TRACES ATTRIBUÉES A D*ANC1ENS GLACIERS
jusqu'à 160 mètres au-dessus. Il y a de pins des sillons de 1 mètre à i*,10 de longueur sur 0",05 à 0'»,0B de profondeur. Quelques monticules offrent Taspect des roches moutonnées des Alpes, mais leur côté sud est constamment raboteux et sans traces de frottement ni d*usure.
De nouvelles preuves à Tappui du phénomène en question ont été apportées par M. W. Kemp, dans ses Observations sur les derniers changements géologiques éprouvés dans le district de Galashiels dans le sud de l'Ecosse (1), et M. Gumming (2) a fait voir que, dans Tîle de Man, la surface des roches recouvertes par des dépôts quaternaires était polie et striée , de même que les blocs des roches du pays, enveloppés dans Targiie coquillière. Des traces attribuées à d'anciens glaciers ont aussi été mentionnées par M. J. D. Forbes, dans sa Note sur la topographie et la géologie des collines de Cuchullin (île de Sky) (3).
Sur beaucoup de points de la côte du Northumberland , et en particulier près de Newcaslle , dit M. Buckland (U) , le till recouvre les roches de la formation carbonifère , et Ton trouve des restes de moraines vers le pied oriental des monts Cheviots. D'après le même géologue , les preuves de l'action des glaciers seraient encore fréquentes dans les montagnes du Cumberland et du Westmoreland. On en observe en avant des gorges à travers lesquelles les eaux des lacs s'échappent comme en Ecosse et dans le ÎNorthumberland. Ainsi près de Penrith, il y a de grandes moraines chargées d'énormes blocs de porphyres et de schistes, produites par des glaciers qui descendaient des hautes vallées du flanc oriental d'Helvellyn. Au sud de ces montagnes , dans le Westmoreland et le Lancashire , des accumulations semblables de débris se voient sur une grande échelle. Dans la vallée de Kendal, les moraines entières ou déformées sont très répandues ainsi que sur d'autres points du Cumberland. Vers le centre du district des lacs , on remarque des moraines médianes fort étendues , et qui ont été formées par des glaciers à la jonction des vallées de la Greta et de Dervent-Water. Quant aux blocs de granité de Criffle qui forment une accumula-
(1) The London and Edinh. phiL Ma^az,, vol. XVIII, p. 388. 1844.— 7^»., vol. XXIII. p. 28. 1843.
(2) Quart. Journ. geol. Soc. nf London y vol. Il, p. 335. 1846.
(3) Edinb. new phil. Journ., vol. XL, p. 76. 4846. — ln-8 , Edimbourg, 4 845.
(4) Proceed. gcol. Soc. of London , vol. Ilï , p. 337. \ 840.
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tioii si remarquable à Sbalkbeck, entre Carlisic et Cocker mouth, ils auraient été transportés sur des glaces flottantes à travers le golfe du Solway.
Ansu terre. Après avoir examiné la portion du Caernarvonshire appelée plus particulièrement Snowdonie, et comparé les sept vallées qui rayonnent du Snowdon et de ses parties adjacentes , iVl. Buckland (1) a décrit avec soin chacune de ces vallées et il ne doute pas que les roches arrondies, sillonnées, cannelées, striées et polies qu'il a observées sur leurs flancs et leur fond, de même que les accumulations de détritus en forme de digues avec des blocs à la snrr face, ne soient le résultat d'anciens glaciers. On doit remarquer que les deux seuls exemples reconnus pour des dépôts analogues à des moraines sont sur le côté sud-est de la chaîne , et que sur ce même côté il n*y a aucune trace de ces matériaux apportés de loin , tandis que sur la pente nord-ouest on trouve des cailloux de granité et d'autres roches venant d*Anglesea , du Cumberland ou d'Irlande associés à des coquilles marines d'espèces encore vivantes. Aussi l'auteur s'est-il attaché à prouver que, si certains phénomènes ne peuvent être attribués qu'à l'action des glaciers, il en est d'autres qui exigent, pour leur explication , l'intervention de puissants cou^ rants et celle des glaces flottantes.
Pour M, fiowman (2), il n'y aurait aucune trace d'anciens gia« ciers dans le pays de Galles. Les surfaces usées et striées qu'on y a signalées seraient disposées dans le sens du méridien magnétique, et résulteraient d'actions magnétiques pu électriques qui , lors de leur solidification, auraient fait prendre aux molécules une direction polaire. Il est probable que les traces dont il est ici question et qui se prolongent dans l'intérieur de la roche, sont difi'érentes de celles que les partisans des glaciers ont observées dans le même pays.
M. R. W. Byres (3) a insisté, comme M. Ch. Darwin {U) , sur la réalité de ces dernières à Porlh-Treiddyn , dans le Caernarvonshire;
(1) On the glaciar diluvial phenomena , etc. Sur l'action diluviale glaciaire dans la Snowdonie et les parties adjacentes du nord du pays de Galles. [Proceed. geol. Soc. of London , vol. III, p. 579.)
(2) The London and Edinb. phil. Magaz., vol. XIX, p. 469. 1841. — Jnn. des sciences géol.^ vol, I, p. 108. 1842.
(3) Proceed. geoL Soc. of London , vol. IV, p. 370. 1844. — Qtiart. Journ. /V/., vol. I , p. ^18. 1845.
(4) Nota on the effects, etc. Note sur les effets produits par les anciens glaciers du Caernarvonshire et les blocs transportés par 1$6 glaces flottantes. [PhiL Magaz., n° 137, p. 180. 1842.)
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mais M. A. F. Macintosh (1) s'est eiïorcé de réfuter TopiDion de M. Buckland, et regarde les surfaces arrondies des roches comme le résultat d*une action sous-marine et non d'anciennes glaces ; les autres traces seraient dues à la structure même des roches , à leur altération , à leur transport par les eaux , ou à des effets de gelée et de dégel , de neige, etc. Les sillons ou cannelures sont toujours parallèles au clivage, et correspondent à une série de lignes étroites, ou joints, appelées water splite par les ouvriers.
M. T. Oldham (2), qui , comme on l'a vu , s'est occupé des dé- irUnde. pots coquilliers quaternaires de l'Irlande, a toujours trouvé qu'audessous les roches en place étaient polies , striées et sillonnées. Ces traces de frottement s'observent depuis le niveau actuel de la mer jusqu'à une grande hauteur sur les flancs des collines.
Aio.si que nous l'avons dit en commençant, les phénomènes qui, à Réiumé partir du sillonnement et du polissage des roches, se sont manifestés section^ dans les Iles Britanniques pendant la période quaternaire , quoique p''«*=*^«"''"* présentant des résultats assez différents , ne sont point cependant sasceptibles de distinctions bien générales ni d'un classement absolu par rapport au temps où ils se sont passés. Nous observons tantôt l'influence d'une action dont l'origine était située à une certaine distance en dehors de ces îles, tantôt au contraire des effets dont la cause existait sur les lieux mêmes où nous les trouvons. Sur d'autres points ces effets se sont mêlés et enchevêtrés , ou bien ils sont restés indépendants et séparés. £n Irlande, en Ecosse et dans le pays de Galles, les matériaux du diluvium ont été fournis par les roches du pays; dans la dépression qu'occupe le nouveau grès rouge, au contraire, entre la mer d'Irlande et le canal de Bristol , il y a des roches apportées des parties septentrionales de la Grande Bretagne, de même que dans les comtés de l'est on rencontre, avec des roches de tous les terrains du centre de l'Angleterre, des débris qui paraissent venir de la Scandinavie. Mais à ce dernier égard.
(1) Quart. Journ. geol. Soc. of London , vol. I, p. 460. 1845 — Voyez aussi : J. Davy, Observations chiefly meteorniogical , etc. Observations principalement météorologiques faites k Ambleside (Westmoreland), en 1843-45 , avec un article sur l'existence d'an ciens glaciers dans le Cumberland. [Edinh. new phii. Journ., vol. XXXIX. p. 1. 1845.
(2) Rep. 4 4**" Meet. hrit. Assoc. at York , 1844, p. 57 des Notices.