‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ére chrétienne jusqu'aù XIXe siècleChapitre 10 sur 28 · ROIS FRANKS DE LA RACE DE KARLE OU KAROLINGS · texte numérisé non relu

ROIS FRANKS DE LA RACE DE KARLE OU KAROLINGS

752 Peppin.

768 Karloman Ie'

Karle 1er.

300 Karle, surnommé le Grand, empereur.

QUATORZIÈME LEÇON

(l) (Le comte Ferrand.) Ne pouvant vaincre Odoacre, ajoute cet historien, The'odoric chercha et parvint à le tromper-, ils partagèrent entre eux fllalie, et peu de temps après Odoacre fut assassine' dans un Festin. C'est à ce moment (493) que commence en Italie le royaume des Golhs. The'odoric avait e'pouse' la sœur de Clovis.

(2) Fù Theodorico uomo nella guerra e nella pace eccellenlissimo, donde nell1 una fù sempre vincitore, e nell1 altra benefico grandemente le citlà ed i popoli suoi. Divise coslui gli Oslrogoti per le terre con i capi loro, acciocchè nella guerra gli comandassero, e nella pace gli correggessero ; accrebbe Ravenna ; instauré Roma, ed eccettochè la disciplina raililare, rende a' Romani ogni allro onore ; contenne denlro ai termini loro e senza alcun lumulto di guerra, ma solo con la sua aulorità lulti i re barbari occupalori dell' imperio; edificô terre e fortezze intra la punia del mare Adriatico e le Alpi, per impedire più facilmente il passo ai nuovi barbari che volessero assalire Pltalia. E se tante virtù non fossero stale brùltate nell1 ultimo délia sua vita da alcune crudellà causale davari sospetti del regno suo , corne la morte di Simmaco e di Boezio , uomini sanlissimi , dimostrano , sarebbe al tuto la sua memoria degna da ogni parte di qualunque onoie ; perche mediantela virtù e la bontà sua, non solamente Roma ed ltalia, ma tutte le altre parti dell1 occidentale imperio libère dalle continue battiture, che per tanti anni da tante inoudazioni di Barbari avevano sopportate, si sollevarono, e in buon ordine ad assai felice stato si ridussero. E veramente se alcuni tempi furono mai miserabili in ltalia ed in queste provincie corse da Barbari, furono quelli che da Arcadio ed Onorio infîno a lui erano corsi.

( Machiavelli, délie Historié Fiorentine.)

(3) Guasti dapprima gl' Italiani dalle corrutlrici ricchezze del mondo soggiogalo, inviliti dipoi dalle ognor crescenli sciagure , grandi, quanto giande era stala la trascorsa loro prosperilà ; quindi tralignati pel miscuglio di barbare nazioni, che ogni zolla délia patria terra loro avidamente si disputarono , si divisero niiseramente fra essi, ed ogni pensiero di vincolo fralerno nei mente talti loro animi si spense. Una citlà fù nemica alla città vicina; un popolo odio l'allro popolo, e le famiglie guerreggiarono le famiglie. Un egoisla ed infernale poliliça, slraniera ad ogni ilaliano interesse, soilïô sul deplorabile incendio , e>l a tutlo potere il manlenne e lo dilalo.

Cosi dalle »ue m.i ni stcsse lacerata l' Iiu'ia, facil prcda lu teniprc di stranieri ojijn c>bori, e va»ta lizza aj>i i ogui giorno nel suo seno aile loro sanguinoso conlese.

(Sroazosi.)

(4) Quelque part qu'il se montrât, soit dans les rues ou les lieux publics de Conslanlinople, Bélbaire attirait et charmait tous les regards; sa taille élevée et «a physionomie majestueuse remplissaient l'idée qu'on s'était formée d'un héros; ses manières douces et gracieuses enhardissaient le dernier de ses concitoyens, et la troupe de guerriers qui accompagnait ses pas ne le rendait pas inabordable comme dans un jour de bataille. Il avait à sa solde sept mille cavaliers d'une beauté' et d'une valeur incomparables; leur bravoure se distinguait dans les combats singuliers ou dans les premiers rangs le jour d'une action, et les deux partis avouaient qu'au siège de Rome les gardes de Bélisaire avaient triomphé seuls de l'armée des Barbares. Les plus vaillans et les plu* fidèles soldats de l'ennemi augmentaient sans cesse le nombre de sa troupe, et les Vandales, les Maures et les Goths, qui devenaient ses heureux captifs, le disputaient à ses guerriers domestiques en attachement pour leur maître. Tout à la fois libéral et juste, il tut aimé des soldats sans perdre l'affection du peuple ; il fournissait de l'argent et les secours de la médecine aux malades et aux blessés , et ses visites affectueuses contribuaient encore à leur guérison d'une manière plus efficace. La perle d'une arme ou d'un cheval était à l'instant réparée par sa générosité ; chaque action de valeur était récompensée par le riche et honorable don d'un bracelet ou d un collier, rendu plus précieux par l'estime de Bélisairc dont il était la preuve. Il jouissait de l'amour des cultivateurs qui, à l'ombre de ses drapeaux, vivaient dan» la tranquillité et l'abondance. La marche des armées romaines enrichissait un pays au lieu de l'appauvrir, et telle était la discipline rigoureuse de son camp qu'on ne dérobait pas une pomme de dessus l'arbre et qu'on n'aurait pu découvrir un sentier formé dans un champ de blé. Bélisaire était chaste et sobre ; au milieu de la licence de la vie militaire personne ne pouvait se vanter de l'avoir vu pris de vin. Ou lui offrit les plus belles captives de la race des Goths ou de celle des Vandales, mais il détourna ses regards de leurs charmes et on ne soupçonna jamais le mari d'Antonina d'avoir manqué à la foi conjugale. Le témoin et l'historien de ses exploits observe qu'au milieu des périls de la guerre il avait de l'audace sans témérité, de la prudence sans timidité, et de la lenteur ou de l'impétuosité selon les besoins du moment ; qu'au dernier terme de la détresse il savait conserver ou feindre l'espérance, et que dans la fortune la plus prospère on le voyait simple et modeste. Il égala ou surpassa les anciens maîtres de l'art militaire ; la victoire suivit ses armes sur terre et sur mer; il subjugua l'Afrique, l'Italie et les lies adjacentes; il conduisit captifs aux pieds de Justinien les successeurs do Gcnseiic

et de Théodoric ; il remplit Constanlinople des dépouilles de leurs palais, ei recouvra en six années la moitié des provinces de l'empire d'Occident. Sa célébrité et son mérite, sa fortune et sa puissance le rendirent incontestablement le premier des sujets de l'empire romain ; l'envie seule put supposer sa grandeur dangereuse, et l'empereur dut s'applaudir de l'esprit de discernement qui lui avait fait découvrir et employer le génie de Bélisaire. (Gibbok.)

(5) Les Bulgares, les Esclavons, les Tartares, etc.

(6) Pendant les quinze années qu'il avait gouverné l'Italie, Narsès avait accumulé un riche trésor; son administration était odieuse au peuple; l'envie enfla ses torts auprès des souverains, et Longin le remplaça. L'impératrice Sophie lui écrivit alors : qu'il devait laisser à des hommes l'exercice des armes et revenir dans la place qui lui couvenait, parmi les filles du palais, où on mettrait de nouveau une quenouille dans sa main. JNarsès indigné laissa échapper ces paroles : Mes fils seront tissus de manière qu'elle ne les débrouillera pas facilement. Et en elfet, au lieu de se présenter en esclave à Byzance, il se relira à Naples où (d'après l'assertion du diacre Paul, de Machiavelli, de Muratori, et enfin de Gibbon à qui j'emprunte une partie de ces détails) il excita les Lombards à punir l'ingratitude du prince et du peuple.

(7) Alboin trouva la mort presque au milieu des joies de sa victoire. 11 avait fait partager sa couche à Rosmunde, fille du roi des Gépides, qui avait succombé sous ses cwups. Bois avec ton père , dit-il un jour à son épouse en lui présentant le crâne de Cunimond dont il s'était fait une coupe. Rosmunde mouilla dans la liqueur ses lèvres tremblantes , mais elle murmura en même temps un serment de vengeance qui fut bientôt accompli. (Thogkos.)

Alboino chiamatu in Ilalia da Narsele e trovando quella in tante parti

divisa , occupa in un tratto Pavia , Milano, Verona , Vicenza, tutta la Toscana , e quasi la maggior parte délia Flamminia, oggi cliiamata Romagna.Talchè parendogli per tanli e si suhili acquisti avère già la viltoria d'Ilalia, celebro in Verona un convilo, eper il molto bere divantato allegro, sendo il teschio di Comando pieno di vino,lo fece presentare a Rosmunda regina, la quale ail' incontro di lui mangiava, dicendo con voce alla, in modo che quella poteste udire, che voleva che in tanla allegrezza la bevesse con suo padre. La quai voce fù corne una ferita nel petto di quella donna, ediliberata di vendicarsi, sappiendo che Almachilde nobile Lombarde giovine e féroce amava una sua ancilla , trallô con quella che celatamente desse opéra che Almachilde, iu suo scambio dormisse con lei. Ed essendo Almachilde, secondo l'ordine di quella, venuto a trovarla in luogo oscuro, credendosi essere con l'ancilla giacè con Rosmunda ; la quale dopo il fatto se gli scopcrse.e mostrogli come in suo arbitrio era o ammazzarc Alboino e godersi sempre lei cil il

icgno, o esser morle da quello corne etupralore clullj sua uioglie. Consenti Aima* childe di ammazzare Alboino, ma dipoi che eglino ebbero morto quello, veggendo coinc non riusciva loro di occupare il regno ; anzi duhilando di non esser morti dai Longohardi per lo amore elle ad Alboino portavano, con lulto il (esoro regio se ne fuggirono a Rayonna. (Machiavei u.)

(8) Sc'gur.

(9) Le royaume des Lombards et l'exarcat de Ravenue divisèrent ine'galcment l'Italie durant une période de deux siècles. J uslinien re'unit les offices et les professions que la jalousie de Constantin avait se'pare's, et dix-huit exarques furent successivement revêtus, au déclin de 1 empire, de toute l'autorité' civile, militaire, et même ecclésiastique, que conservait le prince qui re'gnait à Byzance. Le pays soumis à leur juridiction immédiate, consacré depuis sous le nom de Patrimoine de saint Pierre, embrassait la Romagne actuelle, les marais ou les vallées de Ferrare et de Comuiachio, cinq villes maritimes, depuis Rimini jusqu'à Ancône,et cinq autres villes de l'intérieur, entre la mer Adriatique et les collines de l'Apennin. Les trois provinces de Rome , de Venise el de Naples , séparées du palais de Ravenne par des terrei ennemies, reconnaissaient, soit dans la paix, soit dans la guerre, la suprématie de l'exarque. Il paraît que le duché de Rome comprenait les pays que, dans les quatre premiers siècles après sa fondation, Rome avait conquis dans l'Etrurie, le pays des Sabins el le Latium ; ou en peut clairement indiquer les limites le long de la côte de Civila-Vecchia à Terracine, et, en suivant le cours du Tibre, depuis Améria etNarni jusqu'au port d'Ostie. Celle multitude d'îles répandues de Grado à Chiozza formaient l'empire naissant de Venise ; mais les Lombards, qui voyaient avec une fureur impuissante une nouvelle capitale s'élever au milieu de la mer, renversèrent les villes que celte république possédait sur le continent. La puissance des ducs de Naples était resserrée par la baie et les îles adjacentes, par le terriloii e de Capoue occupé par les ennemis, et par la colonie romaine d'Amalti dont les industrieux citoyens, par l'invention de la boussole, ont découvert à nos regards tuule la face du globe. Les trois îles de Sardaigne, de Corse et de Sicile obéissaient encore à. l'empire, el l'acquisition de la Calabrc ultérieure repoussa la borne des Etals d'Aulharis, de Rcggio jusqu'à l'isthme de Cosenza. Les farouches montât .ii.ii il, de la Sardaigne conservaient la liberté el la religion de leurs aïeux, mais les cultivateurs de la Sicile étaient enchaînés à leur sol fertile. Rome gémissait sous le sceptre de fer des exarques, et un Grec, peut-être un eunuque , insultait impunément aux ruines du Capitule. Mais Naples acquit bientôt le privilège de nommer ses ducs; le commerce amena l'indépendance d'Amalfi, cl l'affection volontaire de Venise pour les empereurs fut enfin ennoblie par une alliance sur le iiirr) d'égalité. L'exarcat occupe ires peu d'espace Mir la carie d'Italie; mais le.

t-icliesses, l'industrie et la population y refluaient alors en abondance. Les pluJ fidèles et les plus précieux des sujets de l'empire avaient fui le joug des Barbares, et ces nouveaux habitans de Ravenne déployaient, dans les dil'f'e'rens quartiers de cette ville, les bannières de Pavie el de Vérone, de Milan et de Padoue. Les Lombards possédaient le reste de l'Italie; et depuis Pa\ie, la résidence du prince, leur royaume se prolongeait à l'orient, au nord et à l'occident, jusqu'aux frontières du pays des Avares, des Bavarois et des Francs de l'Àustrasie et de la Bourgogne. 11 forme aujourd'hui la Terre-Ferme de la republique de Venise, le Tyrol, le Milanais, le Pie'mont, la côte de Gènes, les duchés de Mantoue, de Parme et de Modène, le grand-duche' de Toscane, et une portion considérable de l'Etat de l'Eglise, depuis Pérouse jusqu'à la mer Adriatique. Les ducs, et enfin les princes de Bénévent , survécurent à la monarchie el perpétuèrent le nom des Lombards ; de Capoue à Tarente ils donnèrent des lois plus de cinq cents ans à la plus grande partie du royaume actuel de Naples. (Gibbon, d'après Berelti.)

(10) Il eût pu faire faire beaucoup de mal aux Lombards; il préfera toujours la paix et se contenta de détourner leur glaive long-temps suspendu sur Rome.

(tlj ■ Les rois de ces temps-là , dit M. Thierry dans ses lettres sur l'histoii e de France, véritables chefs des nomades, campaient ou se promenaient à travers les villes de la Gaule, pillant partout sans autre idée que celle d'amasser beaucoup de richesses eD monnaie, en joyaux et en meubles, d'avoir de beaux habits, de beaux chevaux , et enfin ce qui procurait tout cela , des compagnons d'armes bien déterminés, gens de cœur et de ressource, comme s'expriment les anciennes chroniques.

A peu près à celte époque , c'est-à-dire au milieu du sixième siècle , une peste affreuse naquit en Bourgogne et ra\agea plusieurs contrées. Ce fléau se fût étendu bien davantage si les vastes déserts qui couvraient une partie de la Gaule, en interrompant les communications, n'eussent sauvé de la contagion le<; villes du Mord el du Sud.

(t2) A celte époque on garnissait les murs, qui n'étaient que de bois, comme en garnit maintenant de grandes portes, de clous très rapprochés; on les incrustait pour ainsi dire en fer pour les meure à l'abri de la hache. On lit dans Dom Calmet que la ville de Verdun s'appelait la ville des clous, parce que les parots de ses murs étaient recouverts de clous de fer.

J'ai cru devoir rapporter cette anecdote, peu importante d'ailleurs, pour ne rien omellie de ce qui peul faire connaître les u>ages des divers temps que nous parcourons.

(t3) Grégoire de Tours et M. Sismondi m'ont fourni quelques-uns de ces ta-

idéaux; je n'ai trouvé nulle part une peinture plus fidèle et plus forte des mœurs de l'époque. Je répéterai ici ce que j'ai dit plus d'une fois déjà : Il m'eût été impossible de trouver en moi-même et en moi seul toutes les couleurs d'un tableau pareil à celui que j'ai entrepris de tracer; aussi ai-je tout misa profit, depuis les auteurs latins jusqu'aux illustres professeurs qui hier encore faisaient entendre à la Sorbonne leur éloquente parole, depuis les chroniques frankes ou italiennes jusqu'aux recherches de MM. Desmichels et Thierry ; je n'ai rien néglige' pour tout avoir et tout résumer; je n'ai rejeté' que le douteux ou le mauvais. C'était le seul moyen de donner un tableau complet. J'ajouterai encore, et cela c'tait de toute justice, que j'ai rendu à César ce qui appartenait à César. . .

(14) Cette heptarchie e'tait composée de quatre royaumes saxons et trois royaumes angles. Les premiers sont ceux de Kent, Sussex, Wessex et Essex ; les autres Northumberland, Est-Anglie et Mercie. Ils furent tous fondés dans l'espace de temps contenu entre 455 et 584.

(15) Le 10 septembre 570 de l'ère chrétienne.

(16) Islamisme signiGe : résignation à la volonté de Dieu manifestée par ses œuvres. (Conde.)

(17) 632 de l'ère chrétienne.

QUINZIÈME LEÇON

(1) Les Heraclides. Cette dynastie fut suivie par celle des Isauriens.

(2) Délie istorie florentine.

(3) Elle restreignit l'autorité royale dans les comices du 15 novembre 614. . . Pépin d'Héristal, duc d'Austrasie, quoique le plus puissant des maires et des ducs, avait peu de pouvoir sur eux. Les nobles avaient acquis une inde'pendance presque entière, dans le midi surtout. (Sismondi.)

(4) Rien n'était laissé au roi que de se contenter du nom royal, de s'asseoir sur le trône, avec de longs cheveux et une longue barbe, et de représenter l'image de celui qui domine. Il donnait audience aux ambassadeurs, de quelque lieu qu'ils vinssent, et leur faisait à leur de'part, comme de son plein pouvoir, les re'ponses qui lui e'taient enseignées ou même commande'es. A. l'exception de l'inutile nom de roi et des ressources pre'caires de sa subsistance que lui réglait le préfet du palais selon son bon plaisir , il ne possédait en propre qu'une seule maison des champs, et encore d'un très modique revenu, où il avait sa cour composée d'un petit nombre d'esclaves, lesquels lui rendaient les services nécessaires et lui prêtaient obéissance. Partout où il lui fallait aller il voyageait monté sur un chariot traîné par des bœuf», et qu'un bouvier conduisait, à la façon des paysans. Ainsi avait-il coutume de se rendre au palais et à l'assemblée publique de son peuple qui se tenait une fois chaque année pour l'utilité du royaume; ainsi s'en retournait-il chez lui. Mais l'administration de l'Etat, et tout ce qui devait se régler et se faire au dedans comme au dehors, était remis aux soins du préfet du palais.

(Ëginhard.)

(5) En l'an 752, disent les vieilles chroniques latines, Pépin fut élevé au trône par l'autorité et le commandement du saint pape Zacharie, par l'onction du saint chrême qu'il reçut des mains des bienheureux évêques de France, et par l'élection de tous les Francs.

(G) Ëginhard, Annales regum franco rum.

(7) Pépin avait besoin des papes pour s'affermir dans son autorité. Aussi, en montant sur le trône , établit-il un droit moins en faveur de l'église : celui de choisir et de déposer les souverains. 11 plaça sa couronne sous celle sanction du clergé à qui la puissance temporelle fit dès lors jouer un grand rôle.

(Hallam.)

(tf) C'est au moins l'opinion de MM. Sitmondi «t Guizot.

t 9) Sitmondi , Ht si. des Français.

(10) L'anti-pape Constantin.

(l t) Les deux coupables étaient le neveu et le favori de l'arrière-pape auxquels Léon avait été préféré.

(12) Charleraagne , en rétablissant Léon III, augmenta doublement la puissance papale en prononçant solennellement que le pontife, étant vicaire de Dieu, ne pouvait être jugé par des hommes.

Giudicô, dit Machiavelli, che il papa vicario di Dio non polesse essere dagliuomini giudicato.

(13) Lorsque Léon plaça sur la tète du prince une couronne précieuse, l'église retentit de celte acclamation : t Longue vie et victoire à Charles, très pieux, auguste, couronné par la main de Dieu, grand et pacifique, empereur des Romains. ■ On répandit l'huile sur sa tète et son corps, et, d'après l'exemple des Césars, il lut salué ou adoré par le pontife.

(Gibbon, d'après Anastase, Eginhard, Théophane et Muratori.)

(14) Il governo di Venezia preudcva in quesli tempi miglior forma, importanza maggiore, e maggior solidit'a. Convinti i veneli che dalla sola unione délie parti risulta la forza del tulto, abolirono i molliplici Tribuni, che li avevano sin qui governali, ed in una solenne e générale adunanza, convocala in Eraclea dal palriarca di grade, elesseio per reggere Io slalo un capo solo, cui diedero il nome di Duca, o Doge : lo circondarono d'una pompa quasi reale, e gli cinsero una corona, cui chiamarono corona ducale. Il primo ad esser riveslito dell1 augusta novella dignilà fu un cittadino d'Eiaclea, delto Paolo — Luca — Anafeslo, il quale rinomalo si rose per la prudenza, e per la probilà. (Sfobzosi.)

(15) Conde.

(l6) a Au nom de Dieu clément et miséricordieux, le magnifique roi Abdérahman accorde paix et protection à tous les chrétiens de l'Espagne, séculiers ou laïques , ainsi qu'aux habilans de la Caslille. Il promet sur son ame que ce pacte sera fidèlement gardé de sa part, à la charge, par les chrétiens, de lui payer ou livrer annuellement, durant cinq années consécutives, dix mille onces d'or et dix mille livres d'argent, dix mille chevaux et aulant de mulets, mille cuirasses, mille lances et mille épées....»

Fait àCordoue, le 3e jour de la lune de Saler, de l'an 142.»

(17) Esprit de l'histoire.

(18) Préface de V Histoire dp Charles-Quint.

(19) Il ne faut cependant pas meure sur la même ligne tous les conquérans des ciuquième et sixième siècles. Alboin, par exemple, médita son invasion et l'exéouta en habile guerrier.

(20) Celles qui étaient parvenues à se fixer sa trouvaient bientôt obligées de combattre ou de composer avec d'autres, et c'est cette variété de succès, de revers, de traites, d'e'lablissemens, qui a produit une si grande quantité de souverainetés dans un aussi petit espace. (Le comte Ferra».)

(21) Robertson.

SEIZIÈME LEÇON

(1) Ici les preuves abondent malheureusement. Je n'en citerai qu'une : Le pap* Zacharie , lorsqu'on commençait à pressentir l'existence d'un autre monde , nia constamment la possibilité des antipodes et excommuniait ceux qui osaient en douter.

(2) Prédicateurs à la naissance du christianisme, poètes au milieu des ténèbres de l'esprit humain, princes souverains pendant la féodalité, courtisans et hommes du monde au dix-huitième siècle , les évoques ont pris tous les reflets de la société.

(3) Histoire universelle de l'église chrétienne, par M. J. Matter. Nous reviendrons plus tard avec détail sur ce sujet.

(4) Les moines orientaux formaient quatre classes distinctes , suivant qu'ils étaient plus ou moins isolés ou sédentaires. Les cénobites avaient des habitations communes, une table commune, des exercices communs. Des cabanes ou des grottes retirées servaient d'habitations aux ermites qui menaient d'ailleurs une vie beaucoup plus austère. Les anachorètes promenaient leur solitude de désert en désert, prenant leurs repas et leur sommeil partout où les surprenait la faim ou la nuit. Enfin les moines errans, semblables aux anciens prêtres de la déesse de Syrie, voyageaient de contrée en contrée, trafiquant de fausses reliques, vivant aux dépens d'un peuple crédule.

Les pèlerins, qui dès lors accouraient en foule dans la Terre-Sainte, se faisaient aussi un pieux devoir de visiter les cellules du désert. Témoins des austérités que s'imposaient avec joie les sectateurs de la vie éi émilique, ils vinrent les raconter aux chrétiens occidentaux , et leurs récits édifians préparèrent des prosélytes aux apôtres du mysticisme. Bientôt la piété la plus fervente parut tiède et profane toutes les fois qu'elle ne brisa pas les liens et les devoirs de la vie civile pour se livrer sans partage à une oisive contemplation.

(Df.suichels.)

Parmi les cénobites je citerai seulement la vie du père Arsène, racontée avec exactitude et simplicité par un historien de l'Eglise.

Arsène était à la cour gouverneur des fils de Théodose vers la dernière année du quatrième siècle.

Arcade, l'aine des deux princes, ne fit aucun progrès sous un si bon maître. Faible de complexion et laid de figure, l'oeil éteint et le regard désagréable, il

n'était pas moins disgracié d'esprit que de corps ; et si son naturel lâche et paresseux avait peu de pente au vice , il n'avait pas plus de disposition à la vertu et aucune des qualités convenables au trône. Quoique assez bon et fort doux, ou fort apathique habituellement, un jour qu'il reçut une correction humiliante, il s'abandonna à un dépit si violent qu'il résolut la mort de son précepteur ; mais Arsène ne tarda pas à en être instruit. Peu louché des honneurs il n'aspirait qu'au momen t de s'y dérober; il se persuada volontiers que l'heure en était venue. S'élant mis en prière pour s'assurer encore davantage de la volonté de Dieu, il crut entendi e une voix qui lui disait : Arsène, fuis le fa5le et le tumulte du monde; tu trouveras la roule du salut. Il s'embarqua aussiik fort secrètement pour Alexandrie et passa de là au désert de Scété où il embrassa la vie monastique.

On ne sut le lieu de sa retraite qu'après la mort de Théodose. Alors Arcade lui écrivit une lettre touchante pour lui demander pardon du mauvais dessein qu'il avait conçu contre lui ,• en même temps il se recommanda instamment à ses prières comme à un ami de Dieu, et lui offrit la disposition de tous les tributs de l'Egypte pour les distribuer aux monastères et aux pauvres. Arsène, qui ne voulait entretenir aucune communication avec le siècle, ne récrivit point à l'empereur, mais il lui fit dire : Je prie le Seigneur de nous pardonner nos péchés à l'un et a l'autre ; quant à la distribution de vos largesses et à toutes les affaires temporelles je suis déjà mort et ne puis m'en occuper. Il soutint ce détachement en toutes choses jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quinze ans qu'il atteignit, c'est-à-dire pendant cinquante-cinq ans, puisqu'il n'en avait que quarante en quittant la cour. Quand il l'habitait personne n'y figurait avec plus de dignité que lui, et personne ne fut vêtu plus pauvrement dans le monastère. Il se réduisit à un tel point d'indigence, qu'ayant besoin de quelque linge dans une maladie , on lui donna par charité de quoi en acheter. 11 dit alors avec action de grâce : Soyez béni , Dieu fait pauvre pour nous, de m'avoir admis à la participation de votre glorieuse pauvreté. Peu après, ayant reçu le testament d'un de ses parens qui était sénateur et qui lui laissait une très riche succession , il n'en voulut pas recevoir la moindre chose. Il s'occupait, comme le dernier des frères, à faire des nattes de palmier, et il ne quittait le travail des mains qui durait règlement jusqu'à midi que pour donner le reste de son temps à la prière, si toutefois sa vie n'était pas tout entière une fervente oraison ; car, même en travaillant, il était obligé d'avoir un mouchoir dans son sein pour élancher les larmes de componction qui coulaient si continuellement de ses yeux qu'elles lui firent tomber tout le poil des paupières. 11 ne changeait qu'une fois par an l'eau où trempaient les feuilles de palmier qu'il mettait en ceuvre, afin de se punir, par cette mauvaise odeur, de la sensualité qu'il avait eue, disait-il, à faire dans le monde usage des parfums. Il priait durant la nuit avec une

d'ardeur et d'assiduité qu'il accordait à peine quelques momens au sommeil, veM le matin, en gémissant beaucoup de cette infirmité' de la nature. Souvent il passait les nuits entières sans sommeiller un instant. Tous les samedis, au moins, il se mettait en prière sur le soir , le dos tourne' au soleil , et il demeurait dans la même posture, les mains élevées vers le ciel, jusqu'à ce que le soleil levant vint interrompre sa contemplation en lui donnant sur le visage. 11 tenait pour principe que c'était assez pour un solitaire de dormir une heure. Pour sa nourriture il ne consommait par an , même avec les personnes qui le venaient voir , que la petite mesure de blé que les Egyptiens nommaient tkallis.

C'était, ajoute Bercastel, à qui se corrigerait le plus soigneusement des moindres défauts dans ces écoles de perfection si nombreuses et si justement vantées. Voici quel était le régime et la manière de vivre parmi ce peuple de saints, dont les mœurs , retracées avec exactitude, ne peuvent manquer de plaire eu édifiant. Le pain et l'eau faisaient leur nourtiture ordinaire ; après de longues expériences ils l'avaient préférée h celle des légumes et îles fruits qu'on mangeait auparavant sans pain. Le leur était du biscuit, et la quantité par jour une livte romaine, c'est-à-dire douze onces, en deux petits pains égaux, dont ils mangeaient l'un à noue ou à trois heures, et l'autre le soir Les jours où il n'était pas jeûne, comme les dimanches et le temps pascal, le premier repas se prenait à midi, niais on n'excédait jamais la mesure de pain prescrite pour chaque jour. En certaines solennités, ou à la réception des hôtes, on ajoutait au pain ce qu'ils appelaient des douceurs. Mais voici en quoi elles consistaient, au rapport de l'abbé Cassien qui avait parcouru toutes ces lices évangéliques avant d'en établir, à leur imitation, dans les Gaules. Il raconte que, se trouvant à la laure de Celles, entre Nilrie et Scété, l'abbé Sérène, vanté par sa pureté évangélique, le traita un dimanche avec les frères et leur donna une sauce avec un peu d'huile et de sel l'iit, liois olives à chacun, cinq pois chiches, deux prunes et une figue. 11 observe cependant qu'on ne prescrivait pas les mêmes austérités à tout le monde, mais qu'on avait sagement égard à l'âge, au sexe , à la force de chacun

C'étaient là les sages. Nous avons eu occasion de parler ailleurs des exagérés et des fous.

(5) C'est ainsi que fut fondé à Nîmes le monastère de SaintFauslin dont c:attribua les fondations à saint Castor, évêque d'Api.

/ Milève en 416,

(6) Les conciles de. . . < Carthage en 416,

\ Carthage en 418.

Les empereurs Honorius , Théodose II, Constance , etc.

(7) Pluquet apud Theod, Dial- in confusus. eonc. const.

(8) Enfin on déclara Eutychès innocent, on le rétablit dans la communion ecclésiastique et dans la supériorité de son monastère. Dioscore dit analhème à l*evêque de Dorylée , puis au patriarche de Constantinople ; en tombant en cou- 'radiction avec lui-même, après avoir fait statuer, le moment précédent, qu'on ne traiterait point de la foi, il demanda si c'était une proposition tolérable que d'attribuer deux natures à J.-C. après l'union. Tous les évèques qui lui étaient attache's s'écrièrent : Que celui qui parlera de la sorte soit analhème. Onésiphore d'Icône, avec quelques autres , se jetèrent à ses pieds, en le conjurant de bien penser à ce qu'il faisait. Il s'avança sur les degrés de son tribunal , et dit avec emportement que , quand on devrait lui couper la langue , il ne prononcerait jamais rien autre chose. Alors diiférer.s évèques se mirent en devoir de faire des protestations.

Aussitôt il proféra ces mots: Où sont les comtes? A ce cri de guerre on vit entrer et se répandre de toute part une multitude de gens armes; d'autres portaient des fouets, des chaînes et des bâtons. Les moindres menaces e'taient celles de la déposition et du bannissement pour quiconque refuserait de souscrire. Plus furieux que les soldats, les moines d'Eutychès et du féroce Barsumas, criaient à pleine voix: Que ion coupe en deux celui qui divise le Christ en deux nature*; qu'on brûle tout vif le faux pasteur, h loup de Dorylée.

On ferma les portes. Tout le monde frissonnait d'effroi dans l'attente de ce qui devait arriver. La plupart des évèques signèrent lâchement, entre autres Domnus d'Antioche, qui vérifia ainsi le présage ou plutôt la prophétie de saint Eulhvmius. Juvénal de Jérusalem , Etienne d'Ephèse , Thalassius de Césarée , donnèrent le même scandale en abhorrant de même l'impiété dans le foud de leur cœur. Le patriarche Domnus se rétracta aussitôt et fut déposé. On ne parle plus de lui depuis cet événement ; mais on croit qu'il retourna au monastère de Saint-Eulhymius et qu'il y termina, peu après, sa carrière.

(BÉraclt-Bercastel.)

Ce ne fut pas l'événement le plus important du concile d'Ephèse. Dioscore y ut une sentence de déposition contre Flavien et Ephèse qui s'étaient servis d'une profession de foi autre que celle du concile de Kicée. Quelques légats s'opposèrent k la déposition, et plusieurs évèques se jetèrent aux pieds de Dioscore pour l'engager à supprimer cette sentence. Il leur répondit que, quand on dexrail lui couper la langue , il ne dirait pas autre chose que ce qu'il avait dit; et comme il vit que ces évèques demeuraient toujours à genoux , il fit entrer dans l'église le proconsul, avec des chaînes et un grand nombre de soldats et de gens armés. Tout était plein de tumulte; on ne parlait que de déposer et d'exiler tout ce qui •/obéirait pas k Dioscore. On ferma les portes de l'église, on maltraita, on battit,

on menaça de déposer ceux qui refuseraient de signer la condamnation de Flavien, ou qui proposaient de le traiter avec douceur; enfin , un évèque déclara que Flavien et Ensèbe devaient non-seulement être déposés , mais il les condamna formellement à perdre la tête.

Flavien fut aussitôt foule' aux pieds et reçut tant de coups qu'il mouru peu de temps après. {Conc. t. W ; cons. const. — Zonar, Niceph. — Léo, etc.)

(9) ■ Chrislus ejusdem cura paire subslanli» est secundum deitatem, ejusdem substanliœ et similis nobis secundum humanitatem , demplo peccato. •

(Conc. de Chalcédoine.) (.10) Les Eulychiens examinèrent si le corps de Je'sus-Cbrist transpirait, s'ilavait besoin de se nourrir; ils se partagèrent sur cette question, tandis que Thimotée recherchait si, depuis l'union de la nature divine et de la nature humaine, Jésus- Christ avait ignoré quelque chose.

Des moines Scythes, pour exprimer plus clairement contre les nestoriens l'union de la nature divine et de la nature humaine , prétendirent qu'on devait dire qu'un de la Trinité avait souffert , et qu'il était nécessaire de faire de cette proposition une formule de foi. (Piuquet.)

(il) Il serait inexact de dire que ces deux questions furent seules agitées pendant les sixième, sep'ième et huitième siècles; mais elles furent seules réellement importantes. Une multitude de disputes théologiques se succédaient sans relâche à cette époque où la politique se trouvait tout entière dans les conciles, les monastères , l'orthodoxie et l'hérésie. Ainsi , l'henoticon de Zenon , le trisagion, les persécutions de Juslinien (sur lesquelles nous reviendrons plus tard), la controverse monothelite, l'echtèse d'Héraclius, le type de Constant, les jacobites, les maronites, etc. , précédèrent l'introduction, le culte et les longues querelles des images qui mérileut seules de nous occuper.

(12) Parmi les preuves nombreuses que je pourrais citer, je choisirai les suivantes :

Le 22 juin 431 à la suite de la condamnation du nestorianisme au concile d'Éphèse ; l'hérésiarque fut dégradé du rang d' évèque et de ses dignités ecclésiastiques. Le décret où on le qualifiait malignement de nouveau Judas fut proclamé et affiché dans les carrefours d'Éphèse. Lorsque les prélats fatiçués sortirent de J'église de la Mère-de Dieu , on les salua comme ses défenseurs; et, durant toute la nuit, des illuminations et des chants célébrèrent tumultueusement sa victoire. Le cinquième jour, l'arrivée et l'indignation des évêques d'Orient dérangèrent ce triomphe. Dans une chambre de l'hôtellerie où il venait de descendre, et avant, pour ainsi dire , d'avoir essuyé la poudre de ses souliers, Jean d'Antioche donna audience à Candidien , minisire de l'empereur; celui-ci lui raconta ses vain» ef-

forts pour prévenir ou rendre nulles les violences précipitées de saint Cyrilie. Avec la même pre'cipitalion et la même violence , un synode de 50 évêques d'Orient dépouilla saint Cyrille et Memnon de leur qualité' d'évèques , déclara que les douze anathèmes renfermaient le plus subtil venin de l'hérésie des ipollinaristes , et peignit le primat d'Alexandrie comme un monstre né ou nourri pour la destruction de l'Eglise. Son siège était éloigné et inaccessible; mais on résolut de faire jouir sur-le-champ le peuple d'Ephèse du bonheur d'être gouverné par un pasteur fidèle. Mais , par les soins de Memnon , les églises furent fermées ; une garnison nombreuse fut jetée dans la cathédrale. Les troupes marchèrent à l'assautsous les ordres de Candidien ; les gardes avancées furent mises en déroule et passées au fil de l'épée ; mais les postes étaient imprenables. Les assiégeansse retirèrent, et, poursuivis par ceux qui étaient dans la cathédrale, ils perdirent leurs chevaux et plusieurs des soldats furent grièvement blessés à coups de pierres et de massues. Des cris forcenés et des actions de fureur, la sédition et le"sang souillèrent la ville de Sainte-Vierge. Les synodes rivaux s'accablèrent réciproquement d'anal hèmes et d'excommunications; et les récits contradictoires des factions de Syrie et d'Egypte embarrassèrent le conseil de Théodose. L'empereur, qui voulait apaiser celte querelle théologique , employa durant trois mois toutes sortes de moyens, excepté le plus efficace de tous, celui de l'indifférence el du mépris. Il voulut e'carter ou intimider les chefs au moyen d'une sentence qui aurait également acquitté ou condamné les uns et les autres ; il revêtit de pleins pouvoirs ses représentans à Éphèse, et leur donna des forces militaires capables de les soutenir. 11 manda huit députés des deux partis pour conférer librement et légalement aux environs de la capitale , loin de la frénésie populaire , toujours contagieuse ; mais les Orientaux refusèrent d'obéir à cet ordre, et les catholiques, enorgueillis par leur nombre et par l'appui des Latins, rejetèrent toute espèce d'union ou de tolérance. Théodose, poussé à bout malgré sa douceur naturelle, prononça, en colère, la dissolution de ce synode lurr.ullueux, qui, à la dislance de treize siècles , se présente à nous maintenant sous le respectable nom de troisième concile œcuménique, c Dieu m'est témoin, dit ce prince religieux, que je n'ai aucune part à ce désordre. La Providence désarmera et punira les coupables. Retournez dans vos provinces, et puissent vos vertus privées réparer les maux et les scandales qu'a produits voire réunion! i Les e'vèques retournèrent en effet chez eux; mais les passions qui avaient troublé le concile d'Ephèse se répandirent dans tout l'Orient. Jean d'Anlioche et saint Cyrille d'Alexandrie, après trois campagnes où ils se combattirent avec opiniâtreté et avec des succès pareils, voulurent bien s'expliquer et faire la paix ; mais on doit attribuer leur apparente réconcilia-

lion à la prudence plutôt qu'à la i nitoii , à une lassitude naturello plutôt qu'à la vharilé chre'lienne.

(13) Il est question des images pour la première fois dans la censure du concile d'Illiheres, 300 ans après Père chre'tienne.

(14) < Nec intelligunl, dit l'un d'entre eux, nec intelligunt homincs ineptissimi quod, si senlire simulacra et moveri possent, adoratura hominem fuissent a quo mnt exposita. • {Div. inst.')

(15) Voyez, dans les ouvrages authentiques ou supposes de saint Jean-Damascène , deux passages sur la Vierge Marie et sur Luc, que Gretser a oublies , et dont Beausobre , par conséquent , n'a pas fait mention.

(16) Bercastel. — Pluquet, d'après The'ophane, Gibbon d'après Spanbeim, etc.

(17) La querelle des images a trouve' dans ses historiens des opinions bien diverses , selon qu'ils étaient habilans du Nord ou du Midi de l'Europe, selon leur croyance religieuse et leurs idées philosophiques. Nous avons eu occasion de voir dans le cours de ces notes l'opinion de Gibbon , Bercastel, Pluquet, Desmichels, Guizol, Fleury; Hallam , etc. Voici comment s'exprime l'Allemand Bonstetlen: « Dans son origine, la religion chre'tienne tenait du mysticisme; elle n'e'lait alors nue le culte des cœurs et l'amour de son semblable, surtout de son semblable souffrant et opprime; voilà pourquoi les réformateurs prétendaient n'èlre pas novateurs. En effet , ils ne firent que retrancher des branches parasites que le soleil du Midi avait fait croître. Ce fut le développement de la raison qui produisit les re'formes par le retranchement des abus. »

Nous n'ajouterons rien à ces réflexions dictées sans doute par la raison , mais que la raison siule n'a pas inspirées.

DIX-SEPTIEME LEÇON

(1) Voyez, dans les pre'ce'denles leçons qui trailenl de l'Église , les violences, exercées contre les ariens, les donaiisles, les pélagiens , les priscillianisles . eic.

(2) Je joindrai a cette première donne'e la suite exacte des principaux conciles qui se sont tenus depuis la venue du Christ jusqu'à l'avènement de Charlemagne, avec le sommaire très succinct de l'objet de la réunion ou des de'cisions qui en sont émanées; on y retrouvera la substance de bien des faits dont j'ai eu occasion de parler avant cette séance.

Concile de Jérusalem célébré par les apôtres, le premier et le modèle des conciles généraux. Comme il y avait diversité de senlimens sur une matière importante, les apôtres et les premiers pasteurs se rassemblent en aussi grand nombre que possible. Le prince des apôtres préside à l'assemblée; il propose la question, on délibère mûrement et avec liberté ; il dit le premier son avis, mais il n'est pas le seul juge. La décision fondée, sur les monumens de la révélation divine , formée par le concert des suffrages envoyés aux Eglises particulières , y est donnée et reçue, non comme un jugement humain, mais comme un oracle du Saint-Esprit. Elle déchargeait des observances mosaïques les Gentils qui embrassaient l'Evangile, leur défendait les souillures de l'idolâtrie et de la fornication réputée presque indifférente par les idolâtres , et leur faisait une loi positive de s'abstenir du sang et des viandes suffoquées.

Les canons dits des apôtres et le» constitutions apostoliques , quoique fort anciens, ne sont point des apôtres.

Les lettres attribuées aux papes qui précédèrent saint Sirice , excepté la première épitre de saint Clément aux Corinthiens , ne sont pas non plus des pontifes dont elles portent les noms , ou n'ont au moins aucun caractère d'autorité. Plusieurs coutiennent des règles de discipline inconnues aux premiers siècles , et la plupart ont été' fabriquées dans le huitième ou le neuvième.

152. C. de Pergame , qui condamne les colorbassiens , espèce de valenliniens.

1 7 3. C. d'Hieraphes en Phrygie , pour condamner Montan , Théodore et leurs sectateurs.

196. C. de Rome, de Césarée en Palestine, du Pont , de Corynlhe , d'Osrocnc et de Lyon, pour faire célébrer la pàquc le dimanche d'après le 14 de la lune <U> mars.

197. C. de Rome sous le pape saint Victor, contre les asiatiques quartodéeimaiis.

1 97. C. de Lyon, où Ton confirma l'usage contraire à celui des quartode'ciiii.iiis , et on l'on exhorta ne'anmoins le pape Victor, à la modération envers les asiatiques.

217. C. de Carthage , qui défend de nommer un ecclésiastique pour tuteur ou pour curateur.

23 1. C. d'Alexandiie, où Origène fut condamné pour s'être mutilé.

242. C. de Bostre ou de Philadelphie, contre Berille qui faisait de Jésus-Christ un pur homme.

245. C. d'Éphèse, contre Noêt qui niait la distinction des personnes divines.

248. C. d'Arabie, contre ceux qui soutenaient que les âmes mouraient et ressuscitaient avec les corps.

250. C. d'Achaîe, contre les valésiens qui se faisaient eunuques.

251. Quatre conciles de Carthage, sous saint Cyprien, contre les schismatiques et pour le règlement de la pénitence.

Deux conciles de Rome, sous le pape saint Corneille , pour la confirmation des canons pénitenliaux de Carthage et pour la réunion des confesseurs. 256. C. de Rome contre les rebaptisans.

300. C. d'Elvire, à qui Ton attribue quatre-vingt-un canons pénitentiaux, tirés vraisemblablement de plusieurs conciles.

301. Deux conciles d'Alexandrie contre Mélèce. 305. Idem. Idem.

305. C. de Cirleou Zetle, où plusieurs évèques traditeurs se donnèrent réciproquement l'absolution.

312. C. de Carthage, qui élut pour ce siège Cécilien, dont la déposition, faite peu après par les évèques de ISumidie , donna lieu au schisme des donalistes.

31 3. C. de Rome contre les donalistes.

314. C. d'Arles, assemblé de tout l'Occident, contre les donalistes.

3 14. C. d'Ancyre , remarquable par ses canons, et parce qu'il y est parlé des corévèques pour la première fois.

31 5. C. de Néocésarée , pour la discipline.

Trois conciles d'Alexandrie , sous saint Alexandre , contre Arius et ses sectateurs , dans le troisième , tenu par Osius , on condamna aussi les colluliens qui prétendaient que Dieu n'est point l'auteur du mal physique.

325. C. de Nicée , compté pour le premier concile général. Osius y présida , au nom du pape Sylvestre. On y définit la consubslantialilé du fils de Dieu avec son père ; on anathématisa Arius el ses sectateurs; on y réunit à l'Eglise la plu-

part des méléciens, on fixa la pàque au dimanche d'après le 15 de la pleine lune de mars; Ton dressa vingt canons de discipline.

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