‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ère chrétienne jusqu'au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 18 sur 44 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Noua aYons parle dans le volume ^véeédeût de reofauce des littërateura , des troubadours et des trouvères. Fidèles k notre plan^ nous les retrouverons dans leur âge mûr , et nous passerons de la littérature harmonieuse , satirique et gaie du midi I à la littérature sérieuse et méditative du nord* * • Mais les troubadours ne sont pas les seub dont nous ayons à nous occuper. L'Espagne, l'Ita* lie aurtoutff ont cette fois, une littérature à elles. Les sièdes qui s'ouvrent sont ceux de Dante, de Pétrarqw et de Bocace, et ces trois gloires rivsles luttent avec avantage contre celles des plus illus*tres troubadours auxquels ils ont succédé.

n y a ep effet une quantité innombrable de poètes provençaux, qui ont laissé d'immenses recueils, mais dans cet amas de poésies, sous cette diversité apparente se cache une sorte d'unifermité qui tient au retour fréquent des mêmes im-

pressions que la pensde ne vient pas modifier: ramoiir, la guerre, la croisade et le clergé. Quatre idées mères, autour desquelles tournent les combinaisons rhjthmiques les plus variées: chansons, complaintes, lâis, sirventes, tensons^ fabliaux , discors et d^autres encore.

Plusieurs savants de noire siècle se sont occupés de tout cela, et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux précieux ouvrages de Ginguené, Sismondi, Raynouard, Fabre d'Olivet, Roquefort, Villemain et Charpentier ^ les lecteurs curieux de détails pleins d'intérêts sur la poésie des troubadours. Le coup d'œil que nous allons y jeter à la dérobée ne peut qu être incomplet.

Nous avons dit sur les mœurs féodales et chevaleresques, à peu près tout ce que nous avions à en dire. Les troubadours ont eu leur place dans cette revue, nous nous contenterons donc de donner quelques-unes des plus célèbres pièces de chaque siècle pour faire juger des progrès du langage et des progrès de la poésie.

Puisque nous avons déjà fait connaissance avec le sire Bertrand de Born , ce poète batailleur aussi célèbre comme paladin que comme troubadour, nous joindrons à son dialogue avec Sordello une chanson qui peint le caractère de l'époque aussi bien que le sien. Quoiqu'il dédaignât l'amour

Page 1