ET PLATEAU CENTRAL DE LA FRANCE
aucun caractère zoologiquc qui permeite d'être fixé à cet égard , puisqu'on n*y a pas encore cité de fossiles qui lui soient propres » et d'un autre côté sa superposition au terrain tertiaire moyen n*est pas une preuve suffisante.
Les caractères de la formation erratique sur les versants nord el nord-ouest du plateau centrai , dans les vallées qui s'ouvrent dans ceDede la Loire, n*ont pas été jusqu'à présent suffisamment étudiés ; mais en général les phénomènes de cette époque n*y ont pas laissé de traces bien prononcées, et Ton peut leur appliquer ce que nous vencHLS de dire pour la Bretagne , quoique le dépôt argilo-sableux soit plus particulièrement développé dans les parties qu'occupe la formation jurassique (départements de la Vienne et des Deux- Sèvres).
En remontant la vallée de la Loire, dans le département de vuiiées rAilier, on trouve, réunis par M. Boulanger (1) sous le nom de dTiTLoi7e terrain modetme , le diluvium et les alluvions actuelles, qu'il a je riiuer. distingués ensuite des produits de Vêpoque immédiatement antérieure^ appelée diluvienne, iMalgré cette confusion de mots on peut reconnaître , d'après ce géologue , que la formation erratique occupe le fond des vallées de la Loire , de l'Allier, du Cher, de la Sioule et de la Bèbre , et qu'elle se montre sur les coteaux et les flancs de ces vallées jus((u'à des niveaux que n'atteignent jamais les cours d'eau actuels. Elle est formée d'argile , de sab!e et de galets provenant des roches à travers lesquelles coulent les rivières. Dans chaque dépression du sol , ces dépôts ont une composition un peu différente et eu rapport avec la nature des terrains qui dominent dans les environs.
Le travertin de Vichy, qui se dépose encore , suivant M. Viquesnel (2) , est exploité sur le bord de l'Allier, où son épaisseur est de 18 à 20 mètres. Il est en lits minces, de composition et de texture très variables. On y remarque des pisolites recouvertes de dendrites symétriques très singulières Le travertin paraît avoir éprouvé des dérangements assez prononcés, attribués à une érosion prolongée des eaux de l'Allier, qui, en détruisant la base du dépôt, a fait tomber les parties supérieures demeurées sans appui. C'est aussi Topinion de M. Boulanger, qui ne connaissait sans doute
^) Statistique minéralogique du dép. de t Allier, p. 225. 4844. 2) Bull., vol. XIV, p. 145. 4 843.
pas le travail de M. Yiquesnel ni le luéinoirc plus ancien de MiM. Lyell et Murchison sur la même localilé, et qui pense que le travertin ne se forme plus. Il y cite des ossements des genres Felis, Fquus.Bos, Canis. Aux environs de Bourbon - Lancy , des calcaires lacustres , probablement tertiaires, sont recouverts par un dépôt de transport composé de sable et de marne avec des cailloux roulés provenant des roches qui bordent le cours de la Loire (1).
Dans les vallées supérieures de la Loire et de TÂllier, ces mêmes sédiments quaternaires sont très développés et très variés. M. Rozet(2) signale, en Auvergne, des dépôts diluviens qu'il rapporte à trois époques distinctes : le premier, qui se montre sur les rives de la Dore, borde ensuite le pied de la chaîne du Forez, depuis Courpierre jusqu'au-delà de Vichy ; il est composé de sable et de cailloux roulés, principalement quarlzeux, avec des fragments de roches granitiques, de trapps et de diorites, mais point de basalte. Il repose sur le terrain tertiaire ou sur le granité , et passe , le long de la route de Lezoux à Maringues, sous un amas de cailloux roulés, presque exclusivement basaltiques, qui occupe une grande partie du fond de la vallée de l'Allier, de Maringues à Vieille- Brioude.
Le second dépôt est formé de cailloux basaltiques mélangés de cailloux roulés de quartz, de granité et de gneiss. Il se voit sur beaucoup de points au fond de la vallée de l'Allier, et particulièrement en avant du débouché des vallées ouvertes dans le terrain primaire (vallées des Couzes , de l'Allagnon, de la Sénouire , etc.). Aux environs de Neschers, d'Issoire, et entre cette ville et Solignat, on voit les sables et les cailloux quartzeux du premier dépôt sortir de dessous l'assise de fragments basaltiques. M. Rozet legarde la couche à ossements de la montagne de Perrier comme appartenant aux premières accumulations détritiques , et les autres couches ossifères, avec les tufs ponceux auxquels elles sont subordonnées , comme faisant partie des secondes, distinction que semble justifier la différence des animaux fossiles qu'on y trouve , mais qui , comme
(1) Rozet, Mém, de la Soc, géol. de France , vol. IV, p. 128.
(2) Mém, sur les volcans de r Auvergne, [Ment, de la Soc. géol. de France, 2^sér.,vol. I, p. 59. 1844. -^ Bull., vol. XIH, p. 221. 1842.)