‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 18 sur 87 · II · texte numérisé non relu

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114 TRACES ATTRIBUÉES A d'aNCIENS GLACIERS.

des roches sous-jaceotes , puis en matériaux noo stratifiés avec blocs, à la base des collines , et constituant des terrasses, à sommet presque plat , et quelquefois avec deux côlcs escarpés , Tnn vers la rivière, Fautre moins élevé vers la montagne; enfin en graviers stratifiés avec sable et argile qui recouvrent les dépôts précédents.

Les terrasses ou remparts latéraux, qui s'accroissent généralement en largeur et en profondeur lorsqu'on descend les vallées , atteignent parfois vers le bas de celles-ci une épaisseur de 30 mètres. La base n'est jamais stratifiée , mais formée de boue et de sable enveloppant des fragments considérables , anguleux ou non, et plus ou moins arrondis , suivant qu'ils tont plus ou moins éloignés du lieu de leur origine ; ces blocs sont plus fréquemment aplatis que ceux qui ont été roulés par les eaux. Dans la partie supérieure des terrasses , les matériaux sont les mêmes , mais ils y sont stratifiés, ayant été accumulés comme les barres à l'entrée des rivières; et dans leur ensemble ces digues sont comparables à celles de la Suède, formées aussi sous les eaux.

Une des particularités les plus remarquables que présentent les détritus incohérents et superficiels du Forfarshire et du Perlhsbire est une sorte de courant ou traînée de blocs et de cailloux, de trois milles de largeur et qui s'étend sur une longueur de vingt- quatre milles, de Dunkeld à Lunan-Bay. Aucune grande rivière ne suit celte direction qui est seulement marquée aujourd'hui par des lacs et des moraines. Le peu d'élévation de cette digue au-dessus de la mer fait penser à M. Lyeil que ses matériaux ont été déposés par des glaces flottantes descendues des Grampians et des montagnes environnantes.

Les digues ou terrasses précédentes, dans lesquelles on n'a point trouvé de fossiles, se coupent quelquefois à angle droit, et l'on peut regarder celles qui courent dans le sens de la vallée comme des moraines latérales et médianes , les autres comme des moraines transversales ou terminales.

Après avoir cherché à détruire les objections que cette explication pouvait faire naître, le sa\ant géologue anglais s'occupe d'autres digues de débris stratifiés, d'abord entre le lac de Lundie et le golfe de Murray, puis sur la côte à l'est et à l'ouest de Dundee. Ces dernières, élevées de 7 à 12 mètres au-dessus de la mer, sont formées d'argiles stratifiées et de gravier renfermant des coquilles marines, toutes, à une seule exception près, identiques avec des espèces vivantes. Ces lits de coquilles paraissent être du même âge

TlÀCBS ATTRIBUÉES A DANCIBNS liLAUKRS. 115

qae ceiii des bords de la Clyde , et le till avec les graviers slratiliés représenterait \e» digues et les dé|)ôt8 de certains lacs dans lesqueb les débris de testacés , de quadrupèdes et de plantas pro- ?ienoeot d'espèces qui ont leurs analogues dans la faune et la flore actuelles du pays. Il ne faut pas oublier que, pour les personnes qui regardent le till comme un produit immédiat des glaciers, ce dépôt non stratiûé doit nécessairement être antérieur aux lits de coquilles.

Dans le district de Sidiaw-Hills, il y a une grande quantité de blocs provenant des Grampians. Celte chaîne, qui atteint /|60 mètres d'élévation et qui est formée de couches redressées et contournées do vieax grès rouge, associées à des trapps, est recouverte par Targile du till , comme tout le pays entre Stratbmore et la Tay. On voit des blocs considérables à 300 mètres de hauteur entre Lumley-Den et Lundie; il y en a même sur le point culminant des Sîdlaw^Hills, à plus de /»60 mètres d'altitude.

M. Lyell indique ensuite quelques unes des conditions climatologiques sous lesquelles ont pu se former les glaciers anciens de l'Éeosse, et distingue tmis phases dans leur existence : le commencement de la période , sa continuation avec une intensité complète de froid, pois sa diminution graduelle. Lors de la première influence d'une basse température, les sommets seuls dos plus hautes montagnes étaient couverts de glaces qui auraient fondu dans les plaines situées au-dessous, comme actuellement eu Suisse et au Chili, entre le /iO* etleôO°de lat. N.etS. 1/abaissementde la température augmentant» les glaces s'avancèrent, poussant en avant les moraines terminales, comblant les lacs et les autres cavités, jusqu'à ce qu'elles eussent atteint la mer. Fendant la seconde période , lorsque le mouvement des glaces était devenu très faible, les neiges couvrirent les vallées et les plaines sur une grande épaisseur. Les pics les plus élevés et les précipices des montagnes restèrent à découvert , et les blocs dé* tachés de ces parties furent transportés à des distances considérables sur les surfaces gelées. Enfin lors de la rupture des glaciers et de leur retraite graduelle , les blocs furent déposés sur les divers points où nous les voyons, et les moraines ou débris latéraux et transverses furent successivement déposés aussi. Les lacs qui se sont formés accumulèrent sous leurs eaux les matériaux stratifiés dans la position où on les trouve encore, et ils s'écoulèrent ensuite par la rupture iiU térieure de leurs barrières.

Nous n'examinerons point ici la valeur des explications que nous

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