CHAÎNE DES VOSGES
(l*autant plus prononcées qu'on s'avance vers le nord , on est conduit à supposer que c'est dans celte direction qu'il faut chercher la cause du phénomène ; et , si Ton remarque que dans le HaiMaut , le Brabant et le Limbourg ses caractères sont encore plus constants qu'ailleurs , on arrive à rattacher ce dépôt au lehm de la grande vallée du Rhin , dont il ne serait qu'une extension. La masse des eaux chargées de limon aurait circonscrit le massif ancien de l'Eifel et de l'Ardenne en pénétrant dans ses anfractuosités et en recouvrant les parties les moins élevées au nord et à l'ouest, et se serait répandue ensuite sur tout le nord de la France , animée d'une vitesse d'autant moindre qu'elle s'éloignait davantage du courant principal. Nous dirons , en outre , que l'élévation qu'il faut supposer à ces eaux dans le nord de la France est parfaitement justifiée par le niveau auquel elles se sont élevées sur les pentes de la vallée du Rhin.
On voit, de plus, que l'alluvion ancienne s'amincit aussi à l'ouest, vers les côtes de la Manche , et que de l'autre côté du détroit elle manque tout à fait , cai il n'y a point eu en Angleterre de phénomène général après le dépôt de cailloux roulés avec ossements de grands mammifères. Cette circonstance peut être due, soit au relèvement des couches des deux côtés de la Manche , soit* à ce que la séparation de l'île du continent a eu lieu , comme nous l'avons dit {ante, p. 127), immédiatement après l'accumulation des cailloux roulés. £n effet, l'enfouissement des débris d'éléphant dans les brisures de la crête rocheuse sous - marine située au milieu du Pas-de-Calais et qui se prolonge dans la mer du Nord doit faire penser que la rupture n'est pas antérieure à la destruction de ces pachydermes , et qu'elle est un des effets de la grande cause qui a déterminé cette même destruction.
§ 2. Cbaiae des Vosges et vallées qui en deseeodant.
La formation erratique de la vallée de la Meuse et des collines qui la bordent est en grande partie compasée de fragments de grès des Vosges et de quelques autres roches de cette chaîne. Ainsi , dit M. Gaulard (1) , les courants qui les ont charriés se dirigeaient du S.-E, vers le N. H y a, en outre, des dépôts moins anciens où l'on
(t) Mém. pour servir à une descripiinn ^êoiogiqtw liu dép, de la Meuse, iu-8. Verdun, 4836.