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mdxîme hautement avouée plus tard par Louis Xl : Où est le profit là est la gloire. Sa politique fut toujours voilée, et ses succès se suivaient sans relâche, sans que le prince en fût plus connu, plu^ aime; il se dérobait aux yeux comme à la reconnaissance de son peuple ; on eût dit qu'il ne voulait exciter que de Pétonnement.
C'est à cette époque qu'eut lieu le grand schisme qui partagea l'Occident ou plutôt le monde chrétien divisé entre deux pontifes, Urbaîh VI et Clément VII ; le premier avait établi son isîége à Rome, Taulre vint, avec tous ses cardinaux, établir le sien à Avignon.
Charles V secondait Clément VII et ordonnait, ^Ite 'peine de la vie, l'abandon de son antago- Wâte. Â cette époque déjà avancée de son règne. Chéries vit se soulever contre son pouvoir absolu là Flàtadre et ïa Bretagne; le Languedoc, dont il aVàil tohéé le gouvernement à son frère, le duc d'Atojoli, despote dur et avide, se révolta aussi, ïïîifieis '0^ ïa première résister à ses ordres tjranfeiqùes; cette cité riche et industrieuse refusa, en ^i!^ft\ de voter les impôts, mais, réduite à ses pro- ]^inôs fortes, elle fut bientôt obligée de se souîhfettre; elle y perdit ses consuls et quelques-uns ttfe sèè privilèges. Charles V soutenait son frère, ^ ^a autorité éprouvait depuis long-temps peu
de résistance. Montpellier se souleva ensuite; le duc d'Anjou menaça les habitants de les passer au fil de Fépée, de raser leur ville et d^en labourer le sol ^^. Cette menace odieuse fit son effet : MontpeUier se soumit, obtint sa grâce à la sollicitation de Clément VU et du cardinal Àlbano, et en fut quitte pour quelques confiscations *et la punition des chefs. Les Languedociens exaspères portèrent des plaintes amères à Charles V qui, craignant de les voir se donner aux Anglais, en enleva le gouvernement au duc d'Anjou pour le confier à Gaston ^ comte de Foix,
Les troubles de la Flandre et de la Bretagne empoisonnèrent les dernières années du roi; il mourut dans son palais , au milieu de ses frères et dans les bras de son fils, à qui il donna de bons conseils sur la politique qu'il devait suivre. Puis il fit apporter la sainte couronne d'ëpines et lui adressa une longue prière^ il demanda aussi qu'on tirât du trésor de Saint-Denis la couronne rojale et la fît poser au pied de son lit. « Ah ! précieuse couronne de France , dît-tl, et à cette heure si impuissante et si humble : précieuse par le mystère de justice renfermé en toî , ïnaîs viîe, plus vile que toute chose, à cause du fardeau^ du travail , des angoisses, des tourments , des peines du cœur, de corps , d'âme et des périls àe cons-
— es —
cîence que tu donnes à ceux qui te portent. AIi ! s^ils pouvaient d'avance le savoir, îk te laisseraient plutôt tomber en la boue que de te placer sur leur tête. »
Sa tin approchait, il ordonna d'amener le jeune dauphin pour le bénir, ce qu'il fit dans les paroles de la Bible, comme Isaac avait be'ni Jacob : « Plaise à Dieu d'accorder à mon fils Charles la rosëe du ciel, la graisse de la terre, l'abondance du froment , du vin et de l'huile ; que sa famille lui obéisse, qu'il soit le seigneur de ses frères, que les fils de sa mère s'inclinent devant lui; qui le bénira soit béni , qui le maudira soit maudit. »
Il donna encore sa bénédiction à tous ceux qui étaient présents, ajoutant : « Mes amis, maintenant retirez-vous; priez pour moi et laissez-moi endurer en paix le dernier travail de la mort. » Et il se tourna de l'autre côté, se fit lire la passion et commença d'agoniser; peu à près il rendît le dernier soupir entre les bras de son ami, le sire de la Rivière ^^
A peine eut-il fermé les yeux, que le duc d'Anjou s'empara des joyaux de la couronne et du trésor qui, disent les chroniques, se montait^ chose incroyable^ à dix-neiif millions !
Nous avons vu la féodalité faire beaucoup de mal en France : souverains dans leurs domaines.
les nobles traitaient de puissance h puissance avec les rois; quelques-uns de ces derniers avaient beaucoup affaibli ce pouvoir, mais il existait uu autre genre de désordre causé par les princes du sang. Un roi fort les contenait jusqu'à un certain point j mais c'étaient autant de loups déchaînés contre le peuple, dès que la régence ou la faiblesse du roi leur donnait quelque autorité. Le duc d'Anjou, par exemple, fut un des plus grands fléaux de la France dans la dernière moitié du quatorzième siècle.
Nommé régent, à la mort de Charles V, il pilla le trésor, ruina les provinces , leva de nouveaux impôts et se livra à de telles violences que le peuple exaspéré se souleva. On le déchaîna contre les Juifs, qui payèrent pour tous, comme cela arrivait souvent. Le duc de Berry, autre oncle du roi , voulant sa part du butin, demanda et obtint le gouvernement de Languedoc; cette province j plus turbulente que les autres, refusa de se soumettre à lui, et remit à Gaston de Foîx le soin de la défendre. Le duc de Berry fut battu.
L'insatiable duc d'Anjou lève à Paris un impôt sur les comestibles : le premier percepteur, qui vient demander le droit du roi sur un peu de cresson que vendait une pauvre femme , est écliarpé. Le cri aux annes! se fait entendre; le
duc ne leur en avait pas laissé ; les séditieux forcent Tarsenal, y trouvent des maillets de plomb et en assomment les gens du roi. Le duc, absent de Paris, y rentre avec le jeune Charles , fait pendre et jeter à la rivière tous les chefs de mé* tiers, en quelque sorte responsables du peuple. Cette émeute est connue sous le nom d'insurrection des Maillotins.
La guerre continuait en Bretagne et en Flandre surtout; on y conduisit le jeune roi, qui ne vit dans cette expédition importante que le plaisir de revêtir une armure çt de se récréer d'un spectacle nouveau. Emancipé à douze ans, il s'était aecou* tumé à bouleverser, par un caprice ridicule, les lois et la politique : une foule de vils courtisans, toujours prêts à flatter ses plus bizarres fantaisies, avaient achevé d'affaiblir sa tête déjà faible. Il signala ses premières armes par des cruautés sans motifs dans les provinces. Mais, conunent se faitil que dans cette lutte les communes aient constamment succombé devant des êtres ineptes, aussi méprisables que cruels ? La résistance à ses ordres tyranniques s'était organisée presque partout avec énergie; mais les villes étaient isolées, sans lien commun, les campagnes abruties et dépeuplées, les bourgeois sans connaissances militaires; chacun se battait pour défendre se& foyere, sa li-
berté particulière... La noblesse ^ au coutruii^i accoutumée aux combats, bien servie, bien arm^^^ riche de ses exactions et de ses pillages, ayant d(3p plans arrêtés, des moyens de transport et dç ^iégfi, devait remporter sur une masse plus fort^ w nombre, mais plus faible de moyens.
Le mariage du roi avec Isabeau de B^viàre^ Wi résolution de gouverner par lui-méme| aa nailr velle trêve avec TAngleterre, son voy9ig3 dan» le midi où il reçqit des plaintes générales et ne a'oo* cupe quQ de fôtes , et enfin sa démence terminèrent tristement le quatorzième siècle. Cette démence pe vint pas subitement, quoiqu'un accideut extraordinaire sembla la faire naître tout«àcoup* « Depuis le premier jour d'août, dit le religieux de^ 3âint-Denis, il paraissait au^c officiers qui rapprochaient de plus près, comme tout idiot ; il ne disait que des niaiseries et gardait dans se3 gestes une façon de faire fort messiéante à la majes):é. l^éanmoins, il n'en était pas moins absolu, et le fit bien voir le cinquième du xnob, quand il ^t publier, par les hérauts et les trompettes 9 que toute Varmée sortît en bataille de }a. ville de ]^au^
« Ge jour 9 choisi pour mettre Varmée en mouvement, était le plus chaud qu'on eût éprouvé d|9puis plusieurs années. Le roi sortit du llllan;»^ entre
neuf et dix heures du matin, par la route d'Aa-* gers; il portait un Jacques y juste-au-corps de velours noir qui Fëchaufiait beaucoup, et un chaperon de vermeil. Un soleil ardent dardait sur lui ; il n'y avait aucun de ses hommes d'armes qui ne souffirit cruellement de la chaleur. Gomme il traversait une forêt , un fou , qui s'était caché parmi les arbres, s'élance tout-à-coup à la tête de 8(Mi cheval ; cet honune, déchaussé, la tête nue , couvert seulement d'un sarreau blanc, saisit la bride dn cheval de Charles, en s'écriant : « Roi , ne chevauche plus avant, mais retourne , car tu es trahi. » Les gardes accoururent et firent lâcher prise à ce malheureux; le roi ne dit rien, mais ces mois avaient frappé son imagination. Peu de moments après, étant sorti de la forêt, il se trouva dans une grande plaine sablonneuse qu'aucun ombrage n'entrecoupait : il était alors midi ; une poussière intolérable se joignait à Tardeur du soleil. Le cort^e du roi se dispersa dans la crainte de llncommoder ; les seigneurs eux-mêmes ft'rairtèrent pour ne pas le couvrir de leur poudre^ quelques pages seulement le suivaient ; Fun d'eux, sommeillant , laissa tomber la pointe de sa lance war le casque d'un de ses compagnons. Ce cliquetis de fer fil tressaillir le roi ; il se crut attaque par les traîtres dont Thomme de la forêt lui
avait dit qu'il ^tait entoure, et deveuant aussitôt furieux y il s'ëcria, en tirant son epëe et lançant son cheval au galop : « Avant, avant sur ces traîtres! » Il fondit ensuite sur les pages et les écuyers les plus proches de lui ; personne n'osait se défendre autrement qu^en fuyant, et dans cet accès de fureur il tua successivement le bâtard de PoIignaCy chevalier de Gascogne • et trois autres hommes. Les pages croyaient encore que l'un d'eux avait commis quelque désordre qui Pavait courroucé; mais, quand on le vit venir Tëpëe haute sur le duc d'Orléans, son frère, on comprit enfin qu*il avait perdu la raison. Le duc de Bourgogne fut le premier à crier : « Haro! le grand meschefs (malheur )1 Monseigneur est tout dévoyé. » Heureusement pour le duc d'Orléans, il était monté sur un très bon cheval et il put se dérober au roi qui le poursuivait vivement ; on convint , pour arrêter celui-ci , de chercher à l'épuiser de fatigue ainsi que son cheval^ et de lui laisser donner la chasse l'un après l'autre à ceux qu'il lui prendrait la fantaisie de poursuivre : de cette manière il en abattit encore plusieurs qui, quand ils ne pouvaient plus l'éviter, se laissaient choir devant le coup. Enfin, comme il était déjà tout haletant, baigné de sueur, ainsi que son cheval qui se refusait à galoper davantage, un che-
valier normand qu'il aimait beaucoup, Guillaume Hartel, s^élança sur lui par derrière et lui arrêta les bras ; on lui ôta alors son épëe et ses armeS| pi^ le coucha par terre, on le couvrit de son manteau. Déjà la faiblesse avait succédé à cet accès de fureur; il ne faisait plus aucun mouvement , mais ses jeux roulaient encorfi dfins sa tête d'une pianière eflfrajapte^»... »
Dès ce moment j Charles , délaissé par ses parants et ses serviteurs^ indignement traite par Isabeau de Bavière et privé même du nécessairq| ne compta plus en France*..
Le quatorzième siècle a donc pris fin , et dans le récit des faits aucune amélioration ne 3emble s'être faite en France ; il y en a eu cependant de peu apparentes, il est vrai, mais importantes fians Fétat moral , intellectuel et politique.
Nous essaierons plus ta^d d*pn retracer le tableau. Continuons à suivre les événements dans le rpste de l'Europe occidentale.
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GHAFITR£ TROISIÈME.
Nous avons laisse l'Angleterre divisée entre les trcHs fils de Guill^umiei qui tous pr<$tendaieat au trône et qui l'occupèrent tous un instant. Dea qu#* relies fréquentes entre les chefs normands , quelques révoltes partielles de moines 6t de bourgeois saxons, horriblement maltraites, remplirent cette période, dont Henri profita en habile politique pour s'emparer du trésor et gagner les grands et le clergé en accordant une charte favorable à leur» intérêts ^ Il céda dans l'affaire des investitures au pape et au primat Anselme) il consentit de plus à se laisser couper les cheveux ^ et pour s'attacher les partisans de la dynastie saxonne^ il ^ousa une princesse de ce sang.
Qes concessions et une conduite oonstammmt prudente et habile, un caractère ferme et sëvèrt| donnèrent une longue durée au règne d'Henri F'. Pendant cette période de trente<[uatre ans ^ il fit
— rôde bonnes lois , réprima quelques abus , et entre autres le droit de purveycmce ^ qui obligeait le peuple à fournir à la cour des provisions et des moyens de transport quand le roi voyageait dans ses e'tats. Cette prérogative oppressive et ruineuse, avait ëtë , pendant plusieurs siècles , un des fardeaux les plus pénibles à supporter. Henri fut assez clairvoyant pour sVn apercevoir et assez sage pour en dégrever le peuple et la bourgeoisie. L'Angleterre vît pour la première fois sous ce r^e le vol puni de mort, ainsi que la fabrication de fausse monnaie.
Les fils d'Henri ayant péri dans une traversée de France en Angleterre , le roi maria sa fille Mathiide à son favori Geqffroy-Plante-Genest ; mais , à la mort d'Henri (qui eut lieu en Normandie à la suite d'une indigestion de lamproie), les seigneurs et le clergé , d^accord cette fois avec le peuple, élurent Etienne, son neveu et petit-fils du conquérant. Loyal et populaire, il avait su se faire aimer de tous.
Pour étayer son usurpation , il accorda une charte plus favorable encore que celle d'Henri , et distribua une partie du trésor dont il s'était emparé.
Le comte de Glocester, frère naturel de Matkilde, souleva le peuple en sa faveur et fiit vaincu .
Matliilde elle-même se présenta plus tard au peuple anglais, rallia de nombreux partisans et se fit couronner aussi par le primat, contraint d'obéir au plus fort- •
UEcosse était à cette ëpoque plus civilisée dans ses points éloignés du centre que dans les environs de PAngleterre et des conquérants. Elle était gouvernée par un roi du continent et un roi des lies. Les Saxons et les Normands mécontents s^y étaient réfugiés, et un prétexte suffit pour allumer la guerre entre les deux peuples. La bataille de FËtendard donna la victoire aux A.nglais; attaqués plus tard par les Gallois, ils les vainquirent encore, et achevèrent la conquête de ce pays montagneux et reculé. A cette guerre succéda celle que Mathilde , fille de Henri P' et ses partisans nombreux, firent à Etienne. Retranchés dans Tîle d'Eljr, ils parvinrent à faire le roi prisonnier. Mathilde, proclamée reine, se porta à tous les excès de Tavarice et de l'orgueil réunis au pouvoir. Elle fut chassée de Londres par les bourgeois et le parti d'Etienne le releva. Pendant les guerres civiles , les paysans saxons se vengeaient un peu en tombant sur les Normands des deux partis.
Sur ces entrefaites débarque Henri^ fils de Mathilde, qui s'annonçait alors avec éclat. Il avait épousé Ëléonore de Guienne, et à peine âgé de
seiae ans s*était distingue par de brillantes incurstons €n Angleterre. Possesseur d'une pailîe de la France par sa mère ou sa femme , îl leva de nombreuses troupes qui eussent envahi PAngleterre et mis en péril le «ort du roi. Une négociation 1ermina celte guerre de succession : Etienne reconnut Henri II comme son légitime héritier, et r^na paisiblement jusque sa mort. Des diagrîns ^ des révoltes, des grrerres , avaient été le seul fruit de Farabition de ce prince t sous sôh règne , les appels au pape , défendus par les lois anglaises , avaient été tolérés ; ils devinrent très communs, et la pHÎflsaBCe pontificale s^en accrut prodigieuse- Vtfekit.
' ifemi II devint bientôt Tuti des plus puissants -Mtttierains de TEurope. Obligé de faire sentir aux igv«nds de l'état une autorité forte et qui veut être re^ectée, il fut souvent forcé de les combattre, et |»rit plusieurs t^ntaines de cli&teaux à main armée ; il Irasa ces fortifications féodales et n^eut plus de craintes de ce cdté ; mais il n^étaît pas au bout iiVee les factieux : le clergé, après s^étre soustrait A la juridicli4m laït^e , avait attiré à lui toutes les affaires iln royaume et les "réglait d\ine manière préjudiciable au fisc. Henri crut faire un grand licte de po^que en nommant son cliancelier et {A>A ami Hidmirs Beckct archevêque dé Ganter-
bërjr; iôiais celui-ci ^ sous Tempiré de nouveaux detœrs, soutint avec ardeur la cause du clergé. One lutte Ibngue et tert^îble s^ëleva alôré entre ce IfiëSii et le îbi.
L^iniluencë de k doUronne obtint des ^véques et des barbhs^ danis rassemblée de Clarendort, que les clercs accuses seraient jugés par les coûtas làï- •qùeÈ ] <j[U^attcttn bat^on ne serait elccômmunié Bans le cottbentemen): du roî, et qu'on ne pourrait appelée au papô dfes isentehces rendues en Angleterre. Thomas Becket , soutenu pal' le pape , ôj^ posa "Àxvk perisécutions un caractère itaClexibiè et se retii^ Cti Ftancé. Tour-à-to\ir accueilli et rejeté par Louis VII ^ absous et condamné par le pape j il mettdià son pxiin dans la Bourgogne , et refusa consiammtsnt de donner sa démission. Il nVtalt r^liément aitné que des Saxons et des Galloiis j qtCil avait protégés et qui ne pouvaient rîén pour lui. Enfin Lbuîs VII le réconcilia avec Henri, et on lui persuada de partir pour l'Angleterre.
Rétabli iur *son siège par un cotnpt'ottiîs qui liiî était favorable ^ il lança de nouveaux anathé^és côïrtve les acleà dû roi. Celui-ci, saisi d^utte affrefas^ ctolère , laissé échapper ces tnots : « Eh 1 ifïoi, personne ne nie délivrera d'un prêtre ingrat et ïitidâcieux?... » Ceû fut assez*..... Quatre ché- VaRers Urottnandà , courtisans trop dévoués , pVr-
lent aussilot et vont assassiner le prélat sur l'autel même. Henri, dont la volonlë n'eût pas été si cruelle avec quelques instants de réflexion, s^affli* gea de ce crinie avec sincëritë , se justifia auprès du pape et fit canoniser Becket, dont le tombeau reçut pendant long - temps de pieux pèlerins anglais.
Sorti de cette pénible lutte , Henri II en eut deux autres non moins difliciles à soutenir : la première, contre l'Irlande j Tautre, contre ses propres enfants.
L'Irlande, empreinte dès son origine d'idées religieuses et catlioliques , résista cependant au pouvoir des papes jusqu'au douzième siècle. Adrien IV, d'accord avec Henri II^ la soumirent, Tun au joug de rAngleterre., l'autre au denier de saint Pierre. Henri profita des fréquentes incursions et des conquêtes de ses grands vassaux, et, par un seul édit, sans combat, se fit livrer Dublin, Saxons , Normands et Gallois avaient été attirés en Irlande par la division des chefs de ce pays.
Après celte conquête , le jeune Henri , associé à la couronne et se croyant, par son sacre^ le droit de régner du vivant de son père^ le traita avec hauteur^ prétendant (suivant les principes de la noblesse du douzième siècle) qu'un fils de
comte ne valait pas un fils de roi... ', Soutenu par la France 9 il se révolta ainsi que ses frères Richard Gœurde-Lion et Geoffroy. Le roi obtint du pape leur excommunication , soudoya une armëo d'aventuriers nommés Brabançons ou Routiers^ marcha contre ses enfants rebelles, leur fit de vaines offres d'accommodement , les vainquit sans les soumettre, et finit par mourir de chagrin à la nouvelle d'une troisième rébellion. Triste. fin, après trente-quatre ans d'un règne qui n'avait pas été sans gloire! Ambitieux, vindicatif et emporté, mais juste, brave et législateur éclairé, Henri réforma les lois anglaises , et les réforma à lui tout seul. Protecteur du peuple, il défendit de saisir les biens d'un vassal pour dettes de son seigneur ; et, pour son propre compte , il donna à ses vassaux la faculté de lui payer en argent le service militaire féodal. C'est avec cet impôt qu'il soudoyait les Routiers. Une taxe universelle le suivit , mais elle fut temporaire et à l'occasion des Croisades. .
Il arriva à Richard ce qui arrive à tout conquérant., à tout homme qui a vivefnent désiré d'atteindre un but quelconque : il pleura, lorsqu'il l'eut atteint^ sur les crimes qu'il lui avait fait coipmettre et sur le néant qui suit la possession. .
A peine roi, Richard s'accusa d'être, le mei^r- IV. * 6
— as —
trier de sen pére^ et ae promit de racheter aa conduite pasaëe par sa conduite à venir ; mais la vio* lence de son caractère remporta bientôt sur sa résolution. Après avoir puni ses complices , il se livra h des actions aussi blâmables , et qui toutes provenaient d*un caractère ardent^ irascible^ impërieux et obstiné. Paladin couronné , il rêva la Terre-Sainte non par piété^ mais par amour pour les aventures et les hauts faits d'armes ; il q>uisa FAngleterre et pi^t avec son or, laissant les Jui&^ tortura j massacrés dans ses états, et le désordre partout *,
Son expédition terminée ( et nous connaissons déjà ses chevaleresques prouesses sous les murs d^Acre)^ il tomba dans les embûches d'un prince d'Allemagne^ son ennemi, qui le retint prisonnier* Miraculeusement parvenu à échapper au coup qui le menaçait^ il revint dans ses états sous un déguisement, remonta, sans être plus sage , sur le trône d\A.ngleterre , et s'en fut mourir^ peu de temps après^ devant le château d'un vassal qu'il assiégeait en personne pour avoir sa part d'un trésor trouvé par le châtelain. Ce dernier offrait de ae fendre ; Richard répondit ¥ qu'ayant pris la peine d'attaquer^ il voulait aller jusqu'au bout et avoir rhonneur de son fiiit d'armes , et le plaisir de les Mtû tons pendre» • • i» De tek exemples peignent à
— d5 — eux sealft le caractère d'un homme. Il prit le château ^ reçut un coup de flàchc en montant à l'assaut, fit pendre la garnison et mourut... Hichard était appela par les Anglais Cœur-de-Lion; de pareils traits lui eussent plutôt mérite celui de Coeur-de^Tigre. Son règne fut un long enchaînement de malheurs pour l'Angleterre i livrée en son absence à la basse tyrannie du prince Jean» Des impôts nouveaux et excessifs étaient levés à chaque instant : le clergé n'ayant pas voulu payer les plus exorbitants ) il fit défendre aux tribunaux de rendre aucune sentence contre les débiteurs du clergé. U ne mérite guère d'éloge que pour avoir étabU dans ses états un poids et une mesure uniformes } règlement utile qui subsista peu. Londres était sans police \ les meurtres , les vols s'y conv mettaient en plein jour ; il y avait des sociétés de scélérats que rien ne pouvait réprimer. Un de ces brigands ayant été pris dans une église et exécuté, la populace qui l'aimait , comme Tennemi des riches 9 rhonora quelque temps comme un sainte Les désordres ne firent qu'augmenter sous le règne loivanti qui commença avec le treizième siècle. La guerre entre les souverains de France et d'An • gleterre remplit cette dernière période : elle eut toujours lieQ en France et principalement sur les
oôtes^ depuis là Normandie jusqu'à la Guieane,
Les dernières tentatives d'insurrection saxonne âc bornent aux vols et aux pillages fréquents de Robin -Hood dans les forêts de Bervood, et qui perdirent^ après lui, leur couleur patriotique. William-Longue-Barbe fut la dernière victime de ce patriotisme saxon qu'on ne retrouve plus après la mort de ce défenseur des pauvres Anglais de race.
• Le roi Jean, qu'on appela Jean sans terre ^ par-» ce que son père Henri II ne lui avait point laissé d'apanage, avait pour compëtiteur à la couronne le jeune Arthur , duc de Bretagne , son neveu qui , étant fils d'un aîné, aurait eu des droits incontes^ tables si la représentation et l'hérédité eussent été alorsbien établies, mais dans la confusion des droits et des lois , la guerre et l'assassinat devaient tout terminer. Le prince Arthur soutenu par Philippe- Auguste, voulut détrôner Jean, celui-ci le vainquit et le poignarda : le règne de ce dernier fut pire que celui de Richard ; s^il avait la tête un peu moins folle, il avait le cœur plus mauvais. L'un était, comme on le voudra, tigre ou lion, mais avec de la bravoure et de la générosité ; Tautre^ tenait du renard et de la hyène, et sa lâcheté venait encore enlaidir ses vices. La lâcheté était en effet le plus grand contre-sens avec les mœurs de l'époque : aussi les Anglais du douzième siècle pardonnaient-
Us plutôt aux folies de Richard qu'à la haineuse et froide cruautëd'un roi lâche et hypocrite. Dëbar«rasse de son jeune compétiteur, il eut à soutenir contre le pape une lutte plus formidable. Inno^ cent m avait soutenu Tëlection de Langton au si^e du primat Jean s'y opposa; Finterdit fut lan« ce sur le royaume, les églises fermées et les sacrements refusés aux laïques indisposèrent les Anglais, Jean ne céda pas davantage et fut excommunié lui-même. Le pape offrit alors la couronne d'Angleterre à Philippe-Auguste.... Ce dernier coup porta y car Jean connaissait Philippe et s'il eût accepté, il n'était pas assez sûr de son peuple pour se fier à lui du soin de sa défense, il se résigna donc et prosterné aux pieds du légat son ennemi il porta hommage au pape. Innocent satisfait, aWdonna Philippe -Auguste qui , dans son empressement avait levé une flotte pour prendre pos« session de sa nouvelle conquête.
Cependant Tin ter dit, formidable à cette époque, avait porté le coup mortel au pouvoir :1a noblesse et le clergé, fatigués avec raison d'un joug si odieux résolurent de reconquérir et d'agrandir encore les privilèges que leur assurait la charte d'Henri P'. Une puissante conjuration s'organisa , et malgré la résistance, de Jean , on lui fit signer de force la grande charte... Dans, ce nouveau pacte social,
les Sections du clergé étaient déclardea libres \ len exactions du fisc sur les barons défendues^ les franchises des villes maintenues , les successions exemptées des droits exorbitants ; aucun subside ni scutagê ( subvention de guerre ) ne seraient levers sans Tautorisation du conseil commun; la personne et les biens des hommes libres et des marchands étaient protégés contre toute vexation, sous la garantie du jugement de leurs pairs. Une disposition concernait les i^ilains : on leur accordait la faveur de ne pouvoir être mis à Tamende au point d'^^lrc dépouillés de leurs ustensiles : c'était une grande marque de sollicitude.
Voilà en substance cette magna charta j qu'on a l'habitude de reganler comme le fondement dos libertés anglaises, parce qu'elle fut pendant longtemp Tunique objet des réclamations faites hii pouvoir. Mais on voit que ce n était qu'un acte réglementaire du régime féodal, qui proure combien ce régime était oppressif.
Les barons, qui ne tendaient qu^à s'emparer tli* Fautonté, établirent de prétendus conservateurs de libertés, avec pouvoir sans bornes; lo roi parut se soumettre : mais il fit anathématiser la charte par le papt , ce dont on ne tint nul compte. Alors il la rétracta, et, k la tête d*une armée de Brnbaoçonsi il ravagea les terres des barons. Ceux-ci
prononoèrent aa dëchëanoe et oflfrirent 6a €Ou<p ronne au prince Louis de France, qui arriya en Angleterre avec une armée, fit de rapides conquêtes, puis irrita par des prëfërences pour les Français, Les Anglais retournaient d^à au parti de Jean , quand ce roi mourut , laissant ]k cou* ronne à son fils aîné»
Les communes avaient à cette époque assez de force et de richesses. La grande obarte nWait améliore leur sort qu'en apparence. Elles profita rent de la faiblesse de Henri III pour prendre une position plus avantageuse. Le fils de Simon de Montfort^ Français d'origine, comte de Leicester par sa mère et beau->frère du roi, avait pris sur ce dernier un empire auquel il ne pouvait plus se soustraire. A. peu près maître du royaume» il introduisit dans le conseil , qui prit alors le nom de parlement, deux chevaliers choisis dans chaque comté et des députés envoyés par les villes et les bourgs* Telle est la première origine de la chambre des coâamunesM.
La tyrannie de Leicester finit par lasser la haute noblesse* Glooester se révolta , le prince Edouard suivit son exemple et vainquit Leicester qui mourut dans la bataille , précédant de quelques mms le faible Henri qui n'avait guère eu que le nom de roi, Henri mourut accablé de diagrins et fut poi
i'egrettë. Éloigne delà tyrannie par sapîëté ^ et par un naturel doux et facile , sa faiblesse produisit souvent Teffet du despotisme.
Le règne d'Henri III avait été de cinquante- six ans, celui d*Édouard eut trente-cinq années mieux remplies et plus glorieuses. Ce prince, dont le caractère était diamétralement opposé à celui de son père , fut ambitieux et inflexible , mais habile et prudent. Il étudia les divers élémens de troubles, et les divers pouvoirs de son royaume, contint les uns par les autres et les domina tous.
Seul en Angleterre , le pays de Galles avait jusque là résisté. Edouard pénétra dans les montagnes galloises, vainquit le lion dans sa tanière et soumit ces indomptables montagnards. Pour les flatter . alors et les rallier définitivement, il donna le titre de prince de Galles à son fils aîné, et ce titre a toujours été conservé par les fils aînés des rois d'Angleterre •
La couronne d*Ëcosse était alors vacante ; Edouard se l'adjugea , soutint ses droits le§ armes à la main et vainquit Robert Bruce dans une première bataille. Mais les Écossais, montagnards plus opiniâtres encore que les Gallois, ne se tinrent pas pour battus ; ils prirent successivement pour chefs leur brave compatriote Wallace et le , fils de Robert Bruce. Edouard les vainquit en
iâ98, 1303 et 1306; cette dernière guerre lui coûta la vie. Une querelle' entce deux matelots ayait ëté pendant ce règne la source d'une longue guerre entre la France et l'Angleterre. Les Normands^ pour venger un compatriote^ attaquèrent un vaisseau anglais et pendirent Fëquipage. Cette violence en attira d'autres. Des flottes nombreuses furent mises en mer, et plus de trente mille hommes périrent par suite d'une altercation entre deux' matelots . . . Penda nt ce temps les Juifs étaient tortures et massacres par milliers. Ceux qui survivaient- étaient bannis d'Angleterre.
Si y malgré tant de guerres et de violences, Edouard est regardé comme un des bons souverains des trois royaumes, c'est qu'il observa religieusement la grande charte, consulta le parlement, fit rendre la justice et donna de bonnes lois.' ^
Edouard II parut aux grands de Fétat n'avoir pas une 'volonté aussi prononcée en faveur des 1(MS, aussi lui firént-ils jurer, à Tépoque de son couronnement, de maintenii; les lois et les statuts que , le parlement jugerait à . propos de faire. Edouard eut la faiblesse de se laisser imposer ce qu avait légèrement octroyé son père; les communes en profitèrent pour s'introduire et prendi*e pied dans la puissance législative.
L^irrrfiolutioD d'Edouard lai fut Uen plus fu- BeBte tnoore car ua autre ienratn; U se laissa liaUre par le comte de Laoeastre ^ révolté contre sou autorité, par Bruce et par d'autres encore, et chaque fois il sacrifiait lâchement le favori qui avait suscité la guerre* Son régne finit par un assassinat*
Son fils Edouard III, doué d'an caractère plus énergique, voulut régner à dix-Jiuit ans, et la France vit ses premiers succès* La ville de Calais fut la première victime de son inquiète ambition ; le roi Jean devint son prisonnier et promit pour sa rançon plusieurs provioces françaises* Les états de France ayant refusé de ratifier cet abandon, Edouard > suivi de cent mille Moutiers, saccagea plusieurs riches contrées de France et ne s^arréta que devant Paris, qu^il tint bloqué jusqu^au moment où sa prudence lui dicta la paix de Bretigny* Par ce traité, Edouard renonçait à ses prétentions à la couronne, mais il demeurait souverain ^ sans charge d*hommage^ des provinces voisines de la Guienne , telles que le Poitou , la Saintonge , le Limousin» etc* Jean ratifia le traité qui Tobligeait à payer une somme équivalant à quarante millions iruujourd*i)ui et à livrer quarante otages. Mais Tun d'eux (un de ses fils) s^étant évadé, il
retourna mourir à Londreê^ sans pouvoir acquitter en entier le montant de sa rançon; cette noble ecmduite fait oublier tontes les fautes de ce maU heureux roî.
Duguesclin vengea plus tard les armes tmn^ çafaes, battit le prince Noir, reconquit quelques provinces, et Edouard mourut accabli^ par le chagrin que lui causaient ces pertes successives et la perte plus douloureuse du prince dé Galles, le bras droit, le glaive de son r^gne.
Edouard, despote mais justes, avait rëusrî k se faire aimer. Il ne faut au peuple qu^un prétexte pour pardcHiner au eonqu^nt qui rehausse la gloire de son nom.
L'héritier d^Édouai'd, Richard II , était mi^ neur; trois oncles ambitieux^ au lieu de gouverner l'ëtat , excitaient des mécontentements que le scolastique Wiclef attisait par ses prédications démocratiques. Sur le bruit qu'une taxe extraordinaire allait être levée, cent mille mécontents ra*vagèrent Londres et envahirent le palais. La douceur du jeune roi calma la populace en furie, et pendant ce temps des troupes se réunirent et rimèrent la sédition. Richard II livra son pouvoir à ses favoris, et de nombreux soulèvements ne tardèrent ps à troubler Tétat. Le roi , arrêté et mis en accusation devant le parlement pour
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s'être mis au--de»8U8 des lois, fut dépose par la noblesse et les communes ot il périt par le poignard. Heuri de Lancastre posa lui-même la couronne sur sa tâte, au détriment de la maison dTorck : Lancastre et Yorckl premières tiges de ces maisons puissantes dont la rivalité coûta plus tard tant de sangàTAngleterre... Ceci se passait dans la dernière année du quatorzième siècle...
Après la France et l'Angleterre, rimportance des événements diminuant, notre résumé devient plus rapide.
Les descentes des Normands en Galice et en Andalousie, les guerres des Maures et des Ghrétiens, desanglantes discussions et le démembrement des provinces d'Espagne qui avaient rempli les neuvième, dixième et onzième siècles, remplissent à peu près aussi les deux siècles suivants.
La lutte politique et religieuse entre les deux nations avait pris un plus grand caractère^ et la division récente du khalifat de Cordoue donnait déjà l'avantageaux princes chrétiens. Ces derniers» limitrophes de la France, recevaient le secours de SM guerriers avant même que les croisades eussent tourné contre les Infidèles le courage de la chevalerie européenne. Les Musulmans, voisins de l'Afriquei avaient sous leur main deux auxiliaires
formidablea par leur nombre et leur fanatisme t mais plus dangereux pour eux-mémea que pour les Chrétiens. Parmi les états démembres du khalifaty les uns seront absorbés par la conquête et réunis à Tétranger, à la Gastille ou au Portugal , les autres subiront la loi des deux nouvelles na^ tioDs africaines y les Almorayides et les Almo->hades i dont Finvasion en Espagne doit compro*mettre Texistence des royaumes chrétiens et prolonger, dans un coin de la péninsule , la durée de la domination musulmane. Ces événements se prolongent jusqu'au milieu du quatorzième siècle auquel le règne de Pierre-le-Cruel a donné une déplorable célébrité; ses crimes armèrent contre lui son frère Henri de Transtamare que la France soutint. Duguesclin, bientôt maître d'une partie de TEspagne , fut repoussé par le prince de Galles. Pierre, remonté sur le trône, se livra h de tels excès de vengeance que son protecteur même l'abandonna. Duguesclin ramena la victoire sous ses drapeaux,* et le roi consentit à une entrevue avec son frère ; mais au lieu de conclure ce traité de paix, les doux princes se jetèrent lun sur Tautre et Pierre tomba percé de coups.
Henri H et Jean l^*" succédèrent : ce dernier défit les Anglais et les Portugais. Henri HI battit les Maures, et ce succès lui fit rêver, à seize anS|
la ruiné du mahomëtisme dand ses diato : mais sa faible santé ne seconda pas la grandeur de ses vues»
i L'Espagne n'avait pas pris part aux croisades
mais n'en avait pas été plus tranquille. Peutrôtre^ sans les troubles du Portugal, les deux états eussent-ils réussi à chasser les Maures de la péninsule.
La science législative avait fait quelques pro^ grks i Ferdinand II avait promulgué un code en Aragon et çnGastille} son fils Alphonse Faméliora en le terminant.
Mais nous nous sommes déjà bien arrêtés sur les contoées de TOccidentet du Sud^ transportons* nous dans le Nord et l'Orient ] voyons ces peuplades sauvages se civiliser par degrés et essajei* de prendre rang parmi les nations européennes; nous avons parié avec quelque détail des grands peuples qui tiennent le premiw rang dans la civilisation du monde, et qui , toujours en tête des progrès y ont ouvert la marche aux lois ainsi ^'aux lettres^ aux arts et à Tindustrie. Noua jeterons un simple coup d'œil sur les régions plus arriérées ^.
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