G. de Rome , contre les ennemis des saintes images
742. C. de Germanie, le premier de Fiance el d'Allemagne qui soit daté a*
h e'c de l'incarnation.
743. C. germanique (probablement Je Raiisbonne), qui fui préside par le légat saint Boniface. Ou y défendit aux ecclésiastiques d'aller à la guerre, exceptr à ceux qui suivent l'armée pour r faire l'office divin , célébrer la messe et porteries reliques des saints... Que chaque préfet (ou colonel) ait un prêtre pour juger des péchés de ceux qui se confessent et pour leur imposer pénitence. On voit par ce concile qu'il y avait alors des aumôniers pour confesser les soldats. 11 y est également parlé d'évèques , de prêtres et de cbapelains pour le prince.
743. C. de Rome du 22 mars; c'est le premier acte romain qu'on trouve daté du règne des rois lombards.
745. Autre concile germanique sous Carloman , par saint Koniface. Cn v déposa Gévilieb de Mayence , qui avait commis un homicide , et on y examina plusieurs clercs hérétiques séduits par Adalbert et Clément.
745. C. de Rome où le papeZacharie dépose, du sacerdoce, Adalbert et Clément , avec anathème.
753. C. de Metz, où l'on trouve des statuts en matière civile, parce que l'assemblée était mixte.
756. C. de Compiégne , sous la présidence de George et Jean , légats du Saint-Siège. Ce concile était composé des évèques et des seigneurs , suivant l'usage de ce temps-là , et où l'on traitait ensemble des choses temporelles et spirituelles. 769. C. de Rome, où l'on anathématisa le faux concile tenu à Conslanlinople en 754, contre les saintes images, par trois cent trente-huit évèques iconoclastes. La date singulière de ce concile romain , conçue en ces termes , sous le régne de la sainte Trinité , sans faire mention des années de Conslanlin-Copronvme , fait voir que l'auloiité de cet empereur n'était plus reconnue à Rome , apparemment à cause de son hérésie publique et de sa cruelle persécution.
779. C. de Duren dans le duché de Juliers , le premier où il soit fait mention en Allemagne de la dîme proprement dite , comme d'une dette envers le clergé. 785. C. ou assemblée mixte de Paderborn , où Charlemagne donne à la Saxe sa forme ecclésiastique et civile.
787. Septième concile œcuménique, deuxième de Nicée. L'impiété des iconoclastes y fut anathémalisée par trois cent soixante-dix-sepl évèques, présidés par les légats du pape Adrien.
792. C. de Raiisbonne, où Félix d'Urgel , convaincu d'erreur, est condamné , puis envoyé à Rome vers le pape Adrien pour y rendre compie de sa foi. Là cet e'vêque confessa et abjura son hérésie dans l'église de Saint-Pierre, elle pape le renvoya chez lui à Urgel , en Espagne.
794. C. de Francfort , de tous les évèques de Germanie , de France , d'Aquitaine, et deux représentais de l'Italie. On y condamna l'hérésie d'Elipand de Ti |
et Je Félix d'Urgel , louchant la qualité de fils adoptif de Dieu qu'ils attribuaient à Jésus-Christ. On y rejeta aussi , mais par une pure erreur de fait , l'adoration proprement dite que Ton crut avoir e'te' décernée aux saintes images par lo septième concile.
79G. C. de Frioul, contre deux erreurs : la première qui faisait procéder le Saint-Esprit du Père seulement; la seconde, qui divisait J.-C. en deux fils , l'un naturel et l'autre adoptif.
799. C. d'Aix-la-Chapelle. Félix d'Urgel , après y avoir abjuré de nouveau ses erreurs , y fut déposé à cause de ses rechutes.
800. C. de Rome , où Charlemagne est élu empereur des Romains.
(3) Le mot Filioque y fut seul ajouté plus tard par les Espagnols et accepte pat l'Église.
(4) !,a fameuse dispute des trois chapitres a rempli plus de volumes qu'elle ne méritait de lignes. Trois siècles s'étaient écoulés depuis que le corps d'Origène était devenu la pâture des vers; son ame , dont il avait enseigné la préexistence, était entre les mains de son Créateur; mais les moines de la Palestine lisaient avidement ses écrits. L'oeil perçant de Justinien y aperçut plus de dix erreurs de métaphysique, et, de compagnie avec Platon et Pythagore , le docteur de la primitive Eglise fut dévoué par le clergé à Y1 éternité du feu de l'enfer, dont il avait osé nier l'existence. Sous le masque de cette condamnation , on portait un coup perfide au concile de Chalcédoine. Les pères avaient entendu sans impatience l'éloge de Théodore de Mopsuesle , et leur justice ou leur indulgence avait rendu la communion des fidèles à Théodorel de Cyrrhe et à Ibas d'Edesse; mais le nom de ces évoques de l'Orient était entaché du reproche d'hérésie. Le premier avait été le maître de ISeslorius , et les deux autres étaient les amis de cet hérétique. Les passages les plus suspects de leurs écrits furent dénoncés sous le titre des trois chapitres , et la flétrissure imprimée à leur mémoire compromettait nécessairement l'honneur d'un concile dont le monde catholique prononçait le nom avec respect , ou du moins avec les apparences du respect. Cependant si ces évêques , innocens ou coupables , se trouvaient anéantis dans la nuit éternelle , les clameurs poussées sur leur tombeau un siècle après l'époque de leur mort ne pouvaient guère les éveiller ; si , dans une autre hypothèse , ils étaient déjà dans , les mains du démon , l'homme ne pouvait plus ni aggraver ni adoucir leurs tourinens; et enfin s'ils jouissaient , dans la société des saints et des anges, de la récompense due à leur piété, ils devaient sourire de la vaine fureur des insectes ihéologiques qui rampaient encore sur la surface de la terre. L'empereur des Jîoiuain.-. le plus acharné de ces insectes, dardait son aiguillon et lançait son
veuin , peut-être sans apercevoir les motifs de Théodora et des ecclésiastiques de sa faction. Les victimes n'étaient plus soumises à son pouvoir, et ses e'dits , avec toute la véhémence de leur style , ne pouvaient que proclamer leur damnation et inviter le clergé de l'Orient à se réunir à lui pour les accabler d'imprécations et d'analhèmes. Les prélats de l'Orient hésitèrent à se réunir à leur souverain sur cet objet; on tint à Constanlinople le cinquième concile général, auquel assistèrent trois patriarches et cent soixante-cinq évèques, et les auteurs ainsi que les défenseurs des trois chapitres furent séparés de la communion des saints et livrés solennellement au prince des ténèbres.
(Gibbon , d'après les actes originaux des conciles.)
Il y a toujours dans les écrits de Gibbon une nuance d'amertume ou de sarcasme contre laquelle il faut se tenir en garde , mais s'il est exagéré ou partial dans ses réflexions, il ne fausse jamais les faits... ' (5) Ibbas , évèque d'Edesse, Théodore! de Cyrrha , Théodore de Mopsuesle.
(G) Voyez la douzième et la seizième leçon. On pourrait ajouter à la nomenclature de cette hiérarchie et la rendre plus complète. Il y avait en effet au cinquième siècle les ostiarii, gardiens des édifices, leslecteurs, les acoljrthes , les para* bolani ou garde-malades, les kopiati ou lecticarii , ouvriers aux funérailles , etc.; et puis dans une autre sphère d'autorité, les sous-diacres, les diacres, les archidiacres, les prêtres, les chorévèques , les évèques, les patriarches, et enfin les papes. Ces derniers , au dire de quelques historiens de l'Eglise , ont existé depuis J.-C. sous le litre d' évèques de Rome, et, d'après quelques autres, ils n'en ont eu le titre et l'autorité qu'après le concile de Chalcédoine qui fixa les rangs des patriarches chefs de l'Eglise et donna le premier à celui de Rome. Toujours est-il qu'à dater des premières années du sixième siècle ils eurent seuls le nom de pape et qu'ils joignirent à cette distinction celle de qualifier leur siège d'apostolique. Leur véritable souveraineté date de là , car dès lors leurs décisions furent sans appel.
(7) Saint Grégoire est celui de tous les papes dont il nous reste le plus d'écrits, sans y comprendre les commentaires sur le Livre des Rois et sur le Cantique, que l'on croit être de Claude , abbé de Classe, quoiqu'ils se trouvent entre les œuvres de saint Grégoire. Cet abbé écrivit de mémoire ce qu'il avait appris du saint docteur, non-seulement sur le Livre des Rois , mais sur le Pentateuque , les Prophètes et les Proverbes. Le saint trouva qu'il avait altéré son sens eu beaucoup d'endroits , et il fit retirer les écrits à la mort de Claude , ce qui n'a point empêché qu'on ne les glissât par la suite dans la collection des œuvres de ce saint pape. Ceux que composa incontestablement saiut Grégoire sont les morales sur Job, divisées en trente-cinq livres; vingt-deux homélies sur Ezéchiel , quarante sur les Evangiles , quatre livres de dialogues , et douze de lettres. L'Autiphonairc
et le Sacramentaire sont aussi tout entiers de lui , excepte' quelques addition qu'on y a faites , comme il est ordinaire dans ces sortes d'ouvrages. Le style de ce père , et surtout sa diction , se sentent du mauvais goût de son siècle; m > ~ ce défaut est avantageusement compense' par l'onction divine qui fait le caractère de son e'loquence.
On conserva, avec son corps , son pallium , sa ceinture et un reliquaire qu'il portait au cou , et qu'on présume lui avoir tenu lien de la croix pastorale que portent nos e'vêques. Ce n'est qu'une boite d'argent extrêmement mince , et qui montre, comme tout ce qui était h l'usage du saint, la simplicité' et la pauvreté' e'vangélique d'un pontife, si grand toutefois et si magnifique dans ses libe'ralile's. 11 s'était fait peindre dans son monastère de Sainl-Andre' , pour que la vue de son portrait rappelât plus long-temps à ses moines l'esprit de ses leçons et de leur profession.
Le diacre Jean , qui avait vu ce tableau , nous a laisse', d'après ce monument. la peinture suivante de saint Grégoire. Il était d'une grande taille , avait le tour du visage mitoyen entre la longueur et la rondeur, les cheveux assez noirs et frise's , le devant de la tète chauve avec deux petits toupets , la couronne grande, la barbe médiocre , le front beau , la physionomie noble et fort douce. Son vêtement consistait en une planète ou chasuble de couleur de châtaigne , une dalmatique avec le pallium entortille autour des e'paules et pendant sur le côte. Le diacre Jean ajoute qu'on avait coutume de peindre le Saint-Esprit en forme de colombe sur la tète de ce père , tant on était convaincu de l'assistance, qu'il en recevait, et dont l'onction divine se rend encore sensible dans la lecture de ses œuvres: e'crits pleins de lumière et de chaleur, d'une doctrine toujours exacte, contenant presque eux seuls tout l'ensemble de la religion , les ve'rite's de In foi et de la morale dans leur plus grande pureté'.
' Tel fut, dans l'ordre des temps, le dernier de ces quatre pères qu'on a cru pouvoir comparer aux quatre e'vangélisles ; et tel, dans l'ordre du me'rile , un des plus illustres docteurs extraoi dinairement suscite's pour re'pandre sur tous les siècles à venir les lions lumineux du bel âge de l'Eglise , auquel il conserva, jusqu'à la fin du sixième siècle, celte qualification honorable. (Ber-Bebc .) o a •;., diac.)
(8) Les e'vêques patriarches de Borne ou papes renversèrent peu à peu le système de gouvernement provincial sous l'autorité des métropolitains ; c'e'tail le premier objet de leur plan d'usurpation. Ils commencèrent cette reforme par la province d'IUyrie, qu'ils annexèrent en quelque sorte à leur palriarchat , en n'y permettant la consécration d'aucun évèquc sans leur consentement. Ce premii i empiétement eullieuavanilafin du quatrième sièelei Leurs progrès po»te'rieùrs furent cependant très lents C'est vers le milieu du sixième siècle que nous les voyous pou
1« première fois confirmer les élections des archevêques de Milan. Ils parvinrent aussi par degrés , malgré beaucoup d'opposition et quelques tentatives sans succès, à exercer une juridiction d'appel dans les causes des évèques déposés ou censurés par les conciles provinciaux. Ce droit parait , il est vrai, leur avoir été accordé jusqu'à un certain point par un concile très ancien , celui tenu à Sardique en 349. Les canons de ce concile , si toutefois nous pouvons y ajouter foi , permettaient au pape d'ordonner la révision du procès, mais non pas d'annuler la sentence. Valenlinien III, à la sollicitation de Léon-le-Grand, l'un des pontifes les plus ambitieux , alla beaucoup plus loin ; il accorda au Saint-Siège une suprématie de juridiction presque absolue. Mais les Métropolitains n'étaient pas disposés à abandonner leurs prérogatives ; et , au fond , l'autorité des papes n'avait fait de progrès bien remarquables ni en France , ni peut-être ailleurs qu'en Italie , avant le pontificat de Grégoire 1er.
(Hallasi, d'après Dupin, Saint-Marc , Fleury et de Marca.)
(9) On trouve dans les Fausses Décrétâtes la lettre d'un ancien pape, véritable manifeste de la puissance pontificale. 11 suffit d'en extraire quelques articles. 1° Il est fait défense au peuple déjuger l'évèque ; l'évèque n'a que Dieu pour juge et Dieu n'a que le pape pour vicaire; donc le pape seul a qualité pour juger l'évèque ; 2o les patriarches et les primats , qui sont au-dessus des métropolitains , doivent eux-mêmes en référer à l'autorité apostolique ; 3° il est fait défense aux archevêques, s ils n'en ont reçu le caractère des successeurs des apôtres, de s'intituler primats ; ils ne sont que métropolitains. Si l'un d'eux s'arroge le droit de juridiction, il sera repris, et s'il persiste, dénoncé au Saint-Siège; 4° toute assemblée est illégale , tout concile nul , si un envoyé de Rome , un légat n'était présent.
(10) Ne pouvant donner, dans le cours de ces leçons, tous les détails qui pourraient éclairer mon sujet , j'y supplée par des notes que le lecteur n'est tenu de lire qu'autant qu'il veut y puiser quelque instruction. J'ai déjà donné le relevé de divers conciles qui se sont tenus pendant la période dont nous nous occupons; voici celui des papes de la même époque , jugés par Malebranche d'une manière à la fois brève et piquante.
An 37. Saint Pierre, prince des apôtres et premier chef de l'Eglise de J.-C. en terre , prouva la vérité de l'Evangile par l'éclat de ses vertus , la force de sa doctrine et la grandeur de ses miracles ; il fonda l'église d'Antiocbe.
C7. Saint Lin , premier successeur de saint Pierre, gouverna l'Eglise en qualiu de vicaire de J.-C. Il la conduisit dans un temps qu'elle était cruellement1 | cutée , cl l'arrosa de son sang par un glorieux martyre
78. Saint Clette lui succéda durant la persécution que Domitien excita contre l'Eglise; après avoir fait tout ce qu'on pouvait attendre d'un saint pasteur, il perdit la vie pour la de'fense de l'Evangile.
91. Saint Clément, 1er de ce nom , lui succe'da. Sous son pontificat Domitien excita la seconde perse'cution de l'Eglise. Clément établit sept notaires dans Rome pour recueillir les actes des martyrs, et mourut martyr.