‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 43 sur 87 · KT CAVERNES A OSSEMENTS · texte numérisé non relu

KT CAVERNES A OSSEMENTS

creusées, les 7 espèces de mullnscjnes gastéiopotles irouvCes enfouies avec les osseuienls \ivei)t oiicore dans le pays.

Près de Grasse (Var), sur la montagne dile la Marbrière, à deux lieues de la mer ei à 500 mètres au-dessus du son niveau , M. J. Du?al (1) a découverl une brèche osseuse dans un calcaire de la formation crétacée, et, plus à Test, l\1. Nodot (2) a recueilli beaucoup d*ossements dans les grottes des environs de Nice , au nombre de dix ou douze , et particulièremeui dans celles de Falicon , du Lazaryt et du Gbâteauneuf , qui sont ouvertes dans des calcaires secondaires. Le sol de ces cavernes est formé d'une terre rouge argileuse, recouverte de stalagmites.

D'après M. J. de Christol (b) , l'uniformité des caractères de la plupart des brèches osseuses ne prouverait point leur contemporanéité et oe serait pas aussi constante qu'on l'a cru. Beaucoup de calcaires , principalement jurassiques , crétacés et d'eau douce , qui ne sont point recouverts, éprouvent une décomposition superficielle très lente, due à une action presciue entièrement chimique et dont le produit ferrugineux et rougeâtre est entraîné par les eaux pluviales dans les fentes de la roche. Tel est le mode de remplissage des brèches dans lesquelles se trouvent les débris d'animaux actuels, de poterie , etc. , et les brèches osseuses anciennes , qui ont été sans doute formées de cette manière, ne peuvent être attribuées à aucune révolution du globe , soit générale , soit partielle.

L'auteur pense que l'on peut déterminer l'âge des brèches par celui des fentes qu'elles remplissent, que l'âge de ces dernières assimilées à des filons , peut aussi être déterminé comme celui des filons eux-mêmes , enfin , que la théorie des soulèvements est susceptible de leur être appliquée. Mais ces analogies sont plus apparentes que réelles , et , en elfet , il n'y a point de rapport nécessaire entre l'âge d'une fente et l'époque de son remplissage , et celte dernière est seulement connue par les animaux qu'on y trouve. Comme nous l'avons dit, tous ces animaux étant jusqu'à présent plus récents que la faune tertiaire supérieure , on n'a aucune raison pour rapporter les brèches à plusieurs époques. £n outre les filons ont été pour la plupart remplis , de bas en haut , par d^s sublima-

GênéraliU»

Rur les brèchM

OSitUiM.

[K\ JciuL lies scte/ices , 9 sept. 1839. — L'I/tstitut, 42 sept. id. h) Bail., vol. XIV, p. 457. 4843. --L'Institut, 26 oct. 4843. (3) Observations ^cnémh's sur les hrèclu's osseuses ^ in- 8. Montpellier, 4 834.

222 BUECHES OSSEUSES

lions ou des précipités; les fentes des brèches osseuses l'ont été, au contraire, par le haut ei par les séflinieiiis que les eaux charriaient ou tenaient en suspension .

Les brèches osseuses de Baillargues et de Vendargues , pns de Moiilpellier, ont été formées subitement par l'inondation qui a recouvert cette partie de la France et rempli de limon et de gravier la caverne de Luuel-Vieil. Les brèches ni le dépôt de transport du pays n'ont point présenté d'os de grands animaux comme cette caverne, ce qui prouverait que les débris d'éléphant , de rhinocéros*, de cerf, de hyène , d'ours et de lion , n'ont pas été amenés dans celle-ci par le courant qui l'a remplie de limon et de gravier, mais qu'ils ont dû y être apportés auparavant par des hyènes.

Nous mentionnerons ici , faute d'une place plus convenable , quelques publications générales qui ont été faites en France sur le sujet dont nous venons de nous occuper. V Essai sur les cavernes à ossements et sur les causes qui les y ont accumulés (1), par îM. Marcel de Serres, est une espèce de monographie de toutes les cavernes qui sont connues jusqu'à présent. L'auteur y a rassemblé et mis en ordre une grande quantité de matériaux épars dans des ouvrages plus ou moins anciens , et , considéré sous ce rapport ou au point de vue de l'érudition , son travail ne peut qu'être consulté avec infiniment d'intérêt et d'utilité par les personnes qui désirent posséder des connaissances étendues à cet égard. IMais on doit regretter que l'auteur ait tout à fait oublié d'indiquer les sources où il a puisé ses documents ; car, la vérificalion des citations et des autorités sur lesquelles il s'appuie n'étant pas possible, on hésitera peut-être à se servir de renseignements dépourvus de ce caractère d'authenticité toujours nécessaire à constaier ou à rappeler. C'est également cette ouiission de M. iMarcel de Serres qui nous empêche de donner plus de détails sur ce mémoire remarquable , nous trouvant dans l'impossibilhé , pour lui rendre toute justice comme nous le désirons , de distinguer, dans cet ensemble de faits et d'opinions, ce qui Tui appartient en propre de ce qui peut être le fruit de ses nombreuses lectures.

Dans un «rticle très étendu sur les Grottes ou Cavernes (2) , M. J.

(1) Ouvrage couronné en 4 835 par la Société des sciences de Harlem. -—1'^'' éd., Harlem, 1835; — 2^ Montpellier, 1836; — 3-, Paris, 1838.

(2) Dictionnaire universel iV histoire naturelle , dirigé par M. Ch, d'Orbigny, vol. VI, p. 343-407. 1845.

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