DÉPÔTS LACUSTRES
loiirbe égalemeni coquillières. Sur le côté opposé de la coupe, une marne calcaire blanche, coquiilière, renferme aussi desosd*éléphant, de bœuf et de daim. Elle est recouverte par un lit de tourbe que surmonte une couche d'argile bleue avec coquilles lacustres. A Grays, près Purfleet et à Soulhend (1), sont des dépôts semblables aux précédents et à ceux qu'avaient déjà indiqués MM. Charlesworth et S. Wood (2).
D'après l'élude qu'ont faite MiM. S. Wood et G. Sowerby des coquilles fluviatiles et terrestres des couches lacustres du Norfolk , du Suffolk et du bassin de la Tamise, il résulterait que la proportion des coquilles récentes y est beaucoup plus grande que dans le crag de Norwich (cette proportion étant de 90 à 95 0/0), et que ces dépôts doivent être placés dans l'époque quaternaire comme ceux de Stutton, de Grays, d'Jlford près Londres, où l'on trouve aussi fréquemment des débris de mammifères (3).
Les poissons de iMundesley (Norfolk), déterminés par M. Agassiz, appartiennent à des espèces distinctes des poissons d'eau douce décrits jusqu'à présent. Ils font partie d'une faune qui ressemble davantage à la faune actuelle qu'à toute autre. M. Lyeil (ù) a trouvé des débris semblables à Runton près Cromer , où, comme à iMundesley, ils sont associés à des coquilles lacustres toutes d'espèces vivantes. Les couches de cette dernière localité se composent de sable gris, de limon brun ou noir mélangé de matières végétales et de silex roulés, le tout passant à une sorte de tourbe pyriteuse recouverte par 3 ou 4 mètres de gravier. Ce dépôt irrégulier , discontinu, semble appartenir au même niveau que la forêt sous-marine de Weybourne, et être subordonné à la grande masse de cailloux roulés du drift. Sur 11 coquilles lacustres qu'on y a recueillies, une seule la Paludina minuta Strick. (P. marginata Mich.) ne vit plus dans le pays. On y a trouvé de plus des élytres de deux espèces de Donacia, 2 espèces de Harpaies et un Copris dont les analogues
{\)Magaz. nat, hislory, vol. IX, p. 261. 1836. —Ihid., nov. ser.^ vol. II , p. 539.
(2) Ihid,, vol. VII , p. 274. •— W. B. Clarke , Proceed. geoi. Soc. of London , vol. II, p. 528. — Transact. id., toI. V, p. 359.
(3) Lyell, On the relative âge, etc. Sur l'âge relatif des dépôts tertiaires communément appelés rrag, etc. Magaz. nat. history, vol. III, p. 313. 1839.
(4) Proceed, geol. Soc. of London , vol. III, p. 362.
92 DEPOTS COOUILLIEUS MAIUNS
vivent en Angleterre, puis des poissons des genres perche , carpe , brochet et truite, des cornes d*élan, etc.
Au-delà de Cromer les couches d*eau douce renferment encordes mômes coquilles. Elles reposent sur la craie et çh et là sur de petites plaques de crag supérieur. Elles sont recouvertes par un diluvium de 20 mètres d*épaisseur, et, de 12 espèces de coquilles lacustres qu*on y trouve, une seule, la Cyclas ou Pisidium amnicum n'apas pu être identifiée avec celles qui habitent encore sur les lieux mêmes.
Près de Cambridge , les mollusques sont associés à des ossements de mammifères éteints. Ce sont 6 espèceis de coquilles terrestres, \h espèces fluviatiles, dont 3 n*ont peut-être plus leurs analogues vivants , et 1 Cyclade nouvelle. Les ossements ont appartenu à des éléphants, des bœufs, des cerfs et des daims. Aux environs de Maidstone (Kent) , dUlford (Essex) et dans le Wiltshire, dit M. P. Brodie (1), il existe des associations semblables. Dans le Cambridgeshire il paraît exister deux lits, distincts par les coquilles qu'ils renferment. M. Sedgwick (2) a décrit aussi le grand dépôt d*argile brune des environs de Cambridge dont nous avons déjà parlé, puis le gravier siliceux, d'épaisseur très variable qui vient au dessus. Les lits de sable subordonnés à ce dernier renferment des coquilles fluviatiles et terrestres, semblables à celles qui vivent aux environs, et près de Barnwell ; on y voit associés de nombreux ossements de mammifères (éléphant, rhinocéros, hippopotame Bos gigantem? cheval, etc.). Peut-être la poudre siliceuse blanche et très fine qui paraît provenir de la décomposition de myriades de conferves , et signalée par M. Bowman (3) sous une tourbière du Lincolnshire, appartiendrait-elle encore à cette époque, comme les couches lacustres de la vallée d*York que nous avons mentionnées (antè, p. 86).
§ 3. Dépôts coquiUiers marins et plages soulevées [raised beachs).
Écoise. M. Jameson (U) qui avait signalé, sur les bords du Firth de Forth
et de la Clyde des gisements de coquilles modernes, situés à une
(1) Transact. ph'd. Soc, of Cambridge ,\q\. VIII, p. 4. 4 838.
(2) Rep, 15^" Meet. brit. Assoc. cit Cambridge, 1845 (London , 1846), p. 43.
(3] Transact, geol. Soc. oj Manchester^ vol. I , p. 141. 1840. (4) Soc. fVern. dliist, nat. d'Edimbourg, 7 février 1835. — V Institut, 5 août 1835.
grande élévation au dessus du niveau actuel des eaux , a rappelé que ses premières observations sur ce sujet remontaient à Tannée 1806. Les recherchesde Mac-Gregorsont delSll, et celles de M. Laskey de 181^. Ce dernier mentionna dans ces couches 22 espèces de coquilles qui vivent encore dans le golfe de la Clyde au dessous de Dunbarton. MM. Fleming, Bald, Adanson, Blackadder, Maclaren (1) et Thomson (2) , publièrent ensuite, à diverses époques, les résultats de leurs observations sur les mêmes dépôts (3).
M. W. J. Hamilton {U) a donné la description d'un lit de coquilles marines récentes près d*Élie, sur la côte méridionale du Fifeshire, et M. J. Smith (5) des indications sur les changements de niveau relatif de la terre et de la mer dans Touest de TÉcosse. Un soulèvement du sol s'est manifesté avant la construction des forts vitrifiés, des ^i/mt/Zt, et l'arrivée des Romains dans le pays. Des coquilles, dont les espèces vivent encore sur les côtes voisines, se trouvent à 22 mètres d'altitude sur les bords du Firth de Forth, à Helinsbui^h, Loch-Lomond, sur les deux rives de la Glyde , etc., et nulle part on n'y voit associés de débris de l'industrie humaine.
Sur la côte du golfe de Murray^ une élévation de 2 à 4 mètres au dessus de la mer a été constatée par M. J. Prestwich (6), qui a reconnu l'existence d'un banc de coquilles récentes. Dans une note précédente, le même géologue avait rapporté au lias des couchesd'argile endurcie et de sable renfermant des fossiles de ce groupe ; mais, depuis, il a trouvé qu'à Blackpot et à Gamerieces mêmes couches, avec des fossiles du lias^ contenaient aussi des cailloux roulés de roches plus anciennes, et qu'un banc de sable, subordonné aux lits d'argile et de gravier, était rempli de coquilles d'espèces encore vivantes (As/«r^e scotica, Tellina tenuis, Buccinum undatum, Natica glaucina, Fusus turricula, Dentalium dentalis^ etc.). Ce dépôt, dont l'épaisseur totale est par place de 76 mètres , et qui s'élève à 106 mètres au dessus de la mer, paraît résulter d'une dénudation
[\\ The Scotman , Journal, 1835.
2) Records of gênerai science . etc.
3] Méni. delà Soc. fVern. d'Edimbourg , y o\. IV et V. 4) Proceed. gcol. Soc. of London , vol. II , p. 1 80. 4 835. rsj Ihid., p. 427.
(6) On sonie récent élévations^ etc. Sur quelques élévations récentes de la côte du Banffshire, etc. Proceed. geol. Soc. of London, vol. Il , p. 545. — Bull., vol. IX, p. 97, 1838.
94 DÉPÔTS COOUILLIERS MARINS
du lias et des couches plus anciennes et s*être accumulé graduellement.
M. J. Smith qui, comme on Ta vu, s*élait déjà occupé des sédiments coquilliers peu anciens de Touesl de TÉcosse, est revenu sur ce sujet dans plusieurs communications successives (1). Ce naturaliste distingue deux assises : Tinférieure appelée, till, est une argile dure, non stratifiée , contenant des fragments de roche disséminés, des blocs erratiques, mais peu de débris organiques (quelquefois des os de cerf et d'éléphant à Kilniarnock , et des os d'éléphant avec des coquilles marines à Kilmaure, dans le Âyrshire) ; rassise supérieure est composée d'argile finement feuilletée , recouverte de sable et de gravier. Des coquilles marines , d'espèces vivantes, s'y montrent partout, mais principalement dans la partie argileuse. Sur les deux rives de la Clyde, de Glasgow à Rosemath et Greenock, ces assises sont à 10 et Ti mètres au dessus de la mer. A cette même hauteur, sur les bords du canal de Glasgow à Paisley, 26 espèces de ces coquilles ont été recueillies. En creusant un étang près de Paisley, on a rencontré un lit d'argile colorée en violet par la décomposition des coquilles de Mytilus. Auprès de Renfrew, ce sont les Pectoncles qui abondent. A Johnstown , on a trouvé, en faisant un puits, des os de poissons et d'oiseaux de mer, des plantes marines , des pattes de crabes et de nombreux lits de coquilles , dans le sable et l'argile qui recouvrent le till ou assise inférieure de plus de 20 mètres de puissance.
L'origine de celle dernière assise est attribuée par l'auteur à l'action violente et momentanée d'un grand cours d'eau, et l'assise supérieure se serait formée graduellement au fond de la mer , d'où elle aurait été portée au niveau qu'elle occupe aujourd'hui par le même agent qui s'est manifesté sur les côtes de la Scandinavie.
Dans son Mémoire sur les climats de la période tertiaire {newer pliocène) , M. J. Smith (2) a fait connaître que beaucoup de co-
(1) On the relative age^ etc. Sur l'âge relatif des dépôts tertiaires et post-tertiaires du bassin de la Clyde. Proceed. geol. Soc, oj London y vol. III, p. 4 49. 4 839. — Transact. geol. Soc. oj London , vol. VI , p. 4 53. 4 844. — Proceed. roy. Soc. oJ Edinburghy n° 45, p. 263. 4 839. — Rep. iO'^' Meet, hrit. Assoc. at Glasgow, hSÂOy p. 94.
(2) Proceed. geoL Soc. of London^ vol. 111, p. 4 4 8. 4 839. — Mém, Soc. fVern. d'Édimlwurg, vôl, Vlll.
KT PLAGES SOULETÈES. 95
quilles de Tassise supérieure étaient identiques avec celles que Ton a depuis longtemps signalées à Uddevalla.et il a été amené à conclure, du caractère arctique des testacés, que le climat de TÉcosse, pendant l'accumulation de ces couches était plus froid qu'aujourd'hui. Les coquilles vivant encore , mais sous une latitude plus septentrionale que celle de l'Ecosse , et qui ont été recueillies dans les dépôts des bords de la Clyde sont : Natica clausa, Fustis peruvia- «i«, Tellina proxima, Astarte multicostata^ Turbo expansus. Velutina undata, Pecten islandicus et Cyprina islandica.
Les coquilles quaternaires des îles Britanniques sont au nombre de 2Z|7 espèces , dont 190 marineset 57 fluviatiles, lacustres et terrestres. Sur ce nombre , 166 espèces marines vivent actuellement dans les mers de la Grande-Bretagne, et 5^ dans les eaux douces ou sur le sol ; total 220. Des 27 qui restent, 7 appartiennent aux mers arctiques, 1 se retrouve dans 4es mers d'Europe et de l'Inde, enfin 49 sont incouQues ailleurs, ou sont éteintes. Certaines espèces que l'on rencontre dans des couches quaternaires de la Sicile, et qui ne vivent à présent que dans les mers plus septentrionales, peuvent faire penser aussi que le climat de la Méditerranée était à cette époque plus froid qu'aujourd'hui.
Pour M. J. Smith, les deux assises meubles de l'ouest de l'Ecosse auraient été séparées Tune de l'autre par un laps de temps considérable, et leurs faunes distinctes se seraient développées dans des conditions climatologiques différentes. Le même ordre de superposition se voit encore dans les bassins du Forth et de la Tay, où régnent des dépôts analogues, et c'est à cette époque qu'appartient la furet sous-marine de la vallée de la Tay. En Ecosse les débris organiques de cet âge ont été rencontrés à 106 mètres au dessus de la mer, et, si l'on y rapportait les terrasses de Glen-Roy dont nous parlerons ci-après, il faudrait admettre un changement de niveau de 30^ mètres.
Dans la période suivante ou de la seconde assise que l'auteur ïïomïne post-tertiaire, il y eut une élévation de 12 mètres, puis le sol demeura stationnaire, et les lits de gravier et de sable se déposèrent entre les falaises et le bord actuel de la mer. Les coquilles, dont 160 espèces ont été déterminées, sont toutes semblables à celles qui vivent sur la côte voisine, tandis que sur 151 espèces de l'assise inférieure, 27 comme on vient de le voir ne sont plus connues aujourd'hui dans les mers britanniques. Il semble d'après cela, que l'assise supérieure devrait être rapportée au terrain moderne.
96 DÉPÔTS COQUILLIERS MARINS
M. (iraig(l} avait aussi mentionné, sur les bords de la Clyde, des lits de sable et de gravier superposés au tilt. Ils atteignent jusqu'à 152 mètres d'altitude, et près de Paisley, à l'entrée du tunnel d'Arkleslon, le lit de coquilles récentes est à 2k mètres au dessus de la mer, comme à Port-Glasgow il est à 12 mètres seulement.
A Stevenson, dans le Ayrshire, M. D. Landsborough a trouvé, eu \%k^, dans un dépôt du même genre, 27 espèces de coquilles, dont 8 sont inconnues dans les eaux des environs. Une couche située un peu plus haut, dans la même commune , lui a oiTert au contraire kl espèces qui avaient toutes leurs analogues sur la côté voisine. A peu de distance , il recueillit encore 68 espèces également récentes, et, dans les deux localités les deux assises étant constamment distinctes, il est probable que l'on peut appliquer à la seconde Tobservation que nous avons déjà faite (2].
On remarque en outre (3) de nombreuses traces de la nier à un niveau beaucoup plus élevé que celui qu'elle atteint aujourd'hui. A Ardrossan, à Kelly, dans les îles d'Arran , de Cumbray , d'Inchmarnock, etc. , des terrasses ou des dépôts sableux et argileux coquilliers s'élèvent à 6 mètres et davantage au dessus de la mer. Des 160 espèces de coquilles qu'ils renferment, 2 seulement n'ont pas encore été rencontrées à l'état vivant ; ainsi ces couches appartiendraient à l'assise supérieure des bords de la Clyde, assise que M. R. Harkness {k) a décrite plus tard, mais sans y reconnaître une séparation aussi tranchée avec le till que celle établie par M. J. Smith.
Sur la côte occidentale du Roshire, des terrasses élevées de 15 mètres au dessus de la mer ont été attribuées par M. G. Jeffreys (5) à un soulèvement brusque du sol sous-marin , tandis que sur la côte orientale de l'Ecosse , particulièrement dans le golfe de Murray, des arbres enfouis dans le sable , au dessous du niveau moyen des eaux, indiqueraient un abaissement. Cette dernière in-
i4) Proceed. gcoL Soc. ofLondon, vol. III , p. 415. 2) Ce dernier paragraphe est extrait du mémoire de M. Smith et diffère un peu de ce que dit M. Landsborough lui-même dans la note à laquelle nous empruntons le passage suivant.
(3) Landsborough, Proceed. geol. Soc. of London ^ vol. III, p. 444.
(4) On the occurrence ^ etc. Sur la présence de fossiles dans l'argile avec blocs. Ih., vol. IV, p. 369. 4 844. — Quart. Journ. geoi. Soc, of London , vol. I , p. 4 52. 4 845.
(6) Proceed. geol. Soc. of London ^ vol. IV, p. 434. 1844.
El PLACES SOULEVÉES. 97
dicaliou aurait besoin d'être couiparée à celle que uous avons dounée précédemment, d'un soulèvement sur divers points du littoral de ce même golfe. M. R. Chambers (1) a aussi constaté l'existence de plages soulevées aux environs de Saint -Andrews, et plus tard (2) il a cru reconnaître neuf niveaux distincts de plages soulevées dans les îles Britanniques. 11 pense qu'on peut les retrouver aussi sur d'autres points du nord de l'Europe et en Amérique , et qu'elles indiqueraient non des mowements partiels , mais une élévation égale qui aurait eu lieu sur de vastes surfaces , comme Ta dit M. Darwin pour l'Amérique du sud. Cette opinion a été d'ailleurs fortement contestée par les géologues présents à la réunion où elle a été émise.
Si, quittant le voisinage immédiat de la mer, nous pénétrons plus paraiicimmis, avant dans l'intérieur du pays en nous élevant vers les montagnes, nous trouverons des dépôts peu diiTérenls des précédents, mais dont l'origine plus problématique a été longuement discutée et est encore aujourd'hui l'objet d'opinions assez contradictoires ; nous voulons parler des terrasses ou banquettes régulières , connues sous le nom de parallel roads , et en particulier de celles de Glen-Roy que Lauder Dick (3) et Macculloch (U) ont signalées depuis longtemps. M. Mackensie (5) a combattu d'abord l'opinion de Lauder Dick, en avançant que les eaux elles-mêmes avaient contribué à former les barrières des lacs dans lesquels ces terrasses s'étaient formées. Plus tard, M. Ch. Darwin (6) a étudié de nouveau ces terrasses, et motivé ses conclusions d'après un examen attentif dont nous exposerons les principaux résultats.
Ces terrasses ou banquettes sont disposées horizontalement, le long des pentes gazonnées des montagnes qui sont recouvertes d'une alluvion un peu argileuse et rarement épaisse. Elles constituent des bandes étroites , dont la surface incline légèrement vers la vallée.
(4) £dinb. new phil. Journ., vol. XXXIV, p. 298. 4 843.
(2) Rep. W^ Meet. brit. Assoc. atOxJord, 1847. — L'Institut, 8 sept. 4 847.
(3J Transact. roy. Soc. of Edinburgh , vol. IX , p. 44. (4l Transact. geoL Soc, of London , 4"' sér., vol. IV.
(5) T/ie London and Edinb. phiL Magaz.^ vol. VII, p. 434. 4 835.
(6) Observations on the parallel roads , etc. Observations sur les parallel roads (routes ou chemins parallèles) de Glen-Roy et d'autres parties de Loch-Aber (comté d'Inverness), avec un essai pour prouver qu'ils ont une origine marine. {Phil. Transact. roy, Soe, of London y 4839, part. I, p. 39.)
i)fs DÉPÙTb CUyill.LlKUS MAlUNS
Leur l9rgeur uiuyeniie est de 18 mèircs; quatre seuiemeut d'entre elles sont bien marquées sur une certaine étendue. La plus inférieure est à 296™,16 au-dessus delà mer; la seconde à 64*", 50 au dessus de 19 précédente ; la troisième à 25 mètres plus haut, ou à 385 mètres de hauteur absolue ; enfin la quatrième , qui n'existe qi^e dans la Glen-Gluoy est de 4 mètres seulement plus élevée que la troisième.
Elles sont principalement dues à des matériaux accumulés sous forme de rempart , et elles s'avancent très peu au delà de la pente générale des montagnes. Après leur formation il s'est entassé contre leur talus et au fond des vallées une grande quantité de cailloux roulés, de sable et de limon imparfaitement stratifiés. Les matériaux des terrasses sont les mêmes que ceux du dépôt qui recouvre les montagnes, et que Ton retrouve au fond des vallées. Tous proviennent des hauteurs environnantes.
Après une énumératiou très détaillée des diverses circonstances propres à éclaiixir Torigine de ces amas détritiques, M. Darwin passe à la discussion des opinions de Lauder Dicketde Macculloch. Le premier pensait qu'un lac distinct existait dans chacune des vallées où l'on observe une terrasse , et que ces lacs avaient été séparément mis à sec. Dans la vallée de Glen-Roy où il y a trois terrasses, cette hypothèse pouvait avoir quelque vraisemblance, mais l'auteur la rejette de même que celle de Macculloch , laquelle consistait à regarder toutes les vallées avec des terrasses comme étant comprises dans un même grand lac. Le savant voyageur anglais s'attache à démontrer ensuite qu'une masse d'eau occupait autrefois les parties centrales de l'Ecosse, et que cette masse n'était autie que la mer elle-même. Cette manière de voir semble être appuyée par un grand nombre de faits et surtout par les observations que nous venons de rapporter relativement à la présence des coquilles marines récentes à des hauteurs considérables au-dessus de la mer, tant sur ses bords qu'en remontant les vallées. Or, si l'on suppose que la grande vallée de l'Ecosse dirigée S. -O., N.-Ë. ait été un détroit, on concevra que les eaux de la mer aient pu s'élever dans les vallées de Glen-Roy et de la Speane , et qu'à une époque très récente il y ait eu, dans la partie centrale de l'Ecosse , un changement de niveau assez semblable à celui des côtes de la Scandinavie, c'est-à-dire résultant de l'élévation progressive du sol et non de rabaissement de la mer.
M. Darwin se résume en établissant : l'' que les terrassa horizontales sont d'anciens rivages ; 2° que l'hypothèse des lacs inier-
ET PLA(iËS SOILEVÉES. 09
ceptés par des barrières qui s'élevaient et s'abaissaient successivement à diverses époques n'est pas admissible ; 3" que l'eau de la mer a pénétré dans le plus grand nombre des vallées de celte partie de l'Ecosse ; ft^'que la terre a été l'élément qui a changé de niveau et non la mer, des coquilHes marines se trouvant comme on sait à une grande hauteur sur les côtes orientales et occidentales de l'Ecosse ; 5° qu'il y a eu des moments de repos entre les mouvements d'ascension du soi; 6** que le soi soumis à ces oscillations présentait des accidents et une disposition semblables à ce que l'on observe aujourd'hui ; T" que les objections, tirées de la non-eiistence des terrasses etdcl'absenct des fossiles à de grandes hauteurs, sont sans valeur; 8" que beaucoup de circonstances particulières dans la disposition des vallées de Loch-Aber s'expliquent en supposant qu'elles ont été occupées par des bras de mor sujets à des marées, et dont les eaux se sont successivement abaissées, au fur et à mesure de l'é* lévation du sol.
Les blocs erratiques que l'on observe reposant sur les terrasses de Loch*Aber proviennent de roches qui ne se trouvent point en place dans leur voisinage immédiat. Cie sont pour la plupart des fragments de graniie épars sur les pentes des montagnes aussi bien que sur les terrasses elles mêmes. Ils ont de 1 à 2 mètres de diamètre, et s'élèvent plus haut que la banquette supérieure. M. Darwin en cite à 670 mètres d'altitude et d'autres qui sont éloignés de 6 milles du lieu de leur origine. Quelle que soit la cause de leur dispersion, elle parait avoir été antérieure à la formation des terrasses ou en serait tout au plus contemporaine, mais on ne peut pas admettre qu'elle roit plus récente, si l'on considère la parfaite conservation des lignes délicates de ces mêmes terrasses. Le tout suivant M. Darwin appartiendrait à la grande époque des blocs erratiques, depuis laquelle celte partie de l'Ecosse s'est élevée d'au moins 391 mètres, hauteur actuelle de la plus haute des terrasses. Les blocs n'auraient point été transportés par des courants , mais par des glaces flottantes. Enfin l'horizontalité de ces dépôts ne serait pas incompatible avec la supposition des abaissements et des soulèvements en masse de l'Ecosse, comme on peut en juger par la Scandinavie , et quant à cette horizontalité même , elle est loin d'être parfaite.
M. Agassiz (1), en attribuant la formation de certains lacs à Tex-
(<) Proceed, geol. Soc. oj Lo/idon , vol III , p. 328. «S40.
100 DEPOTS a»OUlLLIEKS MAHINS
tension des glaciers des vallées latérales dans une vallée principale, a pensé que les terrasses de Glen-Roy avaient aussi été déposées dans un lac qu'auraient occasionné un glacier latéral s*avançant à travers la vallée près de Bridge-Roy et un autre par celle de Glen- Speane. Les lacs de cette nature donnent lieu à des dépôts en forme de terrasses ou lits de détritus à diiTérents niveaux. M. Murchison (1) regarde au contraire ces parallel roads comme des lignes de côte inégalement élevées , semblables à celles que nous avons mentionnées dans le Finmark. L'hypothèse d'anciens glaciers devrait être d'ailleurs appuyée par la présence de stries, de surfaces polies et d'autres circonstances qui n'ont pofbt encore été signalées sur les roches en place qui forment les parois de ces vallées.
M. Maclaren (2) paraît avoir aussi rejeté l'hypothèse des lacs de même que celle des glaciers , et attribué à l'action de la mer les terrasses dont les matériaux auraient été déposés sur les parties latérales du fond d'un ancien firth , tel que Loch-Long ou Loch- Étève.
•t d'Éaotie. Les !les de la côte occidentale de l'Ecosse offrent encore de nombreuses traces du changement de niveau relatif de la terre et des eaux. Ainsi M. Strickland (3) a donné des détails sur l'importance de dépôts quaternaires arénacés qui se trouvent à l'extrémité nord de l'île de Man , où ils occupent une surface d'environ 8 milles sur 6, Quoique fortement dénudés, ils atteignent encore 61 mètres au dessus de la mer. Ces sables jaunâtres, irrégulièrement stratiûés, sont quelquefois ai^ileux et renferment des lits de cailloux et de gravier. Les débris organiques y sont peu nombreux. Sur 20 espèces de coquilles que l'auteur a recueillies, 5 ne sont plus connues dans les mers environnantes, 2 appartiennent à l'Océan atlantique, et 2 ne paraissent plus avoir d'analogue vivant. M. £. Forbes {U) qui a publié quelques observations sur ces coquilles et sur leur distribution, relativement à celles qui vivent encore sur la côte, les regarde comme du même âge que celles des bords de la Clydc (mais sans dire de quelle assise) et contemporaines des fossiles du Gheshire dont il sera question plus loin.
}) Address delivered, etc. Ibid.^ vol. IV, p. 65. 4843.
2) Edinb. new phiL Joum,, vol. XXXV, p. 278. 1843.
3) Proceed. geol. Soc. of London, vol. IV, p. 8.
4) Rep. \^^ Mect, brit. Assoc, al Giasgon\ iUO.^L'Insiitui, 4 mars 4844.
ET PLiGKS SOULEVÉES. lOl
M. J.-G. Camming dans son Mémoire sur la géologie de l'île de Mon (1) y a distingaé : i^ une argile avec blocs ; 2* undiluvium ; S» le drift gravel ; ÎV' les alluvions modernes. L'argile avec blocs renferme des coquilles quaternaires et vers le bas quelques espèces du crag. Elle passe vers le haut au till ou diluvial drift (dépôt de transport diluvien auquel parait appartenir la couche coquiUière» décrite par M. Strickland). Ces subdivisions faites par Tautcur sont sans doute locales, autrement elles ne s'accorderaient point avec celles qui ont été établies sur les bords de la Glyde. Les couches appartiennent d'ailleurs à l'époque quaternaire, car les roches sousjacentes sont polies et striées, et les blocs de roches du pays , enveloppés dans l'argile, sont également striés et polis sur leurs faces planes. Ce que M. Cumming appelle diluvium est un sable limoneux avec des amas de gravier et des masses arrondies de roches du pays.
L'Ile de Mull , d'après M. Alan Stevenson (2) offre encore dans la paroisse deBunessan des plages soulevées à 12 et 15 mètres au dessus de la mer.
Les preuves du séjour récent de l'Océan sur une partie des An|i< t«rr«. terres aujourd'hui émergées sont encore plus nombreuses en An- N^ gleterre qu'en Ecosse, et elles se rencontrent surtout à une bien plus grande dislance dans l'intérieur du pays. Nous mentionnerons d'abord celles qui ont été signalées à l'ouest de la ligne de partage des eaux de la mer du Nord et de celles de la mer d'Irlande , c'est-à-dire dans le Lancashire, le Gheshire , le Slaffordshire , le Shropshire , etc. , et plus à Touest sur les pentes des montagnes du pays de Galles ; nous passerons ensuite aux nombreuses plages soulevées des côtes du Gornouailles et du Devonshire , nous suivrons celles du Dorsetshire , puis nous remonterons au nord sur les côtes orientales de i'Ëssex, du Suffolk, du Norfolk et du Yorkshire, comme nous l'avons déjà fait dans les sections précédentes. Nous acquerrons alors la certitude que , pendant l'époque quaternaire , tout le massif de l'Angleterre a été soulevé , mais à des hauteurs très inégales, sur les divers points où existent encore les témoins irrécusables de ces mouvements.
(4) Quart. Journ. geol. Soc. oj London , vol. II, p. 335. 4846. — The Athenœum , 1845, p. 724.
(2) Edinh. new phil. fourn., vol. XXIX, p. 94. 4840.
toi DBPÔtÊ COQUILLItllS MARINS
Gomtet M. Phillips Egerton (1) a découvert à la h^ne des Forest-ffills ,
Centre, à 9 milIes de distance en ligne droite du point le plus rapproché de la côie, un lit de gravier placé à 20 ou 25 mèires au-dessus de la mer. Ce lit est composé de gravier, de cailloux roulés, de sable et de coquilles marines d'espèces encore vivantes. Les cailloux proviennent de diverses roches qui abondent dans le conglomérat du nouveau grès rouge des districts environnants. Â Wellington 12 mètres de ce dépôt ont été traversés avant d'atteindre le nouveau grès rouge. Le lit coquillier est d'ailleurs bien distinct et séparé du diluvium ordinaire qui recouvre le Cheshire sur une épaisseur de 6 mètres. M. Egerton conclut que le lit de gravier coquillier a été déposé sur la côte de Tancieune mer , lorsque celle-ci atteignait la base des Forest-Hilh^ et depuis que certaines espèces qui vivent encore s'étaient déjà développées ; qu'un changement de niveau relatif d'environ 22 mètres s'est manifesté ensuite ; et qu'un diluvium sans fossiles, de 6 mètres d'épaisseur, est venu en dernier lieu recouvrir le dépôt coquillier. Cette superposition a encore été confirmée par le même savant dans une autre communication (2) .
D'après des observations faites aux environs de Shrewsbury (Schropshire), M. J. Trimmer (3) avait admis que la surface du sol émergé, occupée par un dépôt de gravier provenant des roches du voisinage, avait été recouverte par une forêt de bouleaux, de chênes et de sapins ; que cette forêt ayant été détruite un marais tourbeux en avait occupé la place , et qu'ensuite l'invasion de la mer était venue ensevelir le marais sous des masses de limon et de gravier avec fragments de granité , et remplies de coquilles marines d'espèces vivantes (lurritella terebra , Cardium edule, Tellina soli" dula) ; mais M. Murchison a reconnu plus tard que les prétendus
(4) On a bedj etc. Sur un lit de gravier contenant des coquilles marines d'espèces vivantes à Wellington (Cheshire). Proceed. geoL Soc, of Lrndon, vol. II, p. 4 89. 1835. — M. J. Trimmer («) en avait déjà signalé sur la rive gauche du Mersey. — M. Gilberton a recotinu également dès alluvions marines à Preston dans le Lancashire , à 6 milles de distance de la mer et à 100 mètres au-dessus de son niveau [b).
(2) Procccd. geol. Soc, oj LondoUy vol. II, p. 415. 1836.
(aj London and Edinb. phil. Magas « no 17, P. 371.
(b) Bull., vol. Il . p. 149. 1851. — Ben. 4th Mekf. brlt, Assœ, ni Ëdinburgh, fe. «S«.
ET PLAGtft SOULEVÉIS. lOS
arbres n'étaient qne des pieux enfoncés dans le soi , et les autres débris des planches et des morceaux de bois placés horizontalement et provenant d*un ancien chemin.
Nous avons déjà décrit dans les comtés du centre, d'après ce dernier savant, les caractères du diluvium qu'il nomme drift du nord^ son étendue, son élévation , sa distribution et sa superposition au dépôt détritique de la Silurie. Quant aux coquilles qu'on y trouve, elles sont identiques à celles des mers adjac^Ues ; ce sont : BtACcinum reticulatum , B, undatwn, Dentalium entai ts, Littùrina littorea, Tellinasolidula, Vénus, Âstarle, Cordium tubercu-latum, C. edule, Cyprina islandica, Turritella ungulina, Beck ( Turbo unguiinus. Lin.), Donax ou Maclre (1).
Les grands blocs ne sont pas seulement à la surface du dép6t comme on l'avait cru , mais encore à une profondeur considérable dans le sable, le gravier et l'argile mélangés de coquilles. La présence de ces dernières fait penser à M. Murchison que ces couches doi* veut avoir été formées sous la mer dans la période actuelle, tandis qne le prolongement des détritus granitiques, des hauteurs de bridg^north à la vallée de Worcesler, indique que la mer devait,àla même époque, couvrir la vallée de la Severn , de Bridgenorth ao canal de Bristol, et cela de manière à séparer de l'Angleterre le pays de Galles et la Silurio. Les collines de Malvern et d'Abberley formaient la côte occidentale d'un bras de mer borné à l'est par les collines de Cotteswold. M. Strickland a fait voir en effet qu'il y avait i?u, de l'E. et du N.-E. , un transport de coquilles fluviatiles et terrestres mêlées à des débris de quadrupèdes éteints , et que le tout avait été déposé sur les bords du lit de gravier, le long du cours de r Avon , jusqu'à sa jonction avec la Severn. M. Murchison ne semble point partager l'opinion de M. Egerton sur la distinction et la séparation du diluvium d'avec les argiles et les sables coquilliers souajacents du Cheshire.
Sur la pente nord-ouest du Snowdon on trouve, dit M. Buckland (2), des cailloux de granité et d'autres roches venant d'Anglesea, du Cumberland ou d'Irlande, associés avec des coquilles ma-
fl) Proceed. geol. Soc. of London , vol. lî , p. 230. 4836. =- Voyez aussi : Jabes Allies , On thc marine Shells , etc. Sur des coquilles marines trouvées dans le gravier près de Worcôlter. {Aep, 9'" Meet brit. Jssoc. nt Birmingham , 1839 (Londres, 1840), p. 70 des Notices.)
(2) 7^/V/.,vol. III, p. »79.
104 DÉPÔTS COQOILLIERS MARINS
rines d'espèces encore vivantes (1). Ces matériaux s'élèvent à près de 326™,60 sur le Moel-Tryfan (2). De ce point ils descendent vers la côte près de Caernarvon et occupent toute la surface du sol. L'auteur attribue le transport de ces débris à une puissante action diluvienne ou marine venant du nord , et qui les aurait non seulement poussés à cette hauteur, mais encore étendus sur les côtes de Caernarvon , du Cardiganshire, du Denbighshire, du Cheshire et plus loin vers le sud.
Dcfoiishire Daus UH premier Mémoire sur la côte soulevée de If ope' s Nose :uinouaiiiet. cu DevoTtskù^e et sur d'autres mouvements semblables dans les environs (3), M. A. C. Austen a rappelé plusieurs exemples du même genre près de Plymouth, à l'extrémité occidentale du Cornouailles et sur d'autres points {U), Parmi ces plages soulevées, il paraîtrait y en avoir de plusieurs dates , quoique toutes appartiennent à la môme grande période. Ainsi, près de Land's-£nd (5), de gros blocs arrondis, de 10 à 12 mètres de côtés, placés presque tous à la même hauteur dans les baies et sur les promontoires voisins, marqueraient un premier phénomène; la côte de cailloux de Plymouth en signalerait un second , et l'on trouverait des preuves d'un troisième dans les bancs de sable enveloppant les coquilles d'espèces vivantes , que l'on observe dans la partie nord de la baie de Saint-Ives , au sud de New-Quay et sur d'autres points de la côte nord du Cornouailles.
M. Austen fait remarquer que la disposition abrupte des côtes et la profondeur des eaux s'opposent à ce que ces mêmes circonstances aient pu se manifester dans le nord du Devonshire et dans la partie occidentale du Somersetshire, tandis qu'en remontant la Severn, jusqu'à l'endroit où elle cesse d'être navigable, on retrouve les graviers, les sables et les coquilles marines d'espèces vivantes, à 90 et 180 mètres au-dessus de la mer (6). Plus au nord, on a vu que des dépôts semblables se prolongeaient jusque dans le voisinage des
(4) Cette découverte avait été faite en 1830 par J. Trimmer. — Voyez : Bull. , vol. Il , p. 4 42. 4 831 .
(2) Voyez : antè , p. 75 , nota pour les évaluations différentes de Taltitude à laquelle ces coquilles ont été trouvées.
IZ) Proceed. geol. Soc. of London^ vol. II , p. 102. 1834.
(4) Boase, Transact. roy\ Soc. of CornwaÙ ^ vol. IV.
h\ Carne, Ibid,, vol. III, p. 229 et vol. IV, p. 259.
(6) Proceed. geol. Soc. of London , vol. II, p. 333.
KT PLAGKS SOtJLBTtES. 105
montagnes da Gamberland. Ainsi de grands mouvements d'élévation se sont produits depuis Texistence de la faune actuelle, et eur amplitude paraît s*étre accrue du S. au N. ; mais nous devons rappeler que la contemporanéité du soulèvement sur tous ces points est loin d'être démontrée, et il semble même que dans le nord, où les mouvements ont été plus prononcés, ils soient aussi plus anciens que dans le sud.
MM. Sedgwick et Murcbison (1) ont décrit la côte soulevée de la baie de Bidfort , qui s'étend de l'embouchure de la rivière de Barnstaple à Baggy-Point. La falaise est composée , vers le baut, de !2à 3 mètres de détritus des roches environnantes, enveloppés d'un limon sableux. Au-dessous est un sable finement feuilleté, et, çà et le, se voient des lits coquilliers d'une épaisseur de 8 mètres. Vers le bas il y a des lits de cailloux roulés et un conglomérat qui repose sur les couches redressées du terrain de transition. L'épaisseur totale de ces couches est de 11 mètres, et leur élévation au-dessus de la mer à Baggy-Point est de 18 à 22 mètres. Un banc de cailloux, probablement antérieur aussi à l'époque actuelle, se voit au sud entre Appledore et la côte, et sur les deux bords de la rivière, en remontant vers Barnstaple, des chaînes de collines , qui s'étendent vers l'intérieur, présentent encore la forme d'anciennes lignes de côte. M. D. Williams (2) a constaté, en outre, que le mouvement du soi avait été graduel sur tout le littoral et s'était fait sentir dans une grande partie des terres voisines jusqu'à plus de 5 milles du rivage.
Dans son Rapport sur la géologie du Comouailles et du Devonshire (3), M. de la Bêche signale fréquemment la présence de cailloux et de sable disposés de telle sorte que l'on doit les regarder comme des restes d'anciennes plages semblables à celles qui se voient encore le long de la côte. Ces amas de matériaux meubles sont aujourd'hui à 12 et 15 mètres au-dessus des plus hautes marées. Après avoir rappelé ceux de ces faits qui sont déjà connus, le
(1) Transact, geol. Soc. ofLondon, vol. V, p. 279 4836. — BulL, vol. VIII, p. 295. 1839. — Voyez aussi : W. Sanders, Siar une plage soulevée à fVoodspring'Hill ^ près Bristol, {Hep, 40*** Meet, brit, Assoc. at Glasgow, 4 840, p. 402.)
(2) Transact. geol. Soc of London^ vol. V, p. 287, 4 836.
(3) Report on thegeology, etc., p. 423 , in-8 avec carte et coupes. Londres, 4 839.
106 dèp6tA coquillibrs marins
saTant auteur mentionne les plages soulevées de la baie de Saint- Ives, de Perran, de Fistral et de New-Quay. M. Ed. Budge (1) a indiqué aussi , dans la paroisse de Saint-Kéverne , une portion de côte soulevée appelée Lowlands.
M. Cloyn Austen (2) a distingué dans le sud-est du Devonshire : 1 " les dépôts marins élevés des vallées de l'Axe, de TOtter et de TExe , au-dessus de Topsham ; 2° les plages soulevées de Hop's Nose et Tatcher, ainsi que celles à l'ouest de Bovey-Head et que l'on trouve à divers intervalles sur toute la côte méridionale du Devonshire, jusqu'à 18 et 22 mètres au-dessus de la mer; 3"* le diluvlum de cailloux roulés avec ossements de pachydermes qui recouvre les plateaux. Dans un second travail beaucoup plus développé, le même géologue (3) a constaté que toutes les coquilles marines de Hope's Nose étaient des espèces encore vivantes, et que des dépôts semblables se trouvaient sur un rocher isolé au sud-ouest du précédent, puis près de Brixbam, dans la baie entre Berry-Head et Sharkham-Point. Ces bancs renferment des silex de la craie, quoiqu'on n'en trouve plus actuellement sur la plage. On observe souvent dans ces dépôts la stratiGcation oblique et en zigzag commune aux roches arénacées de tous les âges.
Le nombre des espèces de coquilles qu'ils contiennent est très faible , comparé à celui des mollusques qui vivent actuellement sur la côte, ce qui s'accorderait avec ce que Ton a vu sur d'autres points pour les dépôts de la même période. Non seulement on n'y trouve pas toutes les formes signalées dans les sédiments modernes et qui caractérisent aujourd'hui la faune des côtes du sud-ouest de l'Angleterre, mais encore beaucoup d'autres coquilles que Ton devait s'attendre k y rencontrer. Ce caractère négatif peut faire penser que les circonstances dans lesquelles ces couches se sont formées étaient moins favorables au développement de la vie marine que celles de nos jours; que la température, par exemple, était alors plus basse, fait auquel viendraient se rattacher les sillons observés à la surface des schistes anciens sous-jacents.
D'après M. Barlett (U), il y a encore sur ces mêmes côtes plusieurs plages soulevées dont la hauteur est de 8 à 10 mètres. Ce sont
(lj 29*** ann. Rep. roy,geol. Soc. oj Cornvcall , p. 68. ^842.
(%\ Proceed» geol. Soc. of London , vol. H, p. 684.
(3^ Transact. geol. Soc, of London^ vol. VI , f). 4^7.
(4) Rep. 11»*' Meet. hrit.JssocatPlymouth, p. 64-72. 4 844.
IT PLâ€IS SOULITÎBft. 107
dcâ terrasses de sable fin, siliceux , jaune, avec des cailloux de diverses roches et des coquilles marines qui paraissent avoir un caraclère plus arctique que celles qui vivent aujourd'hui dans le voisi* nage. Il serait d'ailleurs difficile d'admeltre l'influence des actions galvaniques invoquées par i'auleur pour expliquer ces changements de niveau.
Les ossements de rhinocéros, d'éléphants, d'ours et de chevaux trouvés à Hoe près Plymouth, avaient d'abord été regardés comme provenant des déblais d'une caverne ; mais il a été constaté depuis (1) qu'ils appai*tenaient au dépôt de cailloux et de sable sousjacent d'origine sous-marine et qui, renfermant des coquilles d'espèces vivantes, a été soulevé à une époque assez récente. M. E. Moore (2) , en eflet^ a reconnu plus tard l'association réelle, avec des coquilles marines, de ces ossements, semblables à ceux des cavernes. Leur état très roulé prouve qu'ils ont été longtemps ballottés par la mer avant d'être ensevelis dans le dépôt de cail* bax qui s'est formé ensuite et n'a été soulevé que longtemps après. Li présence des ossements de grands animaux, au milieu de bancs de coquilles marines, ne s'accorde point avec ce que nous venons de dire des divisions de M. Austen ; mais il est probable que ces dernières sont trop absolues, ou n'ont été proposées que pour la côte comprise entre Lyme-Regis et Starl- Point.
Un marais tourbeux et les forêts sous-marines de l'embouchure oorsetshire, delà Bourne(Hampshire) et des environs de Poole (Dorsetshire) ]£««*'* ont été décrits par M. Clai ke (3) ; mais les côte^ du Sussex et du Kent ne paraissent point offrir de traces bien constatées du phénomène dont nous nous occupons , quoique les dépôts de firlghton, dont nous avons parlé, soient de l'époque quaternaire. Plus au nord, sur la paroisse de Litlle-Clacton (£ssex), la côte, à 10 milles au sud de Walton , présente beaucoup de coquilles marines mêlées à des coquilles lacustres et terrestres. Les lits de sable et de gravier alternent avec des couches de tourbe, sur une épaisseur de 3 à 6 mètres. On y trouve aussi , d'après M. J. firown (4), des graines de
etc.
l'i) Proceed. geol. Soc. of London , vol. III, p. 589.
/2J Rep, 11*'' /\/eet. brit, Assoc. atPlynwuth , 1841, p. 62.
/3) Proceed. geol. Soc oj Loti don , vol. II , p. 599.
'4) Magaz,ofnaî.Hist., vol. IV, p. 197, 1840. — Voyez aussi : H Woods, Descript, of the Jossil shull, etc. Description d'un squelette fossile de bœuf trouvé à Melksham (Wiltshire) en 1838, in-4. Londres, 4 839.
lOS DÉPÔTS COQUILLIBRS MARINS
Chara, des valves de Cypris et des ossements d'éléphant , de rhinocéros, de daim, de bœuf, de cheval , etc. Plus près de Walton, et sur divers points de la côte , des lits de coquilles modernes se montrent à une faible hauteur au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait penser à l'auteur (1) qu'il s'y est aussi manifesté des soulèvements à une époque peu ancienne. Enfin nous avons vu(an^^, p. 86) que dans le Yorkshire des ossements de grands mammifères éteints se montraient encore dans les graviers diluviens remplis de coquilles récentes.
Irlande. M. J. Scouler (2) a examiné les dépôts coquiliiers des promontoires de Howth , de firay-Head et de la vallée de Glenishmaule en Irlande. Au-dessus d'une argile ferrugineuse très tenace avec manganèse on trouve un gravier grossier, puis du sable fin avec Turritella ungulina , Turbo littoreus , Nerita littoralis , Buccinum undatum , Cardium edule^ Cyprina islandica , Pecten varius. Du côté opposé de la baie de Dublin et au sud de firay-Head , il y a un dépôt semblable, dont l'extrémité nord s'élève à 61 mètres audessus de la mer. Les coquilles sont les mêmes que ci-dessus et il y a de plus le Dentalium entalis. La vallée de Glenishmaule, à 7 milles de la baie de Dublin, offre un lit de sable et de gravier de 30 mètres d'épaisseur et élevé de 60 mètres. Les éléments de ce gravier, de même que les fossiles qu'il renferme, sont identiques à ceux des dépôts précédents. Des ossements d'élan sont les seuls restes de mammifères qu'on y ait rencontrés. Ainsi la baie de Dublin doit avoir été élevée, quoique inégalement, à une époque géologique récente, et il en a été de même des vallées dont les graviers déposés sous la mer ont été ravinés ensuite par les eaux torrentielles.
Dans le comté de Mayo on voit un lit de sable , avec des coquilles marines d'espèces vivantes, placé au sommet d'une colline de granité et à 100 mètres d'altitude. Ce fait prouve sans doute que la côte a été soulevée depuis la formation de ce dépôt et à une époque peu ancienne ; mais nous n'y voyons point une démonstration de l'injection oa du soulèvement particulier du granité à cette même époque, comme semble l'indiquer M. Griffith (3). M. Jennings (fi)
(3) Rep^iî
(4) Ib., p.
Quart. Journ. geol. Soc. ofLondon, vol. I, p. 344, 4 846. Procecd, geol. Soc. of London^ vol. II , p. 435. — • Bull. vol. VIII, p. 294.
13"» Mect, brie. Assoc. at Cork, p. 50. 4843,
Kl PLAGES SOULKVEES. 109
pense que sur plusieui*s points de la côte de Cork et de Waterford il y a aa contraire des preuves certaines de l'abaissement du sol.
M. Porilock (i) distingue du diluvium composé de sable, d'argile et de cailloux roulés, des lits d'argile calcarifère qui se trouvent fréquemment dans le comté de Derry et qui paraissent provenir de Tallération et de la destruction des roches crétacées et basaltiques. Les espèces de coquilles marines y sont peu nombreuses , mais les individus sont très abondants ( Turritella terebra, Cypnna islandicaj Nucuia oblonga, Brown ; cette dernière très commune sur les bords de la Clyde n'est pas bien connue à l'état vivant). A l'O. ces argiles ne s'étendent pas au del^ de MufT. Elles atteignent 137 et même 202 mètres au-dessus de la mer, et leur épaisseur est quelquefois de 28 mètres. Les coquilles y sont d'autant moins nombreuses qu'on s'élève davantage.
Vorgile à briques est fort étendue autour de Faughanvale et de Tamiaght-Finlagan ; son épaisseur varie de 1 à 2 mètres. Quoique sa position soit assez difficile à déterminer, M. Portiock ne croit pas pouvoir la réunir aux couches précédentes. L'ensemble du dépôt est formé de sable , d'argile tenace et brune , de gravier plus ou moins grossier et d'argile sablonneuse. Les coquilles marines que Ton y trouve sont des espèces vivantes. Dans la paroisse de Ballyseullion on remarque un autre dépôt d'argile tenace reposant sur du sable rougeâtre et recouvert également par du sable. Il renferme des troncs et des branches de chêne, du lignite imparfait, et se rattache aux couches analogues de Washing-fiay, Yerner's-Bridge et autres décrites par M. Griffith. EnGn, au nord de Portrush est une accumulation de coquilles et de sable qui occupe une dépression placée à 3 mètres seulement au-dessus de la mer, et dans laquelle M. J. Smith a recueilli jusqu'à 90 espèces de coquilles , la plupart marines.
Le gravier prédomine dans les dépôts diluviens de l'Irlande, qui constituent tantôt des digues longues , basses et arrondies appelées eskars, s'étendant presque en ligne droite sur plusieurs milles de longueur, tantôt des collines isolées , arrondies , ou bien encore des plaines ondulées. Comme on n'y a point trouvé de fossiles , on avait cru devoir distinguer ces dépôts meubles des argiles avec coquilles marines, observées le long des côtes depuis 15 jusqu'à 95 mètres
(4) Report on the geology, etc. Rapport sur la géologie du comté de Londonderry, etc., in-8. Londres, 1843.
110 DÉPÔTS œOtlLLIEUS MAUINS, £TC.
d'élévation ; mais M. T. Oldham (1) ne regarde pas cette distinction comme fondée. Pour lui, le tout serait du même âge et résulterait d'un changement de niveau dans le sol de l'Irlande, comme il s'attache à le prouver par la disposition probable des terres émergées à cette époque. Parmi les coquilles recueillies dans les couches argileuses, 20 espèces vivent aujourd'hui sur les côtes voisines.
Le même naturaliste a publié aussi un mémoire sur l'état actuel desconnaissances relatives aux couches quaternaires de l'Irlande (2), et M. J. Bryce (3) a signalé U5 espèces de coquilles dans le dépôt de Belfast , situé à 32 mètres au-dessus de la mer. La plupart de ces espèces sont communes aux couches des bords de la Clyde. Guernscy ^nflu Ics îlos dc Guemsey et de Jersey présentent également des jeAU. Preuves d'un soulèvement peu ancien, d'après ce que nous ont appris les observations de M. W. C. Trevelyan (U) et de M. Edge (5). Rësumé. M. B.~J. Suiith (6) a donné en 1838 un très bon résumé des derniers changements de niveau relatif de la terre et de la mer autour des Iles-Brilanniqucs, et sir R. I. iVlurchison , dans son discours annuel comme président de la Société géologique de Londres en 18Zt3 (7), a rappelé la différence des niveaux auxquels on trouve en Angleterre les anciennes plages avec des coquilles analogues aux vivantes. Ainsi il y en a depuis ^86 mètres d'altitude dans le nord* ouest du pays de Galles (8), jusqu'à quelques mètres seulement au-dessus de la mer dans le Cornouailles et le Devonshire. Dans les comtés du centre on en rencontre à des hauteurs qui varient de 61 à 122 mètres. Cet éminent géologue en conclut que la mer n'a point occupé successivement ces divers niveaux, mais que, pendant un laps de temps qui n'est pas fort éloigné de nous , Je sol a éprouvé des mouvements considérables et inégaux d'élévation et d'abaissement, la présence des forêts sous-marines le long des côtes
(4) Rep. ^4*" Meet. brit. Assoc, at York, p. 57 des Notices.
(2| Proceed, geol. Soc. of Dublin^ vol. lïl , p. 1 à 64.
(3) Londnn , Edinb. and Dublin phil, Magaz» , 3® sér. , vol. XXVI, p. 433. 4 845.
(4] Proceed, geol. Soc. of London , vol. II, p. 577.
(5] Ibhl., p. 578.
rei Edhib. new phil. Magaz. , vol. XXV, p. 378. 4 838.
(7i Proceed. geol. Soc. of London , yo\. IV, p. 96. 4843.
(8) Voyez nntè^ p. 75, nota pour les différentes évaluation? de Cette hauteur.
TRACBS ATTRlBLKbS A DANLIKNS (iLAClftHft. 111
aciueUttM prouvant aussi des mouvt'iiieutsdans ce dernier sens. Nous avons vu enfin que TÉcosse, l'Irlande et plusieurs des Iles qui les avoitinent n'avaient point échappé non plus à ces oscillations iné gales du ad et qui permettent de penser que les bancs de coquilles oiarines mêlées de sable, d'argile et de gravier dont nous veooni de nous occuper n'ont pas été tous émergés en même temps, mais biep à divers moments de la période quaternaire.
S 4, Tr«««f «tlnbuéet à d'anoienf gUoiert.
M. Agassiz (1) , qui avait étendu l'idée de Flayfair en l'appliquant à la Suisse , crut aussi reconnaître des preuves de l'existence d'anciens glaciers dans les diverses parties de l'Ecosse, de l'Angleterre et de l'Irlande qu'il avait parcourues. Les caractères des graviers superficiels, des blocs erratiques et les surfaces polies et striées des roches en place , furent les motifs sur lesquels il établit une opinion qui dut paraître d'ab(»rd assez extraordinaire , mais qui fut cependant accueillie avec empressement par plusieurs géologues anglais.
D'après le célèbre naturaliste do Ncuchâtel, la distribution des Uocs et des graviers , aussi bien que la présence des surfaces polies et striées des roches en place , n'indiquent point un courant dirigé du N.-O. au S.-E. , parce que les blocs et les graviers divergent partout des chaînes centrales , suivant la direction des vallées. Le Ben-Nevis, dans le nord de l'Ecosse, les Grampians , au sud, elles hauteurs du Ayrshire , ont été , pour ce pays , des centres de dispersion , comme les montagnes du Northumberland , du Cumberland , du Westmoreland et du pays de Galles, l'ont été pour l'Angleterre, comme celles des comtés d'Antrim, de Wicklow et de l'ouest de l'Irlande, l'ont été pour cette dernière île. Chaque district a ses débris particuliers, dont on peut retrouver le point de départ en remontant les vallées ; par conséquent la cause du transport doit être cherchée vers le centre même de ces montagnes et non sur des points situés en dehors du pays. Quant aux blocs d'ori-
(<) On glaciers y etc. Sur les glaciers et les preuves qu'ils ont existé autrefois en Ecosse , en Irlande et en Angleterre. Proceed. gcol. Soc. qf London, vol. III, p. 328, nov. 1840. — La théorie des glaciçirs et ses progrès les plus récents, ( Bibl. univ. de Genève, sept. 1 842. -— Edinb. newphil, Journ,^ 18(2. -— Ann. des se. géofogif^ues, vol. l, p, 850. 1842.
112 TRACES ATTRIBUÉES A DAiNUENS GLACIERS.
gine {•candinave , trouvés sur les côtes d'Angleterre, on peut admettre qu'ils y ont été amenés par des glaces flottantes.
On doit distinguer des masses non stratifiées, composées de blocs, de cailloux et d'argile , le gravier stratifié et le limon avec fossiles qui peuvent ne pas avoir été accumulés par des glaciers , quoique les matériaux qui les composent en proviennent originairement. Les dépôts stratifiés seraient postérieurs à l'époque des glaciers. Le till ^ amas incohérent et irrégulier de boue, de blocs et de gravier avec quelques ossements de mammifères n'est point le résultat immédiat de vrais glaciers , quoique intimement lié à leur existence. Des détritus semblables occupent aussi le fond des vallées des Alpes. Si l'analogie des faits observés en Ecosse , en Angleterre et en Irlande avec ceux de la Suisse est exacte, dit M. Agassiz , on doit penser que non seulement il y avait des glaciers dans les Iles-Britanniques , mais encore qu'ils en couvraient toute la surface.
M. Buckland (1) , à l'appui de cette manière de voir, a donné la description d'une masse non stratifiée située près de Dumfries, et composée de cailloux roulés , provenant des schistes des montagnes voisines et de quelques fragments arrondis de granité dont le gisement le plus rapproché , qui est le Loch Doon , dans le Galloway, se trouve encore à 30 milles au nord-ouest. La hauteur de ce monticule , regardé comme une ancienne moraine , varie de 6 à 9 mètres. Sa base est de 30 mètres, et sa longueur de /iOO. Dans le comté d'Aberdeen, il existe aussi des restes de moraines terminales et des détritus remaniés par les eaux. Dans le Forfarshire , des cônes et des digues de graviers auraient été produits également par des glaciers et modifiés ensuite par les eaux. La montagne opposée à la gorge du Tumel est recouverte d'un grand dépôt de graviers et de blocs, qu'apportait un glacier qui débouchait dans la vallée par cette ouverture et qui a poli et strié les roches schisteuses en amont de la cascade actuelle. Sur le Schichallion,on voit des surfaces polies et striées, parallèles à la direction qu'un glacier aurait suivie en descendant de cette montagne , et les moraines de Taymouth , de Glen-Cofield, de Stralh-Earn
(1) On the geologkal évidence, etc. Sur l'évidence géologique de rancienne existence des glaciers dans le Forfarshire. [Proceed, geoL Soc. ofLondon, vol. III, p. 337. Dec. 4840.