ET PL4TE4U CKNTEAL DE L4 FR4NCE
Le petit plateau situé au sud de Gosne (Nièvre) (1) est occupé v«iiée par des calcaires lacustres blancs , marneux , que recouvre une u i^re. coucbe meuble assez épaisse et ressemblant, quoique composée d'éléments plus volumineux , à celle que nous avons indiquée entre xMontargis et Briare. Ce sont des silex gris-blanchâtre ou jaunâtres, enveloppés dans un sable mélangé d'argile et d*oxyde de fer hydraté. U y a en outre de petits cailloux de quarlz ai de silex beaucoup plus roulés que les précédents. Les dépôts meubles sablonneux du Berry ne nous ont pas offert de caractères bien prononcés. Les amas de silex qui sont à la surface de la craie appartiennent à Tépoque tertiaire et sont antérieurs au calcaire lacustre des environs, comme les couches sableuses avec cailloux roulés de quartz et de silex d'une portion de la Sologne qui paraissent représenter les faluns (2).
A la sortie de Gien, sur la route de Briare, on remarque dans la craie de profondes excavations naturelles, généralement fermées par le bas et remplies par le dépôt de transport caillouteux du plateau. Plusieurs d'entre elles, larges de 8 à 9 mètres, se prolongent au-dessous du niveau de la route. Comme elles se trou- ▼ent parfois très rapprochées les unes des autres et qu'elles ne sont , en réalité , que des sillons plus ou moins profonds , coupés transversalement par l'escarpement lui-même , la craie semble être partagée en tranches verticales que séparent des couches irrégulières de cailloux. Cette disposition prouve clairement l'antériorilé du creusement de la vallée, vers l'axe de laquelle sont dirigés les stttons , au phénomène cataclystique qui a rempli ceux-ci de sable , de cailloux et de gravier. Des blocs volumineux et intacts de poudingue très dur se voient souvent au milieu de la masse meuble qm , par ses caractères , paraîtrait provenir de la destruction de quelques parties des poudingues siliceux tertiaires de la vallée du Loing, situés au nord; mais comme il en existe de semblables, minéralogiquemeut, sur la rive gauche de la Loire, entre Cosne et Sancerre, il est plus probable que ces derniers, d'ailleurs
(1) D'Archiac, Étude sur lajormation crétacée ^ 2* partie. [Mérti. de la Soc. géol. de France , V sér., vol. II, p. 12. 1 846.)
(2) Voyez aussi : J. -M. Fabre, Mém, pour servir à la statistique du départ, du Cher^ p. 1 i 8 et 159, in-8. Bourges, 1838. —V. Raulin, Mém. sur la constitution géologique du Sancerrois . [Mém, de la Soc. géol. de France, 2«sér., vol. II, p. 229. 1847.)
fortenieiit dénudés et ravinés, sont rorigiiic de ce dépôt erratique.
Au-dessus de Saint-Âignan , les plateaux crayeux sont surmontés d'une terre jaune ressemblant à Talluvion ancienne du Nord. Entre Ction et Châtillon-sur-Indre, ce sont des silex à demi roulés, enveloppés dans une terre rougeâtre , brune ou grise , et de Châtillon à Loches un sable siliceux plus ou mojns grossier, avec une grande quantité de cailloux roulés de quartz hyalin blanc, jaunâtre on brunâtre , et quelques fossiles de la craie , cache par place le poudingue tertiaire, puis, après Loches, se montre de nouveau, accompagné de beaucoup de fragments calcaires. Les plateaux de la rive gauche de la Loire , d*Amboise à Tours , sont souvent occupés par une terre grise , sableuse , ou par des sables jaunâtres , avec deux sortes de cailloux , les uns peu roulés et dont les arêtes simplement émoussées prouvent qu'ils résultent de la désagrégation sur place du poudingue tertiaire ; les autres, tout à fait arrondis, ont été amenés de loin et mêlés aux précédents lors du dernier cataclysme. Vers la partie inférieure des pentes de la vallée de la Loire on voit rarement de ces petits mouvements de terrain , inégaux, irréguliers , plus ou moins espacés , qui annom^ent des accumulations locales de dépôt de transport , ou qui sont les témoins d'une couche d'abord continue et ensuite en partie détruite. Ces pentes présentent, en outre, dans leurs profils des lignes simples, droites, quelquefois perpendiculaires dans les escarpements de la craie. Le fond de la vallée, vu en grand , est horizontal et vient aboutir au pied de ces pentes, dont il se sépare nettement sans aucun de ces raccordements que déterminent les dépôts diluviens dans d'autres vallées; aussi , au premier abord , celle-ci semble-t-elle dépourvue de tout sédiment quaternaire. Cependant les forages artésiens exécutés à Tours et aux environs ont traversé quelquefois , avant d'atteindre la craie , jusqu'à 10 mètres de remblai , d'alluvion moderne et de cailloux roulés , dont une partie a une origine assez ancienne , comme on peut s'en assurer dans les travaux du chemin de fer.
Le plateau de Montbazon à Tours (p, 53) n'offre qu'un dépôt superûciel, mal caractérisé, très faible, sablonneux, grisâtre ou jaunâtre, et qui paraît se continuer vers l'ouest jusqu'aux collines qui dominent le confluent de l'Indre et de la Loire. Les coteaux de Candes à Saumur montrent aussi, au-dessus du calcaire siliceux meuliériforme , des fragments de roches arénacées ferrugineuses , épars à la surface du sol et mêlés à ceux du calcaire siliceux. Sur
ET PLATEAÏ' CENTRAI. DE I.A FRANCK. 189
le versant nord de la valU'e de la l.oire, les environs de Cliàleau- Regoaolt sont particullèreinenl occupés |)ar des poudingues incohérents, des marnes sableuses , des sables ferrugineux , des cailloux roalés de diverses sortes, des glaises, des meulières et des grès Insirés dont la position relative est assez difficile à saisir , et qui peut ôire appartiennent à des époques distinctes. A la descente de Beaugé, an nord de Saumnr, les sables et grès tertiaires sont recouverts d'un sable diluvien enveloppant des fragments calcaires. M. F. Dujardin (1) a décrit aussi le diluviuni des plateaux du département d'Indre-et-Loire comme étant peu épais et ayant des caractères en rai^rt avec ceux des couches sous-jacentes. Il ne renferme d'ailleurs jamais de roches anciennes ni de blocs erratiques.
La vallée dn Loir (2), quoique peu étendue , offre cependant sur Vaiie» ses pentes et vers son fond un dépôt erratique très puissant , très ua.. bien caractérisé et dont les accumulations locales raccordent çà et là les talus latéraux avec les alluvions modernes horizontales. Au-dessous de Gloye , comme au nord de Vendôme , des amas de gravier et de cailloux à demi roulés, alternant avec des veines irrégulières de sable ferrugineux plus ou moins mélangé d'argile limoneuse brune, rappellent parfaitement les dépôts analogues des vallées de l'Oise et de la Seine. Plus loin , au village des Roches, une partie de l'escarpement abrupt qui borde la rivière est formée par un conglomérat meuble de silex , de grès , de sable ferrugineux ou glaucosineux et argileux, remplissant des cavités de la craie qui ont 15 ù 48 mètres de profondeur sur 5 ou 6 de largeur. On distingue très bien le fond de ces cavités, et aucune ne paraît descendre plus bas que le pied de rescarpemenl. Sur ce point, comme en face, de l'autre côté de la vallée , ce ne sont pas des trous cylindroîdes, irréguliers ou en cône renversé, mais des sillons dirigés en général des plateaux , perpendiculairement à l'axe de la vallée et coupés ensuite (ransversalement par les escarpements qui bordent cette dernière.
Entre Montoire et Troo, le fond de la vallée est occupé par un dépôt de cailloux très puissant , semblable à celui de Vendôme , et jusqu'à La Flèche les plateaux environnants sont recouverts par un poudingue incohérent, argilo-sableux, rougeâlre, plus ou moins
(1) Méni. sur les couches (fu sol en Tourainr. (Mém. de la Soc. géol. de France, vol. II, p, 307. 18.37.)
(2) D'Archiac, loc. cit.
épais , dont une partie , sans doute , appartient au groupe des sables et grès supérieurs auxquels on les voit passer, mais qui , vers le pied des collines , ont éié rcnaaniés par des eaux torrentielles et accumulées çik et là au fond de la vallée. Un amas très considérable de ce genre se voit près de la Flèche, sur la route de Sablé. Il est composé de sable ferrugineux , rougeâtre , enveloppant une grande quantité de cailloux roulés de silex, de diverses couleurs, avec des lits subordonnés de sable pur (p. 7^) (1).
Plus au nord, le promontoire qui porte la ville du Mans est surmonté par un dépôt de transport assez épais , sablonneux , et renfermant des nodules de quartz ; mais ici , comme sur tous les plateaux des environs de Saint Calais, de Yibraye, de Nogent-le-Rotrou, au sud de Taxe du Mellerault, et sur ceux de son versant nord, dans les départements de TOrne , de TEure et du Calvados, la distinction des poudingues tertiaires d*avec ceux de Tépoque quaternaire reste encore à déterminer, quoiqu'en général on puisse regarder les lits de cailloux roulés de quartz comme appartenant au terrain tertiaire. On peut remarquer aussi que , de part et d'autre de cette ligne, la dénudation de la craie, à quelque époque qu'on la rapporte, a été bien plus énergique que sur les bords de la Loire, et les accumulations de silex , soit sur les plateaux , soit dans les petites vallées que parcourent les rivières pour se rendre au nord dans la Seine ou au sud dans la Loire, sont bien plus considérables que partout ailleurs. Ici encore les résultats du phénomène ne sont en rapport ni avec l'élévation du massif d'où il a rayonné , ni avec l'étendue des bassins secondaires ou des cours d'eau. La présence ou l'absence du calcaire lacustre supérieur a pu d'ailleurs contribuer à modifier le résultat, ainsi que la plus ou moins grande quantité de silex dans les poudingues sous-jacenis et dans la craie elle-même.
Les terrains de transition et primaire de la Bretagne sont recouverts par un dépôt de détritus non stratifié, plus ou moins épais, tantôt sablonneux , grisâtre , blanchâtre ou ferrugineux , avec des cailloux de quartz et des autres roches du pays, tantôt prenant l'apparence d'un véritable lehm. Ce dépôt , plus récent que les faluns de Saint-Juvat sur lesquels on le voit reposer, a été rapporté quelquefois au terrain tertiaire supérieur, mais nous ne connaissons
(i) Voyez aussi un article de M. Lechâtelier dans la ^Statistique du dép. de Maine-et-Loire , p. 181. Angers, 1 841 .