‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ère chrétienne jusqu'au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 9 sur 44 · IV · texte numérisé non relu

IV

1286» •^ Bavânne t DëfetiM aux clercs de recWYOÎr ou de nourrir les ffarceurs ou les danseurs qu'on leur envoie » Ou même qui ne font que passer, bous peine de payer pour Fëglise ou pour les pauvres le double de ce qu'ils Jeur auront donne.

G'ëtâit Tusage autrefois que les laïques, quand ils recevaient la ceinture militaire , ou qu'ils se mariaient y s'envoyassent les uns aux autres et même aux clercs , des fkrceurs et des danseurs pour les nourrir et les soudoyer pendant quelque temps. C'est cet abus que le concile condamne ici par nsipport aux clercs»

On exhorte les ecclésiastiques à donner l'aumône aux pauvres} et l'on accorde une annexe d'indulgence aux évéques qui en nourriront quatre à un repas chaque jour delà semaine ; aux abbes qui en nourriront deux , et aux autres prélats , comme doyens, archidiacres qui en nourriront un.

Les clercs qui porteront des armes sans une juste nécessité et sans la permission de l'évêque , outre l'excommunication , seront condamnés à quarante sons d'amende pour chaque arme qu'ils auront portée , et ceux qui ne porteront pas l'habit clérical ^ la couronne et la tonsure y paieront <0 nmm ptur chaque omiision à cet égard. C. i,2et3.

Las notiiiw np feoayront les tattameiita dai usuriera qu'en présence du ourë. 0. 6»

1287* ^-^ Witrsbourg : On exoMiniunie eettx qui fortifient lee rfglisea et les cloohert pour e*y défendra contre leura enpemii > eonmw dana des camps retranches , des ch&teeuK forts»

Défense d'eiccommunier les femmes pour les dettes de leurs maris i ou les mères pour celles ie leurs enfants morts i à moins que les femmes o'hërttent de leurs mmîs , €% les mères de leurs enfants.

On dëdare eiœommuniés ^so fàato les Tolenrs de grands chemins , et ceux qui leur donnent retraita. C. 26 , 29 et 30.

1290.— Nogarct : On excommunie les sonDiers ; on ordonne aux lépreux de porter une marque disé Unctiye » à peine de 5 sous d'amende. C» A et 6 1209. «^ Presbourg : On défend la guerre f l les pillages. C. 6.

On défend aux fommes chrétiennes de se tnarier avec des infidèles. Q. 8.

iSil, «i» Vienne t QtoHsiîdme eonotfe géêdraL GlénMnt V y assistait avee SOÛ cents évéques. Il jugea la cause des Templiers , et supprima cet ordre en présence de Philippe-le-Bel. Le concile déclara ensuite, contre les prétentions de ce roi | que Banî6ce VIII avait toujours été catholique ;

Mais il fit un décret portant c[u*on ne pourrait jamais reprocher au roi ni à ses successeurs ce qu^l avait fait contre ce pape. Il rëyoqoa une bulle de Boniface , puis on condamna les Begards et les Béguines fanatiques , ainsi que les erreurs des Fraticelles et des DiiUmeistes.

1316. — • Rayennes : On n'ordonnera de prêtres qu'à 25 ans , de diacres qu'à 20 , et de sous-diacres qu'à 16. C. 2.

Lorsque les ëyéques voyageront dans leur diocèse, les cures des paroisses feront sonner les cloches , afin que le peuple en soit averti , et puisse se mettre à genoux pour recevoir leur bënëdiction. Les cxxrés qui y manqueront donneront aux pauvres 5 sous d'or. C 6.

1317. —-Rayennes : Les restitutions des biens mal acquis seront faites par l'ëvéque en faveur des pauvres , quand on ne connaîtra pas ceux à qui ces biens appartiennent.

Tous les usuriers publics seront prives de la corn* munîonetdela sépulture de l'Eglise. C. 15 et 16.

Les religieux n'iront point à la chasse. C. 17.

1322. — YaUadolid : On s'abstiendra d'œavres serviles les dimanches et fêtes. Personne ne Ira* yaillera des mains , si ce n'est en cas d'urgente nécessité , ou pour une chose pieuse y et avec la permission du prêtre. Les ordinaires puniront les

transgresseurs par la peine de rekconimuDÎcation#

Les faux témoins , et tous ceux qui exdtent les autres à porter un faux témoignage , seront excommunia.

Les ëvéques n'auront point d*habits de soie, a hy 5 et 6.

1323. *— Tolède : Tous les prêtres se feront raser la barbe au moins une fois le mois et ils se feront couper les cheveux de façon à ce qu'ils ne s'étendent pas au-delà des oreilles. C* 7.

Quoiqu'il soit permis de pleurer les morts par un mouvement de piété et d'humanité , nous blâmons néanmoins l'excès de la douleur qui marque que l'on désespère db la résurrection future ; et nous réprouvons absolument l'abus exécrable qui fait que , quand quelqu'un vient à mourir , on voit des hommes et des femmes marcher par les rues en hurlant et en faisant des cris horribles jusque dans les églises , et commettre d'autres indécences qui approchent des rites des Gentils. Nous défendons aux clercs , sous peine d'excommunication > de porter des habits de deuil hors le temps des obsèques y si ce n'est pour le père , la mère , le fi*ère , le seigneur ou la sœur. C. ii.

Défense , sous peine d'excommunication y d'introduire des Sarrazins , des Juifs ou des Gentils dans l'église pendant les offices divins. C. 16.

Si ml eorë Umé mùurif son paroiasiea ssas sacrtmentd i il perdra 8a cure. C. i8.

1326. «^ Avigiton : Ceux qui accompagneront le Saint-Sacrement quand on le porte aux malades gagneront ^ 0 jours d'indulgence ; 6*ilâ raccompagnent de nuit , ayec un luminaire ^ ils en gagneront 30« Ceux qui priel'ont pour le pape gagneront iO jour» dUndulgence ^ ainsi qu0 ceux ^ inclineront la tête quand on prononce le oom de Jësus. C.2f$etU.

On excommunie lea empoisonneur» cft oeux qui vendent du poison. C* i7 et 18.

D est défendu aux deres de tenir hôtellerie ou laarché et de »^ servir de Juifs pour médecin. a 38 et 59.

1326. ~- Alcala : Les prêtres qui révéleront le aecaret de la confession passeront le reste de leurs îoiura au plan et à Teau dans une étroite {Nriaon.

Les Juifs et les Sarraâns qui se fer<mt bapUser ne perdri^t pas leurs biens. C. iO.

i3(tS.«~ Londres^ Ou excommunie ceux qui veill^ont les morts^ à cause des abUs qui acooiopagtient ces veilles nocturnes^ C iO.

Ceux qui coupwont les berbes ou les arbres «lui sont dans les cim^ières encourront TexcomnumicaUoA majeure, a lU.

iâ65. -— Angers : On condamne Tusage du beurre et du lait pendant le carême. C. 22.

On excommimie les concubinaires et les adultères notoires. C* 30.

i3&8. — Lavaur : Dëfense , sous peine d'excommunication , aux gentilshommes de faire des ligues ou associations sous le nom de confréries ; car ces prétendus confrères , unis par serment ^ habillés d'une manière uniforme et sounoJs à un chef) troublent Tordre public, oppriment les iimocents y et pillent les ecclésiastiques. C. Hh.

On défend d'admettre aux ordres ceux qui ne savent pas parl^ latin. C. 30.

On défend aux archidiacres de connaître des causes de mariage. C. 25.

On défend aux femmes chrétiennes de nourrir les enfans des Juifs. C. 118 , 11& et 115.

i87&. •'^Narbonne : Les curés détourneront leurs paroissiens de blasphèmes oontre Dieu ^ la Vierge et les saints , et les avertiront de dénoncer les blasphémateurs à Tofficiale. C. 15 et 16.

1396. «-^Londres : L'archevêque de Cantorbérj j condamne les erreurs de Widef .

1296. «^ Arbogen : (en Suède). On y fit sept canons : le quatrième condamne les meurtriers à s'abstenir de chair toute la vie , si le crime a été conoBub un dmahrfifl \ à a'tthst^air toute k vbâ$

poisson , si ça été un vendredi ; et si c'a été un samedi à s'abstenir toute la vie de laitage...

Ces simples notes en disent plus sur les mœurs ecclésiastiques de l'époque que ne le feraient de longs discours. Et maintenant voyons ce qu'il y a de plus remarquable dans les travaux et les décisions dont nous venons de donner ou l'extrait ou le résumé.

C'est, d'abord, que le progrès se fait apercevoir d'un siècle à l'autre ; ensuite , que chaque contrée a des mœurs particulières qui ont nécessité des lois particulières. Ainsi , nous ne trouvons qu'en Angleterre la répression de la vente des femmes , qu'en Irlande et en Suède des cérémonies de baptême et des règles d'abstinence qui naissent de l'enfance des mœurs , qu'en Espagne les bû<» chers y les inquisiteurs et le droit d'asile; enfin , ce n'est qu'en Languedoc que l'on trouve l'obli-^ gation d'assister aux ofiices divins et des persécutions violentes contre les hérétiques. .• A chaque plaie un remède , selon le lieu, le temps et le degré de civilisation : les tortures avec l'ignorance du douzième siècle, la charité qui instruit et console au dix*neuvième.

Aussi ardent pour la religion^ notre siècle n*a plu4.de bûchers i plus ^'inquisiteurs , plus de

peines contre un clei*gë qui comprend assez bien sa mission pour n'avoir pas besoin d'être rappelé à des mœurs pures. Le sacerdoce, s'il consent à ne s'occQper que des intérêts spirituels, aussi sublime qu'aux premiers temps, sera bientôt honore et chéri des peuples qu'il conduit au vrai, au seul bonheur qui existe sur la terre.

Le christianisme , si simple dans sa base, s^adresse à tous les hommes de quelque région et de quelque époque qu'ils soient. Il y a un fond vrai qui est et qui doit être éternel comme toute vérité ; mais la forme a du nécessairement chan-* ger' avec le degré de civilisation de ceux à qui il s'adi*essait et de ceux aussi chargés de le pro* pager.

Les apôtres, instruits par le Sauveur luimême , ont donné le dogme et la morale chrétienne dans toutes leur pureté, plus tard le dogme s'est conservé par le soin qu'y ont mb les nombreux conciles sans cesse convoqua à cet effet ; mais la morale et la discipline, qui ne constituent pas Fessence de la religion , s'étant modifiées avec les siècles , chaque peuple , chaque époque ont eu la leur, et malgré les efforts des pères assemblés , nous avons vu les clercs vendre les sacrements , porter des habits mondains, -chasser le faucon au poing, porter les

armes de guerre et hanter les lieux de débauche 2. Nous les avons vus se marier ou vivre en concubinage , se livrer à des usuriers^ et rançon* ner les pénitents pour pajrer leurs dettes ; nous les verrons plus tard , animés par la réforme y fanatiser le peuple et assister à de hideux autoda-fé; plus tard, sous Louis XIY, être les modèles de l'Europe chrétienne, et s'élever au plus haut degré dVloquence, de lumières et de vertus; plus tard encore tomber avec le Régent et Louis Xy dans tous les vices des cours^ et enfin, retrempés par la tourmente révolutionnaire, revenir sous Napoléon , les Bourbons et les d'Orléans à leurs vertus primitives ; pénétrés de leur admirable mission , faire le bien sans faste , sans ostentation i dans le seul but d'imiter leur diyin modèle. Si un défaut reste encore au clergé , il le doit à la restauration , qui Favait trop initié aux affaires temporelles. La marche plus rationelle du siècle ou nous vivons le leur enlèvera et ne laissera plus rien de mondain à de si 9u* blimes vertus. Au milieu de tous les bouleverse-» ments , au milieu des passions , des vices et des vertus des hommes, la croix est restée ce qu'elle était au premier jour ; Foh^itur orbiSf stat Cruxl a dit r£clise avec vérité; mais la partie humaine de cette Église n'a pu échapper «ux vicissitudes ,

au bouleversement du monde, elle fait cause com mune avec lui et arrivera avec lui à la fin de toute destinée humaine ^ à la régénération promise par les Ecritures et accordée par le Christ '•

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