‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 42 sur 87 · ET CAVERNES A OSSEMENTS · texte numérisé non relu

ET CAVERNES A OSSEMENTS

à-vis de Toornus, M. Canat a déconvcrt les défenses et une grande partie du squelette d'un éléphant, dans une argile rougeâtre qui remplissait une fente de la grande ooiithc.

Lsk Franclie -Comté , |)ar la nature de ses calcaires jurassiques et par suite des circonstances qui les ont disloqués, offre un grand nombre de grottes et de cavernes. M. T. Yirlet (1) a mentionné celles de Buîn près de Baume-les-Dames, d*Ossellcs, d*£chenoz, de la Baume près de Rougemonlot , de Chaux , le puits naturel de la Brème , le Frais-Puits , etc. , et il rattache leur origine aux soulèvements et aux dislocations du sol. Leur élargissement par les eaux et leur remplissage pourraient être d*une époque beaucoup plus récente.

Eu général , parmi les cavernes résultant du brisement des conciles, les unes, suivant l'auteur, ont été formées immédiatement par des fractures (grotte de Jupiter à Naxos), puis ont été élargies soit par des émanations gazeuses , soit par le passage d'eaux thermales et minérales ( Siliaca , dans l'Ile de Thermia ) , ou même par des eaux ordinaires qui y ont déix)sé des sédiments ; les autres résultent d'éhoulements qui se sont produits dans des vides préexistants , et, lorsque ces mêmes éboulemcnts se sont propagés jusqu'à la surface , ils ont donné lieu à des cirques d'enfoncement. Enfm il y a des cavernes qui sont dues à de simples érosions par suite de l'action répétée des va<;ues contre les côtes. Les stalactites et sta lagmites des cavités un peu étendues sont, d'après M. Yirlet, un indice certain que leur mode de formation se rapporte aux commotions du sol.

Des ossements d'éléphant, de rhinocéros , de bœuf, de cheval , de cerf, d'hyène et de chien , ont été découverts dans une caverne de Fouyent-les-Bas (Haute-Saône) (2) , et M. Duvernoy (3) a fait

lélégtaphe près Semur, et notice sur la grotte de Contard ^ par M. Nodot [^Mém. de CAcad. des se, de Dijon, 1834). — Brèches de la montagne de Cra [Bull., 2«sér., vol. Il , p. 721. 1845).

(4) Observations Jai tes en Franche-Comté sur les cavernes , et théorie de leur formation {Bull., vol. VI, p. 154. 1835). — Id , broch. in-8. Avesnes, 1836. — Voyez aussi pour toutes les cavernes de la Haute-Saône: Thirria, Statistique miner, et géol. de ce département, chap. XI, p. 218 à 247, in-8. Besançon, 1833.

(2) Acad. des sciences, 12 nov. 1838. — V Institut ^ 15 nov.

(i) Soc. d'hist. nat. de Strasbourg ^ 20 avril 1836- — L'Institut, 18 août id. — Compt. rend,^ vol. ÏII , p. 407.

BHECUES OSSEUSEb

France

centrale

et

occidentale.

connaître un os de pachyderme ou de ruminant (Hippotherium) provenant d'une brèche dans le calcaire du Jura, à Châiillon (arrondissement de IVlontbeiiiard).

Les brèches osseuses existent aussi en Auvergne, dit M. Pomel (1), mais dans des dé|)ôts quaternairei-^ , dans des travertins et dans des laves de volcans à cratère. C*est au village de Coudes , sur TÂllier, à deux lieues d'Issoire, que se trouvent les premières. Des fentes de la roche calcaire ont éié remplies de fragments d'arragonite , de travertin , de quartz résiuite et de carbonate de chaux pulvérulent qui entoure des ossements dont les analogues se rencontrent enveloppés dans le travertin lui-même. Près d'Orbières, au sud de Clermont , des Assures de la lave sortie du cratère de Gravenoire sont aussi remplies de sable volcanique , de calcaire pulvérulent et d*os$ements pour la plupart encroûtés de carbonate de chaux. Ce sont les mêmes que ceux de Coudes et des autres dépôts d'atterrissements de cette époque dans lesquels Tauteur cite : éléphant ( 2 espèces, mais dont le gisement est douteux) , Rhinocéros tichorhinus^ cheval, sanglier, bœuf, antilope, cerf, Felis^ putois, chien, taupe, musaraigne, lièvre, spcrmophile, campagnol, hamster, rat, 8 espèces d*oiseaux, un lézard, des batraciens, des serpents, des poissons et des Hélices, Cyclostomes, Bulimes et Maillots, semblables aux espèces vivantes des environs.

« Cette faune fossile , continue-t-il , la plus récente de celles ') qui ont successivement vécu sur le sol de TAuvergne, se trouve » parfaitement caractérisée par le mélange d'espèces perdues et n d'animaux encore vivants , dont quelques uns habitent les ré- ») gions glacées du Nord , tandis que d'autres trouvent leurs aualo- » gués dans les zones iutertropicales. Nous voyons aassi que les » mêmes espèces ont été découvertes dans des contrées assez éloi- » gnées de l'Auvergne , aux environs de Paris , dans les fissures » des couches tertiaires et les dépôts de transport superficiels ; dans » le midi , avec les animaux des brèches osseuses et d'un grand » nombre de cavernes ( Lunel- Vieil , Brengues , etc. ). Les diffé- » rences entre les populations de ces diverses localités doivent sans » doute être attribuées au climat et par suite à l'altitude des lieux » habités par ces animaux : aussi nos terrains (ceux de l'Auvergne) » présentent-ils , sous ce rapport, plus d'analogie avec ceux du » nord de la France qu'avec leurs contemporains du midi. »

(1) 5tt//., vol. XIV, p. 210. 1843. Ibid,, p. 29. 1842.

ET CA\ER\ES A OSSbMENTS 219

Dans son Mémoire sur les grottes du Vivarais (1) , M. de Malbos , après avoir rappelé les diverses hypothèses émises sur la formation des cavernes , croit (|ue le plus gmnd nombre d'entre elles sont dues au retrait des masses calcaires , lorscjue leur pâte se consolidait , et à Texpansion des gaz qui avaient précédé ce retrait. Sans prétendre que ces causes n'aient pu agir dans quelques cas, il est cependant difficile de les admettre comme causes générales. Quoi qu'il en soit, les observations de l'auteur n'en ont pas moins DD vif intérêt. Ainsi les incrustations si remarquables de stalactites et de stalagmites de ces grottes , les dépôts de transport de diverses sortes qu'on y observe, les ossements de différentes espèces d'animaux et les débris de l'industrie humaine qu'on y rencontre çà et là , l'usage de ces mêmes cavernes comme habitations des premiers hommes qui vinrent dans le pays, font désirer qu'un semblable travail soit entrepris par les personnes (|ai habitent les contrées où existent des grottes ou cavernes.

Celle de Lhonnnaizé , située dans la formation oolithique , à 5 lieues à l'est de Poitiers, a été étudiée par M, Mauduyl (2), qui y a reconnu trois couches distinctes à ossements. Dans la plus inférieure sont ceux de pachydermes et de ruminants (cerf, boeuf, cheval, cochon, etc.) complètement fossilisés ou mal conservés; dans la couche immédiatement au-dessus, les débris, dans un meilleur état de conservation , ont appartenue des carnassiers (lion , tigre , hyène ou chien) ; enfin les ossements répandus dans l'alluvion supérieure de la caverne sont peu ou point altérés et proviennent de rongeurs et de petits carnassiers dont les analogues vivent encore dans le pays.

Près du hameau de Soute, à l'ouest de Pons (Charente -Inférieure), les carrières de Piplart , ouvertes dans un calcaire de la formation crétacée, ont fait découvrir de nombreux ossements de carnassiers, de pachydermes, de ruminants et de rongeurs (tigre, chien, éléphant, rhinocéros, hippopotame, bœuf, bison, renne, daim , élan , cheval , etc.). Ils étaient enfouis dans une couche d'alluvion de l'",50 d'épaisseur et divisée en plusieurs lits (3).

(4) Bail., vol. X, p. 353. 1839. — Voyez aussi : Observations sur les liépôts diluviens du Fivctrais. Compt. rend. , vol. XIV, p. 589.

i^\ Bull, de la Soc. d'agric. de Poitiers, vol. V. 1836.

(3) Chaudruc de Crazannes, Jcad, des sciences ^ 19 mai 4834.

mériJionale.

•220 BUÈCUES OSSEISES

M. Vue] (1) a communiqué plusieurs observations intéressantes sur les débris de mammifères (cerf, renne, rhinocéros, bœuf, cheval , etc.] de la caverne de Brengucs (Lotj , située au sommet d'une montagne jurassique. Dans une brèche dure qui tapisse les parois d'une grotle du calcaire jurassique deSavigné, entre Civray et Charroux, ]\1. Jolly (2) a trouvé des armes en silex , des os travaillés et des ossements d'herbivores et de rongeurs , mais rîeu ne prouve que ces derniers appartiennent à des espèces éteintes et par conséquent que la brèche soit antérieure à l'époque moderne. France M. Warcel dc Serres (3) a décrit les fentes du calcaire de transi-

tion de Gaunes (Aude) , qui sont plus ou moins remplies de stalactites et de stalagmites , puis de cailloux et de limon rougeâtre, enveloppant des ossements de mammifères charriés par les eaux. Ces derniers ont pour la plupart appartenu à des espèces déjà signalées dans les cavernes du midi de la France , et il y a en outre des oiseaux de l'ordre des rapaces et de celui des gallinacés,

A l'est de Saint-Jean du Gard , près de Mialet , M. Buchel (ti) a découvert, dans une caverne de la formation jurassique, des ossements humains et divers objets d'industrie, mais ils paraissent être d'une époque distincte et plus récente que les débris d'hyène et d*Ursus Pittorii trouvés dans le même lieu par M. A. Juliet (5). Les cavernes à ossements de Lunel-Yieil , déjà connues par plusieurs publications, ont reçu une véritable illustration de l'ouvrage important de MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jeanjean (6). Les auteurs y ont rassemblé tout ce que l'on savait sur cette localité , où ils signalent 47 espèces d'animaux vertébrés et 18 d'invertébrés. En faisant abstraction des coquilles qui proviennent évidemment de la mollasse ou du calcaire moellon dans lequel les cavernes sont

— L'Institut, 24 mai id. — D'Archiac , Mêm. de la Soc. géol. de France, vol. II, p. i63. 4 837.

(4) BiilL, vol. VIIl, p. 279. 1837. — Compt. rend,, vol. VI, p. 653. 4 838. — Voyez aussi pour la liste de ces fossiles, BnlLy vol. IX, p. 43, 176, 244 et 274. 4 837.

(2) Compt, rend., vol. XXVI, p. 99. 4848.

f3) UlnstUal, 3 nov. 4 842.

(4) Mém. de la Soc, de physique et d^hi.st. nat. de Genève, vol. VI, 2« partie, p. 369. 4 834. — Compt. rend., vol. II, p. 4 85.

Acad. des sciences, 7 sept. 4 835. — L'Institut, 9 sept, id. Recherches sur les ossements humatiles des cavernes de Lunel-Vieil, in-4, 21 planches. Montpellier, 1839.

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