CHAPITRE PREMIER
TERRAIN Ol'.VTLUNA!:.?. I- N.F: : :. :
$ 1 . PUges fOttleYêet et dépôts m^sLI»! is^^rtc:*-! fv
rmes
M. Keilhau [V a dOcrii, d'ancien rivaui* |'lac»'r à • a signalé «mi nutiv. tlcii^ /.
mark, des caiiniup> :. ■• même ni\caii. ;iiii>' •;■. • la cote. A \W\l -:.::• ■ . *' de la mer tt j 1.', :.'."■• adhérenli'N à !j i : • . I conser\ éf>, ^♦- '. i • u ♦ '. i • giienx, snrlMiiiiiai.- .- -:•.
jus(in*à ,'>2 m» :r- •:•::époque. L**^ t•^ ;...>.■. nombre d\*n\;î'.:i I . > :.
ossemenl> de i ■■.:•.•• il-:
I/argile enj]' ;•.•: .• .• tourbe indiqij-îit.ji: . :• cessifs. Le> c ■■•.■.:.•.• i*; .
terrasses doni .. ;..*:: • tresS . Lii'j,ih\i*:: :• • : i
i\] Quo.'j-:e :'..••• • se rattache [.-*::• . il nous air.v.--rs -..•-' rr ni tiqua eî ::.•"•:» • .
que les îiéo'.i--- • • uns aux aut:-.- *• •.
(3) Au Spjtz:-*-: « vés de 6 à 7 mçtr» * - Scandinavie. \jt Ib coquille exclu'*' *^*r: ^
jusqu'au Finmark, les districts soulevés ont du avoir une étendue très considérable, et, bien qu'il n'y ait pas de motif pour supposer que chaque seconsse ait agi sur toute cette partie de la Scandinavie, une uniformité très remarquable, dans la distribution de ces amas, fait présumer qu'au moins quelques uns des soulèvements ont dû être presque généraux.
Des faits assez nombreux semblent prouver que la limite supérieure de la végétation s'est abaissée sur les hautes montagnes , non seulement en Suède, mais aussi dans la Norwège, qui ne paraît point partager aujourd'hui le soulèvement lent de la partie orientale de la presqu'île. On voit les forêts de pins {P. silvestris) se terminer sur les flancs de la chaîne par une bande ou zone d'arbres morts depuis plusieurs siècles et encore debout (1). Le soulèvement actuel de la Suède est attribué par Tauteor à des chocs assez faibles pendant les tremblements de terre, et dont l'effet ne serait appréciable qu'après leur répétition longtemps continuée.
Entre Ârendal et Oester-Risoer, on remarque , dans l'intérieur des terres, des argiles coquillières à 100 mètres d'altitude, avec des Âstartes , la Mya truncata, etc. , recouvertes par des sables disposés sous forme de dunes et couronnés de blocs erratiques. D'après M. Eug. Robert (2) l'exhaussement graduel de la Norwège se serait arrêté depuis 200 ans dans le golfe de Christiania, et, entre cette ville et Drammen , un calcaire noir de transition est percé par des Saxicava rugosa, depuis 130 jusqu'à 160 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer.
Le même géologue (3) a observé sur les côtes d'Alten-Fiord, dans le Finmark , d'anciennes traces du séjour des eaux marines. On y reconnaît , non pas comme à Rolfsôe, des rivages successifs marqués par des galets , mais des terrasses disposées en gradins et résultant d'intermittences dans l'abaissement des eaux. Sur les mêmes points, le diorite poli présente, à marée basse, deux sortes de rayures.
(1) M. Ch. Martins signale une zone semblable de bouleaux morts et debout sur les flancs du Tromsdaistind , aux environs de Tromsoë. ( Fojage botanique le long des côtes septentrionales de la Norwège , p. 6i , in-8. Paris, 1845.
(2) Bull. ,yo\. IX, p. 115. 4 838.
(3) Ibid., vol. XIII, p. 27. 4 842. — Foyage en Laponie , en Scandinavie ^ etc., p. 4 53. — Voyage de In commission scientifiqne du Nord, etc.; géologie, minéralogie et métallurgie, p. 65. Paris, 4 843.
dont les unes correspondent aux feuillets de la roche et les autres au passage de cailloux poussés par les eaux. L*usure et le poli sont attribués par Tauteur à l'action de la mer. Près d'Hammerfest, à 25 ou 30 mètres au-dessus de l'Océan, est un dépôt de scories volcaniques nqires, légères et roulées qui semblent avoir été transportées par les eaux , soit de Tlslande , soit de l'île de Jean-Mayen. Plus au nord , le long des côtes de Bell-Sund (Spitzberg), les traces du séjour de la mer sont encore marquées par des coquilles d'espèces vivantes dans les eaux environnantes ( Alyes, Saxicaves). Ces sables argileux coquilliers sont du même âge qu'un autre dépôt assez semblable , renfermant des morceaux de lignite et des galets.
En résumant ses observations sur une grande partie des côtes de la Norwège, de la Laponie et de la Suède, M. £. Robert conclut : l*" que la plupart de ces côtes portent des traces du séjour de la mer, à des hauteurs qu'il est généralement difficile d'apprécier sous le rapport des différences de niveau ; 2'' que, d*après les terrasses et les rivages anciens, l'exhaussement du sol entier de la Scandinavie, ou plutôt le retrait de la mer, a peut-être éprouvé des intermittences, à moins de ne voir avec l'auteur, dans cette disposition , qu'un caractère propre à tous les délaissements de mer, de lacs ou de fleuves que l'on appelle lais; 3° enfin , qu'à une grande hauteur, dans l'intérieur des terres, il existe des traces analogues à celles des côtes actuelles, principalement entre le point de partage des eaux de la mer du Nord et de celles de la Baltique, comme entre celui des eaux du fleuve Alten et de celles du Muonio.
M. Robert n'est pas porté à voir dans ces résultats, ni dans ceux de l'époque moderne , de véritables soulèvements partiels ou généraux, à cause de l'absence de phénomènes ignés et de sources thermales dans toute la presqu'île Scandinave , de la rareté des tremblements de terre ou de leur peu d'énergie, et parce que le gneiss, la plus ancienne des roches de cristallisation, règne d'un bout à l'autre de la péninsule. Il pense que des atterrissements ont réuni un certain nombre d'îles qui se sont jointes au continent par l'éloignement de la mer ; mais nous verrons tout à l'heure combien cette opinion est contraire à une étude plus rigoureuse des faits , outre l'impossibilité physique d'attribuer à une pareille cause la position des graviers coquilliers à 200 mètres d'altitude sur les flancs des montagnes.
Les blocs erratiques se trouvent sur les côtes et dans l'intérieur du pays , là où existent des traces d'ancienne mer ou de
grands lacs aujourd'hui desséchés. Tantôt ces blocs reposent sur le sommet des rochers polis , tantôt ils gisent dans l'argile rougeâtre ou le sable qui forment les principaux alterris- Tsements de la Scandinavie, surtout vers le fond des fiords qu'ils ont en partie comblés. L'argile constitue la base de ces atterrissements , et le sable la partie supérieure. La présence des blocs serait due h des causes analogues à celles qui agissent encore aujourd'hui, et l'auteur, qui trouve dans ces causes l'explication de tant de phénomènes divers, attribue les rayures observées sur les roches à Taltération inégale des feuillets de gneiss dont la stratification affecte une direction N.-O., S.-E. , qui est celle de ces traces produites, suivant d'autres naturalistes , par le passage des blocs. Les stries des roches dures (diorite compacte, porphyres, etc.) ne seraient que des accidents résultant du mouvement des galets sur les parties polies ; enfin les œsars de la Suède auraient été formés par des courants sons-marins, qui auraient donné en même temps à la Scanie , aux îles du Danemark et à un grand nombre de collines meubles les caractères que nous leur voyons. Danemark. Aiusi laSéclaude, laFiouie, le Jutland, le Holstein et même le Hanovre sont regardés par M. E. Robert comme de grands atterrissements composés de sable argileux , grisâtre , enveloppant des blocs roulés et provenant de la destruction des roches Scandinaves. Si ces atterrissements se continuaient , ils pourraient fermer le Sund et faire de la Baltique une Caspienne. C'est particulièrement à la décomposition des schistes argilo-talqueux, alternant avec le gneiss, que l'auteur attribue les éléments de ces dépôts modernes ou peu anciens.
M. Forchhammer (1) signale aussi dans le Danemark , le Schleswig et le Holstein , des coquilles placées à des hauteurs considérables au-dessus de la mer, et dont les analogues vivent encore dans le voisinage. Non loin de Bornbœvd (Holstein) on trouve, à /iO mètres d'altitude, des lits de cailloux roulés avec Cardium edule , Littorina littorea^ Buccinum undatum , Ostrea edulis, dont les dimensions sont moindres, à la vérité, que celles de leurs analogues vivant sur la côte , mais identiques à celles des coquilles que l'on rencontre dans les dépôts d'Angleterre,
(1) Tronsoct. geol. Soc.of London,yo\y\, p. 157. 1837—1841.
ET DÉPÔTS MEUBLES SUPERFICIELS AVEC COQPItLES MARINES. 9
regardés comme ayant été récemment soulevés. L'élévation de CCS couches parait être antérieure à la formation des œsars de la Suède, qui se seraient déposés pendant une période d'abaissement subséquente, et à laquelle appartiendrait aussi une forêt de sapins, aujourd'hui recouverte de 3 mètres d'eau, entre Itle de Rœmoê et le rivage de Schleswig. Sur d'autres points , des forêts de chênes occupent la même position au-dessous du niveau moyen des eaux, et l'on peut penser que le mouvement ascensionnel des côtes orientales de la Scandinavie, qui a émergé les césars et qui se continue encore, ne s'est point manifesté au sud ni à l'ouest, après la submersion de ces forêts.
Le rapport qu'a présenté M. Élie de Beau mont sur un mémoire Worwrfi». de M. A. Bravais , relatif aux lignes d'ancien niveau de la mer dans le Finmark (1), non seulement a fait sentir toute l'importance des résultats rigoureux obtenus par le savant physicien de l'expédition du Nord, mais il a encore étendu et généralisé, plus qu'on ne l'avait fait jusque là, les phénomènes de soulèvements récents, observés sur les côtes de l'Europe occidentale. Aussi croyons-nous devoir présenter une analyse de ce rapport, qui comprendra en même temps le résumé des travaux de M. Â. Bravais.
Nous venons de voir que, d'après M. Keilhau, la Norwège entière, depuis le cap Lindesnœs jusqu'au cap Nord et à la forteresse de Vardhuus, avait été soulevée, à une époque antérieure aux monuments historiques. Sur la côte sud-est et dans la province de Drontheim, cette élévation a atteint 188 mètres, et des corps organisés, d'espèces vivantes sur le littoral , se trouvent accumulés à 158 mètres. Ces dépôts d'argile bleuâtre, avec fer oxydé hydraté , occupent des plaines étendues qui aboutissent à la mer, ou bien des terrasses latérales , à pentes rapides. La couche de sable paraît être d'une époque différente, et les accumulations decoquilles brisées, qui marqueraient une troisième série de phénomènes, constituent tantôt des masses irrégulières, tantôt des dépôts plus ou moins puissants. Les bancs coquilliers de Skiœldal et de Hellesaœn atteignent l^i^ mètres d'élévation.
(1) Compt. rend., vol. XV, p. 817. 1842. — A. Bravais, Voyage . fie la Commission scientifique du Nord en Scandinavie , en Laponie^ etc.
Lignes
d^ancieos
niveaux
daoB
le Finmark.
Autour du lac d*Odemark, ils sont à 110 et à Uddevalla à 63 inè* très (1).
Du cap Lindesnœs au golfe de Drontbeim, les côtes abruptes et très découpées n*ODt pas permis un grand développement de Targile coquillière , tandis que les sables , les graviers et les cailloux qui y prédominent constituent des collines plus ou moins étendues et d'origine encore incertaine , à cause du manque de débris organiques dans le plus grand nombre des cas. Plus au nord , les mêmes dépôts coquilliers sont encore fréquents, mais moins élevés que dans les vallées qui débouchent dans le golfe de Drontheim. Ainsi à Talvig , où ils renferment la Mya tnmcata , Tellina bdtica^ Cyprina islandica^ ils ne sont qu'à 7 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Mais, outre ces preuves du séjour peu ancien des eaux sur les parties déclives et aujourd'hui émergées de ses côtes, la mer a encore laissé des marques des niveaux successifs qu'elle a occupés, et qui se rapprochent de plus en plus de son niveau actuel; ce sont des lignes d'érosion semblables à celles qui indiquent la ligne du flot, ou bien des terrasses comme celles qui se forment de nos jours , sur certaines plages^ par l'entassement des matériaux que la mer agite sur ses bords.
M. A. Bravais a recherché avec le plus grand soin , sur les côtes du Finmark, depuis la baie d'Alten jusqu'à Hammerfest, du 70** au 71'' lat. N., les traces de l'ancien niveau de la mer. Elles y constituent des terrasses ou banquettes plus ou moins distinctes et des lignes d'érosion sur les roches. L'auteur a reconnu d'abord deux lignes d'ancien niveau qui s'abaissent du S. au N. La plus élevée forme un plateau d'apparence horizontale et à pente rapide vers la mer, sur une étendue de 3000 mètres. Dans la partie sud d'Altenûord, elle atteint 67"', 4 au dessus de l'eau, et elle s'abaisse à 28'",6 aux environs d'Hammerfest. La ligne inférieure, située à27'",7, sur le premier point, est à l/i'",l sur le second. Le premier soulèvement aurait été ainsi plus énergique que le second , et surtout réparti le
(4) Les naturalistes de nos jours, qui ont donné une certaine célébrité à cette dernière localité , ne savaient probablement pas qu'elle avait été décrite il y a cent ans par Linnaeus lui-même. Ce grand homme a mentionné et fait figurer avec soin les coquilles qu'il avait recueillies dans les sables d' Uddevalla. Voyez fVast^Gotha-Resa , p. 1"97. Upsal, 1747 (en suédois).
long de la côte d'une manière plus uniforme. Ces deux lignes principales contournent le littoral , suivant des courbes qui lui sont concentriques et parallèles.
£n réalité, les terrasses ne sont point horizontales ni parallèles entre elles , bien qu'elles le paraissent à l'œil qui ne peut embrasser qu'un petit espace. Ainsi le mouvement relatif de la terre et de la mer a été inégal dans les différents points de la baie. Il a été inégal au moins deux fois , et chaque fois dans le même sens, car les deux grandes lignes d'ancien niveau inclinent du même côté , en se rapprochant Tune de l'autre vers l'entrée actuelle du golfe. La différence des deux extrémités de la ligne supérieure est de près de 40 mètres sur une distance de 16 à 18 lieues.
Une ligne de niveau, que M, Bravais nomme ligne intermédiaire , parait exister aussi entre les précédentes. Enfin une quatrième, placée entre l'inférieure et le niveau actuel de la mer, serait plus douteuse. Les périodes que ces deux dernières représentent auraient été plus courtes que celles des lignes principales. L'intercalation de la ligne moyenne change l'ordre de puissance des soulèvements successifs, et l'on voit que la plus grande force s'est manifestée lors du soulèvement le plus moderne. Le plus ancien a été le second en énergie, et celui qui l'a suivi a dû être le plus faible de tous.
Les blocs erratiques abondent dans le Finmark , et y présentent des dimensions considérables. Ils paraissent surtout nombreux, un peu au dessous de la ligne de niveau inférieure , et ils ont pu y être déposés par des glaces flottantes. Sur les montagnes , les surfaces polies et les sillons sont également fréquents et bien prononcés. On en trouve à de très grandes élévations , et fort près du niveau de la mer.
L'auteur ne pense pas que la formation de ces anciennes lignes puisse être expliquée par l'existence de lacs , dont les barrières auraient été rompues , et cela à cause de la grande différence de niveau que l'on observe entre les extrémités de chacune de ces lignes, et il fait voir que l'hypothèse d'un courant boueux ou de puissants cours d'eau , se dirigeant de l'intérieur vers la mer, n'est pas plus admissible que celle des glaciers, ou d'un déplacement dans la direction de la pesanteur. Il est probable qu'il y a eu faille , rupture ou au moins flexion sur quelques points, la mer ne pouvant changer de niveau sans laisser pour traces des lignes régulières et continues. La cause a donc agi sur le sol émergé ; elle a élevé les côtes irrégulièrement, à diverses reprises, et de plus, ce mouvement a fait tourner plusieurs fois la partie soulevée autour d'une char-
nière à peu près constante; car les deux lignes principales de niveau se rencontrent en un point voisin de ceux où elles atteignent la surface actuelle de la mer, et peu éloigné aussi de la ligne qui entoure la série dlles, dont la côte est bordée.
Quoiqu'il soit impossible de fixer exactement le temps pendant lequelle niveau de la mer s*est maintenu aux diverses stations qu'accusent les terrasses ou banquettes du Finmark, la profondeur des entailles faites dans certains endroits par les eaux sur des roches très solides, aussi bien que la largeur de ces mêmes terrasses de débris , accumulés ailleurs immédiatement sous la surface de l'eau , montrent que chaque ligne de niveau a été le bord de la mer pendant un grand laps de temps^
Ces résultats s'étendent d'ailleurs sur des espaces bien plus considérables , et les traces récentes des eaux se trouvent dans divers pays à des niveaux très différents. Ici, dans le Finmark, c'est à 68 mètres, sur les côtes de Norwège à 200 mètres, en Ecosse à 359, dans le nord du pays de Galles à U2U mètres, pour redescendre ensuite en Cornouailles. On voit qu'une série d'ondulations s'est manifestée sur une étendue de près de 700 lieues du Spitzbergà la pointe sud-ouest de l'Angleterre. Mais dans d'autres parties contiguës, les ondulations , au lieu d'être ascendantes, sont descendantes, comme le prouvent lesforêts sous-marines du Lincolnshire, des côtes orientales de l'Ecosse, du Cornouailles, de la Bretagne, de la Normandie, et les plages de Schleswig et de la Poméranie , en face de la Scanie , qui s'abaisse aujourd'hui au lieu de s'élever, comme le reste de la Suède.
M. Keilhau pense comme M. de Buch que le soulèvement de la Norwège différait de celui qu'éprouve actuellement la Suède, et qu'ainsi que nous l'avons dit , ce changement total à l'ouest de la péninsule était la somme d'un certain nombre de changements partiels qui ont alterné avec des périodes de repos, et que la Norwège s'est ,pour ainsi dire exhaussée par saccades. La longue durée de ces périodes peut se prouver par la lenteur avec laquelle se forment de nos jours les dépôts sous-marins, et rien n'autorise à croire qu'ils aient pris naissance sous l'influence d'agents plus énergiques ; « enfin s'il ne reste aucun doute, ajoute M. Keil- M hau (1), sur l'existence de la grande durée des périodes de repos,
(4) Nft Magazine for Naturvid. , 4 837, p. 254. — A. Bravais, loc, cit., p. 58.
» il y en a encore sur la durée du soulèvement lui-même. On ne n saurait dire si ce dernier s*est opéré brusquement, comme la côte » du Chili en a fourni un exemple, ou s'il s*est accompli avec une » lenteur comparable à celle du soulèvement actuel des côtes sué- » doises. La proximité de celles-ci est un argument en faveur de » la dernière manière de voir, suivant laquelle la côte norwégienne » serait aujourd'hui sous le régime de la période de repos , tandis » que sa voisine du golfe bothnique serait au contraire dans la pé- » riode ascensionnelle. »
M. Daubrée (1), qui s'est aussi occupé du dépôt argileux du littoral de la Norwège où se trouvent des coquilles récentes, a fait voir qu*il était postérieur au polissage des roches qui le supportent et au creusèment des stries qu*on y observe. Les Iles et les îlots qui bordent la côte offrent également des surfaces cannelées et striées qui se prolongent sous les eaux jusqu'à une grande distance. Aussi l'auteur fait-il remarquer que si , lors de la formation des sillons, le sol de la Norwège était aussi bas que lors du dépôt des argiles bleues, il en résulterait que les corps striant ou polissant auraient fonctionné au moins jusqu'à 8 ou 10 myriamètres du rivage et sous une nappe d'eau de plus de 200 mètres de profondeur, ce que l'on ne peut admettre, soit que l'on adopte comme moteurs des courants fluides ou bien la glace elle-même.
Il résulte de cette observation importante, et dont la généralisation nous a permis d'établir une base pour classer les dépôts quaternaires, que le sol aurait été plus élevé lors de la formation des stries et des sillons que durant le dépôt des argiles ; et , entre l'époque des sillons et celle où nous sommes , il y aurait eu un abaissement de la péninsule pendant lequel les argiles se seraient déposées. Cette déduction semble en outre confirmée par l'absence , en Norwège et dans une grande partie de la Suède, des sédiments compris entre le terrain de transition et les dernières couches tertiaires , laps de temps immense durant lequel le soi de cette portion de la Scandinavie a été maintenu au-dessus des eaux. Mais plus tard, et à une époque comparativement bien rapprochée de nous, une partie considérable de cette même péninsule aurait éprouvé deux mouvements en sens contraire, et dont chacun aurait eu une amplitude verticale de 150 à 200 mètres.
(I) Buii., vol. XIV, p. 573. 4 843. -^ Ûj/nj)t. rend., vol. XIV, p. S'iS. 1843.
et Saède.
14 PLAGES SODLEVÊES
Danenark M- Forchhammer 1; a décrit en Danemark , sons le nom de formation de V argile avec blocs, un dépôt composé d'argiles jaunes et bleues, de marnes et de sable, renfermant des blocs de toutes les dimensions jusqu'à 100 pieds cubes. Son épaisseur est de plusieurs centaines de pieds; les blocs y sont disséminés à toutes les hauteurs, et la stratification en est rarement distincte. Ces accumulations constituent des collines qni ne sont pas disposées en chaînes séparées; elles sont éparses çà et là sur une grande portion du Danemark, recouvrent entièrement la partie méridionale de la Séelande, presque toute l'île de Fûhnen, la plupart des îles situées à Test, excepté Bornholm , et la côte orientale de la péninsule, de Randers à Lubeck.
Dans le duché de Schleswig il y a une liaison intime entre ces dépôts et les couches tertiaires avec lignîtes, et peut-être dans cette partie appartiendraient-ils à la période sub-apennine. Des dégagements d'acide carbonique se manifestent quelquefois dans les puits creusés pour extraire l'argile, et le mouvement ascensionnel du gaz paraît être subordonné aux variations atmosphériques, s'élevant quand le baromètre s'abaisse, et vice vef*sâ.
Les plus gros blocs sont de granité , de gneiss , de porphyre, de syénite et de quartzite ; ceux de moindre dimension proviennent surtout des calcaires et des diverses roches de la formation crétacée. Les blocs employés pour la fabrication de la chaux sont peu éloignés du lieu de leur origine, et le nombre des fragments d'une roche est toujours en rapport avec la distance de l'endroit où cette dernière se trouve en place , de sorte que le phénomène qui les a accumulés ainsi ne les a pas apportés de loin.
Beaucoup de dislocations locales ont été signalées dans les couches crétacées et tertiaires ; mais un plus grand nombre encore se sont produites lors du dépôt des argUes où les blocs sont les plus nombreux et les plus volumineux. M. Forchhammer regarde comme très probable que les fragments de roches anciennes on primaires
(1) On the houlder formation y etc. Sur la formation d'argile avec blocs , et sur les stries diluviennes dans le Danemark et une partie de la Suède. {Ann. der Chem, und Phys. de Poggendorff, vol. LVIII, p. 609. — Quart. Journ. gcol. Soc, of London , vol. I, p. 262. 1 845. — Rep. 1 6*'' Mret. brit. Assoc, at Southampton 1 846 (London, 1847), p. 51 des Notices. — L'Institut, 26 mars 1847. — Voyez aussi W. C. Trevelyan, Frocecd. geol. Soc. oj London ^ vol. II, p. 577.
ne ifiennent pas de la Suède, mais d'un massif granitique existant alors en place et qui aurait été entièrement détruit.
L'argile avec les gros blocs se trouve, surtout dans la partie orientale, en rapport avec les dépôts de lignite dont les strates, souvent verticaux , ont rarement une inclinaison de moins de &5*. A l'ouest du Jutland, ceux-ci sont au contraire réguliers, non redressés et recouverts sur quelques points seulement par Targile avec blocs. La cause qui a dérangé les couches tertiaires paraît avoir aussi concouru au dépôt des argiles. Dans l'Ile de Sylt , ces dernières renferment beaucoup de morceaux de lave et une telle quantité de fragments de schistes et de calcaire ancien , que Ton doit croire à une très faible profondeur au-dessous les roches en place d'où ils pro* viennent II serait même possible que les couches siluriennes que l'on suit depuis les bords du lac I^doga jusqu'à l'tle de Bornholm se continuassent jusqu'à l'tle de Sylt même.
La dernière assise de ce dépôt incohérent est composée de sable avec blocs, toujours stratilié et dont les couches sont généralement très inclinées et fort disloquées. Elle constitue alors des chaînes de collines à pentes rapides des deux côtés, et ressemblant sous ce rapport aux œsars de la Suède ainsi qu'aux revler de la côte occidentale du Jutland , où des digues ou banquettes parallèles de sable et de pierres se trouvent, pendant la haute mer, séparées les unes des autres. Dans le nord de la Séeiande et du Jutland, cette assise forme un pays sablonneux, couvert de collines disposées sans ordre , et sur d'autres points , ce sont des buttes hémisphériques , quelquefois de 30 mètres d'élévation , et tellement rapprochées qu'elles se touchent par la base. Il n'y a pas de très gros blocs dans ces amas de sable, mais ceux qu'on y rencontre sont arrondis et fort nombreux par place. Ce dépôt semble provenir de la destruction du précédent ou de l'argile avec blocs, car les diverses espèces de roches s'y retrouvent dans les mêmes proportions. Les coquilles qu'on y a recueillies sur quelques points sont des espèces qui vivent encore sur la côte de la mer du Nord. Ce sont particulièrement : Buccinum rettculatum, B. undatum, Littorina littorea^ Ostrea edzdis, Cardium ediUe.
Quant aux œsars du centre et du sud de la Suède , M. Forchhammer les regarde comme des dépôts stratifiés , continus dans l'origine, mais ravinés ou découpés ensuite, et qui ont été formés de la même manière et à la même époque que les dépôts de transport du Danemark. Il est probable que ce géologue entend par là
16 PLAGKS SOULEVÉES
la dernière assise dont nous venons de parler, et non l*argiie avec blocs qui paraît être contemporaine delà grande zone argileuse du littoral de la Norwège.
Passant ensuite au mode de formation de Fargile avec blocs , Fauteur fait voir que les phénomènes dont il a décrit les résultats ne peuvent être expliqués par l'action d'anciens glaciers. Les circonstances qui s'opposent à celte explication sont 1° la relation intime du dépôt de transport avec les récifs de coraux brisés des roches crétacées les moins anciennes; 2'' les fossiles répandus partout; Z"" les rapports de ces dépôts avec les lignites, lesquels indiquent une température égale à celle des régions méditerranéennes de nos jours (1) ; 4** la stratification évidente qui prouve que l'accumulation a eu lieu sous les eaux ; 5° la grande quantité de fragments de roches crétacées qui n'ont certainement pas été apportés des montagnes; 6° les innombrables dislocations qui ont été produites pendant que cesdépôls se formaient; 7° enfin la présence de l'arragonite qui y est répandue en si grande quantité, et qui exigeait pour sa cristallisation une température élevée.
La manière de voir de MM. Lyell et Hausmann, c'est-à-dire le transport des blocs et des graviers par les glaces flottantes , n'est pas plus admissible, suivant M. Forchhammer, parce qu'en Danemark le drift (2), avec les couches de sable et d'argile, constitue une série de dépôts successifs formés au fond de la mer. Les fossiles des lignltes , les masses crétacées , les couches argileuses épaisses et les argiles avec blocs, proviennent des environs et non de pays éloignés. La couche de sable avec blocs a aussi un caractère tout littoral par ses fossiles et par sa stratification , et l'état roulé de ses blocs, de même que leurs rapports avec ceux de l'argile , sont des faits qui ne peuvent se concilier avec le transport par les glaces , lequel n'a lieu que dans des eaux profondes.
Sans diminuer la valeur des objections précédentes de l'auteur, on doit remarquer cependant, à l'égard de la dernière, qu'elle n'a point l'importance qu'il lui attribue , car on conçoit très bien que si
(\) Ces rapports apparents ne sont que partiels et le résultat de circonstances locales ; autrement on ne pourrait pas admettre la contemporanéité que nous venons de supposer entre les argiles avec blocs et les argiles bleues de la côte de Norwège.
(2) Le mot drift est fréquemment employé par les géologues anglais et américains , et nous nous on servirons nous-mème comme synonyme de drpot de tr<ni sport ^ dcpôt diluvien ou dépôt vrra tique.
les glaces ne flottent que dans des eaux profondes, elles viennent échouer sur les bas-fonds voisins de la côte , et y abandonnent , en fondant, les détritus dont elles sont chargées, ou qu'elles tenaient enveloppés, lesquels sont ensuite remaniés et stratifiés par les vagues. L'explication donnée par M. Sefstrœm ne serait pas admissible non plus, le laps de temps nécessaire pour la formation de semblables dépôts élant contraire à l'idée d'un seul déluge que l'on ne peut pas supposer avoir agi pendant toute la période tertiaire, ainsi qu'à l'existence d'une température élevée lors de la formation des lignites, cl d'une mer septentrionale profonde , lorsque se déposait l'argile à Cyprincs , mer qui s'est graduellement changée en bas-fond pendant l'accumulation des sables.
La plupart .des géologues font intervenir l'eau comme agent essentiel dans le phénomène erratique du nord de l'Europe ; mais si l'hypothèse d'un déluge universel ne peut rendre compte de la disposition des œsars du Danemark, non plus que de ceux delà Suède, on conçoit cependant qu'un courant ait pu modifier les caractères de ces dépôts vers la fin de leur formation , sans avoir été pour cela en rapport immédiat avec les stries et les sillons que l'on observe sur les roches des montagnes Scandinaves.
Le sillonnement des roches et des dépôts de gravier et de sable n'a point eu de cause universelle, mais il doit être le résultat d'une multitude de dislocations partielles. Les sillons et les stries ont été formés par les eaux de la mer ballant ou glissant contre Ils rochers, à une époque où les côtes étaient moins élevées qu'elles ne le sont aujourd'hui , et lorsque le soulèvement de la presqu'île Scandinave était moindre. Les blocs des dépôts argileux et sableux, et les escarpements des roches résulteraient de l'action des vagues sur la côte et de grandes masses de détritus préexistantes, comme on en voit encore dans Tintérieur de la Suède , où il n'y a ni stries ni sillons. Ces anciens détritus auraient été produits par de violentes dislocations, dont l'efiet aurait été augmenté par des dérangements plus récents, à la suite de tremblements de terre, et par Faction des gelées.
La cause des stries dans les sillons et le parallélisme des stries fines et profondes à la surface de certaines roches sont encore des sujets de doute pour le savant géologue danois ; mais il essaie d'expliquer les premières par la gelée qui , réunissant , au moyen de l'eau glacée des vagues, les fragments de roche qui se trouvent dans les sillons, y forme une espèce de conglomérat solide, lequel , pen- II. 2
18 PLACiES SOULEVÉES
danl les teiupéies, peul se mouvoir et glisser dans ces niênies sillons, de manière à y tracer des stries. Quant aux stries des parties élevées de la Norwège , où l*on remarque qu'elles sont dirigées dans tous les sens , elles seraient dues à ce que ces parties formaient l'ancien fond de la mer soulevé ensuite , et à ce que l'action des vagues, qui se manifestait d'abord dans une direction donnée, se serait fait sentir plus tard dans les autres.
La direction des stries paraissant en outre se trouver dans un certain rapport avec la ligne des côtes de la Suède et de la Norwège , M. Forchhammer se demande s'il est plus probable que le mouvement qui Ta produite ait eu lieu de la terre vers les baies que des baies vers la terre , et il est porté à admettre la dernière hypothèse, qu'il applique également à la Suède centrale. Il s'attache à démontrer en effet qu'une communication directe existait d'une part entre le golfe de Bothnie , le Catégat , laissant au sud , comme une ile , la terre élevée de Smaeland , et de Tautre avec la mer Glaciale, suivant une dépression dont on retrouve les traces aux environs d'Uleaborg , de manière à isoler la Suède , de la Norwègc et de la Finlande. Cette disposition rendrait compte des dépôts stratifiés du centre de la Suède et des caractères plus arctiques des coquilles que l'on trouve sur les côtes occidentales de la Norwège, et sur celles du nord du Jutland, soumises alors à l'influence directe de la mer Glaciale, dont elles sont aujourd'hui complètement à l'abri. Nous verrons tout à l'heure que cette idée avait déjà été émise en partie sous une autre forme par fiœhtlingk.
Le soulèvement graduel de la Scandinavie aura modifié ensuite ces relations , et les eaux se seront écoulées vers le N. , le N.-£. et le S.-S.-O., directions où elles rencontraient le moins d'obstacle. Il aura pu en résulter aussi un puissant courant qui , du N. au S. , aura produit des effets de dénudation sur le sol marin boueux et sableux qui se relevait, en même temps que se formaient les découpures de la côte de la Baltique, telles que le golfe de Dantzig. L'île de Bornholm porte des traces de ce phénomène, et la séparation de Rugen et de Moen ainsi que la baie profonde de Lubcck en sont encore des preuves. Repoussé par la côte, le courant a dû prendre une direction diagonale vers le nord, et l'examen des îles nombreuses du Danemark a confirmé l'auteur dans cette supposition. Aucun vestige de la présence de l'homme, ni même d'animaux terrestres n'ayant été trouvé dans ces dépôts meubles qui bordent le Sund, ce phénomène serait bien distinct de celui qui, plus récemment venant de l'O., a détruit
beaucoup de petites élévations ou tumulus des anciens habitants du Nord. C'est sans doute à cette dernière catastrophe que doivent se rapporter les vieilles légendes qui sont venues jusqu'à nous.
Nous ne discuterons point ici quelques unes des assertions de M. Forchhamuier qui nous ont paru peu fondées, et d'autres qui n'ont peut-être pas toute la clarté désirable ; elles seront plus naturellement réfutées par les observ2(tions réunies dans la section suivante. S\ nous les avons mentionnées , c'est parce qu'elles se rattachaient aux dépôts d'atterrissement dont nous nous occupons , et afin de ne point rompre l'enchaînement des idées de l'auteur (1).
Bcehtlingk (2) a signalé aussi des plages soulevées ou terrasses sur les côtes du golfe de Bothnie, comme sur celles de la mer Glaciale, et entourant des collines rocheuses dans l'intérieur des terres. Ces dépôts seraient, dit-il , en rapport intime avec les œsars de la Finlande et de la Suède, ainsi qu'avec la formation des nombreux lacs allongés du N.-N.-O. au S.-S.-E., dans la direction même des stries. Mais on remarquera que si l'auteur ne confond pas les œsars avec les plages soulevées de la Norwège et du Danemark, les dépôts dont il parle dans le Nord doivent appartenir à l'époque actuelle comme les œsars eux-mêmes.
A une grande distance vers l'E.-N.-E. des pays dont nous ve- oépôu nous de parler, les recherches d'un des géologues les plus émi- *da bassin' nents de nos jours , jointes à celles de ses savants collaborateurs , *** ^* '^^"**' MM. de Yerneuil et de Keyserling , ont fait connaître des dépôts probablement contemporains des plages soulevées de l'ouest. Sir R. I. Murchison (3) décrit, sur la rive droite de la Dwina, à 65 lieues au-dessus d'Arcbangel, des lits réguliers de sable et d'argile remplis de coquilles récentes. Ces lits, dont l'épaisseur totale est de 3 mètres, sont recouverts par 6 mètres de gravier et de détritus, et ils
(1) Voyez aussi: Baggesen , Der danische Staat^ etc. État du Danemark. Notes sur les soulèvements et les afTaissements locaux des côtes de ce royaume [N. notiz. de Froriep, vol. XX, 1841 ). — , W. Hisinger, Squelette de Plesiosaurus trouvé dans une alluvion au-dessus de la craie en Suède [Ncu, Jahrb.y 1835 , p. 675).
(2) Bull, de VAcad, de Saint-Pétersbourg , vol. VII, p. 107, 191. — Ann, der Cheni. und Phys. de PoggendorfF, 1841.
(3) On the geol. structure , etc. Sur la structure géologique des régions septentrionales et centrales de la Russie [Rcp. 10"' Meet. brit. Assoc, at Glasgow 1840. — Proceed, geol. Soc. ofLondont vol. III, p. 398. — ^tt//., vol. XII, p. 63. 1841. — The geology of Russia in Europe, etc. , vol. I, p. 327. 184S.
Dépôts coquilliers du bassin
delà Petichora.
20 PLAGES SOULEVÉES ET DÉrÔTS MELBLES StPtlU*U:iELS , ETC.
reposent sur des bancs de gypse subordonnés aux marnes rouges du système permien. Un peu plus au sud, sur les bords de la Vaga, les mêmes lits coquilliers se montrent encore. Des 23 espèces de coquilles qui y ont été recueillies, le plus grand nombre vit aujourd'hui dans la mer du Nord et prouve que ces dépôts sont du même âge que les plages soulevées de la Suède, de la Norwège, de TAngleterre, etc. Nous verrons aussi plus loin que ceux qu*ont signalés MM. Bayfield et Logan dans l'Amérique du Nord, sur les bords du Saint-Laurent, renferment presque les mêmes espèces que dans le nord de l'Europe. Les Mya truncata^ Saxicava rugosa, Tellina calcarea , T. groenlandica , Mytilm edulis , Pecten islandicus et Natica clausa étant les plus constantes dans les deux contrées , M. Murchison en conclut que, si le climat était alors plus froid qu'il ne l'est aujourd'hui, du moins la température était presque la même sur une partie très considérable de l'hémisphère nord.
De grandes oscillations du sol ont eu lieu sans déranger sensiblement les couches. Ainsi, à l'embouchure de la Vaga, ces lits de sables coquilliers recouvrent , avec une concordance parfaite , les couches permiennes sensiblement horizontales aussi; cependant ces. dernières , comme les roches cristallines de la Scandinavie , ont dû être au-dessus des eaux pendant un laps de temps énorme, puis recouvertes par ces sédiments si récents , élevés eux-mêmes plus tard à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer Glaciale.
Plus au N.-E. encore, au-delà des monts Timans, cette branche occidentale de l'Oural du nord, dans la vallée de la Petschora, les explorations de M. le comte de Keyserling (1), en 1863, ont apporté un nouveau chaînon à cette série déjà si considérable de faits du même ordre. Des coquilles arctiques (Mya truncata, Saxicava rugosa ^ Tellina calcarea, Asfarte borealis, Balanus sulcatm) se trouvent dans les argiles qui forment les berges de la rivière et s'étendent jusqu'à trois degrés au sud de son embouchure, c'est-à-dire du 68%/i5' au 65%50' lat. N. Elles n'y sont point cependant disposées en lits réguliers, comme sur les bords de la Dvina et de la Vaga, et
(1) The geology of Russia inEuropa, etc., vol. I, p. 332. 1845. — Comte de Keyserling et P. de Krusenstern , fVissenschaftliche Beobachtungenauf eincrReisc in das Petschora Land^ in-4, p. 38i . Saint-Pétersbourg , 1846. Nous devons une analyse de l'ouvrage de M. de Keyserling à l'extrême obligeance de M. do Verneuil, l'un des collaborateurs de la Géologie de la Russie d'Europe.