TERRAIN QUATERNAIRE DE LA HOLLANDE
Hollande et se rattache aux sables de la Campine qui s*élendent en Belgique.
Maintenant, quel est l'âge de ce dépôt sableux? C'est ce sur quoi le célèbre professeur à qui nous empruntons ces détails ne s'est pas prononcé, en l'absence sans doute de fossiles propres et de superposition directe à des couches tertiaires d'un âge bien déterminé. Doit-on y voir l'équivalent des sables de la Campine que M. Dumont (1) paraît disposé à rapprocher du crag de la province d'Anvers, ou bien la limite sud -ouest du phénomène erratique du nord , comme quelques fragments de roche pourraient le faire penser, ou enfmune modification desdépôtsde cailloux et de limon qui semblent se prolonger au sud, dans les Flandres et le nord de la France? Nous n'avons pas de motifs suffisants pour décider la question ; mais si ces sables sont réellement antérieurs à la période quaternaire, il est douteux qu'on puisse les regarder comme plus anciens que le crag de iNorwich , be'dernier dépôt tertiaire de cette partie du nordouest de l'Europe.
« Les blocs de roches du nord (2), très communs aux environs » de Groningue (3) , ne s'avancent pas vers le midi au-delà V d'Ârnhem , sur le Rhin , quoique le grand dépôt sableux qui les contient à Groningue , et qui est le prolongement direct des sables » de la Westphalie, traverse lui-même le Rhin et s'étende sans in- I) terruption jusqu'aux environs de iMaestricht et dans la Campine. » Ici , comme en Pologne, le sable qui constitue la masse du ter- » rain diluvien ne vient probablement pas de très loin. Ce sable » n'est , suivant toute apparence , que le résultat du lavage et du
(4) Rapport sur les travaux de la carte géologique de la Bel^ giquc pendant Cannée 1839 [Bull, de VAcad. de Bruxelles^ vol.
vn.
(2) Elle de Beaumont, Rapport sur un Mémoire de M, Durocher (Compt. rend., vol. XIV, p. 97, nota. 1842).
(3) Voyez : Sur les polypiers à Houd.srug près de Groningue par Dassen ( Tijdschrijt voor natur. Geschieden de van der Hocven^ vol. VIII, p. 127. 1841). 66 espèces de polypiers paraissent être identiques avec ceux de la grauwacke et du système carbonifère. C» sont pour la plupart des cailloux roulés, trouvés dans une fouille^ et accompagnés de fossiles crétacés et tertiaires. Leur charriage, des provinces rhénanes et de la Belgique jusqu'à Groningue , peut être de. plusieurs époques, mais on conçoit combien il serait important de déterminer la position des dépôts qui les renferment par rapport à celui qui contient des roches du Nord.
ET Dl LA BELGIQUE. M3
» remanieiuent des sables du lerraiii leriiaire inférieur sur lequel il » repose près de Maeslricht el méuie dans une parlic de la Campine ; » ce dépôt sableux contieul un grand nombre de cailloux et même » des blocs assez volumineux , mais qui tous appartiennent à TÂr- » deoae et aux montagnes des deux rives du Rhin. Des traces de » phénomènes erratiques, mais dont la continuité avec les précé- « dents n*e8t pas évidente et qui pourraient être d*une date plus • moderne, existent aussi dans Tintérieur de l'Ardenne. »
A la fin de V Essai sur la coordination des terrains tertiaires du nord de la France, de la Belgique et de l'Angleterre (1), nous avons bit Toir qu'au sud d'une ligne tirée des environs de Maestricht à Gand, c'esl-à-dire dans le Limbourg, le Brabant méridional, les Flandref, le Hainaut , les provinces de Liège et de Namur, et au-delà, sor presque toute la surface occupée par le bassin de la Seine, les dépôts meubles, compris sous le nom de diiuvium , se composaient ordinairement vers le bas de cailloux à demi roulés, plus ou moins mélangés de sable et d'argile et renfermant souvent des débris de mammifères la plupart éteints ; puis, vers le haut, d'un limon argilo-sablonneux , jaunâtre ou brunâtre, quelquefois calcarifère, et que nous avons désigné sous le nom à'alluvion ancienne. Plus à l'est, ces dettx assises quaternaires se retrouvent exactement dans toute l'étendue de la vallée du Rhin, où la plus élevée est appelée lehm ou lœss. Les caractères de cette dernière sont ceux d'un grand dépôt d'alluvion sans stratification distincte. On n'y trouve que des coquilles terrestres et lacustres, analogues à celles qui vivent actuellement dans le pays, et quelques ossements de mammifères.
M. Melleville (2), dans un travail important sur le terrain diluvien , travail qui sera consulté avec fruit à cause des nombreux documents qu'il y a rassemblés , a également reconnu ces deux assises qui, dit-il (p. 16), existent quelquefois indépendamment Tune de l'autre, mais qui réunies se montrent superposées d'une inanière régulière et constante. L'auteur les caractérise d'ailleurs comme nous, et le grand nombre de faits qu'il rapporte confirme Texaclitude de leur distinction; seulement, les observations que nous mentionnerons ne permettent pas d'admettre l'opinion de
i\\ D'Archiac, Bull , vol. X, p. 220. 4839.
(2) Du diiuvium ; recherches sur les dépôts auxquels on doit donner ce nom et sur la cause qui les a produits , in*8. Paris , 4 843.