt'oonsiervé quelque reste de leur valeur passée. TiNit eeci ast^fli» que suffisant* poiirt>bs-

4 c0iiK>qiiin«mit ^}ftli»uKr tda la^ ^ifmWMmi ^ Giôr^ :6m9i.qm.fOi»gfmlt^m3ifip09l^ hiiiite île ae pas .fMtfSfir^ aujii0iMr«gal«iAeaty.ie «Mde «vee.ks

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^jmaAque fia courage des Gentils? Rappelez ]^tôt

à votre esprit ies paroles da Dieu* . • JOe sentier qui

conduit à la vie ^stétrcdt. La route ^e vous

laUeB.auivre est ëtroîte,. Uest vrai ; elle est aeinée

. de dangers ioiiowbrabka et remfJie par la mort,

mak eUe doit vous coDdiHPe dMis un noode que

vous avez perdu. Me.dwtes point qu'à ibrce de

< tnlNUatioiis .voua i ne par veaiw k entrer^ da«sl le

. jpojauoae de IHeu...âî<voitô devcasiez priaoïiiajiars,

rqiréseiitezià v«b« imagîiiAlioa lee diatae^ les

(toriure&fet itautes lestsouffiwiioesfa^il^pawM

d^infligerà rhumanitéi et atteyides-TOOS à plus horribles peines pour demearer fidèles à TOtre foi. G^est ainsi, s'il le fiiut, qne voas pourrez racheter yotre âme aux dëpens de yotre corps* Graindrez-yousla mort, vous qui êtes des hommes d'un courage et d'une intrëpiditë exemplaire? La méchanceté humaine ne peut certainement rien inventer contre tous qui puisse être mis en com* paraison avec la gloire céleste; car les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d'entrer- en parallèle avec la gloire qui nous sera révélée. Ne sa^^ezrvous pas que c'est un malheur pour Phomme ^exister, et que le bonheur est dans la mort? Vous devez vous souvenir que les prédications des prêtres vous ont fait sucer cette doctrine presque en même temps que le lait de votre mère, et c'est cette même doctrine que les martyrs, vos ancêtres, ont soutenue par leur exemple. La mort délivre Tàme humaine de sa prison impure , et lui fait prendre son vol vers la demeure r^rvée à ses vertus ; la mort avance le départ des bons pour le séjour qui les attend ; la mort arrête la méchanceté de l'impie... C'est donc par la mort que l'àme, libre enGn, jouit des douceurs de l'espérance, ou qu'elle reçoit la puni* tion de ses fautes, sans craindre de plus grands chfttiments. Aussi long -temps qu'elle est en-

chaîna au corps elle est soumise à la cont||;ioii terrestre, ou , pour parler plus exactement, die est morte ; car il ne peut exister d'alliance convenable entre les choses terrestre et les choses oë» lestes , entre les choses divines et les choses mortelles. Mais lorsqu'elle est dégagée des entraves qui rattachent à la terre , elle reprend Fëclat qui lui est propre, elle recouvre une parfaite et bienheureuse énergie, en communiquant, jusqu^à un certain point, avec rinvbibilitë de la nature di* vine. S'^cquittant donc d*un double devoir, eUe inspire la vie au corps quand elle est unie avec lui, quand elle s'en sëpare, elle le rend à sa prenûère destination; et vous avex dû renuurquer que Pâme veille, avec un grand plaisir, dans un corps endormi , que, dans le silence des sens, elle entrevoit beaucoup d'ëvënements futurs, à cause de ses relations naturelles avec la Divinité. Pourquoi donc craindriez-vous la mortj lorsque vous aimez le repos du sommeil qui ressemble à la mort? Il est évident qu'il y aurait de la folie à vous, de vous priver du bonheur étemel pour goûter les jouissances d'une vie passagère.

Ainsi, mes très chers frères, si l'occasion s'en présente^ n'hésitez pas à sacrifier votre vie .pour vos frères; le sanctuaire de Dieu repousse le spoliateur et le méchant, et accueille l'homme pieux.

Qûe'*VkaïWïT''ét ytmjrrothes'nfd tous retieime poraf , cwc^tesl h Diev que Fliottiaie àoit princrpa^ ïement sofrMWMir; t[ote TOtre< attachemeirt p(mr' votre tem miftaiIe'iie'TOtts uréte point, parce que, sous diffi^reoM' points de fixe, lé* monde eo^ tier étant nvlieu kTerï potir te Ghcëtien , soti pstys est le monde entier; b terre dlexil est son paj^y et son pejrs hi' terre d^èxfh Qn^an^nn do vous ne demeure à cause de la riettessede'SOB patrimoine, car nn patrimoine plus ricbe encore Ini est promis; il 'ne' se compose 'pointée ces choses qui adoucissent not^e misère par ' une yaine- attente ou qor flattent notre indolence par les petits avantages de la richesse , mais de ces biens que des exemples perpétua et journaliers doivent nous faire r^arder comme les seuls v^tables. Les biens de la terre sont agréables , mais vains; ceuT qat led méprisent en sont récompensés au centuple.

« Je publie et je commande toutes ces choses , et je fixe pour leur 'exécution la fin du printemps prochain • Dieu répandra sa grâce sur tous ceux qui s^engageront dans cette expédition ; il leur donnera une année favorable et pour Fabondance de la récolte et pour la sérénité de la saison. Ceux qui mourront entreront dans les demeures ce* lestes , et ceux qui continueront dc' vitre verront

le toabeau du.JScigiiaar« JSt qudpkbB fftWiAh^m. heur pour un hainnie d^- ¥oir ikiiia sa ^Tte^esiUduK . où le Seigueajc a parltfxlaiu la lM^g^da»»Iiom«' mes? Bénis soient ceux qui, appelés à ^sea noUes. travaux j es retireront une. faella orécomp^Huev! ^.^ »

Des milliers de .Yoix.xéumeB.ea uim sf«le inn terrompireut alars^.rorateur : Bieu^ia Yfull Dieu le veut! est le seul cri qui s^iéchapp|9 de leur.boun che ^', Et le .prélat répjpind avec . wio^dbaieur et une émotion toujours a^oissante.; (^ Oui^ wassfrè' res, oui) Dieu le veut! C'est aujourd^lm que se vérifient les paroles. de> rJSccituce., qi|e toutea les fois que deiixoU'trcnafidèle8se];éiuwmint.au nom. du Christ I le Cbrist sera avec eusu La 'puissance de Dieu est seule capable d avoir pioduit cette unanimité de sentiments j que les paroles .mêmes que son esprit a dictées soient donc votre cri de guerre. Lorsque vous attaquerez L'ennemi, faites retentir de tous côtés ces mots à son oreille : DeiiS vidi ! Deus vuli !

a Que chacun de vous porte sur la poitrine une image de la croix de notre Sauveur, afin que ces paroles soient . accomplies ; Celui qui prend la croix et me suit est digne de moi^ »

L^assemblée tout entière se jeta alors. à genoux d^un mouvement spontané^ le cardinal Grégoire: fit, au nom. des assistants , uue confessioa g^é-

raie ; chacan sé^ISrappa la poitrine avec une donloureose piétë , et le pape , étendant ses deux mains ^ donna l'absolution à la multitude proster- . née et la bënît*

Dès ce moment le zèle religieux des Chrétiens d*Ocddent ne connut plus de bornes : chacun des assistants de cette émouvante cérémonie orne sa poitrine de la croix de drap rouge ^ et va à ^n tour prêcher des hommes tièdes et lents; ils voient et racontent des choses miraculeuses. Des météores tombent sans relâche sur les routes qui conduisent à Jérusalem. Le tonnerre gronde constamment et la foudre éclate dans le ciel ; la terre tremble et les villes s'écroulent en Sjrie et dans VAsie-Mineure, des pluies de pierres tombent dans la Boui^ogne. Le Bosphore et le Nil charrient des glaçons ; on voit dans le ciel des traces de sang et dans les nuages des troupes de cavaliers condmts par Tombre de Gharlemagne qui les guide la croix à la main. Le manque de récolte qui survient est interprété en faveur de Témigration générale. L'évéque Âdhémar se met à la tête des plus impatients ^^^ et de nombreux soldats se pressent sous sa bannière sacrée. Il n'y eut pas de nation si éloignée qui ne répondit aux vœux de Termite et du pape. Cet ardent amour embrasa non seulement le continent , mais encore les iies les

plus reculées et les contrées les plus sauvages ; tellement , dit un historien anglais^ que Thabitant (lu Pays de Galle abandonna ses bétes fauves, TËcossais ses compagnons couverts de vermine y le Danois son ivrognerie et le Norwëgien son poisson cru ^^... Les voleurs des grandes villes, les brigands des Alpes et des Pyrënëes quittaient leurs retraites pour venir confesser leurs forfaits , et promettaient en recevant la croix d'aller les expier en Palestine ^. Les femmes et les vieillards se croisaient aussi ^ maigre la défense expresse du pape, et Ton eût dit, enfin, que les Chrétiens n avaient plus d'autre patrie que la Terre-Sainte*^* Les rois seuls s'abstinrent de prendre part à cette croisade. Les chevaliers errants se hasardèrent les premiers dans une si longue et si périlleuse entreprise. Au milieu de Tanarchie et des troubles qui désolaient l'Europe depuis le démembrement de l'empire de Gharlemagne, il s'était formé une association de chevaliers de noble lignage, qui couraient le mondeen cherchant des aventures. Les divers commandements de Texpédition leur furent naturellement confiés^ et les champions de Tinnocence opprimée, de Finfortune et de la beauté devinrent les champions de Dieu , peutêtre aussi y apportèrent-ils Pespoir de conserver en patrimoine les terres enlevées aux infidèles.

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